‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 229 sur 379 · XIV. — L'amour et la raison · texte numérisé non relu

XIV. — L'amour et la raison

Charles avait fait tout ce qu'il avait pu pour avoir satisfaction de l'olVense qu'il avait reçue de \ ersac. Convaincu (|u'il n'avait rien à se reprocher à cet égard, il était rentré chez d'.VIaire. Le comte ne lui dissimula pas le mécontentement que lui avait causé sa dc-iiiarche. • J'avais attaché, lui dit-il, le pri\ le plus doux à votre docilité. \ ous avez repoussé les vœux de votre cœur pour vous livrer à cet instinct de férocité que l'erreur a décoré d'un nom qui n'abuse pas les hommes raisonnables : je ne vous dois plus rien ; je retire ma parole. Mais, dites-moi, monsieur, êtes-vous vengé ? Cet homme, déjà si malheureux, est-il tombé sous vos coups ? — L'autorité l'a soustrait aux poursuites de ceux qui voulaient s'armer coiilre lui. — L'autorité s'est conduite ax'cc sagesse. »

>e semble-t-il pas que le comte n'ait eberché qu'un prétexte pour revenir sur la résolution d'élever entre Julie et lui une barrière insurmontable ;■ L'aeciiscra-t-on de versatilité dans sa manière de voir et de sent r ' Ses opinions, ses principes sont 1rs mêmes; mais tout disparait devant ces ri-gards si pénétrants (;t si doux , rien ne résiste » cet organe enchanteur que l'expansion d'une àiiie pure rend plus séduisant encore. <j)uel homme aurait alors le courage de repousser des caresses d'autant plus entraînantes que c'est l'innocence qui les prodigue? Est-ce, au moins, dans de semblables moments (|u'on peut vouloir sincèrement s'arracher ii ce qu'on aime ? Or ces scènes ravissantes et ]iéiiibles a la fois pour le comte , s'étaient renouvelées pendant l'absence de (Charles. Madame liernard avait, en s'éloignant à dessein, favorise ce délire du creur, qui nous laisse sans force et sans jugement. Elle comptait profiter d'une heure de faiblesse, pour anéantir les préventions, les craintes d'Alaire, et en obtenir la promisse positive de son bonheur el de celui de Julie.

!Mais Julie est incapable de feiinlre, elle l'a déclaré. Sa vertu naïve ne peut rien souffrir de ce qui lui est étranger. C'est Julie, à son tour, qui s'éloigne du comte, qui fuit a l'extrémité de l'appartement, qui se reconnaît indiifne de celui ([u'elle aime plus que sa vie. « Une amie indiscrète m'a séduite un moment! et comment pouvais-je lui résister, lorsi|u'elle me monlrail , dans l'éloignement , le dernier terme de la félicité ' Mais j'ai senti, je sens plus que jamais que je me suis dégradée, (piaiid j'ai .ipprouvé, par mon silence, un plan qui tendait a vous surprendre, à vous f.iire agir directement contre une résolution que vous avez |uisc dans votre sagesse, el (|ue même j'ai, pendant nu temps, adoptée comme vous. J'y reviens, mon ami. Souillons l'un et l'autre, puisque vous jugez que cela doit être ainsi. » Julie rappela alors, avec conl'usion, l'entretien qu'elle avait eu avec mad.ime Hernard dans lesjardins du château de basse Bretagne. Elle s'accusa encore d'avoir prêté l'oreille aux insinuations de son amie. Elle supplia le comte de leur pardonner à toutes deux. • Ab! s'écrie d'Alaire, si cet aveu n'est pas une suite du plan dont vous me parlez ; s'il est jHissililc que l'égoïsme ne vous dirige pas eu ce moment, vous êtes la femme la plus élomiantc, la plus accomplie qui ait jaimais existé! (^)ue faire? que résoudre?... Amour! invincible amour, est-ce toi seul (|u'il faut écouter? »

Madame Bernard rentre. Elle fixe le comte et Julie ; elle croit la circonstance favorable. Elle vient de lier quelques idées philosophiques pour combattre ce qu'on appelle l'inégalité des conditions ; pour prouver que l'amour se cache encore sous les rides naissantes ; que lui seul fait le bonheur de la vie, et que la raison même veut que nous lui cédions. Elle comptai! l'aire preuve d'érudition, en citant Anacréon et ses cheveux blancs cachés sous les couronnes de roses dont la beauté chargeait son Iront : le comte ne lui donna pas le lemjis de faire briller son élocution.

