‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 61 sur 379 · I.V 1 A^III.I.E i.rcKx \l · texte numérisé non relu

I.V 1 A^III.I.E i.rcKx \l

riiienl la tVmu'iiPilion du sang... ou, si vous rimiifi iiiicui, son r\trànit' si'iisiliililt'.

Ailolplic ii'iiv.iil jamais senti battre «on coeur, p.irce qu'il n'avait pas ilcvancé l'époque oii la nature l'ail <lu plus clou\ îles plaisirs le plus iuiprneu» dos besoins. U n'avait doiu aucune idée île séduction. Mais il pressait doucement la main de Mar(;uerile lorsqu'il dansait avec elle, et lorsqu'il cessait de danser, il la conduisait sous sa tenio, parce que, disait-il. elle y serait mieui <pi'aillcurs.

François eût pensé qu'elle y (levait être plus mal; mais François était occupé il répaiulre partout l'aliondaMce , sans profusion; il empêcher que la joie ne lût portée jus(|u ii l'ivresse, qui la tue; K veiller h ce que celle a i|ui la nature avait refusé ses dons participât il l.i fête comme la plus liellc de ses conipa);iirs.

Adolphe et Marguerite , cachés sous cette tente, pouvaient tout et n'osiiienl rien. Adolphe rei;ardait la lii'auté timide, qui baissait les jeux en roU|;issant, et (]ue son trouble rendait plus belle encore, l'as un mot qui dcceiàt leurs désirs. (Juel(|ues soupirs exprimaient leur embarras, et ils retournaient danser pour sortir de la contrainie oii ils étaient l'un et l'autre.

Kn passant dans l'ile, en repassant, Marguerite, au moindre mouvement de la b.ucpie . s'appuy.iit sur le br.is d'Adolphe, la première fois parce qu'tllc avait vraiment peur , les autres fois parce qu'elle y trouvait du plai>ir.

Sur la tin de la journée , ils se parli'rent un peu. La pastourelle rougissait encore en regardant le beau jeune homme; mais elle lui souriait quelquefois, et Adolphe, la voyant moins timide , s'enhardissait de son côté.

Il apprit qu'elle venait tous les jour; apporter ii manger ii son père, et il ne l'avait pas remarquée ! Il sut que son père s'appelait Jacques Dufour, et il se ])romit bien de doubler le prix de ses journées.

Une question en amenait une autre. M.irguerite lui dit qu'ille était l'ainéc de six enfants, et que cette famille ne vivait c|ue du travail de son père. .Adolphe décida à 1 instant que .lacques Uufour serait transformé en Caron, emploi facile et peu assujettissant; que la mère Dufour aurait le gouvernement des basses-cours, que les petits enfants feraient ce qu'ils pourraient, et .Marguerite rien, parce qu'il ne fallait point qu'une aussi jolie fille se fatiguât. Le naïf Adolphe ne voyait dans ces arrangements que de la compassion, que de la bienfa is;ince.

Et comme les Champs-Elysées n'étaient pas plantés encore', que les basses-cours n'existaient que sur les (lians , et qu il était indispensable de mettre la famille de .lacques Dufour dans une certaine aisance, Adolphe présenta sa bourse à Marguerite.

Marguerite avançait et relirait sa jietite main. L'or a, comme l'aimant, s;i force attractive; mais Marguerite, malgré son innocence, sentait l'inconvenance d'accepter. Adolphe leva ses scrupules en la priant d'olïrir de sa part cet argent à sa mère.

Elle retourna au village uni(|uement occupt'e du généreux jeune homme, et elle marchait éloignée de ses compagnes pour penser plus librement à lui.

Adolphe, renfermé dans sa tente, n'invoquait point Morphée : songts riants d'amour voltigeaient autour de sa couchette et valaient mieux que le sommeil. Le jour le retrouva rêvant ii la jolie fille, et formant des projets , dont il ne dit rien à François, à qui jusqu'alors il n'avait caché aucune de ses pensées.

11 sortit, et se mêla parmi les ouvriers. Il comptait les minutes, les secondes; ses yeux se tournaient sans cesse vers le village, et Marguerite ne paraissait point.

