MERLIN (J. D
Merlin de Douai à Merlin de Thionville.
20 fiiiiiaii'e an 3' (16 déc).
Je t'ai écrit hier, mon brave ami, pour te faire pari de nouveaux sujets d'espérance d'une paix prochaine avec hi Prusse, que nous fournissait une lettre de Bâcher du 1 9 .
Hier soir, nous avons reçu des dépêches d'Altona près de Hambourg, qui, en nous transmettant tous les on dit de l'Allemagne, nous laissent à craindre que le roi de Prusse ne soit pas de bonne foi dans ses démarches, crainte que nous avons toujours eue et qui nous a toujours fait tenir en garde contre sa diplomatie autant que contre son armée.
Ainsi, tu vois qu'il faut te battre de plus fort. Donne-nous bien vile Mayence, et alors nous verrons.
Tu sais que Lanjuinais, Isnard, Louvel, Doucet, etc., cherchent à rentrer dans le sein de la Convention nationale. On assure aussi que Pétion est de retour à Paris et que sa pétition est toute prête. On ma chargé, cette nuit, de proposer un décret portant qu'ils ne rentreront pas . mais qu'ils resteront à l'abri de toute poursuite. Je désire que ce projet de transaction passe sans bruit. Une discussion sur ces matières peut amener de très fâcheux résultats.
Adieu, mon cher ami , je t'embrasse de tout mon cœur.
MERLIN (d. D.).
Les représentants du peuple près les arme'es devant Luxembourg, Manheim et Mayence, aux habitants des pays conquis.
29 frimaire an 3 (19 déc).
Vous êtes prévenus que l'agence d'évacuation est supprimée ; que si vous continuez à vivre de bonne intelligence avec les soldais français, vous jouirez, sous la protection de la loi et de la Convention nationale, de vos propriétés, de la sûreté de vos personnes et de la liberté. On n'exigera de vous, et en payant, que les denrées qui nevous sont pas absolument nécessaires et qui doivent contribuer à nourrir les armées. C'est à vous à montrer voire dévouement par voire soumission et par votre exactitude à obéir aux réquisitions (jui vous seront faites légalement. La moindre insubordination, la moindre résistance seront regardées comme une révolte contre l'aulorilé de la république triomphante.
Ayez confiance en nous , adressez-nous vos plaintes ; nous redresserons les abus; nous jiunirons sévèrement les malversations. Vous trouverez juslice près de nous à tous les instants du jour.
Paix et fraternité aux amis de la république ; haine implacable à ses ennemis.
MERLIN de Thionville, rÉItALU.
Merlin de Douai à Merlin de Thionville.
Paris, 30 frimaire, l'an 3* de la Rép. franc. (20 déc).
Tu verras, mon cher ami, par la lettre que le Comité t'adresse aujourd'hui, quelles sont nos craintes sur le siège de Mayence (1). Je ne te dirai rien de plus sur ce point; mais j'insisterai principalement sur le parti que lu dois tirer de la conversion du siège en blocus, dans le cas où cette conversion serait décidée dans ton conseil de guerre. Ce parti, tu le sons, doit être entièrement politique; il doit consister à faire croire à Mollcndorf que c'est sa lettre à Meyensenck, du 22 novembre 1794 (17 frimaire) , le ton positif qui y règne d'un bout à l'autre, et la confiance qu'elle a inspirée au Comité de salut public , qui ont déterminé la cessation des opérations du siège, et qu'il doit voir dans notre mesure une preuve éclatante de nos dispositions à traiter.
Ce qu'il importe surtout do lui faire entendre, c'est que le Comité de salut public a, depuis la réception de la copie de la lettre de Mollendorf que je viens de citer, autorisé ou chargé les représentants du peuple près les armées de la Moselle et du Rhin, de prendre le parti dont il est question et d'en donner connaissance au général prussien.
Euge! Euge! mon brave ami ! soit que tu prennes Mayence, soit que, réduit à l'impossibilité de le prendre sans danger imminent, tu négocies de la manière qui t'est indiquée , la république t'aura toujours d'immenses obligations.