« Madame, lui dît-il, vous avez fait une grande faute, en persuadant à mademoiselle de s'unir à vous contre moi. Je vous la reprocherais avec amertume, si elle n'avait ajouté à mon admiration pour cette créature céleste. Oui, madame, vous m'avez fait connaître que si la vertu existe réellement, lulie est sa vivante image. »

Cette manière de voir mettait madame Bernard tout à l'ait à son aise, el elle fut loin de trouver mauvais que la jeune personne eût révélé leur secrel. Obligée de renoncer au discours qu'elle avait préparé , elle dit beaucoup de choses qui manquaient de liaison, mais que lc<omte écoulait avec complaisance, parce (ju'elles s'accordaient avec ses sentiments. Elle se résuma enfin, et elle conclut en déclarant que d'Alaire ne pouvait faire mieux que de donner sa main à Julie.

'I Madame, reprit le comte, vous n'êtes plus dans l'âge de la candeur, vous êtes depuis longtemps dans celui des calculs, et l'égoïsme est calculateur, convenez-en. .Mademoiselle, vous devant son rang, sa fortune, sera reconnaissante. Elle vous fera jouir du sort le plus agréable. — J'avoue, monsieur le comte, que j'ai pensé à cela; mais je me suis arrêtée particulièrement à l'idée de vous voir heureux, d'être fière un jour d'avoir contribué à votre bonheur. Ce genre d'égoïsine, au moins, n'est pas indigne de vous. «

Julie était tremblante, ses yeux étaient baissés; elle désirait et elle craignait que le comte parlât. Telle était la position des trois personnages, lorsque Charles reparut. Julie fut surprise et blessée de ce que d'.VIaire venait de dire au beau jeune homme. Mailame Bernard lui avait fait connaître le sentiment qu'elle avait inspiré à Charles, et il était clair que lecomte avait cru pouvoir disposerd'elle sans sa participation. « Je vous dois tout, lui dit-elle, monsieur, et ma reconnaissance est sans bornes. Disposez de ma vie, elle vous appartient ; mais ne l'empoisonnez pas, en me contraignant à former des nceuds (|ue mon cœur repousse. 11 est à vous tout entier, et (juancl on aime une lois n'est-ce pas pour toujours ?

" Qu'enlends-je ! s'écria Charles; quoi, mademoiselle, vous aimez M. le comte? — Et je suis payée du plus tendre retour. — (^)uoi, madame Brrnard, vous m'avez trompé! — Pas du tout, monsieur. J'ignorais que M. le comte et Marie s'aimassent , et votre union avec mademoiselle me paraissait convenable et facile.

>' t^'est à vous , monsieur Charles , reprit Julie , que se rapportait ce mot cruel : 11 faut nous séparer. Sans cesse il a résonné à mon oreille, sans cesse il a déchiré mon cœur. .\u nom de Dieu, monsieur, ne soyez pas mon persécuteur! Je peux vous accorder mon amitié , je vous l'olïre ; ne faîtes pas naître en moi un sentiment opposé.

— Monsieur le comte , dit le jeune homme avec hauteur, vous me permettiez d'espérer, et vous me cachiez un amour qui détruit toutes mes espérances! (À'tte conduite est-elle à l'abri de reproches ? .le vous respecte trop ])onr vous en adresser. Descendez en vous-même et jugez-vous... Ah, mon pcre ! mon père! je vous ai délaissé pour ne suivre que l'impulsion d'un aveugle amour. Je ne vous ai pas donné un moment depuis que je me suis éloigné de vous! Ah! vous êtes trop vengé ! •

Il est facile de sentir quels efforts Charles avait faits pour se servir d'expressions convenables. 11 était exaspéré, el pourtant il se possédait encore. 11 craignit de perdre l'empire qu'il avait conserve sur lui et il se dispo.sa à se retirer.

