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tendait. Elle salua proroiult'ment le grand vicaire, rerut de lui la lettre (|ii'il vciiitil décrue, et rei;ardii le iiiré, qui i>e le\ii àileiiiide .sou sii''i;e eu |iuussiiii( un proloud suu|iir.
Je In suivis d;iiis Li eour; elle se liiii»a vers uioi, et nus liras s'enlacoreul a son «ou : elle ne pouvait se détaelier de nnii. Antoine, le cruel Antoine, sépara ses mains si caressantes, et il aida uiadcnioiselleJavolle à monter, .l'eus à peine le temps de baiser le plus joli pied, el je restai sur la cUaise uii il s'était appn>é, et oii je démêlais encore sou empreiiile.
On trouvera <|ne j'ai liien de la mémoire. (^)ne serail-ce donc si je rendais compte des dilVcrcntcs nuances de sentimenl i|ui se succédaient eu moi avec une rapidité élonnaule, et ilont aucune ne m'est échappée 1 Tonl ce ijui sort des lialiitudes de la vie se (;rave sur lies or|;ancs neufs comme sur l'airain, et ne s'ciVace jamais.
Javotte m'aidait à faire ma to I t°e, qu'elle inierrompait de temps en temps pour soigner son lùli.
Le (jrand vicaire, qui ne considérait ma douleur (juc comme un simple enfantillarje, ne pensa point ii me consoler. J'avais cependant un >;ranil besoin de consolalicni , el de tous les mallicnrs que j'ai éprouvés dans le cours de ma vie, aucun ne m'a été aussi sensible que celui-ci.
Je restai isolé dans ce presbj 1ère , ne voyant rien de ce qui m'environnait, et y cbcrclianl toujours celle qui n'j était plus. Il n'y evislail pas un meuble, il n'y avait pas une place qui ne me donnassent îles souvenirs bcurcuv et des rcii;rcls cuisants, loiijours aecompai^nés de larmes. <^)iiil est donc ce sentiment, si ordinaire a l'enfance, si étrani;er à l'amour cl si supérieur ii la simple amitié?
Il y avait quelques jours qu'elle était partie. Le curé ne m'adressait jamais la parole; le bidcau me brusquait; une vieille ;;ouvernante, qui avait remplacé mademoiselle Javotte, me donnait, d'un air refroijné, mon très-exact nécessaire, l'ourquoi donc les vieilles tilles sonl-elles toujours acariâtres? Ali! c'est qu'on n'oublie jamais les dédains qu'on a éprouvés. I. 'amour-propre blessé est nn ver qui ne périt qu'avec le cieiir (|n'il ronije.
-Mon étal élail réellement iiisiipporlable |iour un enraiil acconliimé a èlre ifàté. (.'esl alors que je seiilis loiil ce que je devais à niailemoisclle Javolte, elj'épronsai le |ilns vif désir de la relronvcr. Je lui avais, ii la vérité, promis de roter au presbytère; mais je ne m'étais point en);ai;é à ne m'en point faire iliasser. Klle m'avait prié de jfarder son éeii de cinq francs; mais le dépenser pour me réunir à elle, c'était eu faire un Irès-bon usa;;e. Ces raisonnenicnts me par.iissaicnl sans répli<|ue, el, ii tous les àijes de la vie, on cininait l'art de mettre une sourdine ii sa conscienee.
Je ne savais oii la trouver; mais en supposant que Paris fut du double plus i;iand que la ville que j'habitais, je ne devais, pour trouver mademoiselle .lavolle. que prendre la peine de la nommer. l ne lii;iire comme la sienne devait avoir été remarquée de tous ceux qui l'avaienl vue . et recbercbéc par les anires, qui n'auraient pas manqué d'eu entendre parler. Je résolus donc de me faire chasser.
Dans le même jour, je renversai le pol-aii-fen de la vieille, qui me doiin.i du pied dans le derrii'rc ; je laissai liimber le missel sur le ne/du bedeau, qui me donna |iar les reins du bâton ar|;enlé de la croiv; je répandis tonte la sauce d'un met ilr l.ipiii soi le r.^bal de M. le curé, qui me tira les oreilles.
i'.v n'étail pas la mou coiiiple : je voulais èlre chassé el non battu. Je jui;eai qu'il fall.iit Iranilier dans le vif. Je me lis des p.ipilloles avec les feuillets d'un beau bréviaire roiiiaiii.
Oh' celle fois il n'y eut plus de rémission. Le curi' ileiuainla ii son beilaaii si de pareils i;riefs ne justihcraicnl pas mon expulsion aiipri-s de M. le |;raiid vicaire. Le beilcan répondit (|ue si leiiv-la ne snllisaient point un pouvait en ajouter d'autres. Le curé, pour avoir tonl le monde de son ci'ilé, lit un proue, oii il exposa cliaritableiiieiil mes fautes de la iiiaiiiiTC la plus désaxant. ir^ciise pour moi, el , eu descendant de la cliaiie de virile, il mr noiilia que je redevenais renfuiit de la l'roxidrnce, c'est-a-dire que je ne devais plus compter sur lui.
Je ne nie le hs pus dire deux fuis; je sautai hors de la sacristie, et je donnai en sorlanl un |;raiid coup <le sabot ilaiis les jambes de riiiiiiioriste |;oiivernanti'. (^'cst la seule fois que j'aie iiianqiié a la xicillesse. J'ai respecté depuis lonics les vieilles l'emmes qui uiérilaiint de l'être; m.iis je n'ai pu en aimer aucune. Lue vieille femme est un arbre usé i|ui n'a ni fruits ni feuilles, mais qui lient encore ii la terre.