Adieu; embrasse pour moi mon fils et fais-le bien travailler, bien battre et bien jargonner l'allemand. Je t'embrasse de tout mon cœur.
MERLIN (d. D.).
Réponse à la proposition de MM. les représentants du peuple français et, MM. les généraux de l'armée française.
Manhcini, du 24 derembre, à 9 lieures du soir, 179 i (i nivôse an 3).
Nous connaissons vos moyens, messieurs, et nous sommes convaincus que vous n'avez, pour nous réduire, ni quarante mille hommes, ni cent cinquante bouches à feu. Il vous reste, messieurs, à apprendre à connaître
(1) Je n'ai malheureusement pu retrouver la lettre du Comité dont il s'agit.
les nôtres ; ils vous prouveront que nous ne sommes pas dans le cas de nous soumettre à vos lois. L'humanité seule peut nous dicter des condescendances pour les habitants de .Manlieim,dont la résignation mérite notre admiration et exige notre attention.
C'est à elle, messieurs, que, quoique convaincus de l'insuffisance de vos moyens, vous devez la capitulation que nous vous proposons.
Nous rendrons le fort de ^lanheim et ses ouvrages avancés aux conditions suivantes :
1» D'en retirer la garnison autrichienne et palatine, ainsi que l'artillerie, les munitions de bouche et de guerre, et tout ce qui appartient à S. M. l'empereur et à S. A. El. palatine, et d'avoir le temps nécessaire à l'évacuation avant lequel les troupes françaises n'en prendront point possession .
2° Qu'après avoir employé les bateaux nécessaires pour le transport susdit , tous les bateaux et navires quelconques seront retirés sur la rive droite du Rhin.
3" Que la ville de Manheim ne sera point bombardée durant toute la guerre du côté de la rive gauche du Rhin.
4° Que les troupes françaises démoliront les ouvrages faits devant le fort de jNIanheim, et que les troupes palatines démoliront le fort et les ouvrages avancés sans ôtre inquiétées.
Toute autre proposition n'étant point relative au fort de Manheim et à ses ouvrages avancés ne saurait être admissible.
Lo comniandiiiU goiiéral, coiiimaiulaiil les troupes Je S. M. l'empereur, à Maiilieim et environs,
Comte DE VAPiTENSLEBEN, général d'infanterie.
Le gouverneur de Manheim, pour S. A. S. El. palatine,
DE BELDEUBUSCH.
On voit que cette capilulation ne fut pas acceptée. Le fort du Uliiii fat canoiiné et bombardé, et se rendit aux conditions voulues par les Français.
Merlin de Thionville, etc., au Comité de salut public. — Ile flexions du général Klcbcr sur Icdcfjcdc Mayencc, en date du 4 nivôse an 3 (2i déc).
La France entière a les yeux lixés sur Mayence ; elle regarde la prise d'une place (lui doit enlever à ses ennemis le seul point qui leur reste sur la rive gauche du llhin comme une o|K';ration digne de loiu-ounor la brillante campagne (pii! nous venons de terminer. Accoutumée depuis longtemps à voir tous les obstacles cédera la valeur do ses soldats, le projet
du siège Ta d'autant plus flattée que cette conquête serait aussi glorieuse qu'utile à la république.
Mais l'enthousiasme n'a-t-il pas eu trop d'influence dans le parti pris de tenter sur-le-champ une entreprise de celte importance, et les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons permettent-elles d'en espérer quelque succès?
Tout militaire qui réfléchira sur le siège de Mayence et voudra comparer les moyens d'attaque et de défense sentira facilement que la réussite de cette opération doit être liée à un plan de campagne d'outre-Rhin.