Une femme se montre dans l'éloignement, et le cœur d'Adolphe se dilate. Elle porte un panier au bras... C'est elle , c'e.'t elle sans doute! Elle approche... Ce n est plus elle ! ce ne sont point les grâces légères de Marguerite. Il regarde plus attentivement, il se Oatie encore que ses yeux le trompent .. Non, non, dit-il enfin, ce n'est pas elle; et il soupire profondément.

Une femme de quarante ans entre dans l enceinte, et cherche celui auquel le panier est destiné. Adolphe l'aborde en tremblant. O amour! tes premiers fruits sont les alarmes, les derniers sont les regrets.

« Ma bonne, vous cherchez peut-être Jacques Dufour? » Lu nui très-sec fut sa réponse. * ^ ous êtes peut-être son épouse ? » Un oui plus sec fut tout ce qu'il obtint. Le moyen après cela d'oser parler de Marguerite !

La mère Dufour déposa son panier, et entra dans la tente de François. Adolphe croyait ne perdre qu'un jour, et celle perle lui paraissait insupportable. Qu'eiit-ilfait s'il eût prévu les chagrins qu'on lui préparait?

• >lonsieur , dit la bonne mère à François, on a donné hier celle bourse à Marguerite. On ne fait pas présent d'une somme aussi forte à une fille de seize ans sans avoir sur elle de mauvais desseins Je suis pauvre, monsieur; mais je ne vendrai pas rhonneur di' mon enfant. \ oilà la bourse. Hendez-la à M. Luceval, el dites-liii qu'on ne doit pas employer la richesse à corrompre l'innocence et ii porter la honte dans les familles. »

François n'était point préparé à celte scène, et il n'avait pas le tacnt d'improviser. U ne connaissait d'ailleurs ni ^Lirgueritc ni sa

mère; il ignorait ce qui s'élail p.i-,sé la veille ; il er.iignail d'cnlrer d.ins des dél.iils clilavor.ililes ii Adolphe ; et cepi-ndant il fallait parler.

Un liomnie d'espril eflt dit de bdb-s choses, I-"raneois voulait en dire de bonne». Il se reeueillil, pendant que la mère Dufour essuyait des l.irmes qu'elle s'elTorrail de caclu'r. l'.l, au village aussi, ou rougit donc d'avoir des ma' irs !

l'raneois voulut être instruit des inoiniires pirticularités , et Margueriie n'avait rien caché à sa mère. Elle n'avait dansé qu'avec le beau jeune homme; il lui avait souvent serré la main, il l'avait plusieurs fois condiiile sous sa tente, et enfin il lui avail doniii' di' 1 i>r.

Noire tuteur, malgré son inexpérience, démêla a travers lout cela une iiieliiiatinn naisante, qui pouvait devenir un senliinent profond el ilangerein. l'eiidre el prévoyant comme un père. Il trembla à son tour.

Cependant il s'efforça de justifier la conduite de son |iupille : il ne voulait pas qu'il efit ii"roiij;ir, même devant la mère Dufour. Il observa qu'il était lout simple qu'un jeune homme dansât avec celle qui lui paraissait la plus aimable; que rien n'était plus innocent (|ue de lui presser la main; qu'enfin un danseur (jui sait vivre repose sa danseuse dans le lieu le plus commode ; il ajouta que la tente de M. l.uiival n'avait ni portes ni verrous, qu'elle était reslie ouverte à tout le monde, et qu'enfin le meilleur usage qu'il pijt faire de son superflu était de le verser dans le sein de rhonnête indigence.

lui (bbilanl ces lieux communs qui ont servi si souvent de masque au vice, François alVeclail un air aisé, qui pouvait imposer à la mère Dufour, mais qui ne soulageait pas son cœur. La discrétion d'.Xilolphe y avail porté le coup le plus sensible.

I.e boiiho le s'occupa ensuite des mesures qu'il fallait prendre

contre deux enfants que la nature rapprochait, et que les convenances séparaient sans retour. C'était une grande affaire pour François que de terminer celle-ci sans qu'Adolphe soupçonnât la part qu'il y avail pr.se. S'il allait passer de la dissimiil.iiion a l'iiidifférence, et peut-être .i la haine? Tel est cependant l'effet de la moindre comme de la plus légitime contradiction. François était frappé de cette idée; el, faible et bon, comme la mère Dufour, il mêlait ses larmes aux siennes.

