XXV. — Quel litre lui ilonner
Me voilà en rouie pour Paris. Je pense avec lioireur cpie je ne fais point un p;isc|ni ne me eoniliiise .i îles ilVrontsJi de nouvelles infamies.
Déjà je ilislini;iie le ilôme des Invalides. D.ins une In-iire je serai chei moi; il.ins l'ine heure, peul-Olrc, ji' recevrai des ordres, aui(|uel8 il faudra me soumetlre sans résislanee. Il faudra rappeler le sourire sur mes le\res; il faudra le feindre au nuiins. l'.sl-il vrai (|u'il y ail des femmes ipii, pour un peu d'or, se donnent à des boiumes i|u'elles délestent ' l'*r quels efforts sont-elles donc parvenues à ee ilejjré de dépravation :'
Mes jauibt» ue inu iiuuluuaii.ul ^luâ.
Je l'avais prévu, il sort d'ici. Hélas! il est aussi impossible de se veojjer du monstre que de lui résister. Hien n'échappe à sa pénétration, et il n'est pas de précautions (|u'il ne prenne. 11 a réOéchi, ditil, aui conséquences qu'entraîneraient ses fréquentes visites chez moi, el il eii(;e i|ue j'aille le trouver chez. lui. Les attributions de sa place ouvrent sa porte à une foule de gens, au milieu de--c|uels je ne serai pas distinguée , et ipiand on me remarquerait, on trouverait naturel que l'aDaire de mon mari me pousse indistinctement chez ceui qui peuvent lui nuire, comme auprès de ceux que je crois lui pouvoir être utiles. Je te fais grâce de ses expressions. 11 joint constamment celles de la débauche à l'ironie el à l'insulte.
Il m'a prescrit, en sortant, d'être chez lui dans une heure. Mes premières démarches, en arrivant à Paris, ne seront donc pas pour mon épout! Elles ajouteront à ma honte et à la sienne. Les réflexions, les raisonnements sont désormais inutiles. 11 faut <iue je me courbe sous la main de fer qui m'écrase.
J'ai craint qu'une maladie violente soit la suite de ces scènes de désolation. J'ai voulu rendre utiles à M. d'Apremor.t les derniers moments dont je pouvais disposer encore. Je me suis fait habiller; j'ai demandé ma voilure. Je suis partie, accompagnée de ma fidèle Jeannette; je suis descendue chez M. d'Kstouville. Je le connais peu, et je n'ai jamais eu à me louer de lui. Mais je connais moins encore madame de \ alny, et j'ai besoin d'un guide, qui dirige mes premiers pas dans une ville oii je suis étrangère , dans une affaire de la plus haute importance, oii je ne trouve encore qu'obscurité, et que sujet d alarmes.
•le m'attendais à être accueillie au moins avec bienveillance. Peuton ue pas courir au-devant des malheureux avec qui on est en relation, et auxquels on peut être utile? M. d'Estouville ne m'a marqué que cette politesse froide , qui éloigne parce qu'elle prouve une indirtérence totale. Je me suis bornée à demander s'il avait transpiré c|Uelque chose des circonstances de cette alïaire.
^1. d Lstouville a ouvert el refermé les portes. Après s'être assuré que personne ne pouvait nous entendre, il s'est étendu sur l'imprudence de .M. d'Apremont; sur le choix irréfléchi des moyens qu'il a employés pour servir la cause des Bourbons.
Il m'a ensuite priée de lui faire grâce, à l'avenir, de visites, qui
seraient sans fruit pour moi, et non lan» danger pour lui. Je suis sortie indignée.
