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iloiu, ces (Ifliiifiiv i'|i:iiirlifiiicnis, ifs iiiiioifiitrs Ciirfssi-s... — Oli! c'est cliariiiiiiil, mon A>lol|ilie . cliariiiuiil. •
l.l iU se iiiettciit a courir et a s.iiiter. I.a rO|;iilarilt' de la marclie est iiitcrroiii|)ne ; la (lii;nitc itc la ccrciiioriie soutVrira peut (^tre ; mais n'est-ce pas .mi^i qu'on s'est ilisposc a <li)iiiier l't'trc au |Mtit iiiilivlilu qu'on \a oniloyer !' et (|uclles iieuriiises ilis|iOMli<>ns pour taire un elireticn, que le ilcsir et la volonté d'en taire prouipteinint un autre' j
l'rancois, qui s'étonne de tout ce qn il ne conçoit pas, lilàine lorteinent la versatilité de son pupille, l'asser tout a coup du i;raiul sérieui, du uiainlien le plusi;rave, aiii ris. aiixjeui, a l'.fiiualile folie! Au l'esté, ces ilisp.iratcs liennent un peu à son àjje. Mais luatieuioiselle Manette, qui tolàlre avec l'iiuninie (|ui vient de la ilédaii;ner' Oui , oui , il l'a bien jugée , et certes , c'est moi qui maintenant m'opposerais au iuari'f;e, s'il n'avait eu le lion esprit de le rompre. I elles étaient les rétlexions secrètes de François.
Madamu d'l->;lii>,iiy ne doutait pas (|ue la paii ne fût laite , et elle souriait au bonheur de sa l'ille.
Ou entre dans le villa);e. ^M. Adolphe laisse au milieu d'une rue sa commère, qui ne parait pas alïectée du procdé. Allons, pense encore l'rancois , tout est cijal à celte demoiselle-la. Cepend.int il appelle Adolplie... Il avait déjà tourné une rue, deux rues... On ne le NOjait plus.
.Mademoiselle Manette, toujours sautant, toujours dansant, vient preiulre le second bras du tuteur, tiette l'a mi lia rite ne le llatlc p.isdu tout ; mais il sait vivre, et il se prête tant bien que mal a la bruyante espièglerie de la jeune personne.
IN'icolas vient au-devant d'eux. Il est (dus joyeux encore que de coutume, parce qu'il tient le nouveau-né sur ses bras. Le père l)utour arrive en troltillant. Avant de iiouvoir se taire entendre, il a découvert sa tète chauve et salué vini;t lois de la main. Les paysans du villaye font une double décharije de leurs vieilles canardières.
Nicolas est frappé de la félicité qu'expriment chaque trait, chaque geste de Alanetie. « \ ous paraissez heureuse, mademoiselle. \ oulezvous l'être davantage? mariez-vous , et soyez mère. Oh! vous allez voir quel bien cela fait. « Qu'elle soit mère tant qu'elle voudra , pensait le tuteur : ce ne sera pas de notre façon.
Marguerite les attendait , parée du plus beau de ses bonnets ronds, du plus blanc de ses corsets. Elle comptait sur sa parure, et on ne voyait qu'elle. Hayonnante de joie et de beauté , elle semblait dire à ceux qui l'entouraient : J'ai payé ma dette a la nature. Elle me donne en récompense un -outien pour mes vieux ans.
L'enfant jeta quelques cris. Mcolas le rendit à sa mère. Elle dénoua d'une main empressée et impatiente les cordons du blanc corset. Elle offrit le plus rond , le plus joli des seins. Le boulon de rose disparut aussitôt sous les lèvres vermeilles du i)etit. Marguerite paraissait itère d'être mère tout à fait.
« Bien, dit Uuval , bien. Laissez la mode à ces femmes frivoles qui la préfèrent à tout. Qu'elles soient punies de leur coupable insouciance par les ravages que produit tôt ou lard cette liqueur qu'elles détournent de ses sources; qu'elles soient punies par l'iadiflérence de l'enfant qu'elles ont rejeté de leur sein !
• — Ma foi, monsieur, répondit iVicolas , je suis de votre avis. Il faut que chaque chose serve à son usage. — Sans doule reprit François Si la nature eût voulu des nourrices , elle eut donne le lait aux unes et la fécondité aux autres.
