‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 316 sur 379 · XXIV. — Succombcrai-je · texte numérisé non relu

XXIV. — Succombcrai-je

Ma résolution est prise, elle est invariable. Je passe chez b princesse ; je ne lui cache rien. Elle m'oppose des réflexions que j'ai déjà faites sur les inconvénients, les chagrins qu'éprouve ordinairement une femme qui épouse un homme plus jeune qu'elle. Ces réflexions m'étaient utiles autrefois; je les appliquais à l'amour, comme au mariage : toujours prête à céder, j'avais bi'soin d'appui; je m'en faisais de tout ce que me suggérait mou imagination. Aujourd'hui je suis libre, et je combats victorieusement les observations de la princesse. Combien de maris de quarante ans ont des femmes de vingt, et ne leur sont pas fidèles? M. de Francheville n'est-il pas plus âgé que moi, et m'a-t-il été possible de le fixer? Tous, j'en conviens, ne portent pas aussi loin la faiblesse et le scandale; mais le chagrin est-il moins cuisant pour être secret? Les circonstances d'éclat, la publicité, qui semblent l'aggraver, ne finissent-elles pas au contraire par nous donner cette énergie qui nous porte à nous soustraire à l'oppression? Une femme ne trouve-t-elle pas alors une sorte de consolation dans l'intérêt qu'elle inspire? !Mais pourquoi peser les torts plus ou moins graves des maris? Il est d'heureuses exceptions; et ou résident la candeur, la bonne foi , l'amour constant, si ce n'est dans le cœur de Sainle-Luce ? Si l'opinion que j'ai de lui est une erreur nouvelle, elle fera mon bonheur jusqu'à ce que le prestige soit dissipé. Alors je conviendrai qu'il faut se résigner à souffrir pendant les deux tiers de sa vie. Les illusions délicieuses que je caresse en ce moment se dissiperont sans retour, et je bornerai mes jouissances à celles que donne l'amour maternel.

Mais non , non , jamais lu n'appelleras un souvenir pénible sur le jour où je me serai donnée à toi. Toujours plus tendre, toujours plus empressé, lu ajouteras à nia félicité par la persuasion où je serai de la tienne. Une ivresse constante t'empêchera de compter mes années. Nil on, d'ailleurs, vieillit-elle jamais? J'ai vu sou portrait; je suis plus jolie qu'elle, et la paix de l'âme et le bonheur n'élernisent-ils pas la jeunesse?

La princesse sent bien qu'il est inutile de continuer des observations que je réfute à mesure qu'elles naissent. Elle m'engage seulement à éviter Sainle-Luce jusqu'à l'époque où la loi nous permettra de nous unir. « Un an, madame , un an ! votre altesse pense-t-elle à ce qu'elle exige ? Notre vie est-elle donc si longue, qu'une année soit comptée pour rien ? Le devoir et la gloire ne peuvent-ils pas demain m'eiilever mon amant? Ne peut-il pas tomber sans vie sur les lauriers nouveaux qu'il brûlera de m'offrir? El il mourrait sans avoir connu le bonheur ! et je regretterais le reste de ma vie de n'avoir pas couronné sa constance et ses verlus! Non, que les préjugés se taisent, qu'ils disparaissent devant moi. S'ils s'élèvent contre ma réputalion, Saiute-Luce me dédommagera de l'avoir perdue. Je ne vois plus que lui au inonde, je suis toute à lui, je ferai tout pour lui.

11 — Ainsi donc vous allez vivre publiquement avec ce jeune homme? — Publiquement, madame ! je ne croi- ps avoir dit cela. — Vous le recevrez au moins chez vous — Je l'y retiendrai les journées entières. — El vos gens ne soupçonneront rien, et vos amis se tairont? — Que diront-ils? que je suis heureuse ? Je le publierai moimême, si je suis réduite à choisir des bienséances, ou de mon amour. Fière de mon amant, je le proclamerai le plus aimable et le plus aimé

FANCHETTE ET HONORINE

des hommes. — Et Honorine sera témoin de ce délire; elle entendra ces aveii\; elle apprriidra à considérer l.i virlii comme nn v;iin mot. Que lui diri'z-voiis i|iiiii(l elle se livrera à des r^aremcntii dont vous lui aurez donne l'ciciiiiile ?

» — ArrèU'i, arrélei , madame, |wr grâce, mén:if;ez-nioi. Honorine!... Honorine!... >on , je ne te donnerai pas l'eveniplr du désordre. La prudence réglera mes dém.irclies ; je m'envelopperai des ombres du mystère... — El vous vous llatleî d'éiliapper à la pénétration de cette enfant ;■ H ne faut qu'un nionunt, qu'un mol pour l'éclairer; et ce moment, ce mot viendront lot ou lard. — Oli ! mon Uieu, mon Dieu, que dois je faire? — Voire devoir.