Je me suis arrêtée Ji la porte de ee lii'u , redoutable même pour l'innocent. J'.ii fait un retour sur moi même. Je ue suis pas coupable sans doute , mais je n'en suis pas moins une IVinme dèi;radée, indigne d'un honnête homme, et si M. d' Xpremoul pouvait lire surmon front le erime i|ue j'ai été obligée de partager, sa douleur pn-viendrail le coup ijuc la mort se dispose à lui porter. Ma main est sur le marteau ; elle ne peut le soulever. 1 n tremblement général s'es emparé de moi... Je ne suis pas coupable I ai-jc dit. .Ah I je le répèle, si c'était pour lui (|ue je me fusse prostituée , une voix intérieure ne s'élèverait pas contre moi. Elle me crie (|ue je n'ai rien fait(|ue pour mon amant, et que dans cette alïaire l'innocence de Jules n'empêche pas i|ue je sois une femme adultère. L'enfer est dans mon cu-ur ; je ne peux sup|>orter tant de maux; ils m'écraseronl. Dieu le veuille!
Je cherche à mélourdir sur les idées funestes qui m'obaèdenl; je frappe, j'entre, je communique l'ordre de mon adniissiun ; on me conduit, la clef tourne, la jiorte crie... Une sueur froide coule de toutes les parties de mon corps.
Il était assis près d'une mauvaise table, qui soutenait son eomlr, sur le(|uel il appuyait sa têti'. Un mauvais lit; des rideaux dont on ne distingue plus la couleur; quelques fauteuils, dont l'étofle esl in lambeaux; un plafond presque noir; une chandelle, allumée à midi, dont la pâle el Iriste lueur ajoute à l'horreur du lieu, voilà le loiiibcau où j'ai trouvé ensevelis riimineur, la proliiié, la vertu.
Au bruit que j'ai fait en cnlraiil, il a soulevé sa tête. 11 portait sur son front le calme qui distingue l'homiue cieiiipt de tout reproche. Il se croyait sépare de l'univers entier, el il retrouvait «elle qui lui tenait lieu de ce qu'il avait perdu... celle qui, deuv jours plus lot, était digne en effet de lui faire tout oublier. Il s'est levé précipitamment j il s'est jeté dans mes bras; il m'a couverte de baisers... Ah! Claire, il me semblait que ces baisers elïaeaient l'empreinte du crime, je me sentais eu quelque sorte purifiée.
Le boD curé nous regardoii, oous Léuissaii ei priait sur nous.
Je me suis approchée du malheureux ; je me suis assise près de lui; j'ai pris ses mains dans les miennes. Pour la première fois je lui li parlé amour, et ce sentiment était dans mon cœur. Oh! combien mon époux m'était précieux, comparé à l'homme des bras duquel je sortais ! J'appuyais ma joue à la sienne ; je la mouillais de mes larmes. . Ah ! s'est-il écrié, il fallait donc (|ue ma tête fût proscrite pour que je jouisse du moment le plus doux que j'aie goûté de ma vie ! » Cette réflexion m'a atterrée. Elle m'a présenté tout l'odieux de ma conduite, depuis que je suis unie à cet excellent homme. Les illusions du monde et du cœur s'évanouissent sous les verrous. On s'y trouve ce qu'on esl réellement. Le front de mon mari était serein, et j'étais bourrelée de remords.
Cette scène de tendresse et de douleur s'est prolongëc longtemps. Il a fallu enfin revenir à soi-même , et s'occuper des moyens de sauver l'innocence. Le maire, le bon curé de notre village sont enfermés dans cet enfer : le monstre a enveloppé dans sa vengeance , jusqu'à
AUÉLAiUt, UK MÉRAN.
ceui i|iii nous onl niari|ué i|uelque pilic. Us ont subi un iiilcrrogiitoire, l'I on leur opposi- dos f.iils alloros, cli;ii];cs, fiiveninus de loutc la raye du crime. J';ii pris le nom el l'adresse du juge cliarjjc de l'en- <|uète. Je n'aviis à opposer à sa eouviction cpie le luallieur el les larmes. .Mais je suis jeune; la douleur ne m'a pas flétrie encore; un juye est un liunime; il ne repousse pas une leuime suppliante; il écoule, et la beaulé tlo(|U('n'e eniraiue (|uili(uefois. Je me suis arrachée des liras de M. d'Apreiiiont, je suis revenue à lui ; le geôlier m'a entraillée. Je nie suisjelée dins ma voiture. Je n'ai pu répondre aux i|uestions multipliées de Je.iiinetle ; je suis arrivée chez le juge.