Apri's avoir longtemps raisonné ou déraisonné ensemble, ils convinrent que le lerr.issier en chef ferait une querelle à Dufour, qu'il serait raye de la liste des pionniers, et qu'il toucherait le montant de ses journées jusqu'à ce qu il eût trouvé de l'ouvrage; que Marguerite serait exactement surveillée, et que si Adolphe se permettait une démarrhe îiasardée François en serait aussitôt averti.

Pauvre François, pnurras-tu l'armer de courage, déployer pour la première fois Tautorité que t'a confiée le père de ton pupille? Je n'ose l'espérer.

La mère Uufour se retirait, et la bourse était toujours sur la table. . Prenez, prenez, bonne femme, lui dit le tuteur; j'approuve l'emploi qu'en a fait M. Luceval. » El la mère Dufour, rassurée sur le principe du bienfait, reprit gaiement le chemin de son village.

Adolphe l'avait vue entrer dans la tente de François. Il s'en était approché, il avait prêté l'oreille, n'a\ ail rien entendu, s'était éloigné, marchait au hasard, revenait sur ses pas, s'éloignait encore, abordait le père Dufour, brûlait de lui parler de sa fille, et sa voix expirait sur ses lèvres.

. Je n'ose confier ma peine, et j'ai un ami disposé ii lout faire pour moi ! Allons trouver François. Déposons ces larmes dans le sein de la probité; puisons-y du moins des consolations. »

Il entre. François avait les deux coudes appuyés sur un secrétaire, et ses mains couvraient son visage. Il jiaraissait absorbé dans de profondes réflexions. Adolphe, debout près de lui, respeciait sa méditation, et une voix intérieure lui disait qu'il en était l'objet.

François se relève et voit le jeune homme dans une attitude suppliante. Il lui montre un siège de la main. Adolphe saisit cette main et la baise avec ardeur.

t< Je vous entends, monsieur, ^'ous aimez, vous projetez une folie, et vous attaquez mon cœur pour en faire votre complice. Ecoutezmoi.

» J'ai été le domestique de votre père : ne me le rappelez point; je ne l'ai pas oublié. A ce titre, je ne vous dois que de la condescendance, je le sais; mais, monsieur, voire ]ière m'a élevé au rang de son ami, il m'a confié, ii ses derniers moments, le soin de votre fortune et de votre rép itation. Je dois compte à sa mémoire de la eonduile que je tiendrai dans cette conjoncture difficile. Il m'en coulera de vous allliger; mais, si vous n'avez pas la force de surmomer et de vaincre une affection d'un joir, j'aurai, moi, celle de déployer l'autorité que j'ai sur vous. Oubliez .Marguerite, je le veux, je xous l ordonne au nom de votre père.

. — Ah : François, comme vous me traitez ! N'ai-je pu sans crime être sensible aux charmes de l'innocence et de la beauté 7 Ai-jc cessé pour cela de respecter en vous celui auquel mon p.'re mourant a transmis tous ses droits?... M

Adolphe, en ce moment, pouvait consentir a se deUcher de Margueri e. l ne réplique ferme de François le rendait a lui-même, au moins pour qnelipies jours.

Mais François arrangeait , lorsque son pupille entra , le discours qu'il venait de prononcer. Il attendait de la résistance, et la docilité.

LA FAMILLE LUCEVAL

d'A(lûl|ilu> Ir lotuliii sensililfiiifiil. Il lui ouvrit Sfs bras, le pressu sur son st'iii... Si's forces riaient ii bout.

" Asseyei-vous, mon cher enf.int. Si j'ai tout fait pour vous depuis votre naissance , si pour vous j'ai renoncé à la douceur d'être père ; si voire Iclicité future est depuis dii-sept ans l'unuiue objet de mes soins, n'abusez pas de ma faiblesse; ne me forcez pas à consentira votre dé>lionneur, à en supporter seul tout le blàmc, à mériter les reproches que vous m'adresserez quand l'ivresse sera dissipée et que votre raison s'armera contre moi.