Celte place, excellente par sa position, son tracé, el le matériel de ses ouvrages, peut être rangée parmi celles du premier ordre. La nature de ses fortifications, bien flanquées à leurs extrémités par les batteries nombreuses des îles du Rhin au pouvoir de l'ennemi, la met parfaitement à l'abri d'une attaque de vive force. Son grand développement, presque partout également fort, exigeant de la part de l'assiégé une garnison nombreuse, nécessite de la part de l'assiégeant une armée considérable et un grand concours de moyens ; et lors même qu'ils seront en nos mains, ils ne pourront être employés sans un extrême danger de les compromettre, tant que la place ne sera investie que sur la rive gauche du Rhin ; car rien n'empêchera l'ennemi de recevoir à chaque instant et à son gré de nouvelles forces de l'armée campée sous ses murs.
Les puissances coalisées n'ayant plus que celle place sur la rive gauche du Rhin, d'où elles puissent nous menacer d'un retour offensif sur nos conquêtes, ou nous tenir en échec, tandis qu'elles chercheraient à effectuer une invasion dans le haut Rhin, mettront à la défendre une opiniâtreté et des efforts extraordinaires.
Pour avoir de justes données sur les difficultés de ce siège, il suffira : 4* de lui comparer celui que les Français ont soutenu dans Mayence il y a dix-huit mois ; 2" d'examiner nos besoins et nos moyens actuels pour une opération aussi intéressante.
L'ennemi, vainqueur des armées de la Moselle el du Rhin, qu'il avait repoussées jusqu'au delà de Landau et de Bitche, avait sur la rive gauche de ce dernier fleuve une armée de soixante mille hommes, et sur la rive droite un corps de troupes à peu prés égal à la garnison de la place. Cent quatre-vingts bouches à feu en batterie lui servaient, tani pour attaquer que pour incendier la ville ; il avait toutes les ressources du pays pour se fournir des bois nécessaires soit aux ouvrages des mines et batteries, soit aux fascinages et gabionnages; le Mein conduisait jusqu'à deux lieues de la place son artillerie et tous les objets d'un lourd transport ; les vivres et les fourrages abondaient dans le pays : ajoutez à tous ces avantages celui de commencer cette opération dans la saison la plus favorable.
Quel contraste ne présente pas notre position actuelle? Nous sommes au milieu de l'hiver dans un pays entièrement épuisé.
CORRESP. iO
U6 CORRESPONDANCE 01' FICIELLl-.
L'armée de siège, tout récemment formée de quelques divisions des armées du Rhin et de la Moselle, n'a point encore d'administration bien organisée en état de pourvoir à ses besoins ; le service des subsistances y est mal assuré ; les vivres y manquent souvent ; la disette absolue des fourrages y occasionne la perte journalière d'un très grand nombre de chevaux.
Elle n'a ni équipage de siège, ni moyens d'alimenter les chevaux qui seront indispensablement nécessaires pour le former.
Elle ne peut attendre son :irtillerie, ses vivres et fourrages que de l'intérieur. Une partie seulement peut lui arriver par la Moselle jusqu'à dixhuit ou vingt lieues de Mayence. Mais il n'y a point encore d'établissement de charrois intermédiaire , et il ne peut avoir lieu qu'après celui do magasins capables de nourrir pendant le siège vingt-cinq mille chevaux de plus que ceux qui y sont actuellement.
Ce nombre a été fixé par les officiers d'artillerie, qui ont estimé que, pour assiéger Mayence, il fallait deux cents bouches à feu avec leur approvisionnement complet, dont un quart destiné à être mis en réserve , et le reste à lancer des incendiaires sur tous les points de la ville, ou à être dirigé sur deux attaques au moins, pour ne laisser d'abri dans l'intérieur ni à la garnison, ni à ses établissements militaires.
L'approvisionnement en poudre pour le service de l'artillerie et celui des mines doit se monter à sept cent milliers.
Celui en outils doit être de vingt-cinq mille. Il faudra une égale quantité de fascines, des gabions en proportion et quinze à vingt mille sacs à terre.
Les chevaux nécessaires pour le transport dos fascines et gabions qui ne pourront être fabriqués qu'à une distance très éloignée de la place, augmenteront encore le nombre de vingt-cinq mille demandés pour l'équipage de siège.
