‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 65 sur 379 · I. \ r,\ Mil I 1 II CKVAI · texte numérisé non relu

I. \ r,\ Mil I 1 II CKVAI

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Au point ilii jour il éveilla V<lol|ilie, le pria de s'Iiiibiller et «le monter en voilure. V.lolplie resi»t..il; l'r.tmois insi,l;i. 1,'ini iniinuurait, reliure fjronilait. le jeune lujiiiine voiil.iit .lUendre son lialiil; le tuteur répondait. |u'il était emballe. Le pupille ne pouvait partir ^ans prendre < oni;e de son savant; Kr.mrois y avait pourvu ■ fort lioiMu'le. \dolplu-, ne trouvant plu> de prel.'xU', réealrilr.inl , i|ue l'rani'ois fut oldijje de eoniposer : ou eonvint ijifou liàtirait a Athènes un tiiéàlre dont la princesse \ricie serait pr laire rinau(;uratioii.

Allons, pensait l'raneois en partant, voilà encore du temps de |ïa|;né l.a princesse a alVaihli le souvenir de 'M.iriïuerile : j'espère que elias»e lera ouldier la princesse. !\lais plus de leiiiiues, plus de lemnies, ni de près ni de loin.

Cependant, ajoutail-il eu lui-même, le temps oii il iloit èlre maître de ses actions n'est pas tort éloigné. I,a première pajsanne, In première princesse qui lui plaira deviendra sa femme , et je perdrai le fruit de mes soins.

la

Il faut le faire chasser, chasser à outrance , qu'il u'ailque le lempsde man;;er et de dormir. Fendant qu'il se livrera à cet amustmeiil , je chercherai une jeune per- (Oiine, Si'ije, aim.d>le, liien née, jolie siirlout; et puisqu'il faut <|u'il se marie, qu'il soit père avant l'àije ou l'homme est en état de se conduire lui niènie, faisonslui du moins faire un niaria>;e dont il n'ait pas à roui;ir.

On arriva à Athènes, dont les travaux, poussés à force d'ai'j;enl, louchaient à leur É'in. Tout y était pittoresque; tout y fixait, y llattait l'ail. Adolphe, a (|ui huit jours d'absence avaient préparé des jouiss.inces nouvelles, Adolphe ne remarqua rien, et parcourut comme un fou -a pelilefircce. François, étonné, le re};ardait aller, et lui vit planter un jalon au milieu d'un vaste boulingrin : c'est là que devait s'élever le théâtre d'Athèues.

Il chercha le commis de !M. Phidiot, lui remit pour l'architecte uue longue lettre, qu'ii finissait en déclarant qu'il entendait poser la première pierre le lendemain à sou retour de la chasse.

Avant de se coucher, il expédia à .M. Bellement un vaUt avec l'ordre de le venir prendre au lever du soleil.

François, qui voulait faire de la chasse une p ssion dominante, par les raisons que vous savez, l'rançois n'avait rien ncj;lij;é de ce qui pouvait rendre le début séduisant. Sous son air froid et rélléchi, il cachait uue .'iiue active; et, sans rien dire à son iiupille, ^ans même qu'il soupçonnai rien il avait tout disposé à Paris. Il courait, lorsqu'Adolphe reposait; il courait avant son lever; il écrivait lorsqu'il ne pouvait courir.

Le jeune hoinme n'attendait qu'un garde-chasse et un chien, et an point du jour il e>t réveillé par des fanfares i;uerricres. Il se lève, il

sort prccipitanuneni de sa tente o surprise! o dili.-es! six (irecsà

cheval, armés d'épieux, et sonnant de la trompe; lro:il ■ couples de chieus; la halte charp.éc sur un chariot de forme anll(|ue, tiaiiié

par des bœufs aux cornes dorées « C'est cela! » criait Adolphe

ravi, enchanté. 11 saute de joie, il embrasse son tuteur, et demande son babil et ^es armes.

Il ï'habille en toute hâte, et n'avance point, parce qu'il n'a pas l'habiiiide de s'habiller à la i;Tecque. François veut lui aider et n est pas plus cb.inceu.v. L'artiste costumier est appelé dans la tente, et arrange en un tour de main les différentes parties du costume, qu'il ne manque pas de faire valoir à mesure ipi il les prc.sente.