• — ^lon désiionneur. François, mon déshonneur! — On dit Marijuerile jolie, et je la crois sajje. .Mais, qu'en voulez-vous faire ? Votre maitresse ? vous n'èles pas corrompu a ce point. Votre femme? elle ne vous convient pas.

• — Elle est jolie, elle est sage, et elle ne me convient pas ! Quelle est donc la femme qui me convient, François? — Olle qui par sa lortune, son ran;;, son éducation, ses qualités a droit de iirétendre à vous et remplir,! mes espérances.

Adi.ljjht' n'avait donc aucune idée de séduction. Mas il pressait doucement la main de Marguerite.

• — Faut-il vous citer, François, ces souverains assyriens et grecs qui ont porté leurs esclaves sur le trône ? — Cet usage-lii n'existe plus, monsieur. — Pierre le Grand l'a rétabli saur, rien perdre de sa grandeur. — Pierre le Grand, que je ne connais pas, ne devait probablement compte de sa conduite à personne , et vous êtes compiable di' la votre a vos égaux , (|ui .sont nombreux , et à moi qui vous conjure d'avoir pitié de la peine que vous me causez.

• Cruel enfant! connaissez-vous celle que vous voulez vous associer? ^avez-vous si elle a les qualités que votre prévention lui suppose? Savez-vous si vous l'aimerez dans un an, dans un mois? et quelles suites funestes ne devez-vous pas redouter delà précipitation qui vous égare ! Quoi 1 parce qu'une fille vous paraît jolie, vous vous rendez sans eiamen, sans réflexion ! vous allez braver pour elle l'opinion publi(|ue, souvent injuste, mais toujours respectable! Vous me citez des princes, esclaves eux-mêmes de leurs passions! Je vous citerai, moi, le grand Cjrus respectant, fuyant la belle Panlbée, que le sort des armes lui avait soumise, et la remettant lui-même dans les bras de son époux.

1 Noila un exemple de véritable grandeur, voilà le modèle qui vous enlrainerait si vous aviez le moindre rapport avec ces héros auxquels vous vous assimilez. Mon cher enfant, n'empoisonnez pas mes derniers jours, accordez quelque chose à ce pa vre François, pour qui vous n'axez rien fait encore; qu'il ne dise pis en expirant de ilo» eur : Je m'étais donné ii un ingr.it qui a sacrifié sans remords l'ami de son père cl le sien à une fille qu'il n'avait fait qu'entrevoir.w

Quand F'rançois avait la lèle montée, il parlait aussi bien qu'un autre.

\ilolpbe était assis, et François avait pris h son tour le langage, l'accent, l'.itiitude d'un supi'lianl. Adoljdie était ému et ne se rendait point : François tomba à ses genoux.

« C'en est trop, c'en est trop ! s'écria le jeune homme. Je m'immole à la reconnaissance. Le sacrifice est fait : acceptez-le, François »

Ainsi , l'exagération est le partage de la jeunesse. L'inclination la plus ordinaire est une passion profonde, qui doit durer autant que la vie, et Ou s'étonne à vini;t ans de se réveiller indilTérent pour celle qu'on croyait ailorer la veille.

Ainsi, cette faiblesse de François, dont nous redoutions les effets, et qui pouvait être plus dangereuse qu'une excessive sévérité, cette faiblesse ramena Adolphe, parce que son cœur était pur et aimant.

\ oilà pourtant couiuient nous jugeons de tout par anticipation et, malgré l'expérience, nous ne voulons pas nous pénétrer de cette vérité, que l'événeinent le plus simple dépend du concours de mille cirionstances impossibles à prévoir. Revenons.

François n'avait jamais été amoureux et cependant il réfléchit tout à coup que, l'impression du moment dissipée, Adolphe reviendrait peut-être à un sentiment qui pouvait n'être pas durable, mais se prolonger jusqu'au dénoùment fâcheux qu'il n'avait pas le courage de prévenir. On a sitôt fait de se marier, quoiqu'il soit si rare de s'en féliciter ensuite ! Il résolut d'opposer à l'amour les sentiments qui peuvent flatter une âme sensible, et ceux qui doivent l'armer contre sa sensibilité. ■

\ ous conviendrez que François ne raisonnait pas trop mal.