Considérons maintenant les obstacles qu'oppose au succès du siège l'excessive rigueur de la saison dans laquelle on veut l'entreprendre. La gelée rend la terre extrêmement difficile à remuer et le travail beaucoup moins solide (1). Les tranchées seront bien fatigantes et mal gardées; le service de surveillance, fort pénible, puisqu'il doit se faire sans feu, no répondra pas à l'importance de son but et compromettra les travaux et l'artillerie (2). Les neiges qui sont fréquentes et abondantes dans le pays peuvent d'un moment à l'autre combler les ouvrages et forcer les assiégeants à les abandonner.
(1) Les (liffiruUés qu'on éprouve aux Ir.ivaux do la simple lèle de ponl de Maidieiin peuvent faire pressentir celles qu'on aura à vaincre dans les grandes opérations autour de Mayence.
(2) On a vu au siège de Mai-striclil, dans une saison moins avancée, des soldais mourir de froid à la garde de la tranchée.
Si le dégel arrive, les chemins et les tranchées seront impraticables pour des transports aussi pesants que ceux de l'artillerie do siège, et la quantité de bois qu'il faudra employer pour pouvoir s'en servir augmentera beaucoup les travaux.
En outre des troupes d'infanterie employées dans la ligne de contrevallalion, il sera nécessaire de réunir deux bataillons de sapeurs destinés aux travaux de siège pour lesquels il faut une pratique suivie, et qui devront diriger les travailleurs qu'on sera forcé de prendre dans les autres corps.
Les approches de la place exigent encore deux compagnies de mineurs de cent hommes chacune, commandées par un chef instruit et expérimenté.
Ce tableau de nos besoins, de noire situation actuelle et de celle de l'ennemi, semble démontrer jusqu'à l'évidence que le siège de Mavence doit être lié. comme il a été dit plus haut, ii une expédition d'outre-Rhin qui ne pourra avoir lieu qu'à l'ouverture de la campagne, et que d'ici à ce temps, on pourra à peine réunir tous les moyens nécessaires au siège de cette place.
Il faut que l'ennemi . sur la rive droite du Rhin, soit repoussé par l'une des armées de la république qui aurait effectué son passage à Rheinsfeld ( I ).
L'armée agissante , après avoir remporté sur l'ennemi un avantage marquant, deviendrait alors armée d'observation, et le siège de Mayence entrerait dans la classe des opérations de cette nature.
Soixante mille hommes d'infanterie investiraient la place sur la rive gauche du Rhin, environ seize à dix-huit mille sur la rive droite contiendraient l'ennemi dans ses murs et l'empêcheraient de faire des incursions dans le pays pour se ravitailler.
Si l'on voulait au contraire continuer celte opération dans la saison actuelle, l'armée qui y est employée sera nécessairement hors d état de rendre aucun service dans la campagne prochaine.
Occupons-nous donc de nous mettre en mesure pour être en étal d'agir au printemps et nous assurer des succès à cette époque , car persister à vouloir prendre Mayence avec les moyens qui sont en notre pouvoir, sans que cette place soit investie à la rive droite du Rhin, et dans une saison aussi rigoureuse, ce n'est pas vouloir faire un sége, mais attaquer l'armée ennemie dans une position si favorable que toutes les chances sont en sa faveur.
Ces réflexions, que je soumets au Comité de salut public, ne sont pas seulement les miennes , elles sont plutôt le résultat des profondes nièdita-
(1) Rheinsfeld paraît être le lieu le plus convenable pour le passage du Rhin, afin de n'avoir point encore devant soi les rivières de la Lalin ou du Mein qui remouteiil dans l'Allemagne, presque parallèlement, dans un cours de plus de 20 lieues.
lions de tous les officiers éclairés qui m'entourent et qui doivent coopérer à faire réussir cette grande opération. 11 m'eût été plus doux de présenter la prise de Mayence comme très prochaine et très facile, l'impatience républicaine n'étant point accoutumée à rencontrer d'obstacles: mais ce serait trahir la confiance du gouvernement que de lui dérober le fidèle tableau de notre situation.
