II
Ce château de Fresnes est situé un peu au-delà de Claye, près du conflueiit de la Beuvronne et de la Marne ; il à été presque entièrement reconstruit par Mansard. Rien n'est si beau comme situation, comme promenade et comme fiabitation. Les appartements sont magnifiques. Fresnesest presque aussi splendide que Vaux et se ressentit de la disgrâce de M. Fouquet, dont M. de Guénégaud eut, comme bieh d*autres, les éclaboussures. Nous trouvions là madame et mademoiselle de Sévigné, madame de La Fayette, la compagnie inséparable de M. de La Rochefoucauld, ce que chacun accepte et dont personne ne médit. Madame de Goulanges, mon ancienne rivale, devenue une charmante et spirituelle femme, sans laquelle il n'y avait pas de bonnes fêtes, et que le marquis de La Trousse, son cousin, accompagnait partout, sans compter l'abbé Testu, Brancasi le grand distrait, le marquis de La Fare, avant madame de La Sablière, c'était une kyrielle.
Nous y rencontrions aussi M. de Pomponne, dans l*inter- Valie de ses ambassades, Corbinelli d'Hacquevillë, et tutti quanti. Nous y passions des heures délicieuses ; mon frère fe'y plaisait et moi je m'y reposais des intrigues de la cour. l'y restai deux ou trois jours me disant malade, pour vivre ti*anquille et m'amuser paisiblement. Madame le savait et îné l'enviait. Elle m'écrivait à Fresnes de leur dire qu*elle y voudrait bien être, malgré leur disgrâce ; elle avait coniiti jlnadame de Guénégaud du temps de la Fronde et en conservait un bon souvenir.
Oii sont-ils, ces beaux jours î Je croyais encore un peu à Lauzun et à sa tendresse. U arrivait quelquefois le soir, ous ma livrée, comme un courrier, m*dpportailt im message
DE LA PniNCESSE DE MONACO. 255
tni tihe lettre. Il entrait hardiment, sans autre déguisement qii*tiné perruque brune, ce qui le changeait fort. On n'y prenait point d'attention ; il se retirait dans quelque coin, jusqu'à l'heure ôû Bîondeau lui ouvrait ma porte. Quels longs entretiens nous eûhies ensemble dans ce beau parc, là nuit ! D'autres couples s*y promenaient aussi bien que flous, mais on avait là politesse de s'éviter, et jamais la tiidindre indiscrétion ne traversa les amours des Qutquoiûc, Il n'en était pas fait mention ; le lendemain, la chose restait (;omme non avenue, excepté pour ce furet de Benserade, quî veiiait assez souvent et qui voulait tout voir. Il en racontait après à sa fantaisie ; cependant nous iie fûmes peint éventés.
Je me souviens encore de ce salon comnie si je le voyais, et permettez-moi de vous faire ce tableau, parce qu'il me repose l'âme. On devait jouer bientôt une pièce, faite pour Quiquoix^ et intitulée la Transformation dé Louis Bayard; noiis y jouions tous, ou presque tous ; on avait répété dans le cabinet des livres, et nous étions réunis près dû vieux Amauld d'Andilly, père de madame de Pomponne, si célèbre, ainsi que toute sa famille, dans les querelles du Port- Royal. Il y avait madame de La Fayette, qui rêvait à Zayde peut-être , madame de Guénégaud qui barbouillait des images ; madame de Motieville lisant quelque pieux livre ; M. de Cessac, qui plus tard fut chassé de la cour pour avoir triché au jeu chez madame de La Vallière, madame de Caderousse ; mademoiselle de Guénégaud, mademoiselle de Sévigné, allant et venant autour de nous comme des demoiselles aux grandes ailes bleues ; Guiche ceinturé comme son esprit et moi qui bayais.
256 VIE ET AYENTUKES
C'était mi tableau si calme, si honnête (je ne prévoyais pas les tours de Cessac, alors) que les larmes m'en viennent aux yeux, rien que d'y penser. Le même soir, Lauzun parut, et ce fut le commencement de nos querelles, car il oublia cbez moi une lettre de madame de Montespan, ou plutôt elle tomba de sa poche en sortant son mouchoir. Cette lettre était assez claire pour ne point laisser de doute; je passai la nuit à la commenter, il y était question de moi, et elle me traitait de la belle manière.
