‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 217 sur 379 · V. — Je crois i|u'il sera varié · texte numérisé non relu

V. — Je crois i|u'il sera varié

11 était midi. Madame Bernard se présenta poussant devant elle IMarguerile e! riant aux éclats. IMarguerite ne ressemblait |)as mal à un fagot habillé, et d'.Vlairc eut de la peine à conserver son air sérieux. >Iais quand il se crut mailrc de lui il tança vivement sa femme de cliari;e. «Croyez-vous, madame, que mes gens doivent être l'objet do vos railleries? (^)ue trouvez-vous de si plaisant dans cette fille? elle est gênée dans des luibits qu'elle n'a pas riiabitudc de porter, cela esl tout simple, et vous le savez comme moi. (Jue signifient ces ris immodérés ? Ils sont l'expression de l'orgueil , ils tendent à faire sentir à Marguerite l'abjection de la place qu'elle occupe el votre supériorité. Vous en accablez sans ménagement une pauvre servante. (,)ue vous importe son humiliation, pourvu que vous jouissiez .' \ ous êtes une égoïste.

Mais, monsieur le comte, vous m'avez permis avant-hier de

rire autant que je le voudrais. — Oui, madame, mais entre nous; el certes je n'ai pas entendu vous autoriser à olVenscr personne. .Ma bonne Marguerite, mets-toi dans ce fauteuil. — Moi, monsieur le i-oiiite? — Pourquoi hésites-tu, puisque je t'y invite et que je le veux ? Je ne ressemble jias à madame Hernard, et je U retrouve sous des habits qui te vont assez mal, il faut que j'en convienne. 1" as un très-mince emploi, lu le remplis bien, lu vaux qui que ce soit ici. Assieds-toi, le ilis-jc , el sois parr.iitcment à Ion aise. »

Aladame Bernard , piquée ati vif, sortit du plan qu'elle avait suivi jusqu'alors. " Si j'osais parler, dit-elle à d'.VIaire. — l'arlez, madame, parlez. — Ma fraiichi.-e , peut-être... — .>c me déplaira pas. — Eh bien! monsieur le comte , je viens d'avoir un tort assez grave . je l'avoue ; je vous ai indisposé, et vous trouvez quelque satisfaction a venger Marguerite d'une olïeuse qui n'éiait pas rénéchic. \ oiis vous élevez à vos" propres yeux en protégeant le faible contre le fort. \ ous êtes très-content de vous en ce moment... — C'est cela, madame, c'est cela. ^ ous eouimenccz à eonnaitre le cieur humain. N vous aviez toujours vu et pensé ainsi, je ne vous aurais pas donne d emploi dans ma maison , je vous aurais approchée de moi, nous aurions raisonné pbilo-ophie ensemble; votre tournure d'esprit me plaisait vosf'raii.ls mots, substitués a des cho,es évidentes , m'ont inspiré de l'éloignemei.t. — Je vous enlemU, monsieur le comte, vous avei des moments d'un vide diflieile a supporter. — Cela est vrai. — N ous éprouvez souvent le besoin d'avoir quelqu'un qui ne vous impo-c. aucune contrainte cl qui cependant puisse vous entendre et voil* répondre. — Je l'avoue . madame , j'en conviens. \ ous conviendrcl

L'ÉGOISME

aussi que vous brûlez li'èlrc la préfért'c. — Mais , monsieur le colute, je iii'oceupe un peu île moi. — Oli ! un peu I lieauecuip. — Heaueotip, suit. — A la limuie heure, .l'aime qu'on s'exprime ainsi. Nous désirez èlre mieuv, el cela doit être : je recherelie les jouissanresqui ne laissent après elles ni erainles ni rct;rets, el dans ec uiomenl eliaeun de nous ne s'oceupe que de lui.