A Oberingcllieiiu, le i nivôse, 3" aimée de la Piqnihliiiue une et inilivisiblo.
Le général de division commandant le corps d'armée devant Mayence,
Signé : KLÉBER.
Sur la dislribiilinn des armées de la république actuellement sur la rive gauche du /?/i»n, pour agir offert sivement el défensivemcnt la campagne prochaine, en date du 17 nivôse an 3 [Gjanv.).
Des onze divisions de l'armée de Sambre-et-Meuse, quatre seraient réunies à celle du Nord qui se tiendrait en partie sur la défensive entre Niniègue et Cologne. Une partie seulement agirait offensivement sur la Hollande sans trop se hasarder.
Aux sept divisions restantes de l'armée de Sambre-et-Meuse seraient ajoutées deux divisions de l'armée de la Moselle, portées chacune à douze mille hommes, ce qui ferait une armée d'environ cciit huit mille hommes. Elle serait commandée par le général Jourdan et passerait le Rhin sur trois colonnes : la première au fort Vauban, la deuxième à Neufbrisach. et la troisième au-dessus de Huningue.
Le restant de l'armée de la Moselle serait réuni à l'armée du Rhin et ne formerait plus qu'iui seul et même corps avec elle, sous les ordres d'un seul chef Son objet serait de garder le Rhin depuis Huningue jusqu'à Cologne, et de bloquer Mayence sur la rive gauche du Rhin. Quelques divisions seraient sans cesse agissantes et menaceraient l'ennemi d'un passage dans le bas Rhin à la hauteur de Neuwied.
Quant aux opérations de l'armée qu'on jetterait outre-Rhin , elles sont tellement importantes qu'elles exigent la plus profonde méditation.
Il faut que le rassemblement des moyens relatifs à cette opération s'effectue dans le plus court délai possible, afin que nous puissions jtrévenir l'ennemi et dcjouer tous les projets qu'il aurait pu concevoir.
Les magasins en tout genre doivent surtout faire l'objet de la solliciludo du gouvernement.
Du fourrage, des chevaux, des chevaux et du fiiurragc!
Pour rn|iie coiifoniip ; MKISl.lN de Tliionville.
Ces rôncxions ne portent imint ii- nom de leur auteur; mais comme c'est immé- (lialoinonl à !.i ^u\lr, jiir le mimiHrrit, que Merlin place ses propres réflexions en
COIUILSI'ONDANCE U K F ICI ELL E. 149
disant qu'il les ajoute à celles du général Kléber, il ne me paraît pas douteux qu'elles ne soient, comme les précédentes, de cet illustre général.
J'ajoute aux rédexions du général de division Kléberque je ne jugerais pas possible de résister à l'armée ennemie devant Mayence si l'ennemi passait le Rhin sur la glace, à moins que I on ne formai un corps d observation considérable composé de divisions de l'armée de Sambre-et-Meuse; qu'alors encore je ne verrais pas de possibilité de nourrir tant de monde sur le même point, surtout les transports ne pouvant setiecluer convenablement, et je déclare au Comité de salut public, comme je le déclarerais à la Convention si je le pouvais sans danger pour mon pays, qu'il faut faire un armistice sur le Rhin, pendant lequel Luxembourg tombera et dont on emploiera l'intervalle à réorganiser tous les services de l'armée Je déclare encore au Comité que d'après l'état de détresse dans lequel se trouve la république relativement aux subsistances, chevaux, fourrages, etc., le moment est venu de faire une paix partielle. Cette paix débloquera la république et rouvrira les canaux du commerce qui, seuls, peuvent nous fournir les moyens de continuer une guerre glorieuse contre ceux qui ne nous demanderaient pas la paix. Le représentant du peuple, etc.
MEHLl.N de Tiiionville.
