XIV. — Premiers arrangements de milady et de mon oncle
Pendant le diner, dont Fanny avait le plus grand besoin , elle s'arrêtait de temps en temps. Ses jolis yeux se tixaient au plafond ; elle soupirait. Le nom de Seymour venait mourir sur ses lèvres, et elle revenait à son assiette , car de tous les appétits, le plus impératif peutêtre est celui de I estomac.
Cet appétit satisfait, et une femme sensible mange peu, milady se parlait, pendant que mon oncle, sans soins, sans inquiétudes, se livrait au plaisir de la table , le seul à peu près qu'il eût connu encore. « Oii est-il? disait la tendre lady. — A Oxford, répondait Thomas en déchirant à belles dents une cuisse de dindon. Qu'y fait-il ? — Il s'y désole. — Comment le consoler ? — 11 faut lui écrire. — Et coninient, en temps de guerre, faire passer ma lettre? — Hla foi , je n'en sais rien. » Et mon oncle d'achever sa cuisse et de vider sa bouteille , et Fanny de relever ses yeux, et de consulter le plafond.
Le commissaire de la marine, je crois vous l'avoir dit, était un homme aimable : c'était aussi un homme aimant. .11 n'avait pas donné entièrement dans l'histoire que mon oncle lui avait faite des malheurs de milady, et, en etVel , il était assez diûicile de croire à la qualité d'une femme protégée par mon oucle ; mais nous autres Français, nous tenons singulièrement aux grâces, et celle qui en est pourvue a fait toutes ses preuves.
Ce commissaire donc avait trouvé la petite Anglaise fort jolie, et il
avait raison. Il était lii< ise de faire valoir le service qu'il lui avait
renilii , et cela est assez naluiel. Prenez bien garde, mesdames; ne vous laissez pas obligi'r indistincti'iiient par tous l«'S humilies. Déhezvous «lu plus aimable, cl n oiililii'z pas qu'un magot est «pielquefoit aussi exigeant qu'un autre.
.Mon c«>mniissaire, aiiipiel je ri'viens , se présente à la fin du dîner, et s'antioiicc, non avec «'«• t«Mi di' fatuité ipii répugne, moins encore avec cet air à prétinlion qui avertit du daii;;er, mais avec une physionomie ouverte, alïablc, honnête , une de ces physionooiies enfin qui font dire bien bas à la li iiime la plus déi'cnte : Je l'aimerais, si je nTn aimais «léjà un autre.
11 se ])résenta «loin; en homme ipii eoiupte la jouissance pour beaucoup, mais i|iii met avant tout le bonheur ili' plaire.
Fanny le recul comme «pn-lipi'iin a qui lui des obligations ; elle lui parla avec cette candi'ur ipii atteste la sagesse , avec ce charme qui ajoute à l'amour, avec celte tendresse pour son époux qui désespère un amant.
Le commissaire, homme du meilleur ton, ne s'était pas indiscrètement avancé; il ne s'était pas inêmi' permis un mol «pii put fairi' froncer le souriil à mon oncle, tris-clialouillcux sur ci- ipii « (Hi«:«uiiait milaily. Il sentit «jii'il fallait se borner à préliuidre à de l'ainitié , el il se décida à la mcrilcr. Un Français aimable est toujours llalté d'inspirer un sentiment.
Il éeiuita avec sensibilité le récit des infortunes «le l'aimable Anglaise; il la plaignit sinecreiuent , et ce qui valait mieux pour elle, il lui indiqua Taiiresse d'un négociant de Hambourg, <(ui recevrait sons ilouble enveloppe et firait parvenir en Angleterre les lettres de la jeune et tendre épouse.