J'ai trouvé un hnniiiic alTalile, compatissant, mais rigourou'îpiiH'nt attaché à ses devoirs, il ne peut , m'a t-il dit, se lormer une opinion i|ue d'après les pièce» qui lui ont clé remises, cl elles sont d'un clTct elTravant. 11 m- m'a point dissimulé (]ue j'ai tout à craindre pour M. d Aprinioiil ; il ma pressée de voir un avocat ; il m'en a indiipié un qui joint a un talent remarquable un tel amour de la gloire de son état , qu'il se chargerait avec empressement de cette alVaire, ne dùt-clle lui rien rapporter. Il a fini, comme M. d'I'.stoiiville , en nie priant de ne pas duniier lieu, par des visites multipliées , à des idéfS de séduction , auxquelles ma brillante forlunc pourrait donner un certain jioids. Helte es|ièce d'injonction ne m'a point afi'ectée : cet homme est jaloiii de si répiilalion de magistrat inièi;re ; il m'a témoigné de la compassion, de l'iniérèt; c'est tout ce que je pouvais attendre de lui.
Je n'.ii pas [lerdu un moment. Je suis entrée chez l'avocat, chargée de ce que les pronostics du juge avaient ajouté à mes larmes. Je lui ni parlé longiicnient, et sans doulc je me suis répétée souvent : c'est le propre de la douleur di' craiiulre de n'être pas assez enteiuliic , et de ne pouvoir faire passer dans l'âme de celui qui écoule , l'intérêt pre.isaiil qu'on voudrait lui inspirer. L'avocat m'a prêté une attention soutenue , une p.ttienic inaltérable, et il n'a cessé de me luaniuer la bienveillance li plus encourageante.
J'ai causé longtemps avec cet homme respectable, cl il est parvenu i faire rentrer l'espérance dans mon cœur. Je l'ai pris dans ma voiture ; je l'ai conduit à la triste demeure de M. d'Apreinont. On lui en a refusé l'entrée, el on m'a répondu, à moi, ijue mon ordre d'admission ne pouvait nie servir (|u'uiie fois. Il faudra donc que je me prèle à de nouvelles infamies pour qu'il me soit permis de consoler, de serrer dans mes bras mon nialheureui époux! Que dis-je? Le monstre n'a pas besoin de celle ressource pour me rendre docile à ses volonté:*. 11 sait trop qu'il est dciii êtres à la conservation desquels je ne peux rien refuser. Celle pensée m'a rejctéc dans un accès de désespoir qui a efTrayé mon avocat. Il m'a ramenée à l'iiôicl ; il n'a pas voulu m'abandonner aux so us de Jeannette ; il m'a prodigué tous ceux ([uc la décence lui pcrmctiail de me donner. Bon et digne homme, tu étais loin de soupçonner que celle à qui tu marquais du respect est une femme souillée !
Vingt fois j'ai été poussée à lui dévoiler les secrets de la tyrannie affreuse sous laquelle je gémis , à implorer son appui contre l'infâme. Mais (|ue peul-il pour moi ? Il n'evislc pas de preuves de tant de forfaits, et j'aurais inutilement avoué ma lionte , el celle de M. d'Apremonl. Que ta réponse tarde à venir! Oli ! si je savais Jules et mon père hors d'atteinte , je braverais le scélérat, je le chargerais de malédictions, je lui rendrais les outrages que j'en ai reçus. Les lui rendre ! cela ne se peut pas. Malheureuse ! je ne peux me venger qu'avec des mots !
J'ai affecté un calme, quejene connais plus, pour éloigner l'homme dont la présence arrêiait les sanglots qui pesaieni sur mon cœur. Il m'a quittée pour aller demander au ministère de la justice, l'ordre d'être admis auprès de M. d'Apremonl. On ne peut, dit-il, refuser un défenseur à un accusé ; la loi est formelle à cet égard. Je suis restée avec Jeannette, et lu prévois aisément combien ces tête-à-lêle sont lugubres et silencieux. Alais du moins on est libre. On peut répandre et essiiycr.des larmes.