Le 11 nivôse, Merlin de Thionville avait convoqué chez lui un conseil de guerre composé des généraux Michaud, Kléber, Dorsner, général de division commandant l'arlillerie , Saint-Hillier, général de division commandant le génie, Bourcier, général de division, chef de l'élat-major général, etc. On y avait arrêté à l'unanimité les dispositions suivantes :
« 1" (jue vu la nécessité de tenir l'armée devant Mayence sur une défensive respectable jusqu'à l'arrivée des moyens de toute espèce dont il est nécessaire d'être pourvu avant de rien entreprendre, les ouvrages déjà faits seraient perfectionnés et entièrement achevés avec la plus grande activité.
» 2" Qu'il serait formé une seconde Ugne de contrevallation dont l'objet serait de présenter une résistance plus forte et une assurance plus grande, en même temps qu'elle serait un acheminement aux moyens offensifs, en cas d'agression trop forte de la part de l'ennemi.
1' Le conseil, en se décidant sur la nécessité de tenir l'année devant Mayence, a comparé les avantages de cette position aux désavantages sans nombre de la quitter ; car en supposant que les défenseurs de la patrie souffrissent beaucoup de la rigueur de la saison et du manque actuel des moyens d'y remédier facilement, il a senti qu'après avoir considéré la chose sous ses rapports politiques, la discipline et la subordination, peut-être même la santé des soldats, souffriraient davantage dans des cantonnements.
« En conséquence, il a été arrêté que l'on prendrait tous les moyens nécessaires pour mettre aussi le Rhin en état de défense, et par là, protéger l'armée dans sa position ; que l'on s'occuperait avec vigueur et suite à travailler aux gabions
et fascines, et à tous les ouvrages préparatoires ; que le représentant du peuple Merlin de Thionville serait invité à donner des ordres pour faire parvenir le plus tôt possible tous les eflets, tels que couvertures, capotes, etc., propres à faire supporter aux troupes la rigueur de la saison avec moins de peine, et pour accélérer le plus possible l'établissement de magasins de fourrage, de tranchées, et l'arrivée des moyens de toute espèce, nécessaires pour entreprendre avec succès les opérations sur Mayence. »
Le général Decaeu, dans son mémorial, donne de son côté quelques détails intéressants sur la position de l'armée :
(( On n'avait pas voulu avoir égard aux observations sur les rigueurs de l'iiiver, et sur les difllcuités qu'il y aurait, pendant sa durée, pour pouvoir alimenter plus de 30,000 honmies, ainsi que les nombreux clievaux d'artillerie, de cavalerie, etc., employés à former ce demi-blocus que le général Kléber, dans ses expressions triviales, mais éloquentes dans sa bouche, avait qualifié de blocus de son c... On n'avait pas non plus voulu avoir égard aux représentations de ce général en chef de faire prendre des quartiers d'hiver à son armée, ce qui l'avait déterminé à demander un congé pour raison de santé et lui avait fait dire: — Tant que M. Carnot sera sur le trône, je ne veux point commander d'armée.
» Lorsque j'arrivai à ce corps d'armée, il était réduit à moins des deux tiers par les maladies et la mort occasionnées par les rigueurs de la saison et les privations. Presque tous les chevaux de l'artillerie avaient péri. La solde était insignifiante, parce qu'on ne pouvait rien acheter avec ce papier dont un ne voulait pas dans le pays.
» On était obligé de faire escorter par de la cavalerie les caissons de pain pour les défendre du pillage des soldais affamés qui, par troupes et sans armes, allaient au-devant pour avoir du pain. Quand ils pouvaient réussir dans leurs entreprises et qu'ils étaient chargés par la cavalerie, ils rejetaient les pains qu'ils avaient enlevés, mais souvent après en avoir arraché avec leurs dents tout ce qu'il leur était possible d'y mordre.