Dès le lendemain, je demandai mes gens et je retournai à Paris. J'étouffais, il me fallait partir ; quand il arriva tranquiUe me demander pourquoi je revenais si vite, je l'aurais tué volontiers.
— Cette lettre ! lui dis-je.
— Cette lettre? Elle n'est pas à moi.
— Voyez le dessus.
— C'est une erreur.
— Elle est de madame de Montespan, je connais sa main.
-^ C'est possible, mais pas pour moi.
— Pour qui donc ?
— Ce n'est pas mon secret, je ne le puis dire.
— Je vous mets au défi.
— Madame, vous ai-je demandé les secrets de la cour de Monaco ?
— Belle réponse I
— Digne de la demande. Il m'est revenu bien des bruits, dont je ne vous parle point, faites comme moi; prenonsnous tels que nous sommes, sans en chercher davantage.
— Ingrat !
— Vous me payez de retour.
— Prouvez-le.
— Ce ne serait pas difficile. Ne vois-je pas que vous ne m*aimez plus? Étes-vous pour moi ce que vous étiez jadis? Je ne le crois point, quant à moi, et vous ne le croyez guère. Je vous trouve plaisante de me quereller pour une cbimère semblable. Madame de Montespan! elle pense bien à moi! C*est une façon de vous excuser maladroite, je vous en avertis.
Il me harpigiia ainsi plus d'une beure, et bien que j'eusse la preuve en main, c'est moi qui finis par lui demander pardon. Il me tint de cette façon en m'accusant pour m'empécher de l'accuser, lui, jusqu'au moment où la cour tout entière ne parla que de cette belle intrigue, excepté le roi, bien entendu, qui le tint pour sou favori, et qui n'en aimait pas moins la belle Athénais. C'est, je crois , le moment de raconter les aventures successives de M. de Lauzun, jusqu'à son mariage avec Mademoiselle; quand nous l'aurons conduit là, nous le laisserons un peu, pour nous occuper de moi et de quelques histoires assez singulières anivées à d'autres, dont j'ai été à même d'être instruite.
Il avait été pris de suite en passion par le roi, qui lui donna son régiment de dragons en le créant, le fit peu après maréchal-de-camp, et le nomma enfin colonel-général des dragons, charge qu'il créa pourjui. C'était le temps de nos belles amours, il me faisait jouir de tous ses honnêtes, et les mettait à mes pieds ; j'en étais fière, j'aimais le roi de les lui donner ; mais quant à lui, ce n'était pas assez encore.
jamais je ne vis ambition plus insatiable, il Ta bien payée depuis.
Le duc de Mazarin déjà retiré de la cour, voulut sô défaire de sa charge de grand-mattre de rartillerie. Puyguilhem en eut vent des premiers, et courut chez le roi.
— Sire, lui dit-il. Votre Majesté a daigné me dire que rien n*était au-dessus de mes services et de mon dévoàmeut à sa persomie.
— Certainement.
— Eh bien ! le duc de Mazarin veut vendre sa charge \ que le roi me permette de Tacheter,
— Y pensez- vous, Puyguilhem 1
— Pourquoi, siret Je vaux bien, de toute manière» le daç de Mazarin.
Le roi réfléchit et lui répliqua :
— Je vous raccorde, mais à une condition.
— Laquelle î sire.
— Cette charge m'est demandée de bien des côtés, j*ai jusqu'ici refosé tout le monde, laissez-moi le temps de calmer ces ambitions, et promettez-moi qu'avant huit jours vous n'en parlerez pas à votre meilleur ami.
Le vrai, c'est que Louvois haïssait Puyguilh^n, et que le roi craignait ses observations. Il voulait lui fermer la bouche en lui accordant autre chose et en arrangeant ses affaires de façon à ce ^u'il n'eût rien à dire. U demanda pour cela ces huit jours, que Lauzun lui promit de grand cœur.