Il était possible que mou avocat n'eût pas obtenu encore la permission de voir M. d'.^premont, el j'avais à rendre compte à cet autre infortuné el de ma conversation avec son défenseur, et des espérances qu'il m'a données. J'étais oppressée par la douleur, et je sentais le devoir et le besoin de partager la sienne. J'étais faible , bien faible, et cependant je me suis fait habiller. Jeannette et Jérôme m'ont portée à ma voilure ; je les y ai fait monter avec moi ; je suis arrivée à la prison.
M. d'Apremonl traite doucement ses domestiques; mais il ne s'est jamais familiarisé avec eux. J'ai cru devoir ménager son amour-propre. J'ai fait rester dans la voilure la jeune femme et son mari , et je me suis Irainéc à la chambre du malheureux. Oh! Claire, Claire , quelle entrevue ! L'enfer n'a point de supplices comparables à ce que j'ai souffert. Ce n'est que trois jour» après cette scène épouvantable que je peux en tracer les détails.
11 marchait à grands pas dans sa chambre; ses mains étaient croisées sous sa veste ; sa figure el ses mouvements peignaient à la fois l'indignation cl le desespoir. Il a reculé jusiju'au mur en me voyant, el il m'a regardée avec horreur. " Qu'ai -je donc à redouter encore ?
me siiis-je écriée. — Eloignez.-vous, éloignez-vous, femme perfide et ! coupalile. — l'.\pli(| liez -vous, au nom de Dieu! — Des Audrels est venu ici ce matin. — Eh bien.' — Il a voulu empoisonner mes derniers moments; il m'a tout déclaré, et pour que je ne conservasse uucun doute, il m'a cité des parliciilarités qui ne peuvent èlre connues (|uo dans une intimité sans bornes. ICIoigiicz-vous, éloignez-vous, vous dis-je! — Lli bien ! je le confesse à genoux , j'ai ^élé forcée de p'oyer sous la main du crime ; mais il est la-haut un Eire qui connaît la droiture de mes motifs. — IV'atiestez pas le ciel, ennemi du mensonge i\e sais-je pas avec quel dédain, avec quelle fieilé vous avez entendu au château la lecture de la lettre du misérable; avec quel eiupiessemenl vous avez attaché votre voile au balcon , lorsque ma tête seule était menacée ? 11 y aurait eu de l'héroïsme peut-être à vous sacrifier pour moi : ma vie ne vous a point paru digne de ce dévouement. C'est pour conserver votre amant (|ue vous vous êtes pro.^lituée ; c'est a un amour illégitime que vous avez immolé votre honneur, le mien,<|ui ne vous appartenait pas, el que j'ai eu la dcplorabe démence de vous confier. Celte vertu , que vous alliehiez, n'él.iit qu'un uiasi|iie dont vous vous êtes servie pour me tromper. Si l'inlérèl que vous portez à ce jeune homme a pu vous déleiiuiner à céder au lâche (|uc vous déleslez, que n'avez- vous pas dû faire pour l'objet d'une flamme aussi coupable (|ue violente, pendant les courts inst iiiis dont mon aveugle confiance vous a permis de disposer? Laissez-moi, laissez-moi, vous dis-jC encore! il n'est ]pas de consolations qui puissent adoucir le coup que j'ai reçu. Les vôtres teraienl dérisoires; elles me seraient odieuses. Laissez moi, je veux, je dois mourir. Je m'accuserai moi-nicme au tribunal devant lequel je comparaîtrai... Des Audrets! l'inlàme ! il allait périr de ma main; j'allais
en purger la terre; j'avais saisi ce flambeau il s'est élancé sur moi
comme une bêle farouche; il m'a terrassé; il m'a menacé de me charger de fers, si je faisais le moindre mouvement. J'ai été contraint de l'enlciidre, cl c'est vous qui avez accumulé sur ma tête toutes les espèces d'outrages. Sortez, madame, sortez, s'il vous reste encore quelque sentiment des convenances. Emportez mes regrets amers, de vous avoir connue, et mon irrévocable malédiction. »
