LES SPECTACLES
nn mol de ri* (\n'i lli's ilisi'iit ni «le ce qii'ellfs cli.inliiil ; iriiiis I rmiil.i ion e\ sic, cl cV>l l<rniii 011)1. Ll puis, ci>iii|iii'Z-viiiis piuir rien Ih s.4i3l.ictinn ri'<ori lier une l.iii(;in' clriiiiKCre clevnni qii<'l(|ii'iiii qui ne U s nt pis? On C. ouïr l;i jetinr ilenioiscllf ; ou l'iidmirc oiiniiie f.ii>:iil ci" |p.iys^iii île son ruië en chaire : Ce sermon esl si lu mu que je n'j ciinipremis rien.
— ISi 1» jeune demoiselle non plus . peut èlre? — Leia se peut ; mnis elle pritliiera . et en ait. lui ml elle «h mte de I italien... — Comme nos sœurs grises eliantei'l ilti I l'iii. — C esl cela, c'est et la iirécisenierit. J'admire voire péneir.tion, et je suis M'ir qu'a l'aide de que ques explicat ons je vous ferai suivre laclinn qu ou va np'é-tnler. — El vous dites ne pas sivuir l'it .lien ! — Oh ! j en sais qui-i(pies mois; d'ailleurs j'.ii la tradiiclinn île |i |ui"ce dans ma poche. Tene/. , vojez-ious les deuï telles en rifjird .-' Nous jukc/, q'i'un a lo' jours l'air de lire l'italien; maison a l'aul sur le tevle fiai.c .is. — \ odi donc pourquoi tous ceux qui liei'neiit une liroc'uie par.iissenl loue lier. — Nous y î'ies , vous y êtes. Tout le momie ici doit savoir l'italien, ou paraître le savoir. — On Srnihic avoir oiihl é le f ai cais à la porte. — Aus^i je remarque que personne ne parle. — Ou si lus, si li.is , que les plus proches voisins puissent siippuser qu'on s'expruue dans l.i langue i h' rie.
— J'uvai] cru la langue de Kacine très-supérieure à un idionie formé des débris du l.il n et de la lufjiie romance. — l'Ius bas , plus bas, je vous en supplie ; vous me ferii z p ■s^cr pour un profane. Il leiiir , monsieur, a tire le meilleur parti possible d'une largue ba'bare. Mais l'italien! il n'y a que des voyelle-, d.ns c< lie lan(;u-là; les consoines en sont b'nnies. Oh! les voyillrs, monsieur, les voycdis! vous ne soiipronnt z pai le charme des voyelles. Nous alltz en juger. — C'est une Djanie que cela. — C'est ce que ptélendenl ci u\ qui ne sont au courant de rien. — ^Mais il finlii Paris èire hniiime a li mode d'abord. — Vous y êtes , vous y ét^s. Le n.a! re d'orcluslre se place. Je vous en prie, ayi I l'air enchniilé. .A cpl .unissez d<ii.c! — Avant qu'un ait commencé? — F.h . sans doule. Il en esl de l'italien comme de la foi : avec ces deux choses-là on Iranspurte les monlagues.
L'ouveriure comminee. J'.ivoue que je i-ms étonné de l'accord parfait, de la justesse, du goût, du bri Iml qui ri-gneiil dans l'exéciilion. Eh, je commence a prendre une certaine opinion de la musique ita- Ueiine. Voyons les acteurs.
— Eh , men Dieu, monsieur, qu'est -ce donc que celte monotone et fitiy^inie répétition dis mêmes noies? — C'est du rénitatil, monsieur. — !\e pourrait ou pis le S'ppnmiT? — ÎSoii, monsieur, c'est le dia'ogue de la pièce. — ^e pourrail-on pas le pailer? — Won, monsieur, les chanteurs ililiiiis ehanient et ne parlent jim.is. — Ce dialogue esl insouli n.b e. — Eu Ilaiie, on ne l'écoute pas. — C'est bien la peine de le faire !