Le matin bienheureux, Lauzun, qui avait les entrées des premiers gentilshommes de la chambre, autrement dit les grandes entrées, alla attendre la sortie du conseil dans une
pièce qui séparait la cour de celle où le conseil se tenait. D y trouva Nyert, premier valet de chambre en quartier, et celuiTci lui demanda ce qu'il venait de faire en ce lieu et à cette heure.
— Ma foi ! mon cher Nyert, je puis vous en faire la confidence, l'heure du secret est passée, vous serez le premier à l'apprendre, et j'espère que vous ne douterez pas de mes sentiments pour vous, je suis grand-maltre de l'artillerie.
— Ah ! monsieur, quelle joie ! combien j'en suis heureux ! combien un pareil choix honore notre maître et vous qu'il a désigné !
Il regarda à sa montre, s'excusa sur ce qu'il lui restait encore un quart d'heure pour remplir un ordre pressant que le roi lui avait donné, et monta quatre à quatre un petit degré conduisant au bureau où M. Louvois travaillait toute la journée ; les ministres étaient fort mal logés à Saint- Germain. Nyert le prévint de ce qui se passait, de quoi Louvois fut si charmé qu'il l'embrassa.
— Soyez tranquille, mon cher Nyert, je n'oublierai pas ce service ; mais la nomination n'est pas positive, et, si je puis l'empêcher, elle ne le sera jamais.
U renvoya Nyert, qu'il suivit peu après, une liasse de papiers à la main. Celui-ci feignit l'étonnement et lui fit observer que le roi était au conseil des finances, où il n'entrait point.
— N'importe, répondit le ministre, j'ai absolument besoin de parler à Sa Majesté, j'entrerai nonobstant.
U ne salua pas même Lauzun, qui attendait.
Le roi fut tout étonné de voir arriver Louvois et celui-ci alla directement à lui, le priant de permettre qu'il lui parlât UQ instant pour une chose très-pressée.
Le roi se leva et marcha vers Tembrâsure d'une fenêtre, et Louvois derrière lui.
— Sire, dit-il, Votre Majesté a nommé M. de Lauzun grand-maître de l'artillerie et va le déclarer à la sortie du conseil; il vous attend dans la pièce voisine, je l'ai vu. Je viens vous demander si vous avez bien réfléchi. Lauzun et moi, nous ne nous supportons point, nous serons en contact perpétuel ; il est superbe et moi aussi, il ne cédera rien ni moi non plus ; vous savez ses caprices, ses hauteurs, le moindre inconvénient sera de vous importuner tous les jours de nos dissensions, je crois d'un bon et loyal service de vous faire penser à tout cela.
Le roi devint furieux sans le dire : il était surtout piqué de voir son secret divulgué à Louvois, qu'il craignait et à II, 45.
qui principalement il le voulait cacher. Il lui répondit d'un air fort sérieux :
— Cela n'est pas fait encore, monsieur, je sais mieux que personne les inconvénients et les avantages des grâces que j'accorde, je les pèse et les calcule, c'est donc moi qui déciderai selon mon jugement.
Et il se rassit au conseil sans ajouter autre chose. Louvois s'en alla fort penaud ; de son côté, Puyguilhem attendait. Le roi passa et ne lui dit mot. Fort étonné, il le suit à la messe, puis se remontre sous ses pasli chaque instant, épiant la déclaration promise, rien n'arrivait ; enfin, mourant d'inquiétude, il se décide à en parler au roi après son petit coucher.
— r Je sais, je sais, répliqua le roi impatieQté, mais cela ne se peut pas encore, et je verrai.
Le ton et l'ambiguité alarmèrent Lauzun. Il arriva désolé chez la Montespan, où l'heure du berger sonnait pour loi, attendu que le roi n'allait jamais la nuit chez ses maîtresses, quelquefois le soir, et il faisait prévenir. Ce qui me rappelle un joli mot de madame de Coulanges, laquelle en dit tant de charmants.
On lui demandait ce qu'elle ferait si le roi daignait jet^ les yeux sur elle.
— Vraiment, dit-elle, je ne le sais point. Ce que je sais, c'est que je ne le choisirai jamais librement, en dépit de se^ mérites. Je veux un amant de ma quaUlé, et, malgré moi, je verrai toujours entre nous, dons les moments les plus tendres, le suisse et sa halioijardc, frappant par terre et criant : Le roi ! de peur que je ne l'oubli^.