L' EGO I s ME.

•' Jfiiiu- liuiiinu', arirl'7. , lui dit «l'Aliiiif , Pi l'iiU-iiilci ma justil'icatioii. \ oiis (iroiiilrc/. l'iisuitc Ir pailiqui' vous jii|;crr/. cdiivciiablc. Avei-voiis pu oniirc <|iu' j'aie pensi- à vuiis (niiiiprr. à iiir jouit «le volri' cicilulili' ' (NiMiiuiMit Iulio, (pii «loi! me couiiuilri' uiirnv (|iie vous. m'a-l-flU' supposé riiili-ulion ili- vouloir foricr sou ilioiv '

» Mousii'ur, j'.ii f.iit cf qui- j'ai pu pour vous «•uipi'cliiT ilc crder au ilrspotisuic iruiic opiuiou l'ouilrt- sur l'crri'ur. J'ai peu raisouiié, |>arce que vous ne vouliez pas ni'eiileiulre. el j'ai parlé a voire cirur. Le souvenir Je voire père vous a éuiu sans vous persuader. J'ai appelé l'auiunr à mon aide. Je vous ai promis lua lorliiue et la main ilc madcniuisrlle, si vous parveiiii/. a l'oblenir il'elle , a vous iditeiiir de vous, vous ciilciidez , Julie. V a-t-il rien de lMauiii<|ue dans mon procédé?

> Je pensais , cl je crois cueore quand je eousulle ma raison, que r inaria!;e est eouvenable. ."^i eelle idée m'elTrave (|ueli|iiel"ois , elle

prend des forées nouvelles lors(|ue le délire <lu eieur est calmé

» \ ous me reproeliei , monsieur, île vous avoir caché mon amour.-' Il evislail avanl que je vous connusse. Tout ce (|ue je ]iouvais faire pour vous élail de le eomhatlre. Je l'ai fait, je le ferais encore, .^lais il n'est pas en ma puissance de l'éleindre.

u Vous en parler, quand j'ai eondilionnellemenl permis que vous déelarassiei le vôtre ii mademoiselle, c'eût été vous tourmenter sans nécessité, vous faire eoniiailrela violence , l'élendue du saeriticc que je faisais au désir aussi ardent que sincère de vous conserver, vous iinpi>ser le fardeau de la reconnaissance, et jamais je n'ai cherché à l'inspirer, parce que je ne fais rien que pour moi.

u Julie, (Miarles, je viens de vous développer mes seulimciits avec la plus scrupuleuse cvacliludc, condaiunc/-nioi muinlcnant si vous le pouvez. »

Charles ne répondit que par une profonde inclination. Julie, qui voulait l'éloigner d'elle , répéta l'aveu de sa vive tendresse pimr le comte, ses protestations de n'aimer jamais que lui, el de n'être à personne puisqu'elle ne pouvait lui appartenir. t;e()eudant elle reijardail le jeune homme en dessous , et quelque chose lui disait (|u'il devait plaire il toute femme dont le cœur ne serait pas prévenu pour un autre.

Comment madame Bernard a-t-elle pu yardcr le silence aussi longtemps ? Est-ce discrétion ou absence d'idées ? ("e n'est ni l'un ni l'autre. Elle a voulu entendre tout le monde, at'in de pouvoir prendre ses avantages.

Elle Sfnl que Charles , dont elle a encouragé la tendresse , ne lui reproche rien, parce qu'elle n'est qu'un prrsonnagc secondaire, et dans cette circonslancc, comme dans toutes les autres, elle cherche il jouer un rôle maniuant.

Elle protesta au jeune homme qu'elle avait cru le cœur de mademoiselle parfaitement libre , et que lui réunissant tout ce ([ui intéresse , tout ceiiui peut plaire, il était naturel qu'elle pensât qu'il ne lui serait pas difi'icilc de se faire aimer, ni d'amener un homme ilu caractère de M. le comte à assurer le bonheur de sa fille adoplivc. Elle voulut ensuite achever la justification du comte, et lui faire oublier ce ([u'elle avait dit de flatteur à Charles : personne n'aime à entendre louer son rival, heureux ou non. La bonne duuic savait cela à merveille.