• — Il est bien làcbeui, continua Nicolas , pour certaines dames, qui trouvent si aisément des nourrices, de ne pouvoir pas pour leur argent charger quelque autre femme du fardeau et des incommodités des grossesses. — Ah! parbleu, s'écria Uuval , si cela était ainsi, on ne verrait de mères que dans les campagnes — El alors, monsieur, les villes seraient bientôt dé>ertes. — Pas du tout, mon ami. La grande dame recounailrait, prendrait l'enfant qu'une autre aurait porté jiour elle , et elle serait sa mère à peu près comme elle l'est de celui qu'elle a chassé au moment de sa naissance, à qui elle a fait sucer un lait étranger, qui en a pris les affections bonnes ou mauvaises , et qui n'a plus rien de commun avec elle quand on le lui ramène. >
Très-heureusement pour vous mesdames les demi-mères... celte conversation fut interrompue par M. .\dolplie , qui entra, le plaisir dan-i les yeux , l'espérance dans le cœur. 11 s'approch.i de .Manette. • loul sera prêt dans deux heures. > Ces mois sont inintelligibles pour tout le monde. -Madame d'Ejjligny ne peut en demander l'explication s;iiis quitter son masque. Manette, qui la devine, ne trouve pas le moment de la satisfaire, parce qu'Adolphe lui prend le bras et l'entraine. Tout le monde suit.
Je ue vous parlerai pas de l'administration du sacrement. Là, comme ailleurs, cela se fait avec un peu d'eau et d'huile rance, quelques grains de sel el du grimoire.
En échange de ces belles choses, on donne beaucoup d'argent au curé; on en donne au bedeau, au sonneur ; ou eu donne au suisse et à l'organiste , quand il y en a un ; et on veut bien avoir la coin|daisance d'aller siguer à la sacristie, sur un registre qui ue devrait ])as y étce.
Il est vrai que ces dons ne s'accordent pas précisément au curé et à ses valets ; c'est un hommage à noire amour-propre , qui nous em-
pêche quelqueluis de diiier le leiitleiiiain. Mais on a eu le plaisir d'entendre miirmuri'r ii ses oreille!. : Le beau baptême! le généreux parrain ! et qu.ind le parrain a descendu les degrés de l'église , on ne pense plus à lui , et ou va manger gaiement son offrande. Oh ! c'est fie l'argent bien pl.icé.
( )ii trouva .111 retour une très-jolie collation , au milieu de laquelle s'élevait une vaste pyramide île boilesde dragées, .\dcilphr en cliari'Ca le lit de la petite maiii.in, et prit en échange un baiser, lue bonne lucre refiise-t-elle cela a (|uel(|u'un i|ui vient de sauver son his de la da innation éternelle ;'
Je ne sais comment ce baiser fut pris et donné ; mais m.idemoisrlle Manette rougit el fronia un peu le sourcil. Adolphe la regarda d'un air suppliant , lui prit l.i main el la baisa avec transport. François se leva vivement, et regarda son pupille d'un air qui voulait dire .. tout ce qu'on peut imaginer de plus fort. Adolphe baisa encore cette main qu'un lui abanduniiait. François, hors de lui, dit a ilenii-voix : « \ ous alle7 voir que ne pouvant être sa femme, elle consentira .. • I ont le monde rit et de la sortie de l'rancois et de ses mines tragi-comiques. Le bonhomme allait éclater, lorsiju'il vit entrer un monsieur à révérences, son chapeau dans une main et du parchemin dans l'autre.
« IJi bien ! dit l'rancois, que veut encore celui-ci:' — Eh! c'est notre notaire, répond .Mcolas. — (boniment, un notaire! y a-t-il quelque testament a faire ici? — Non, monsieur, c'est pour quelque chose de plus agréable (|iie je suis mandé. •
Adolphe court ; il embrasse sur les deux joues son tuteur, qui veut en vain s'en défendre; il le supplie d'écouter. Il fait faire place; il invite le notaire à s'asseoir, à prendre un verre de marasquin , et à lire.
Aladame d'Egligny, Diival , François, stupéfaits, ouvraient des yeux... mais des yeux! Adolphe et .Manette souriaient... comme la malice lorsqu'elle pique sans blesser.
Le mon leur commence.
« Par-devant, etc. ,
' Furent présents, M. Adolphe Luceval et mademoiselle Marie d'Egligny...
• — Eh mais, s'écria le tuteur, cela commence comme un contrat de mariage. — C'en est un, mon bon ami. — Entre mademoiselle et vous!' — Oui , mon bon ami. — Et vous croyez que je permettrai... — Oui , mon bon ami.