MadajBe de Montespan n'y regardait pas de si près, elle
en avait pour tous les goûts et Lauzun suffisait au tète-àtête. Le roi lui avait donné un fort beau meuble, couvert d'une étoffe merveilleuse, envoyée par le schah de Perse, et sur lequel elle tenait habituellement cour d'amour. La couleur foncée des coussins faisait ressortir son teint si blanc et ses bras admirables. Lauzun s'y plaça à coté d'elle, et, après les premiers compliments, elle lui demanda d'où venait sa tristesse, pourquoi il riait à peine à ses saillies, qu'il aimait tant d'ordinaire.
— Je suis désolé, lui répondit-il, vous allez le comprendre,
Et tout de suite, il lui raconta ce qui s'était passé, les promesses et ses craintes.
— Quoi ! il vous avait promis, et ne le tient point ! à vous, bon, fidèle serviteur. Ah ! cela ne m'étomie point il est si ingrat.
— Ne le condamnez pas encore, il peut avoir quelques raisons...
— Des raisons, il n'en a pas. Il n'en a d'autres que celles de sa volonté ; se plaît-il à quelque chose ? Ah ! vous ne le connaissez pas encore comme moi, vous ignorez le sentiment brutal de cet homme; il ne pense qu'à lui, ne vit que pour lui : le reste des hommes, les femmes surtout, ce sont des jouets. Allez, j'en suis bien lasse I et si j'étais sûre que ma place restât vide, je la quitterais, mais la voir occupée par une autre, ah ! je n'y puis consentir.
— Cependant, comment saurai-je la vérité de tout ceci ? Lui en parlerez-vous ?
— Certainement! Voyons, répondez-moi : il vous adonné sa parole ?
264 TIB ET AYBNTURES
— Oui.
— Il vous avait demandé le secret ?
— Oui.
— L'avez-vous tenu ?
— Jusqu'au dernier moment, même avec vous.
— Vous n'avez parlé à personne, cherchez bien.
— Ce matin, dans la chambre du conseil, à Nyert, pour m'en faire un ami, mais ce ne peut-être cela, il n'a vu àme vivante.
— En étes-vous sûr? .
— Ah! mon Dieu, vous m'éclairez! il m'a quitté cinq minutes.
— Il n'en fallait pas plus, c'est une créature de Louvois.
— Et Louvois est venu, il est entré dans la chambre du conseil , il a parlé au roi , plus de doutes , c'est lui ! Malheureux !
— Gela sera très-difficile à ressouder, pourtant je n'en désespère pas. Laissez-moi faire, je lui parlerai de telle sorte, que j'en aurai raison.
— Vous me le promettez ?
— En doutez-vous ?
— Quand?
— Dès demain.
La promesse fut scellée , le temps se passa le plus agréablement du monde entre deux personnes de tant d'esprit ; on se sépara dans les meilleurs termes, seulement la dame fit jurer à Puyguilhém d'avoir de la patience, et de ne dire à qui que ce soit ses peurs , ni son nouvel espoir.
Le lendemain, il revint bien impatient.
— Qu'a-t-il répondu?
— Rien. Impossible de lui tirer une syllabe.
— Ne vous lassez pas , recommencez.
Le lendemain, le surlendemain, même jeu. La patience n'était guère une vertu de ce favori ; il parla un peu brusquement. Madame de Montespan n'en fit que rire ; elle se défendit avec cet esprit que personne n'avait comme elle, et, moitié sérieux, moitié, plaisant, elle lui jura que le lendemain était le dernier terme, et qu'il aurait sa réponse.
— Par ma foi ! oui, je l'aurai ou j'y perdrai mon nom.
— Vous dites cela d'un ton!... Ne croyez-vous pas en mon amitié ?
— J'y crois ; mais j'en serai plus sûr demain, vous verrez! Lauzun avait pour principe qu'il faut des amis partout ;
en conséquence, il s'était accordé la faveur d'une femme de chambre favorite de la marquise, et il avait obtenu d'elle la chose la plus inouïe, la plus téméraire qu'il soit possible d'imaginer. Il jouait tout bonnement sa tête pour satisfaire sa curiosité, et ce n'est pas la seule fois qu'il a risqué pareille folie.