• — Kli '. que n'ai je pas fait pour lui ! — IVous n'avons rien fait , tant <|(ril nou» reste à fair.' encore. — .le n'ai pas trente ans, et il faut renoncer au lionbeur! — H faut le ren<lre plus vif, |iar un délai nécessaire; plus durable, en conservant l'estime de votre amant. Il faut que les mœurs publiques sanctionnent et consolident votre félicité.

• — Je sens la force de ces raisons. — ,\yez celle de vous y rendre. — l.'elTort est cruel, pres(|ue impossible, ie ne vous le dissimule I>as. — Ma clièreamie , les passions passent; l'estime des autres peut durer autant que votre vie. Cette estime est la barrière que vous opposerei au\ goùls naissants de votre fille, s ils ne s'accordent pas avec les convenances, et elle n'osera pas la francliir.

» — Honorine! Honorine! je ferai mon devoir. Tu sauras un jour ce que tu m'as coûté. Puisses-tu m'en aimer davantage I »

Je veux éviter avec lui jusqu'à l'ombre d'un lort. Je lui écris; je lui rends mot pour mot l'entretien que je viens d'avoir avec la princesse. Je le laisse I arbitre de mou sort. H sera généreux, je l'espère, je le crois... ('ependant, si l'impétuosité de son amour, si la douleur de voir retarder un moment si longtemps, si ardemment désiré, si positivement promis, ne lui iierniett. lient pas d'écouter le langape de la raison, de celte froide raison qui commande impérieusement à tous, eta(|ui les gens indifl'érents peuvent seuls obéir... il sera, nous serons heureux, dussent les regrets empoi onner le reste de ma vie.

Je reçois sa réponse Je l'ouvre en tremblant Elle est dictée

par l'amour au désespoir, mais soumis à la prudence et aux principes, t^uel boinme ! c'est lui qui me soutient, qui me console ! je suis destinée il lui tout devoir; tout, jusqu'à ma sagesse.

La princesse est conteiue de lui et de moi. Elle permet que j'aille m'élablir dans l'appartement qu'il m'a fait arranger. Demain , je prendrai congé d'elle et de son respectable épouv. Je conserverai un souvenir précieux de leurs bontés, tt souvent je viendrai leur offrir l'hommage de ma reconnaissance et de ma vive affection.

(^)u'il est joli, ce logement ! rien de riche ; mais tout est élégant et recherché, (^e boudoir... comme il est décoré ! quel charme dans ce demi-jour! c'est un petit temple à consacrer au culte de l'Amour. Cher ami, je t'y désire, je l'y appelle, et tu n'y viendras pas ! je l'ai vou.u, et tu y as consenti 1

Honorine est enebantée de sa chambre et de son ameublement. Je remarque que cette chambre touche à la mienne : avant que je lui écrivisse, il était donc décidé à se vaincre, à me faire le sacrifice de ses vœux les pi is doux ? (,,)ue deviendrais-je, si je n'avais qu'un homme ordinaire? Déjà j'ai oublie ce que m'a dit la princesse; je n'ai plus d'empire s :r moi; je reviens à ce boudoir; j'y suis seule; j'en sors, j'y rentre, je soupire; des larmes brûlantes s'échappent malgré moi; je me laisse aller sur ce lit de repos Mou imagination ardente me retrace ces plaisirs, cette ivresse, ce délire du cœur ei des sens , que .Sainle-Luce doublerait en les partageant avec moi... et je suis encore seule! ce soir , je serai seule encore ! je le serai encore demain , et nous serions heureux si nous voulions l'être ! Oh ! Honorine ! Honorine !

Je cherche le sommeil ; il est loin de moi. Je m'agite, je me tourmente, je brûle. Sainte-Luce est là ; il est présent; je veux le presser dans mes bras; je ne saisis qu'une ombre qui échappe à mes transports... Ali! si du moins l'amour était fugitif comme elle! celui-là ne me quitte pas; je veux le fuir; je le retrouve partout, et partout il fait mon malheur. Oh ! je soullrirais moins, abandonnée, méprisée,

haie du reste de l'univers Eh ! soulTrirais-je, s'il était avec moi !

j'oublierais tout ce qui n'est pas lui. Je n'aurais pas une pensée, une sensation, qui ne fussent volupté et bonheur.

J'ouvre un secrétaire... que vois-je ? sou portrait ! Cruel homme, quel présent funeste lu m'as fait ! tu ne veux donc pas que je jouisse désormais d'un instant de repos !

Ce portrait est frappant de ressemblance. Voilà ce teint animé, celte fraieheur, cette noblesse, cette grâce inexprimable, qui forment l'ensemble le plus séduisant... Ces yeux sont muets; ce n'est pas ainsi qu'ils me regardent; mais qui peuvent-ils regarder comme moi?