Madame, vous clioisirez parmi mes domestiques un homme difvnc de quelque eonl'innee, vous le eharijerc/. des détails et vous vous boruert/. à le surveiller. ^ ous ferez les honneurs de ma maison ri do nia table, et nous eompterons tous les nuiis. A eommeneer d'aujour- «l'hui, vous ferez mettre deu\ eouverts. — De tels arrani;enicn(s , monsieur le eonite, me plaisent beaueoup. — ,1e le erois. — Et je ferai des elUirts souteiuis pour justifier vos bontés. — l'our conserver le bien-ètrc (pie je vous assure. — Je le pensais, monsieur le comte. — Pourquoi ne pas le dire;' Je n'e\i.i;e de vous que île la franchise, mais je la veu\ entière et sans réserve. — ISous voila parfaitement d'accord; mais Julie... — Qu'en ferous-iious ? — Ou ne peut la

Moufflard, porteur du précieux sapajcu, arrive à la porte de Son Excellence.

laisser à ellc-m?me... — Au milieu de domestiques sans délicatesse, peut-être sans honnêteté. Eu supposant que vous voulussiez en faire votre femme de eharjje , son extrême jeunesse ne commanderait ni le respect ni la confiance. — Ma chère madame Bcnianl , voilà (|ui est embarrassant... Lh ! (pic diable, madame, vous n'avez d'abord ])eiisé qu'a vous, et vous voyez... — M. le comte n'a pas été pins prévojant. — \ ous avez raison. Ne pourrait-on pas trouver une [.eiisiou chez d'honnêtes gens?... jNon , non, celte mère est une vile iiitri- Sante , et il faut ii Julie un asile, oit le vice et l'or ne puissent pénétrer, une protection élevée , contre laquelle on n'ose rien enirepreiulre. — Sous ces rapports, elle ne peut être ailleurs aussi en siirele qu'ici. — Sans doute; mais, comme vous l'avez dit vousmême , a quel litre l'y garder ? •

On aniioiice a d'.Viaire une dame qui désire le voir el qui ne se nomme pas. Il ordonne qu'on la fasse entrer. I,a dame se présente.

" Les Pelilen A/fichrs m'ont appris, dit-elb , qu'un homme qui jouit de la meilleure réi«ulation, méconuait les lois iialuiellcs et civibsau piuntde favoriser l'exasion d'une jeune pei>oniic. et de la soustraire a l'autorité maternelle. — Ahl vous êtes madame Mauret. — Et je viens, monsieur le comte, revendiquer nus droits. — Vos droits.' ils sont perclus par l'abus que vous en avez fait. — .Monsieur prétendrait-il retenir ma bile chez lui? — l.a retenir! elle est venue se jeter dans mes bras, et je l'ai accueillie, persuadé qu'elle ne peut être nulle part aussi mal que chez vous. — Ainsi, monsieur, vous avouez le rapt, el vous y persistez. — Alalheiirciise ! il vous sied bien de tenir ce langage, vous qui, sans pudeur, avez vendu cette enfant, et qui jouissez sans remords du prix que vous avez mis ii sa vertu! — \ ous m'insultez, monsieur; xoiis oubliez que vous êtes chez vous.

Je vous ilis la vérité; je la di^ a tout le monde, parce que cela me roiixient. — 11 est inutile de prolonger une discussion qui deviendrait orageuse. Je me retire, en déclarant à monsieur que je vais le

traduire devant les tribunaux. — J'y paraîtrai , madame, et j'y mettrai votre infamie au grand jour. — S ous n'y paraîtrez pas, monsieur. — Et la raison, s'il vous ])lait ? — Je jette le masque et je vais m'explii|uer franclicment. : ^ ous êtes l'ami de .M. de Versac? — Je ne le suis plus. — \ ous l'avez été ; il interviendrait nécessairement au procès, et vous ne voulez pas le dégrader dans l'opinion publique. — Il est trop vrai! je serais malheureux du mal que je ferais à cet homuie-la. Finissons. \ ous voulez me forcer à transiger : combien vous laul-il pour signer une renciuciatiou en bonne forme à tous vos droits sur Julie? — Trente n.ille francs. — Trente mille francs ! — La somme aujourd'hui, ou l'assignation demain. — > oila bien de l'égoisme ! fk'lui-ci est aIVrcux, épouvantable! le mien du moins est utile quchpiefois. "

Le comie se met à son secrétaire, rugissant de fureur. Marguerite est stupéf.iile. ^Madame liernard regarde madame .Mauret d'un air indigné et menai ani. (^ette femme seule est calme. Le domesliijue qui l'a introduite rentre et ])arail attendre des ordres. D'Alaire lui demande ce qu'il veut. « Faut-il chasser cette femme par la porte ou par la fenêtre :' — De quel droit vous établissez-vous réparateur des tints qu'on a envers moi ? Vous croyez gagner beaucoup en me persuadant de votre altaclicineiit , de votre zèle! mais comment avezvous l'audace d'écouter de l'aiitichauibre? — truand on parle trèshaut, monsieur le comte, j'entends sans avoir écouté. — En voilà assez. Portez cette lettre ii mon notaire. Madame , demain vous irez signer, et vous prendrez, en échange de votre signature, l'argent que vous me volez. Sortez, et que je ne vous revoie jamais.