Il se fit cacher par cette fille , qui se nommait Aspasie , je ne sais pourquoi, qui était très-belle, avec un fort grand air; il se fit doue cacher sous le meuble dont je vous parlais tout à l'heure , très-certain de juger à son aise sa chère maîtresse et de pouvoir lui dire son fait. On frémit quand on y pense! un mouvement involontaire, une toux, un étemuement, il était perdu.
Je vous l'ai dit , le roi ne découcha jamais du lit nuptial. Sans cette attention de sa part, la reine, qui supporte assez patiemment , en apparence , les rivales qu'il lui donne, eût fait rage et ne l'eût point laissé tranquille, Il allait donc le
SfiS vu ET ATEXTCKES
■ulm diez U Ifantfspan, et le meiiMe en qoestimi était le siège oa ^ntôt le trône qo*Q dioisîssaît de préférence, ^jDoraDt qa*im de ses sujets eot Tontrecoidance d*y tenir soinre&t sa ^aee.
Il arrira comme de oootmne ; Lanzon, bien caché sons les eoortînes , écootait de tontes ses oreilles. H entendit d'abord des dioses qni ne le concernaient point, mais que le roi et sa maltresse se fossent abstenus de répéter deyant loi. Je ne Tondrais pas jnrer qn'il les prit en douceur, mais il fit tout comme, et attûidit ; enfin, l'entretien tourna sur son compte, et tout naturellement.
— Je suis fcNTt embarrassé aTec Lauzun, dit le roi, ilama purole et je n'ai aucune envie de la tenir.
— Qui vous y oblige?
7-T Je n'aime point à y manquer; dans cette circonstance, ce n'est pas ma faute, c'est bien à lui seul qu'il devra s'en prendre.
— Quant à cela, c'est la vérité.
— U a parlé, il a été conté cette affaire lorsque j'y avais mis pour condition un secret absolu ; il y a manqué, nous sommes quittes.
— Sans doute.
— Gomment pourrai-je me mettre ainsi volontairement entre deux pareils caractères? Je n'aurais pas un instant àe, repos, ils querelleraient du matin au soir; ce que l'un ferait l'autre le déferait sur-le-champ, ils me rendraient fou, en vérité.
— Ce Puyguilhem est si insolent! si impérieux!
— Ah ! oui.
— Je n*ai jamais com]^ris , pour ma part , quel charme
YQW altaeliait à c^t bomin^, tandis gii'il pn est mille qui \d valent, et que vous ne r^ard^z même pas. Ypus 1§ coinblg:^ da fnveurs sans qu'il en soit plus reconnaissant, il seinl4§ que tout lui est dû. C'est qu'il ne vpus aime pas, croyezrlç bien.
— Je ne puis le supposer, madame, après le peu qu'ii était et ce que j'ai fait pour lui, ee serait le comble deTinll*atitude.
T— Il est ingrat, sire, il l'est plus que vous ne le pouvez imiiginer, il ne songe qu'à lui, qu'à satisfaire son ambition, votre service ne l'occupe guère, pourvu que les honneur^ ^ les richesses pleuvent sur lui. Vous le voyez, il attaque tout te monde, excepté les Gramont ; ne croyez ps^ que ce soit par amour pour madame de Monaco, il ne s'en soucie plus, niais ils ont son secret, et lorsqu'on a accusé le comte de» Gnîche d'avoir livré Dunkerque, on ne s'est trompé q^Q d'adresse, le maréchal le sait bien.
— Mais, madame , d'où vient que sachant cela , vous 1| recevez si parfaitement? Il ne bouge de céans. Uadam^ de La Vallière prétend qu'il y vient le soir.
— Ne m'avez-vous pas ordonné de le traiter comme vq-s tjre ami le plus cher?
— Certainement, mais est-ce une raison de l'admettrei 4 des heures indues?
— Sire, ai-je besoin de me défendre des calomnies de La Vallière ? Ne savez-vous pas qu'elle veut ma perte et qu'elle invente...
— Je sais qu'il est impossible de rien inventer de pareil sur son compte.
Le roi lui ferma la bouche par ce discours ferme et sérieux,