Adolphe observait que l'habit était plu;!)! romain que lî^ec ; que le casque, surmonté d'un dragon portant un énorme panache, était macédonien, et qu'on ne chassait pas en casque lors de la vin.jliènie

L'artiste cojlumier arrange en un tour de main les dilTcrentes parties du costume, qu'il ne manque pas de faire va'oir.

olympiade. L'dC/cifi' lui présenta un miroir, et le jeune liomine se trouva si bien que les observations expirèrent sur ses lèvres 11 n'observa même pa.que l.i mise de» i;ens a trompettes, empruntée i.u magasin de l'Opéra, était d'un i;oùt plus sévère que la sieniie. Il se mil le carquois sur le dos, prit son arc de la main gauche et un javelot de la ilroile.

• ,Se !;n<'ur Ilippolylc, lui dit François, ces messieirs q'ii vous

atlenileiit sont vos pages — Les rois aneieus n'en avaient pi». —

Vos pi(|ueurs, vos ^lardes. — A la bonne heure. »

On préM'iite au jeune homme un cheval couvert d'une 'olie selle ù la mode et d'une housse richement galonnée. La bride élait en tissu d'or; les bosselles, les boucle^ et la gourmette en argent. « Moderne, moderne, s'écria Adolphe, .le veux bien être Français quand le» circonstances l'exlifent; mais aujour.l'hui tout doit être grec! Du grec, mon bon ami, du grec. — Ma foi, monsieur, je vous avoue (|ue je ne sais pas couiuient les selles grecqui'S étaient faites. — iSi inoi non

plus; mais pour ne pas me tromper, je vais monter ii la manière des ^uluides, qui, du moins, étaient des anciens, l'oint de bride , point de selle. .\. bas tout cet attirail. •

Au moinenl oii le corlége parlit, M. h llemenl , stiipifait, ouvrait les yeiu autant qu'il le pouvait, et une bouche telle i|ue personne n'en a encore ouvert. A la slupilaclioiisn cédèrent des ris immodérés que, trcslieurciiseuieiit pour lui , Adolp'ie n l'iitendit pas.

François, qui avait envie de rire lui-même, prit le garde-chasse dans son cabriolet. 11 voulait lui faire la leçon en route.

Vous jugez comme un héros qui n'a pas de culotte est à son aise monté à cru.

Le nôtre n'était pas encore arrivé au parc qu'il avait be.>oin de la sauce piquante; mais rien n'alarme un grand cœur. Le pansement , d'ailleurs, ne pouvait être long:

Adolphe n'avait que sa jaquette à lever. 11 la leva en elTi t en entrant chez le garde de son ])arc. Sa femme, pirvenuc à cet Age oii on n'est plus d'aucun sexe, s'empres-.a de bassiner les pariies macérées. Le sel, le poivre, le vinaigre faisaient leur effet. Li figurcd'. -Adolphe annonçait des convulsions; mais comme on se conduit toujours noblement devant témoins, il tâcha de se renietlre, en pensant qu'Hercule souffrit bien davantage lorsqu il endossa la fatale chemise; et il entra bravement dans le jiarc suivi de tous les siens.

Les trompes sonnent le lancer, et il ne part que des perdrix et des lièvres; mais il en part une telle qu utile que la volaille obscurcit l'air, et que les quadrupèdes, effrayés, étourdi-, se jettent dans les jambes des chasseurs. Les pages, les i)i(|uéurs, les gardes se passent la trompe au cou, et ajusicnt la flèche à l'ar.:. Le seigneur llippolyte en a déjà tiré deux, trois, cinq, six. Les flèches bienlot volent de toutes parts. Elles se croisent, elles prennent lis compagnies en (puue, en flanc, en tète; presque tous les coups portent, et il ne tombe pas une pièce.

(?est que François, qui ne voulait pas qu'on crevât les yeux à son pupille, ni qu'il les crevât aux autres, avait acheté ces armes-là chez M. Uarbaud , célèbre marchand de joujoux, passage du Théâtre- Feydeau.

Le père Bellement , riant sous cape , avançait lentement , tirait à chaque pas, et tuait à chaque coup. Déjà il avait vidé deux fois sa carnassière dans le char antiiiue dont on avait déchargé les provisions cliez le concierge. Il avançait toujours; il faisait un carnage épouvantable; les autres couraient, se fatiguaient, s'excédaient, et uc faisaient rien.

« Que diable, dit Adolphe à François, serait-il vrai que les armes odernes valent mieux que les anciennes? — Vous le vovez , nion-

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