LE TEMPS PASSÉ
sur lui ; «n lui iii-rarlia sa rmironiic ol les aiilrcs alUiliiils ilc la rtij.iiilr.
Tluoilure t'iail amiri-s d'A/ili, il onliliait ses lauriers, effacés par la lioaiilé vl les i;ràees; il a|)]in'iiil c]iiel ilaiiyer meiiaec \ illiima, il va se présenler aii peuple, l.a fniile s'ouvre devant lui, il entre dans l'eiK-eiiile, il voit le piintire dis|;r.ieié, et fjrand ene(ire do sa propre jjrauileur. Il veut pereer jusnu'.i Jiii. l'n l'értivien l'arrèle, cl, le genou eu terre, lui oO're ee diadème. « .leune lii^ros, lui dit-il, reçois l'Iiomni:ii;e de liiul un peuple, puisse sa reconnaissance le l'aire oublier qu'il lui injuste envers toi! »
N illnuia ne conçoit pas (|n'on |iuisse refuser un trône et l'occasion de se ven|;er d'un ennemi capital; il scnl l'étendue de son malheur, cl il ose braver son forhiné rival : n >e crois pas, lui dit-il, que je m'abaisse à le demander i;ràee , ne crains pas même que j'essaye de ramener à moi un peuple qui ne inérilc que mon iiulijjnation cl mou plus ])rofond mépris, ^lon sort est dans les mains. Voyons coinmenl lu sais user de la lorluue. — .le vais le l'apprendre, répond 'l'iiéodore en prenant la eoiironne des mains du Péruvien : tu cliéris Ion peuple. In as craint ]>our sa sûreté, lu lui saeriliais un homme qui dc\ail le paraître suspect, lu sais (jouverncr, tu sais combattre, et je sais le respecter. »
'l'héndore remet la couronne sur la \ttc de Yilluma; on s'étonne,
on s'écrie " Pcupli', reprend le jeune homme, voilà votre ponlife
cl votre roi : loin de lui ravir son aulorilé, je prétends la défendre. (Jue dis-je.' vous ne me contraindre», pas ii m'armcr contre mes amis ou à me déshonorer par une làclie usurpation. Vous réparerez tin moment d'erreur, et vous mériterez le pardon que Villuma ne refusera pas à mes prières. >i Un silence profond réj;nc dans l'assemblée ; le moilesle refus de Théodore éclaire les esprits , que (ïatjne sa jjénérosilé. làinfus, humilié, ou se sépare, on se disperse; il lie reste que le souvenir d'un orai;e qui menaçait de tout engloutir.
l.a nécessité rajqiroche les hommes en apparence les plus éloignés. Villuma est dans les bras de Théodore, il le presse sur son sein. « De tels procédés, lui dil-il, ne m'humilient point , je me sens assez grand
pour vous devoir tout. Oui, vous serez mon ami, mon conseil et ma force, vous m'aiderez il porter le fardeau de l'Elat. u
Il ne suflisait pas d'avoir détruit les Espagnols, il fallait que ceux qui étaient restés dans le fort ne pussent éclaircir les soupçons que devait faire naître la longue abseiu'c de leurs camarades. Si on se bornait à fermer l'ouverlure supérieure de la caverne, ils ne manqueraient pas de la rouvrir à force de poudre : Théodore imagina do leur dérober l'entrée inlérieure, (juc personne ue pourrait plus leur iiuli(|ner. Des pierres couvertes de mousse furent jioussées au dehors, les intervalles furent remplis d'une terre à laquelle le soleil donna bienlôt une apparen<-e de vétusté : le tout fut tellement lie avec le corps de la montagne, que le rapport fait au commandant ne devait paraître (|u'unc fable.
11 ne restait ipi'à prononcer sur le sort d'Azili.Sans doute on n'en voulait ]dus il sa vie; mais elle prétendait au bonheur. Villuma la favorisait, Tliéiidorc pouvait tout sur le peuple. Pour prix de ses services, il demanda sa main. « Voire dieu ne veut èlre servi que par des cœurs libres, dil-il, le sien ne l'est pas, les autels la repoussent. Rcndcz-hi à sa mère et à son amant, alors vous serez quilles envers moi cl je resterai parmi vous. . l'adopterai vos mœurs, je me soumettrai à vos usages : ce sont ceux d'Azili, elle me les rendra clicrs. »
Celle proposition attaquait directement le culte; on n'osait ni la combattre ni s'y rendre. Villuma concilia tout: il proposa qu'on ne pût il l'avenir se vouer aux autels qu'à cet âge oii l'on voit clair dans son cœur, et que celles qu'avait abusées un zèle prématuré renlrassenl dès ce moment dans la société. Celle loi fut unaiiiineincnl admise. Théodore et Azili jurèrent de s'aimer toujours et furent fidèles à ce serment.
(( Ah çà, monsieur l'auteur, puisque Théodore est resté enfermé là dedans avec son Azili, dites-moi un peu comment vous avez su tout cela? — Comment je l'ai su, monsieur le lecteur?... Ma foi , je crois que je l'ai rêvé; je rêve aussi, je <n(iis, (jue j'ai l'ait de ce conte un drame que mon ami Hruni a mis eu musique, et que mes amis du théâtre Fcydeau joueront iuccssaiiiiuent. «