Femmi' qui aime n'oublie rien. Celle-ci jugea que l'inaction cl une grande douleur ne s'accordent jamais. Elle en conclut que son clii-r Seymour ne se serait |i.is borné à déplorer sa ]ierle dans les salles d'une université ; «pi'il devait être parti en jiosle, être tombé aux pi«-«ls de son ])ère, à ceux du lord Chatliam, à ceux du roi peut-être, qui ne |)Ouvait, selon elle, se dispenser de prendre le plus vif intérêt à son sort. Pauvre jeune femme! des rois, des courlisans s'occuper d'une alïaire de cœur!
Elle ne «loulait pas que , dans tous les cas , son digne époux n'eut été voir le vieux Thompson : elle écrivit donc à son père cl à ( )xford. .1 Et de l'argent? disait-elle en pleurant... Avec quoi viendra-t-il , si ses parents, si ses amis lui en refusent? ■■ Le commissaire ne répondit rien : la galanterie et la bourse n'ont ordinairement rien de commun." En voilà , dit mon oncle, et il mit son petit sac devant Faiiiiy. — lion ! reprit le commissaire ; je vais prendre une lettre de chaii|;e sur Hambourg, dont niilord touchera le montant par toute l'Angleterre.
— Bravo ; s'écria mon oucle; el il embrassa encore une fois le commissaire.
Celui-ci sort avec les espèces de Thomas, et à peine est-il dehors, qu'on introduit la couturière et la lingère. Fanny demande les choses les plus simples et en très-petite «luantilé. Thomas I interrompt brusquement : n (Ju'est-ce que c'est , madame, qu'est-ce que c'est? voulez-vous rcssi^mbler à une griseltc? Lingère, je veux des bonnets et
des fichus en dentelles; des chemises et des mouchoirs de batiste
Otez donc votre main, milady. Que diable ! laissez-moi la parole libre. >• Et, s'adressant à la couturière, il lui commande trois jupons de brocart d'or, et six robes de velours de dilYérentes couleurs, brodées en argent sur les tailles et le pourtour; le tout pour le soir, parce qu'on donnait au spectacle Toinun et Toinette, et que l'hôtelier, depuis qu'il était devenu poli, lui avait assuré qu'il y avait beaucoup d'analogie entre lui et le capitaine Sabord, ce qu'il était bien aise de vérifier.
Toute préoccupée qu'était Fanny, elle ne put s'empêcher de rire en écoutant les ordres que donnait mon oncle. Elle voulut absolument donner les siens à son tour, et Thomas fit une mine de réprouvé quand elle eut déclaré nettement qu'elle ne voulait pas ressembler à la reine Elisabeth ou à la reine Anne.
<i Et vous, mon brave ami, lui dit-elle, ne vous arrangerez-vous pas un peu ? — Corbleu ! madame, cet habit est mon habit d'honneur ; il est teint du sang des ennemis, et ces déchirures attestent mes travaux.
— A la bonne heure ; mais... — Pas de mais, milady. Je vous conduis ce soir à la comédie comme me voilà. Je me place avec vous aux premières loges; et si quelque mirliflore s'avise de me reg irder de travers, je lui ferai voir de quel bois je me chauffe. — ]Non, Thomas, vous ne vous donnerez pas ce ridicule. Mou ami, mon bon ami, habillezvous couveuablement ; faites encore cela pour moi, je vous eu prie. » Et ce sourire si doux et si persuasif achève de vaincre mon oncle. n Allons doive, puisqu'il faut vouloir tout ce que vous voulez, lui dit-il. Mais, ventrebleu, je ne changerai ces honorables guenilles que contre un habit des plus somptueux, et puisque vous voulez du luxe, je vous jetterai de la poudre aux yeux. Qu'on m'aille chercher un tailleur. — Mon mari l'est, monsieur, reprend la couturière. — Eh bien , va me chercher ton mari.— Je vous prendrai mesure aussi bien que lui, et vous n'avez qu'a me dire votre goût. — Habit, veste el culotte de drap écarlale. - C'est bien éclatant, murmurait tauny.