» Eh bien, ma chère madame Bernard, sommes-nous des gens à systèmes? Votre opinion sur le cœur humain ne se \'éritie-t-clle pas a chaque instant ? Trente mille francs! c'est un peu cher. 11 faudra les regagner par des économies. Nous passerons l'été dans ma terre de basse Bretagne. — Vous allez vous imposer des privations. — Sans doute. ^ 31ais elles seront compensées par l'idée toujours renaissante de ce que vous doit Julie. — C'est cela, c'est cela. .Mais que ferons-nous de cette enfant? — Elle n'a plus de parents, vous seul lui rcstfz au monde. ]\e peut-elle être chez xous comme une pupille dans la maison de son tuteur? — Mais ce tuteur n'a que cinquante ans; Julie est charmante; Andréa tout eulcnilu ; mon notaire va savoir que je tire celte jeune personne ries mains de sa mère, tranclioiis le mot: que je l'ai achetée. De là les interprétations, les conjectures, les propos. — Eh! monsieur le comte, tenez-vous plus à votre réputation qu'à la sùrclé de Julie ? Ce sciait porter l'égoisme Irop loin. — Je tiens beaucoup, sans doute, à ma réputalion; mais celle de Julie n'y est-elle pas désormais attachée, et n'est-elle pas déiruitc si je suis soupçonné? la réputation de cette enfant est le seul bien qu'elle possède , je dois le lui conserver. — Partout oii vous la iiicllrez, ne xous serait-il pas facile de lui faire des visites clandesliiics:' Aianqueia-t-on de le supposer ? — Bah! quand je serai à cent lieues d'elle... — iVe sait-on pas avec quelle rapidité l'opulence francliit les distances? La calomnie est active et ne verra dans votre éloiguemeut de la capitale qu'un moyen de plus de cacher vos démarches. — Allons, allons! vous n'aimez pas la campagne. — Que je l'aime ou non , je suis persuadée que , pour persévérer à lever tant d'obstacles, il faut (|uc vous ayez un grand plaisir à faire ce que le vulgaire appelle du bien- — En voila assez, madame; en voilà assez. Chassons ces tristes idées : la mélancolie ne me vaut rien. Faites servir aujouvd'hui Julie dans votre appartement, et demain nous verrons. }>

l n bruit sourd paraîl venir de rantichambre. D'Alaire , madame Bernard et Marguerite prêtent l'oreille. « Ma note éiait déposée aux l'ctites Af/iclies avant les vôtres : j'entrerai le premier. — J'ai payé le double du prix ordinaire pour que mon article parût le lendemain : je passerai avant vous. — Je suis cousin d'un des compositeurs, et je suis annoncé en tête de la colonne des demandes : bien certainement, vous ne vous présenterez qu'après moi. \ oilà mes originau.x , dit le comte. " 11 ouvre les deux battants, et pour terminer la couteslation, il invite les trois messieurs à entrer de front.

L'aigreur qui commençait à naître se calme aussitôt ; à l'aspect de M. le comte, ces messieurs devienueut très-polis; leur ton est plein d'aménité; leur regard sollicite la bienveillance. ."Margnerite se lève, fait une révérence gauche el retombe sur son fauteuil. .Madame Bernard n'a pas exigé d'elle autre chose : c'est là tout ce qu'elle pouvait apprendre. D'Alaire est obligé de faire des elloris iioiir conserver la dignité du rôle qu'il va jouer. ^ladauie Bernard cherche et trouve une ]'lira»;e qui la met à son aise, el elle ril de tout son cœur.