Je n'avais rien à répondre, Claire. J'étais atterrée, sinon sous le poids des preuves irrécusables, du moins par des raisonnements (|ui me pi laissaient sans réplique. Et je ne pouvais obéir à rinfortiMié que j'ai en ell'et couvert d'opprobres ; mes jambes ne me soutenaient plus. Je suis tombée sur le carieaii. J'ai étendu mes bras vers lui pour implorer sa miséricorde. Croiras-tu qu'il existât encore dans ce cœur torturé une place pour la pitié? Il s'est montré humain. Sans m'adresser un mot, il m'a relevée; il m'a portée sur son lit, couverte d'une sueur glacée et pouvant ^ peine respirer. « Elle sue le crime , u s'est-il écrié eu s'éloignant avec effroi. J'ai cru, j'ai espéré que ce moment serait le dernier de ma vie. Il est revenu à moi; il a soulevé ma tète; il a essuyé l'eau qui en ruisselait. « Vivez, m'a-t il dit, vivez pour vous repentir, et regrettez un infortuné qui méritait une autre femme. »
11 était temps que cette scène finit pour lui et pour moi : nous ne pouvions plus la supporter. On a ouvert la porte, et j'ai reconnu mon avocat. Il a été efi'rayé de l'état dans le(|uel il m'a trouvée. 11 m'a fait respirer des sels, qui m'ont rendu un peu de force. 11 a couru appeler du secours. JoHunette el Jéiôiue sont entrés; on m'a portée dans ma voilure. « 11 veut mourir, ai je dit en sortant à l'avocat. Ah ! qu'il vive, qu'il vive pour lui , s'il ne veut plus vivre pour moi! Au nom de Dieu , engagez-le à vivre, et sauvez un innocent. •
Quand j'ai été dans mon lit et ((ue j'ai pu classer mes idées, je me suis rappelé les détails de celte scène effroyable. Siiis-je en effet aussi coupable que le croit M. d'Apremonl? Un père ne nous louche-t-il pas de plus près qu'un époux? Est ce un crime de le préférer, surlout quand l'amour n'a pasformé des nœuds, respectables sans doute, mais moins forts que ceux qu'a serrés la nature?... Mais si mon père eût été seul, e^t il bien certain «[ue j'eusse fait pour lui...? Ah! Claire, cette réflexion m'a anéantie. • 11 a raison, me suis-je écriée, il a raison. Je n'ai rien fait que pour l'amour; je ne suis qu'une vile adultère. >•
Oui , Claire , je suis revenue ii la vie , non pour moi , le ciel m'en est témoin. J'ai fait venir Jérôme, et je lui ai demandé s'il était disposé à s'exposer pour me servir. Il m'a répondu en embrassant sa femme el en me demandant mes ordres. « \ a , lui a dit Jeannette en pleurant, n'oublie pas la femme el Ion enfant; lâche de le conserver pour eux ; sois prudent , mais ne balance pas à tout entreprendre pour notre bonne maîtresse. »
Les communications ne sont pas libres, je le sais; mais, avec un habit de paysan, de l'adresse et de la résolution, on passe partout. J'ai donné à Jérôme les instructions les plus détaillées; je les lui ai répétées vingt fois.
Jérôme vient de partir avec ce qu'il faudrait d'or pour faire le tour de l'Europe. J'attends beaucoup de son zèle et de son intelligence. Ses adieux à sa famille ont été déchirants, et cependant il est parti. L'amitié a donc aussi une force irrésistible, et il est constant que l'espérance aveugle l'homme sur les dangers auxquels il s'expose. Jérôme peut tomber dans un parti ami ou ennemi ; il peut être dépouillé par les uns, maltraité par les autres.,. 11 est jiarti.
AUËLAJDË DE MÉKAN.