» Nos chevaux étaient fort mal nourris. La ratiim était réduite à cinq livres de foin et huit livres de paille, et un tiers de boisseau d'avoine. Ces rations n'étant pas distribuées avec régularité, nous fûmes plusieurs fois obligés de leur donner une partie de notre pain. Dans cette dure situation, mes adjoints et moi nous avions vendu nos montres et tout ce que nous avions pu vendre pour ajouter à nos moyens de subsistance, ainsi qu'à ceux de nos domestiques, et pour faire ferrer nos chevaux. »
Je citerai aussi le passage suivant des mémoires de Oouvion Saint-Cyr :
« Aussitôt que la prise de Macstricht nous avait été connue, nous nous étions empressés de désigner au représentant Merlin de Thionville Kléber qui avait fait ce siège, comme celui qui nous paraissait avoir les plus grands droits d'entreprendre celui de Mayence, si les circonstances devenaient opportunes. Merlin avait demandé de suite ce cliangemenl d'armée au Comité de salut public, et Kléber vint de l'armée de Sambre-ct-Mcuse recevoir du général en chef Michaud le comiuaudcmcnt des divisions de la Moselle et du l'iliin qui prirent le nom d'armée devant Mayence. 11 arriva le 1" décembre. »
CORRESPONDANGE.OFFICII-LLE. V6\
le termine celle note par un billet de Kléber à Gouvion Saint-Cjr, eu date du 2 nivôse ;
0 Je suis parfaitement d'accord avec toi relativement à l'avis de l'officier déserteur, et si je n'avais, mon camarade, d'autres inquiétudes en ce moment que celles que me donne le prétendu passage du llhin, je dormirais bien tranquille ; mais nous nous trouvons dans une pénurie de fourrages telle, que je ne sais ce que va devenir noire cavalerie. Le service en ce moment n'est pas assuré pour vingtquatre heures. Vn miracle seul peut nous tirer de ce cruel embarras. Je te laisse toujours le maître, mon camarade, d'entreprendre ce que tu voudras sur les postes ennemis, pourvu que tes entreprises ne nous engagent point à une affaire générale et ne prennent point une tournure d'importance ; car nos chevaux d'artillerie et nos munitions ne pourraient y suffire.
Merlin de Thionville et Fi'taud au Comilé de salut public.
Ail quarlicr général à O^gcrslieim, le 5 nivùse, l'an 3* (le la Piép. une et ind. (25 déc).
Nous VOUS envoyons, clicrs collègues, par ladjudanl général Heudelet, la capitulation du fort du Rhin de Manheim.
Cette place importante, qui ne laisse plus un pied à 1 ennemi sur la rive gauche du Rhin entre Landau et Mayenco, et qui assure la prise de cette dernière place, est aujourd'hui, à midi , au pouvoir de la république, après douze heures d'une vive canonnade et d'un chaud bombardement. Nous allons en prendre possession.
Nous vous ferons passer le détail et le journal du siège quand nous en aurons plus le temps. Larmée tout entière a bien fait son devoir, malgré l'extrême rigueur de la saison (et brûle de compléter ses succès en remplissant le vœu national: « la rive gauche du Rhin pour limite à la république. » )
FÉRAUD, MERLIN de Thionville.
Les passages placés entre parenthèses ne se retrouvent pas dans la version insérée au UonHeur. Le Comité avait sans doute jugé utile de les supprimer.
Merlin de Thionville, etc., aux adminislratews du déparlement du Haut-Rhin.
G nivôse an 3 (20 déc).
D'après les rapports de l'agent principal des subsistances militaires et ceux du commissaire général de l'armée devant Mayence, vous paraissez vous refuser à amener à l'armée les farines qui existent dans les magasins
152 COHUESPONDANCE OFEICIELLE.
de la république de votre département. Je vous préviens que si, dans le délai le plus court, vous ne faites pas arriver toutes celles que l'on demandera aux gardes-magasins, qui vous préviendront d'avance, jo vous accuserai d'être la cause des malheurs qui peuvent résulter et résulteront nécessairement de votre peu de zèle pour le bonheur public. J'attends un prompt effet de cette dépèche ; si elle n'en produisait pas, je viendrais moi-même contre tous ceux dont la négligence ou le mauvais vouloir entraveraient les opérations de nos armées triomphantes.
MEP.LIN de Thionville.
MerUn, etc., aux administrateurs du département du lias-fihin.