Aos trois messieurs s'ai<pieiit le dos en allongeant le cou xers iMarguerite. Ils se tourneul ensuite d i côté du comte, etl'uiKl'eux, qui croit apparemment avoir plus d'esprit ((uc les autres, prend la parole et demamlc, axec des inflexions mielleuses, si madciuoisclle est la jeune personne qu'il désire si vivement de saluer. Le comte répond aflirmativeiuciit. Une tèlc se baisse pendant ([u'uiic autre se relevé |iour se baisser de nouxeau. Les révértnees se succèdent sans inlerruplion. Jlargiierite , qui n'est pas accoutumée à ces marques de respect, ne sait que penser de ce qu'elle voit. •■ Eh bien, messieurs, dit le comte, eommeut la trouvez vous ? — Charmante, adorable. — En vérité ? — I l'iionucur.

L'ÉGOISME

— Ali oà ! vous ne ])Ouv<;z l'cpouscr Ions li's trois. — Le liasanl nous .1 renilus rivaux , monsieur le comte ; <|ue le hasard ilt'ciile et fasse un lieurcnv. — l.t si aucun île \ous ne convient ii mademoiselle:'— (U'rlainciucntils ne me lonvciiont pasl j'aime Jérôme, moi. » Jérôme est !<■ commissionnaire de l'Iiôlel. (le lannai;c agreste parait déplacé dans la liouclie d'une demoiselle, lilli' d'un capitaine de cavalerie. INos épouseurs secouent les oreilles, dépendant l'orateur ne se démonte pas : il sait que la prudence vint (|u'on ne précipite jamais sou ju|;emeut. Il repreml la parole. " >i<Misavons un ri\al aimé, monsieur le couitc! Mi!i|u<l maliieur pour nous! l'ouri|uoi, uiaili'nioiselle, avoir dcniué votre adresse, puisque votre en'ur est prévenu en faveur d'un autre.' (iela est l'àclu'uv , cruel, ilésespéranl I — Eli! non, messieurs! eli non! vous ne vous désespérerez pas; mius l'cre/. inieuv : vous serez, aimables, empressés ; vous tàcliere/. de supplanter

Mademoiselle .Maurct.

M. Jérôme, qui, entre nous, n'est pas un homme d'un mérite extraordinaire. — Qu'est-ce qu'ous dites doue, monsieur le comte? Ous savez beu qu'mon Jérôme porte trois cents sur ses crocliets , comme j'portc une plume. — Des crocbcls ! — Qu'entends-je ! — Qu'est-ce que cela veut dire ? »

D'Alaire avait plusieurs fois fait sirjne ii Marjjucrite de se taire. .Mais on lui parlait mariage avec un autre que Jérôme, on avait attaqué la réputation colossale du commissionnaire. Quelle fille peut se posséder en pareille circoiislance ? Celle-ci s'était levée et marcliait à pas allongés dans le salon. Elle se tordait les bras, se meurtrissait les mains à force de se les serrer, et elle répétait sans cesse : n Oui, monsieur le comte, oui, trois cents sur ses crocliets. »

>os épouseurs ne savaient plus oii ils en étaient, ni ipielle contenance ils devaient prendre. L'orateur jiii;ea convcMable de l'aire sentir au moins qu'il n'était jias ilupe de ce qui se passait, 'i Ceci, monsieur le comte, ressemble bcaiicmip à une myslilicalion , et sans la liante idée que j'ai de votre caractère... — Oui, messieurs, oui , c'est une inystilication. Celle-ci du moins est assez innocente; mais vous en aviez préparé une ii mademoiselle Maiircl, ipii pouvait avoir les plus sérieuses coiisé(Hienees, et je ne lais (pu* suivre le inauxais exemple que vous m'avezilonné. — Monsieur le comte, je n'entends pas trop... — Ali! vous n'entendez pas. .levais m'expllipier. \ ous appiciie/ par la voie des journaux, que .M. de \ ersac protéi;e rortcmenl une f.uiiillc dont une dciiiuiselle, jeune et intércisante, l'ait partie. \ ous êtes sûrs qu'une place avaiitai;euse sera la dot qu'elle apportera à son mari , et cette persiiasiiui devient la rèyle de votre conduilc. Nous entrez cliez moi; je vous |>réseiile ii ma l'ille de cuisine; la jiroteelioii de monseiijueur embellit une li.Fjure repoussante, et Alanjuerite vous parait cbarmaiite, adorable. Vous êtes désespérés de ce (|ue son cceur n'est pas libre, parce que la jilace convoitée vous écliaiipe. Pour de l'aijjent, vous épouseriez une i;iieiiiiii , et vous avez cela de commun avec bien d'autres. Regardez celle-ci, rei;ardez-la ! vous dis-je. L'emploi obtenu , cette mallieurcuse serait trahie , maltraitée , délaissée. A ous êtes des égoïstes.