— Prètez-moi voire brochure... Mais ce poème est détestable. — En Italie , on n'écoute p. s le poème. — Celle actrice nie parait avoir un bien médiocre tiient. — C'tst la quarla donna, et en Itilie, on n'écoute pas la quiirta donna. — El que diable y écoutc-l-on ? — Les loges
y sont profondes. f)n y cause, on y joue , et on ne se montre sur le devant que lorsqu'on entend la ritournelle de la prima (hivna, ou du f<i.prari(i en favi-iir. — Les llHiienssont plus h ureiix que moi. qui suis condamné à tout entendre. Pour.|Uoi celle salle u'est-clle pis construite à I il.ilienne !
— M. de S irville, disait un homme de la loge à droite, me tourmentait depuis un mois pour que je vinsse ici. J'ai celé à ses in-lan-es, mais je n'y se ri i pas r. pris — Oh. le nus'-riiliilr ! me dit mou ricero , peut-il piirhilfr ainsi! ^e pas sentir la fiveiir spécule que lui a faite y], de Survilie! Il sembkrail que M. de îSurville ne sait que faire de sa loge.
— Madiime la comtesse aura beau dire, s'ëcrie une jeune femme de la loge à g.ui lie , elle ne me persua lera j im.iis que re soit là un sp cl.icle. Vue, vive l'Opéra-Couiique ! — ()li , qin I e tibnminaziulie! crie mon ciciro. lailes donc gi'ùier, pir autiiipition , à ces geus-là les pl.iisTs (il'/ cielv! Li dame enti ndil l'exi-lauiHliou , et ]>irlit d un éclat de rire. Alon ciceru entra dans une véril.ilde f ireur; il se contint cependant, par ménagement pour le beau sc\c. Mais comment ne se serait-il pas coiirrouié? Cet éclat de rire lui a fait perdre un bémol délicieux qu'il attendait depuis quinic mesures.
J'étais eiiticieineiil de lavis de 1> dauie et du monsieur; mais je ne disais mot, de )ieiir de lil sscr mon ami à I endroit sensihle. Cependant l'ennui nie gasrnait peu a peu. Je le coraiialtais , mais en vain. J'avais une repléliou de voyi lies et de musique...
— Pour Oieii, monsieur, ne bâobz pis dans le temple d'Euterpe! Quelle opinion aurait-on de moi, si ou voyait bâiller dans ma loge?... Tenez voiu un ouvrage composé par un homme que je protège. Il est du même formai que la pièce qu'on représente; le public s'y trompera. Prniiz. lise/.; c'est ce qu'un sourd peut faire de mieux.
— Vous prolg. 7. cet homme, et sa brochure n'est pas coupée! — Oh! un de mes unis m'a dit que cet auteur a du mérite; il est inutile que je lise son ouvr ge. Cmipiz-le; cela vous fera passer un moment.
tssiii sur la musique. Ivcore de la nius q/e! J aimerais autant un traité d'algèbre : je n entends pas pins à I uu (|u'à l'autre. Dès la quatrième p ge, je lu'tndors prufoudéuieut Mon bonime me pousse avec force. — Sortons, monsieur; fi ignez d'ôlie indisposé. Je n'ai que ce moyen-là de sauver ma répulaliun... Soyez donc in lispusé... plus que cela; que j'aie l'air de ne sacriher qu'a l'humanité soutirante le finale adm rable qui va commencer. — Oh, motisieur, que je suis aise «l'être <!ehors I — Gardez-vous bien de le dire ... Des sels, mesdames, des sels, de l'éther, des gouttes... Les ouvreuses se rassemblent autour de nous; toutes me pré entent un 11 .cou; toutes vantinl leurs renié tes, et sollicitent la préférence. Le chirurgien de service accourt; il veut absolument me saigner... J ni appris dans les rues à recevoir et a donner des coups de coude. J'en allongea droite et à g.iuche, par-devant, parderrière. On crie que j'ai le transport au cerveau; mai» on se range; je m'eufuis; je rentre chez moi; je ferme ma porte k double tour.
Tip llenii t't-n, tue liir.Tiii-i'lt?. *>■
LA MOUCHE