— Oui, madame, de l'écarlate , et de la première qualité. Ah! vous voulez que je me pare... Doublure de saUu blauc... — Mais nous
sommes en été. — C'est égal. Un galon d'or i» la bourgogne, de quatre doii;!^ lie largeur. — Cela sera d'un poids insupportable. — (^'est l'gal, milady. Ile l'or, de l'or partout. Un cliapeau à plumet, bonU ilu plus beau point il'l.spagne. — Mais, mon ^mii, il nie semble avoir lu (|uc les genlilshonimi'S seuls ont le dmit en France de porter le plumet. .— C'est égal. D'ailleurs, comme je ne connais pas mou père, je peux me siippo.ser noble ainsi que roturier, et puisj'.iurai une epie, je sais m'en servir, et je prouverai ma noblesse a ipileon(|ue me la contestera, en lui crevant le ventre a la minute. — Joli moyen ! — Il n'en est pas de plus sûr. Allons, voilà qui est arrangé, dit-il à la couturière. Que tout cel.i soit prêt pour six lieures. — Mais, monsieur, il eu est trois. — t^)ue tout cela soit prêt pour six lieures — Mais, monsieur... — Pas de raisons, et qu'on se mette à l'ouvrage. — Uillécliisseï doue , mon ami , dit la jolie .\iiglaise. Ce que vous demandez est im^iossildc. — Je payerai le iloubit, le triple, milady ; mais je veux être servi au commandement, tju'on y mette trente ouvriers s'il, le f.iut. — Nous serez obéi, moii..ieur, reprend la couturière, à qui une façon payée triple fais.iit ouvrir les oreilles. A six beures donc :" — A six heures. — lit le trousseau de milady aussi. — De milady aussi. " Mon oncle, en reconnaissance, jirend un énorme gobelet, l'emplit d'eau-devie, et veut l'aire avaler le contenu, et peut-cire le contenant, à la couturière. Klle se défend . il insiste ; elle s'obsline , il s'emporle. Milady lui représente qu'il ne faut [las enivrer les gens quand on veut qu ils agissent avec célérité. Tbomas se rend i> cette raison ; la couturière s'esquive, et court procéder à la métamorphose de Faiiny et de son compagnon d'aventures.
Le commissaire rentre avec un effet sur Hambourg, tiré par une des meilleures maisons de Dunkerque. Cet elïet rappelle à Fanny ce qu'elle n'aurait pas oublié, si sou imagination n'avait été travaillée dans tous les sens à la fois : c'est qu'il ne restait pas un ëcu , et que les commandes faites mouleraient à plus de cent louis, n C'est égal, dit mon oncle. Il faut que milord arrive. Envoyez-lui ce brimborion de papier, et pendant qu'on fait nos babils, je vais courir la ville, et chercher de quoi les payer. i>
Fanny était délicate : elle souffrait d'avance des brusqueries qu'il faudrait éprouver, si mon oncle ne trouvait pas de fonds; un jour perdu pour l'amour lui semblait plus dur encore. Elle se flattait intérieurement que les ouvriers ne résisteraient pas à son esprit conciliant, et qu'elle les déterminerait à attendre la vente du vaisseau anglais. Cela était asscï incertain; mais, comme l'avait très-bien observé mon oncle, il fallait que le cher lord arrivât, et promptement. La lettre de change fut donc enfermée dans le paquet, et le paquet porté à la poste.
Mon oncle sort, et cherche son prêteur. Il ne savait pas son nom, et il avait beau demander un usurier, on lui répondait toujours : « Duquel parlez-vous? il y en a tant ici! » En effet, c'est une espèce de petit Paris que Dunkerque. On y trouve tous les vices de la capitale , avec la morgue stnpide de l'opulence ; l'impudeur d'une banqueroule qu'on prépare ; un luxe au-dessus de ses facultés ; un baragouin mi-français, mi-flamand, qui r.ippelle le langage du faubourg Saint- Marceau ; des grâces épaisses, que sais-je encore !... et tout cela en quantité... On y trouve aussi des négociants qui honorent leur profession, quelques hommes d'esprit, quelques autres d'un jugement solide, trois ou quatre jolies femmes, cinq ou six vraiment aimables, et c'est beaucoup pour une petite ville.