«Oui, messieurs, mademoiselle Maiiret est ici. Elle est jolii", trèsjolie, et vous ne la verre/, pas, vous n'êtes pas digues «le l'approcher. Le souille impur du vil intérêt ne corrompra pas l'air qu'elle respire.

Il Je viens de vous donner une leiiui ipii peut vous être utile. 'J'iichez d'en profiter. Adieu, iiiessieiirs. Laissez-moi.

u Madame Kernard, ils se retirent, honteux, confus, sans articuler un mot. Je suis bien aise d'être comte. .\ la laveur d'un litre assez insignifiant , je me permets de dire des vérités, diHit peut-être on ne profitera pas. Ces i;ens-la anr. lient envoyé par del.i les monts, celui qu'ils considèrent comme leur égal. Ils se taisent devant moi, et ils n'en savent pas trop la raison, ni moi non plus. — - Ob ! monsieur le comte, les préjugés, l'iiabiluile, rexcmpic... — Nous avez raison. Oii un moiiliin pas^e les aiilres passeront, et, vanité à ]iart, nous ne ressemblons p.is a la !;ent moutonnière. »

Margui'rile ne pouvait apprécier la juste valeur d'un mot; mais elle a\ait tort bien compris qu'on parlait île sa ligure d'une manière tris-désavantagcusc. L'édiicalion est a une femme ce que la culture est il une plante , elle la perrectioiiiic sans en changer la nature; et Marguerite, sans se rendre compte de rien, avait tout l'amour-propre de son sexe. Elle n'avait osé répondre à d'.VIaire. Un dépit violent, rortcmenl concentre, |icrce enfin , de quclipie maiiicre (|ue ic suit. Marguerite sanglotait dans nu coin.

«'lu pleures, ma bonne Marguerite! j'ai des torts envers toi. En voulant prouver ii ces i;eiis-lii qu'ils ne sont que de misérables égoïstes, je l'ai été iiioi-mciiie. Je l'ai sacrifiée à la jouissance du moment; je réparerai ma laiitc. Tu dis que .lérômc t'aime? — Oui, monsieur le comte. — Tu en e:i sûre? — Oui, monsieur le comte. — Eh bien! tu l'cpouseras. — Ah ! monsieur le comte ! — .'^'il devient infidèle, ee ne sera jias la faute île la figure, car tu n'as rien à iicrilrc; et si tu clianges en vieillissant, ce ne peut être en mal... Eiiiore de l'égoisiue!... La maudite vanité de prouver a cette fille que je ne me suis pas trompé dans le jugement que j'ai porté d'elle tout a l'heure...

Les trois prétendants qui se sont fait annoncer par les Ptliles Àffichet.

Oh! les hommes! les hommes!... ÎMadainc Fternard, je veux que ce mariaifc se fasse sans ilclai. N dus donnerez deux cents francs à .'Marguerite et autant ii Jérôme pour acheter des habits de noces. Ils vivront il l'iiôlcl, et s'il vient des enfants ils s'élèveront ici. \ a, Marguerite, va reprendre tes habits, que je me reproche de l'avoir fait quitter. •> Il lui donne une petite tape sur chaque joue, il lui sourit avec bonté; et Maiv.ucrile sort en riant d'un œil, en pleurant de rautre,'et elle court elicrclier Jérôme de tous les côtés.

« Je me suis mal conduit, madame licrnard. — J'en conviens, monsieur le comte. Mais vous savez si bien sécher les larmes que vous faites couler! — Parbleu, c'est bien la moindre chose!... Ah! il me vient une idée! -Nous étions tout à rheiire irrésolus, embarrassés sur le parti que nous prendrons ii l'éifard de Julie. J'ai prononcé que je déciderais dem.in. \aiiileox! aurai-je demain plus de lumières qu'aiijounl'hui? Si nous consulliuus celte jeune personne,

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