» — Désabusez-vous, monsieur. Jamais je ne consentirai i votre malheur. (,)uelques séductions nouvelles vous ont fait oublier les plus sages résolutions; mais j'ai observé aussi de mon côté, et mademoiselle ne vous convient pas. •
Allons, pensait .Marguerite, voilà un jeune homme charmant à qui il ne sera jamais ]iermis d'aimer.
a .Monsieur François, dit madame d'E;;liguy, vous nous traitez bien durement. — J'en suis fâché, madame; mais je sens que je ne sauverai ce jeune homme qu'eu disant ouvertement ce que je pense. »
Duval entreprend d'expliquer les quiproquo qui n'ont cessé de se succéder ; François ne l'écoute point. Adolphe veut parler, et n'est pas plus heureux. Mademoiselle Manette se lève , vient s'asseoir près du tuteur, le regarde... comme vous savez regarder, mesdames, lorsque vous voulez plaire ou fixer l'alteniion. F^rancois détourne la tète; elle lui prend la main... • Vous êtes fort jolie, mademoiselle; mais je ne suis pas si facile qu'on le pense, et quand j'ai pris un parti... '■ Mademoiselle .Manette presse la main qu'elle lient; ses lèvres purpurines ellleurent une joue de François. « Eh bien ! voulezvous m'épouser aussi ? — Je veux seulement, monsieur, que vous m'écouliez. — Parlez, mademoiselle, parlez; mais vous n'y gagnerez rien — C'est ce que nous allons voir. »
Elle raconte comment les chuchoiements, les coups d'oeil à la dérobée, lui ont fait soupçonner les projets de sa mère; cornaient un piano a achevé de la convaincre; comment elle a rusé avec ceux qui dissimulaient avec elle ; comment, soumise au plan général, elle a caché ses senliiurnts a M. Adolphe; comment M. .\dolplie a loul découvert en cnlraiit furtivement dans le cabinet; comment, à son tour, il a cherché a se veng» r de tout le monde; comment son portefeuille, trouvé aux pieds de Louison, a déiouvert ses petites mencis; comment, enfin, on est convenu d'entretenir l'erreur de jM. François, pour le punir d'avoir manque au traité, en faisant part, avant le temps, à son pupille, des arrangements convenus.
D'après cette explication, les ris, les sauts, la légèreté apparente, la douce ivresse qui suit une réconciliation , ne pouvaient plus être défavorablement interprétés. Tous les sujets de plainte que croyait avoir François, étaient évanouis. Il était persuadé ; cependant mademoiselle Manette avait cessé de parler depuis cinq minutes, et il écoulait encore.
11 partit à la fin d'un éclat de rire prolonge, qui fut suivi d'un second, puis d'un troisième... Il ue finissait pas. • Au moins, mesdames, vous savez de quoi je ris. — Kous ne le .saurions pas, reprit madame d'Egliguy, que nous nous garderions des interprétations défavorables qui ont pesé sur nous. — Ma foi, mesdames, les miennes vous font honneur. Elles prouvent que vous avez fort bien joue vos rôles , puisque j'ai été complètement dupe. .Mais c'est que tout cela est trop plaisdut. Savez-vous qu'on en ferait une comédie?
l.A FAMll.l.F. l,rCR\ AI..
» — Mon 1)011 aiiii, ri'pril Ailolplic, j'es|ii'i'c que vous voudrez bien, mainleiiaiil . permettre iiu notaire de eoiitiniier. — J'entends, j'euleiids. Je vois que le niari«i;e se fera quelques jours plus lût que nous ne l'avions projeté ; niuis je tiens à mes eondilions, je vous en avertis, .\u surplus, entendons le contrat; s'il ne me convient pas, monsieur voudra bii'n recommerrer. •
La première clause était qu'.\dolplie ne pourrait vendre ou aliéner avant l'nije de trente ans.
• Je ne voulais, dit François, retarder la nnijorité absolue que jusqu'à vinijt-cinq; mai- à cet ;'ii;e on est encore fort jeune : ainsi, je loue votre prudence, et j'approuve l'article, l'oursuivez, monsieur. »
iM. I.iiceval aliaiuloni.ait a sa belle-iuère, pendant sa vie, la jouiss:ince de la lolali c de ses biens.
• Madame, ce trait seul peint son C(eur. !\Ion cher Adolphe, vous honorez, vous aimei vos parents ; puissent vos enfants vous le rendre un jour ! •
.Manette ouvrit tes bras au bien-aimé. Elle lui présenta sa main et sa joue : qu'ei'il-clle dit qui valut cela ?
l.e troisième arlide doublait la pension viagère accordée à François par Lnceval père.