Revenons à mon oncle. Il courait donc, cherchant son usurier qu'il ne trouvait pas. 11 courut, cherchant le premier buissier-priseur, espèce d'animal vorace qu'on trouve facilement partout. Habitué à faire les choses en grand, il demanda à celui-ci dix mille francs, qu'il reprendrait, avec les intérêts, sur le produit de la prise.
Un linissier-priseur prête facilement, tout le monde le sait, mais •vec connaissance de cause , et l'extérieur de mon oncle ne promettait pas d'hypothèque bien solide. On n'ignorait pas qu'il fût capitaine de prise ; mais les scellés étaient sur Je vaisseau ; les marchandises pouvaient être avariées, détériorées, et un homme dont tout le mérite est en spéculations doit spéculer juste. Pour cela il faut tout prévoir, et rhui>sler prévit qu'il n'était pas prudent d'exposer ses fonds. Il éconduisit très-poliment mon onde, qui sortit en l'envoyant au diable , et qui alla répéter sa demande à quatre ou cinq négociants, chiT btquels il reçut aussi des politesses et des refus très-positifs.
Cependant il fallait que milaiiy fût habillée, et qu'elle eût de l'argent à sa disposition. Mon oncle avait bien dîné , et il pouvait coucher sous le portique de la paroisse ou sur le fascin ige de la jetée... Mais milady, morbleu, milady!... l'exposer aux brusqueries d'un maître d'auberge, d'une lingère , d'une couturière 1 cette idée était révoltante, insoutenable.
11 y avait deux heures qu'il vaguait par les rues, en se rongeant la main gauche , se froissant de l'autre le sein droit cl jurant , ah !... comme devait jurer mon oncle. Il passa devant un cabaret, d'où partaient des éclats de rire et les chants aigres de cinq ou six gosiers éraillés. C'étaient ses camarades, qui n'avaient ])as sauvé de lady», qui étaient sans souris, ei i|ni déposaient gaiement, au fond d'un broc de forte bière, l'oubli de leurs peines passées.
-Mon oncle entre, et tout le monde se lève. On lui passe la canette d'élain, on lui présente la (ar(i'n« de beurre salé , cl la tranche de
fromage de Hollande, k Ce n'est pas de cela qu'il s'agit, répond Thomas. ,\vcz-vous de l'argent, vous autres? — Pas le sou , ca))ilaine j mais nous avons trouvé un brave homme qui nous héberge à crédit, jusqu'il ce que nous touchions nos parts. — Veux-tu, dit mou oucle au cabarclicr, lit'bcrgcr aussi milady et moi aux mêmes conditions? — Pouri|uoi pas, mon officier? — Voyons où tu logeras cette femme incompatible. » C'était un taudis en mansarde, où l'on entrait en se ployant en <lcux ; où il n'y avait (|u'une mauvaise couchette, deux matelas plus mauvais encore, un pocle de fonte sur lequel on taisait le gargolage, et une odeur de fumcc de pipe ii faire reculer un Allemand. Mon oncle descend sans dire un mot, il ville une canette d'un trait ( on jure avec plus d'aisance (juand on a le gosier humeclé), et il s'écrie : « C'est de rar,>,ent qu'il me faut, il m'en faut sacrebleu ! il m'en faut à tout prix ! Nous avons à cent toises d'ici l'Océan à parcourir et les Anglais à dépouiller. Venez avec moi. Demandons une barque au capitaine de port, des fusils au commamlaiit de la place. Partons pour la dune ; enlevons la caisse de l'amiral anglais; partageons-la , sans que l'amirauté et les liuissierspriseurs s'en mêlent , et que je ne me présente devant milady que les poches pleines d'or. » Il parlait à des héros qui ne se souciaient pas de se faire casser la gueule sans nécessité, et qui trouvaient fort agréable la vie qu'ils menaient à Dunkerque. Ils se récrièrent sur l'extravagance du jirojet, qui, en effet , était fou. Ils entreprirent d'en dissuader Thomas, qui trouva leurs raisons détestables, leur tourna les talons, et s'achemina vers l'auberge de Fanny le désespoir dans l'âme.