Elle prononça que d'.Vlaire ne pouvait donner de preuves plus positives de la pureté, du désintéressement de son amour qu'en désirant que Julie s'unit à un homme ([ii'il croyait lui convenir. Mais elle ajoutait que lorsqu'on a été au delà des forces ordinaires et du dévouement possible, lorsque les plus nobles elïorts ont été sans succès , il est naturel de faire un retour sur soi-même, de céder à son cu'ur el au\ vo'ux ardents de l'objet aimé.

Toutes ces belles choses-là n'él.-.icnl propres qu'à détruire les plus chères espérances de Charles, à le confirmer dans la [rersuasion que son malheur était sans remède. Ce qui venait de se passer le niella il dans une posilion gauche, et son air était aussi gauche que sa position. Il le sentit bientôt; et il pensait sérieusement au parti iiu'il avait à prendre, lorsque le chirurgien se ])résenta.

Depuis quelques jours, en pansant le pied du coiule, il avait un air incertain, in(|uiet , qui sans doute eut frappé Julie si elle eût été présente auv pansements. Ce jour-là d'.Vlaire fut tiré de sa sécurité habituelle (lar une exclamation qui échappa à son chirurgien. Il en demanda l'explication, on lui en donna une évasive. (^e n'est pas un homme tel que lui qu'on pouvait abuser. « Si vous persistez à vous taire, monsieur, je me croirai menacé de perdre la jambe. — Eloignez cette idée, monsieur le comte, elle n'a aucun fondement. .Mais, puis<[iie vous evigez que je m'evpliquc clairement, j'ai lieu de craindre que les mouvements de ce pied ne soient jamais bien libres. — C'est-à-Jire que je serai boiteuv.— Mais... monsieur... — Parlez, je vous en prie. — Si monsieur veut consulter quelqu'un de mes confrères...— Votre talent est reconnu. Je vous ai donné ma conhance, je n'app-'llerai personne, et je suis résigné. Allons, je serai buiteus. Obi combien on aurait coupé de jambes, si j'avais voulu ménager ce pied-là !

» Julie, dit le comte à la jeune personne, qui rentrait, je vous ai sérieusement (larlc de mon âge, des inlirinités de la vieillesse, des désagréments qui les accumpagueut pour une femme attachée à ses

devoirs. Ma eliarinanle aiiiic , vous ne savez pas tout encore : il est décidé que je serai boilciiv. i> Si le comte avait parlé d'un autre que lui avec celte liberté d'cspril sans lai|uelle il ii'csl pas de véritable gaieté, il aurait pu ajouter ipie \ ulcain élail boileiiv aussi, el rappeler cerlaini- aventure écrite en si beaiiv vers que tinit le monde les sait par cieur.

n Julie, eonliuua d'Alaire, cessons de nous natter. Je me rends justice, reiide/.-la-moi aussi. Vojez M. Diival, e\amiuez-le avec (|uelqiie altenlion, et vous conviendrez peut-être qu'il est l'époux qu'il vous faut, u

(Charles était sensible aux procédés du comte. Il ne doutait pas de sa sincérité . lorsque , pour me servir de l'expression de d'.Vlaire, le délire du cieiir était câliné. Il sentait en même temps qu'il ne fallait i|u'iin mot, un regard , un sourire île Julie pour le faire rcnaitre, et il pressentait qu'a la première occasion, sans la eherclicr, sans inteiilioii prinioncée, Julie reprendrait loutsoii empire.

La jeune personne répondit au eoinle il'une manière réservée mais ferme. En rendant justice au mérite de Charles, elle prononça que rien ne la ferait changer de résoluiion. ■• (Juc m'importe, après tout, dit elle, que vous marchiez iliBicilciiienl! je vous soutiendrai, mon ami, je vous serai utile, cl ce sera pour moi une jouissance de plus. •

ir.Vlaire pensa qu'il serait inconvenant d'insister davaiilage, parce c|ue les refus répétés de Julie ne pouvaient être que très-pénibles pour Charles : voilà le prétexte du silence qu'il résolut de garder à l'avenir sur le mariage des deux jeunes gens. i\Iais il se disait bieii bas qu'il avait fait tout ce que la probité, la délicatesse même lui avaient prescrit ; qu'il éprouvait à chaque instant que se séparer de .Iulie était un elVort au delà de ses forces. Il s'étourdissait sur les ilangers qu'il avait prévus, et il répétait avec un charme, une complaisance inexprimables ces derniers mots : je vous soutiendrai, mou ami , et ce sera pour moi une jouissance de plus.

