I.'IIOMMK A PROJIÎTS
je suis sini|il(', moi! je inc raisais des reproelies , cl je «iiis un bieiifaileiir de I litiiii ciiilé.
— C'est fort bien... mais la petite limonadière !'... Elle est lii'c par un no'ud respeetalile. Y porter atteinte est nu erinie. Y penser seulemenl est une faute. IVon , je ne me rendrai p.is eonpdde d'une lille aliiiininalioii... ('ependant , voyons un peu, n'fléeliissons. Le mari , sans tendresse , sans attentions , ii froissé le cœur de sa femme ; il l'a aliéné sans retour; il est donc coupable des evcès au\(|uels elle peut se porter... Oui . il est coupable, la chose est démontrée; mais est-ce k moi à \r punir? IVon, non , jamais.
Il me send>li' pourlant (pie la jeune femme est déterminée. Que devie,uilra-l-elle, si je l'abandonne à son ecCTir, il son ima|;ination <lélirante? Klle se jettera dans les bras du premier liomine qui lui ouvrira les siens. Klle oubliera tous ses devoirs, elle né|;iii;era sa nuiison. 'I ronipée, Iraliie par sou amant, elle eliercliera l'oiilili de sesdisjp'Aces d.ins les trompeuses doueeurs d'un nouvel enijaijement. lille arrivera, de chute en cinile, il la misère , à l'infamie, il l'abandon , à une vieillesse anticipée et douloureuse... Non, non , je n'y puis consentir. Sacrifions quelque chose à l;i nécessité, tjiie le mystère et le respect des bienséances couvrent une iiitrirjne qui devient indispi'iisable ; que la jeune femme puise au sein du plaisir même de nouvelles forci s pour résister au\ mépris de son époux, pour lui continuer ses éjjards, pour coiisirver an\ yeiiv d'un monde malin le masque de la décence... C'en est fait, je suis décidé. Je sauve une imprudente des éciieils qui l'eiivironnenl, je lui conserve l'estime [[éiiérale : je suis réellement vertueux.
lié, pourquoi ditïérer l'exéeulion de ces projets, dont je n'ai quà m'applaudir.' l'oiirqiioi m'abaniloiiner à la lenteur, aux froides conceptions de liilllard ? Sans doute il compte sur l'ascendant que lui donneront, dans cette afl'aire, sa réputation et son crédit connu sur l'esprit du ministre ; mais ai-je besoin de ces avantages, lorsque j'ai à ma disposition les moyens les pins puissants! Faut-il un nom pour faire trembler un coupable , à qui on rappelle l'histoire de toute sa vie, et n'est-il pas temps de prouver enfin à Uiftlard ipie je puis, par moimême, et sans l'inlcrvenlion de personne , entreprendre et réussir? D'ailleurs, remettre au lendemain le salut d'une temme estimable, le bien-être d'honnêtes artisans , et les jouissances que m'assurent tant de bonnes œuvres, ne serait-ce pas être également injuste envers les autres et envers moi? Je cours chez M. Dupont,