Il ouvre d'un coup de pied la porte de milady étonnée. « Madame, lui dit-il , je ne peux plus rien pour vous ; vous êtes sans ressources , et je viens vous proposer de finira l'anglaise. Prenez mon bras; je vais vous mener sur le quai de la Corderie; je vous jetterai à l'eau, je m'y jetterai après vous, et demain, quand on ouvrira l'écluse, nous irons partager la sépulture de tant de grands hommes de mer qu'ont mangés des merlans que nous avons peut-être mangés à notre tour. >
Tant qu'on aime , on tient à la vie. La proposition de se noyer de compagnie parut aussi déplacée à Fanny que celle d'aller enlever la caisse de l'amiral anglais avait été jugée extravagante par les braves du cabaret à bière. D'ailleurs, pendant l'absence de Thomas , les affaires avaient changé de face. Le commissaire ne prêtait pas d'argent; cet article excepté, tout était au service de Fanny. Il avait représenté au maître d'auberge qu'il était de son intérêt de ne pas mécontenter ses hôtes ; que mon oncle jetait toflt parles fenêtres , et que quairtl il palperait ses fonds, il n'examinerait seulement pas son mémoire. Un commissaire de la marine est un personnage important à Dunkerque, et il a nécessairement beaucoup d'ascendant sur un aubergiste. Il avait facilement obtenu de celui-ci pour le capitaine Thomas et sa compagne ce que le gargotier avait fait de lui-même pour l'équipage. 11 ne restait qu'à composer avec la couturière et la lingère, et si elles ne voulaient pas entendre raison, Fanny se décidait à garder '; la chambre, ce qui était plus raisonnable que le coup de tète qu'a- ! vait imaginé mon oncle. ■.
Rassuré sur les premiers besoins de milady, Thomas reprit goût à ! la vie, et il se fit apporter un bol de punch : il fallait passer le temps à !
quelque chose en attendant le linge et les habits. Il en buvait de fréquentes rasades, pour éviter, disait-il, l'oisiveté. Or, comme il ne savait que boire et se battre, il iallait pour s'occuper qu'il bût, quand il ne se battait pas.
La jeune femme ne savait qu'aimer; elle ne pouvait parler tendresse à Seymour : il fallait donc lui écrire pour n'être pas désœuvrée. Elle avait rempli deux, trois, quatre pages, lorsque la lingère et la couturière parurent.
La tendre émotion dont Fanny s'était pénétrée en écrivant avait répandu sur sa figure, dans ses manières, dans son ton de voix , un charme, des grâces na'ives , une expression douce, auxquels rien ne pouvait résister. Dès les premiers mots; les ouvrières, sans défense , déposèrent leurs paquets sur des fauteuils, et s'estimèrent heureuses de pouvoir obliger une femme aussi intéressante.
Mon oncle, ébahi , ouvrait de grands yeux. Depuis qu'il connaissait Fanny, il éprouvait que le vrai méiite joint aux qualités aimables est un aimant qui attire tout, et il ne concevait pas que deux femmes mieux élevées que lui eussent autant de sensibilité. Le chien d'amour-propre 1...II n'est pas de goujatqui ne se croie intérieurement l'homme par excellence... Mon porteur d'eau accepterait le consulat... j'espère qu'on ne le lui offrira point.