« Cet article ne restera point. — Mon bon ami, les dons de l'amitié n'bumilieiit pas, et l'Iiommajje de la reconnaissance honore éi;alcm(nt celui qui l'ofl're et celui qui le reçoit. — Mon cher enfant, j'ai peu de besoins; mon traitement nie sutht. — .Mon bon ami, vous aurez du superllu, et il vous reste encore des années à faire le bien. — IN'on, monsieur, non. N otre père a donné ce qu'il a jnj;é convenable. Aller au delii de ses volontés, ou les restreindre, c'est également cesser de les respecter.
François se lève, prend la plume et veut rayer l'article.
On s'écrie, on court. .Adolphe lui saisit la main; mademoiselle Manette lui arrache la plume ; M. Duval met le contrat dans sa poche; madame d'Kijlijjny se pl.ice entre le tuteur et le notaire.
■I Croyez-vous, monsieur, dit-elle à François, que j'aie moins de véritable fierté et de désintéressement que vous? J'ai pu accepter la jouissance d'une fortune modérée, dont une fraction n'eût pas ajouté au bien-être de M. Luceval.
u 11 ne pense pas sans doute que mille ëcns de plus ou de moins par an puissent l'acquitter envers vous; mais il vous donne de son estime et de son aliection la seule marque qui dépende de lui , et c'est à ce titre qu'elle doit vous être chère.
• M. I.uccval père vous a payé sa dette personnelle. Ne pas interdire à son fils la faculté d'acquitter quelque chose des siennes, c'est reconnaître qu'il en pouvait contracter à son tour; et lorsque vous rejetez le tribut de la plus légitime reconnaissance, a]irès avoir applaudi à un don auquel je n'ai pas de titres encore, vous m'imposerez la loi de refuser comme vous. Vous nous ôtez à l'un et à l'autre le plaisir de devoir quelque chose à .Adolphe; vous froissez un jeune cœur, pour qui une belle action est la plus pure des jouissances.
« Choisissez donc, ou de suivre mon exemple , ou de faire ajouter au contrat , et en faveur de ma fille, les deux tiers de tout ce que je possède. •
François balançait encore : il était loin de prévoir l'usage respectable qu'il ferait un jour des bienfaits d'Adolphe. On l'entoure, on le presse, on le caresse, on le gronde; il se rend enfin.
l.e contrat finissait par le protocole ordinaire. Le douaire et autres stipulations étaient fixés selon la coutume.
.4près la pièce essentielle, on s'occupa d'un préliminaire sans lequel le contrat de mariage était sans force : l'acte d'émancipation d'.Xdolphe.
(.'est par celui-là que le notaire eût commencé sa lecture ; mais le jeune homme avait voulu surprendre, étonner, se faire un peu admirer peut-être; et pour cela il ne fallait rien qui préparât les esprits a ce qu'on allait annoncer.
.Adolphe fut émancipé s.ins la moindre réclamation.
l.e tuteur, la mi-rc , l'ami, s'entretenaient entre eux , parlaient à Marguerile, écoutaient la vieille Dufour, lorsque tout à coup ils s'aperçurent que nos jeunes gens étaient disparus. Le chapitre des conjectures commença aussitôt, et la petite maman, aussi habile à conjecturer qu'une autre, appela son Mcolas, et lui dit deux mots à l'oreille.
Mcolas sortit en riant, ï son ordinaire, parce qu'il ne voyait plus de danger après la signature du contrat, et que, selon lui, épouser sa femme sous le ciel ou sons les rideaux, c'est toujours épouser.
Oii croyez-vous que la petite l'envoyait? elle n'avait point oublié «es noces, et le jardin, et le petit bois. 1 cotations d'amour s'ouhlientclles jamais? elle avait eu le temps de réfléchir sur la différence des pl.iisirs légitimes et des plaisirs défendus. Ceux-ci sont plus vifs; les autres sont p'iis durables; et puis elle sentait par instinct que l'empire de son sexe n'est établi que sur l'estime. INicolas était allé fermer les portes.
La bonne |>récaution, pensailil en mettant les verrous, d'empêcher de rentrer des gens qui sont si aises d être dehors!
• — Hi bien':"... lui dit tout bas Marguerite. — Eh bien! ils feront le grand tour. — Ils étaient sortis? — l'arbleu ! — Et tu as tout fermé! — >e me l'as-tu |)a3dit ■■ — Imbécile! — Ma foi, ma rlii-re amie,
le plus haut degré de perfection où ])iiissc atteindre un bon mari, c'est d'obéir à sa femme, exactement, sans interprétation et sans réflexion. M