Charles, incertain, irrésolu, se trouvait déplacé chez le comte. 11 n'avait pas le courage de s'éloigner, et il stniait qu'il ne pouvait rester plus longtemps : ce qu'il peut arriver de pis à un lioiiime qui ne sait pas plaire, c'est de se rendre importun. Do rindifl'érence à réloignement, à une sorte d'aversion même, il n'y a qu'un pas à franchir. In domestique qui annonça M. Duval père, iliangea la position du jeune lioinine et mit un terme à l'embarras qui gagnait les autres personnages.

Les impressions différentes qui avaient dominé Charles jusjju'alors S!- dissipèrent tout à coup. 11 revint à l'idée d'un père affligé de réloigneineiil de son lils et disposé sans doute à en marquer son iiiécontenteincnt. Il se précipita au-devant de lui, l'embrassa tendrement avant qu'il eût pu dire un mot, lui demaiula pardon, et l'cnlraiiia dans la cliaiubrc du comte : il s'attendait ii une explosion, cl il croyait que la présence de personnes dignes d'égards en iiiodércrail la violence.

(^'uelle fut sa surprise lorsque son père s'exprima avec celle douce candeur qui tient aux mauirs patriarcales, qu'il iicijjnit avec xérité, mais sans exagération, ce que les inquiétudes les |dus fondées lui avaient l'ait souffrir I l'as un mol de reproche ne soriil de la bouche du vieillard. Il ne jiarlail ipie de ses peines, et il n'en accusait personne. Charles était confondu.

Le vieux Duval parla ensuite de l'amour de son fils. Il avait pressenti que cette inclination ferait son malheur. Il pria le comte d'excuser, dans 1111 jeune liominc, des espérances auxquelles l'inexpérience avait pu s'abandonner. 11 finit en proposant avec ménagement à Charles de retourner avec lui dans son humble demeure, et d'y chercher un bonheur relatif à leur position.

D'.Vlaire céda à la nécessité de remplir, jusqu'au dernier moment, le devoir qu'il s'était oiiverlement imposé. 11 assura le vieillard (pie les piétcntions de son fils ne lui avaient point paru déplacées; qu'il avait fait au contraire tout ce qu'il avait dépendu de lui pour assurer sou bonheur; (|u'il vomirait encore y contribuer; mais que inadcinoiselle Mauret axant oppose à ses vues une résistance invincible, il ne fallait plus penser à ce niariage-Ià.

Cet effort de la raison de d'Alaire scra-l-il le dernier'.' s'abandonnera-t-il sans réserve à un amour que peut-être il n'a déjà plus la volonté sincère de combattre?

De quel fardeau la jeune personne et lui se sentirent dégages, lors()ue le vieux Duval emmena son fils, affligé, mais docile et repentant ! « Est-il bien vrai, dit le comte à Julie, vous me soutiendrez, ma jeune amie, et ce sera pour vous une jouissance de plus. "

lors

1- allait-il en dire plus pour ramener une de ces scènes, jusqu alors si redoutées parle comte, cl qui à la fin doivent imposer silence au jugement, et anéantir pour jamais les résolutions les plus sages et le plus forlemeiil prononcées;^ La réponse de Julie fut entraiiiaiite et pouvait être décisive, lorsqu'on annonça >I. le plus ancien capitaine de l'armée, qui, disait-on , avait des choses de la plus haute importance à commuiiic|uer à .VL le comte.

M. le capitaine, nialg'rc son originalité, ne manquait pas d us-nije du monde. 11 savait que ce n'est pas dans une vieille redingote de geudarme qu'on doit se présenter quand on veut être accueilli, même par le plus honnête homme de France, qui probablement paye comme

Page 1