Après avoir remercié tendrement son pupille de sa condescendance à ses prières , l'avoir félicité de la victoire qu'il venait de remporter sur lui-même, il frappa le grand coup.

Il observa que Marguerite, jeune, intéressante, devait être sauvée des écueils de son âge; qu'en renonçant à des projets que la raison ne pouvait avouer, il ne convenait pas à M. Luceval d'abandonner à .son mauvais sort une jeune personne qu'il avait aimée un moment.

n Que Marguerite s'applaudisse toute sa vie, monsieur, de vous avoir rencontré! Donnez-lui un époux jeune, laborieux, de mœurs irréprochables. Qu'une dot lionnète lui permette de choisir. Qu'au sein de l'aisance et de la paix, heureuse avec un homme de son état, épouse chaste, tendre mère, elle ne passe plus un jour sans penser à vous et sans vous bénir. »

De l'exagération à l'enthousiasme l'intervalle est imperceptible. Adolphe saisit avidement l'idée d'accabler de bienfaits celle à qui il venait de renoncer. Donnons cent mille écus ! s'écria-t-il.

« C'est beaucoup, répondit François. Marguerite et son mari voudront vivre dans le grand monde, lis y seront neufs, gauches, déplacés. On les chargera de ridicule; ils s'en apercevront, ils souHriront, et ils regretteront leur première méiliocrité. Faisons-en de riches villageois. Donnez dix mille francs ii Blanjuerite, quelques arpents de vigne à Dufour, et vous assurez la félicité de toute une famille. »

L'imagination va vite. Celle d'Adolphe lui représente Marguerite couverte de soie, de dentelles, et ne sachant pas les porter. Ces petites révérences si jolies sous le bavolet, ces phrases naïves que dicte l'innocence, ces manières gênées qui peignent un modeste embarras, tous Cl s riens , charmants sur la pelouse , ou sous le chaume, sont infiniment déplacés sous des lambris dorés. Adolphe le sentait. Il voyait sa petite Marguerite constamment humiliée, et il ne se dissimulait pas que les ridicules de la femme sont partagés par le mari. Dix mille francs soit, répondit-il après un moment de réflexion.

François vit bien qu'il avait frappé juste, et il se hâta démettre Adolplic dans l'impossibilité de rétrograder. Il courut chercher le père Dufour, le père Dufour condamné une heure avant à être expulsé sans motif. Il lui annonça en chemin les vues de M. Luceval, il lui détailla ce qu'il se proposait de faire pour lui ; de sorte qu'en entrant sous la tente , le bon villageois n'avait plus que des remercînientsà adressera Adolphe.

Il fut décidé que Fraircois et Dufour se rendraient de suite au village ; qu'on interrogerait le cœur de la petite , et qu'on prendrait les arrangements préliminaires. Adolphe marqua quelque envie de les accompagner. Il était dans les convenances, disait-il, qu'il oH'rit luimême son présent. " 11 est un genre de combat, lui répondit François, oii on n'est vainqueur qu'en fuyant. Rappelez-vous le grand (Jyriis. » Adolphe soupira, et ne répliqua point.

En marchant à côté du jière Dufour, avec qui il était difficile d'avoir une conversation suivie, François fit une réflevioii, un pu tardive à la vérité. Il pensa qu'Adolphe ne pouvait guère se marier que dans trois ou ((uatre ans et que s'il fallait, jusqu ii cette époque, donner dix mille francs à chaque joli minois qu'il rencontrerait, le trésor public n'y sulfirail pas.

Cependant si fantaisie pour Marguerite annonçait certain penchant très prononcé qu'il pouvait être dangereux de ne pas satitaire, et qui ne devait l'être que d'une manière légitime. François était bien embarrassé.

Si du mo'ns, pensait-il, il pouvait reprendre son premier goût pour la Grèce ! Mais que sont des Hélène , <les Cléopàlre , auprès duii bel œil bleu ou no r, (|ui est là, devant vous, qui vous attaque, qui vous poursuit, qui vous subjugue? C'était bien la peine de rassemblera grands fraio la ville d Aiheues, le fleuve Scamandre, l'Achéron, l'île de Cicte, la vallée de Tempe, et autres semblables antiquailles! Diable! diable: diable !

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