Au bas du portrait est écrit : .^ la mi'red lloni>rine. Craint-il d'oublier ce que je suis? Craint il que je l'oublie? Veut-il sans cesse placer ma fille entre lui et moi ?

Vertus obscures, ou ne vous estime pas assez, par cela même que vous êtes sans éclat. Ou ignore, ou on n'accorde rien à ceux qui passent leur vie à comprimer, a froisser, a élouffer leur cœur, à rendre au devoir l'hommage le plus douloureux et le plus soutenu. On loue, on 'ppelle vertueux celui qui donne , qui embrasse la définsc de l'opprimé , celui qui remplit ses fonctions avec zèle et dcsiiitércsse-

ment. Eh ! ces vertns-là coûtent-elles à leur auteur ? les exercer et jouir, n'est-ce pas la même chose ? Oui, dans ce cas, la vertu porte avec elle sa récompense. !V1ais celle vertu terrible, devant laquelle je me suis courbée, comme par une main de fer, qui ne permet rim , ne promet rien, ne laisse pas même l'espéRince, cette vertu me désespère, nie mine, me tue... peut-être parce que mon sacrifice n'est pas absol i. 11 n'est pas en mon pouvoir de le consommer tout à fait. Je cesserai de vivre avant de cesser d'aimer.

Ce que j'ai jirévu arrive. Il m'écrit ipi'il vient de recevoir l'ordre de partir dans les vingt-quatre heures. Il va commander un vaisseau, deux frégates, et chercher nos ennemis aux exlrémités du monde. Il soiifl'rira, dit-il, il souffrira sans se plaindre. iM.iis quelle que soit sa re.-iignation, il n'a pas le courage de s'éloigner sans me dire un dernier adieu. H ne demande qu'une heure, un instant, et telle est la pureté de son âme, qu'il ne redoute pas les témoins. Des témoins ! non , il n'y en aura pas. Une amie intime pourrait seule être présente à ces adieux déchirants, et madame Ducayla est à Marseille. Nous ne nous donnerons pas en spectacle à des étrangers. ISotre trouble, nos regrets, nos larmes n'auront de témoin que l'Amour. Qu'il vienne, qu'il vienne à l'instant même.

Ah ! si Honorine ne me retenait, si je ne me devais tout entière à son avenir, je ne balancerais pas, je suivrais mon amant. Cachée sous les habits de son sexe, je braverais avec lui et les feux de la zone torride, et les dangers des combats. Je le couvrirais de mon corps. Ah 1 quel bonheur, s'il doit mourir, de mourir la première!

Le voilà, je l'entends... mon cœur semble vouloir briser les barrières qui le retiennent; il s'élance au-devant du sien. Le voilà, le voilà; ce n'est plus une illusion; c'est bien lui que je vois, que je presse sur mon sein. « Sainte-Luce, je ne me connais plus; je suis à ta discrétion. Je n'ai plus de force, pas même pour désirer me défendre Sois plus qu'un homme , ou c'est fait de moi... »

Oui, c'en est fait... c'en est fait encore. L'n feu dévorant circule dans mes veines, rien ne peut le calmer. J'ai eu, dit-il, les prémices de son cœur; je n'en doutais pas. Personne n'en avait obtenu d'autres, je le vois. Personne n'obtiendra rien de lui ; j'en suis sûre. Il reviendra fidèle, s'il échappe aux hasards de la guerre. " De la guerre, dis-tu, il m'est désormais impossible de vivre sans toi. Non, tu ne l'éloigneras pas. Qu'est la gloire, comparée aux délices que tu viens d épuiser? Quel devoir as-tu à remp ir, plus sacré et plus doux que celui d éterniser mon ivresse? Quelle récompense vaut le droit de la partager? Insensé! lu trouves tout dans mes bras, et tu vas exposer pour des chimères une tête qui m'est si précieuse! Demeure, mon ami, de^ meure, je te le demande à genoux. — Relève-toi je t'en supplie, et réfléchis à ce que tu exiges. — Je ne réfléchis pas, je ne veux plus rien prévoir. Tu viens de te charger du bonheur de ma vie ; remplis les obligations nouvelles que tu as contractées. — Tu l'ordonnes, j'obéis. N'oublie jamais que je vais te sacrifier plus nue ma vie.

" — ...Que di.-tu?... .l'ai été exigeante, égoïste, tyrannique. L'excès de ton amour est trop proivé par la condescendance. Imi, pour un homme tel que toi , c'est plus que me sacrifier ta vie. Je regrette nn sacrifice que j'ai exigé, que je désire ardemment encore, mais qui est indigne de nous deux. Tu conserveras l'honneur; tu ajouteras à ta gloire : je veux que les qualités de mon amant justifient ma faiblesse. Al.is, mon ami. donnons à l'amour les de>niers moments qui nous restent. Demain, tu ne recevras plus, tu ne me rendras plus ces caresses, dont nous sommes si avides, dont nous ne pouvons nous rassasier. •

J'entends du bruit. . c'est Honorine. Elle a quitté le travail; elle vient se délasser près de moi. " Vite! vite! mon ami! tu n'as pour disparaître que la durée d'un éclair. >•

J'ouvre ma porte; je cours au-devant de ma fille; je l'entraîne au salon. Je la fais asseoir, je lui parle, elle me regarde avec étonnement; sans doute mes idées sont sans liaison, sans suite. Mes yeux se portent sur ma glace... (,)uel désordre, bon Dieu !... Je veux lui attribuer une cause, et la stupéfaction de l'enfant augmente avec mon embarras. Elle veut me caresser, et ses baisers ajoutant à mon trouble; je la repousse doucement Suis-je donc indigne des étreintes de l'innocence? Ai-je commis un crime? Ma conscience fait-elle justice de moi?

Pour.|Uoi ai-je fait disparaître Sainte-Luce? l\'était-il pas naturel qu'il nie rendît une dernière visite? Ma femme de chambre ne piutelle pas savoir qu'il était avec moi, quoiqu'il soit entré sans se faire annoncer? Cette sortie furtive n'explique-t-elle pas ce que j'ai cru cacher? Je ne sais où j'en suis.

Je m'efforce de me remettre. Je propose à Honorine une promenade aux Tuileries : j'ai besoin de prendre l'air. Je donne à mes domestiques le reste de la soirée. Je n'ai pas entendu ouvrir la porte d'entrée; s'il n'est pas sorti, personne n'empêchera sa retraite.

Sa retraite! quoi, déjà je l'aurais perdu! perdu pour des années, peut-être pour toujouVs. Cette pensée cruelle me poursuit au milieu de cent femmes qui décorent une allée. La sérénité esrsur leur front; le calme parait être dans leur cœur. Qu'elles sont heureuses!

Honorine est tout eiilière a la variété des objets, tlle ne pense pas à m'inierroger; elle ne m'adresse |>as un mot. Ah! tant mieux. Je suis seule i('i avec mon cœur. Pauvre cœur! comme il a souffert! comme il a joui I comme il souffrira encore !

FANCHETÏE ET HO^OHlNE.

Déjà l'obscurilë voile loiit ce qui m'environne. Je prends machinalenirnt lu main ilc ma lillc ; ji' Mii;» les rues (|iil cnndiiUenl i lic^ niui , absorbée, acealilie, et ((ueliiiiefois radieuse île souvenirs.

.Ma femme de iliamlire rentre en mi^ciie lem|is <nie moi. ICIle nie demande mes ordre... n l'ailes souper ma l'ille , aidez-lui il se coucl> r, el allei vous reposer. •

Je coursa ma clianilire; je ne peux revoir trop tôt ce lieu oii je me suis livrée ii se» Iransporls, oii j'ai c'puisé les délices de l'amour. (^>ue celle cliamhre me sera cIiîmc! je ne la (|uiHerai plus.

Esl-il soni? Suis-je condamnée ii ne pas le revoir? Encore une heure, mon Uieu encore une lii'ure, et ilispONCi de moi après.

11 n est pas sorti, il ne peut l'être; je trouve un lauteuil en travers de la porte. La cliute de ce meuble, qu'a prévenue ma pru<lence ou ma timidité, l'aurait averti de se caclier plus soi|;neiisenient encore. Mais ou est-il?dans un arriére-cabinet. Il dort sur une cbaise lont^ue, du sommeil de l'amour heureux Ses son|;es sont riants; ils l'einliel- )is>ent encore. Dors, cher amant , je respecte ton repos; je me contente de cmillir un baiser sur ton Iront.

Je ne s;iis pis m'arrèler. l n baiser est suivi d'un autre; ses beaux jeu\ se rouvrent; il les tiiurne sur moi ; Il me reconnaît ; Il s'élance... • (^e sont les (;ràces elles-mêmes! s'écrie-t-il ; tu réunis à loi seule les beautés qui suivraient ii elles trois, n 11 a tout enlevé, tout déchiré. Il « voulu que je parusse sans autres ornements que mes charmes; il les contemple avec avidité; il me sai-.it, il m'entraiiie; ses Iransporls rcnaisseiit; Ils rallument tous mes feui; ils sont inépuisables. C)h! quelle nuit! quelle nuit! oui, je le sens, on peut mourir après cela , el mourir sans rijjiets.

Le sommeil vient entin appesantir mes paupières; je lui dispute nos derniers moments; je succombe ii l'excès de la faliijue. Mes yeu\ se fermtut, et je vois encore mon amant, ivre de désirs et de bonheur.

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