C> nivôse an 3 (2fi déc).
D'après les rapports qui m'ont été faits par le commissaire ordonnateur de l'armée devant Mayence , vous vous refusez à faire arriver les farines destinées à l'armée. Je vous préviens, citoyens, que si. sous le plus bref délai , ces farines n'arrivent point, nous ne serons plus dans le cas de conserver nos avantages. Je serai alors forcé de prendre contre vous les mesures les plus rigoureuses. Je vous accuserai devant la Convention nationale d'être la cause des maux incalculables qui nous menacent.
Je ne vous écrirai plus; j'agirai.
MERLIN de Tliionvillo.
Le représentant du peuple Merlin de T liion ville , etc., au procureur général .syndic du département des Vosges.
Sans date (nivôse an 3).
Je connais et le décret du .i ventôse, et tous les arrêtés dont vous me parlez; mais je connais aussi et les besoins de l'armée et les moyens d'y subvenir. Il faut d'abord (jue le service soit assure, et puis raisonner ensuite, car les raisonnements ne font pas vivre l'armée; ils ne battent pas l'ennemi, et ne le contraignent pas à la paix. Ainsi, jusqu'à ce (|ue le service soit fait par la compagnie Lauchère ou autre vous voudrez bien ordonner (ju'il se fasse comme du coutume, conformément à mes précédents arrêtés et sans ruiner la république.
Je vous prie (le croire aux sentiments de fr.ilernité avec lesquels je suis votre dévoué concitoyen.
l.e r(-|Mfscnl:inl du pciiplej ulc, MKriLlN di- Tliinnvillf .
COURESPONDANCE OFFICIELLE. 4a3
Merlin de Douai à Merlin de Thionville.
" nivôse, i lieures du malin (27 dôc).
Tu dors, mon brave ami, au moins pour moi. Il y a un siècle que je n'ai reçu signe de vie de ta part. Écris-moi donc, ne fùl-ce qu'un mot. Gronde bien mon fils sur son silence. Sa mère et sa sœur s'ennuient fort de ne pas voir de ses lettres.
Je t'écris au milieu des discussions des trois comités sur les sept dénoncés par Lecointre. Je t'embrasse de tout mon cœur.
MERLIN (d. D.).
Il n'est peut-être pas inutile que tu saches que Bâcher nous a mandé le 30 frimaire, qu'à en juger par ce qu'il entendait, il y avait lieu de croire que la Prusse ne s'éloignerait pas de neutraliser Mayence. de manière à y mettre une garnison moitié française et moitié prussienne, jusqu'à la conclusion de la paix, époque à laquelle tout serait réglé définitivement. Nous n'avons point répondu à cette lettre parce que l'insinuation qu'elle contient n'a point de base officielle. Du reste, on n'est pas d'accord dans le comité sur le point de savoir si elle devrait être acceptée ou refusée. Nous attendons de Mollendorf une réponse à la proposition que nous avons faite de nous abandonner Mayence à la charge par nous de le carder comme ville neutre jusqu'à la paix. Tout ceci est pour toi.
Le Comité de salut public aux représentants du peuple près les armées de la Moselle et du Rhin.
Pari?, le 9 nivôse île l'an 3* (29 iléc.l.
Les réflexions, chers collègues, que nous a fait passer le général Kléber sur la situation de l'armée devant Mayence nous confirment dans la résolution de discontinuer l'attaque de cette place, dont nous vous avons fait part par un courrier extraordinaire. Nous pensons qu'en ce moment vos mesures définitives sont prises à ce sujet. Nous vous envoyons en conséquence le congé du brave général Kléber.
Nous vous invitons à presser l'attaque de la tète de pont de Manheim . Nous venons d'apprendre que le pont avait été rompu par les glaces. Nous devons croire, d'après cela, que la communication étant interceptée, le fort n'aura pu résister, et qu'il est probablement rendu ou qu'il le sera dans peu.
Les journaux vous auront instruits du rapport qui a été fait à la Convention sur le malheureux événement arrivé à l'arsenal de Landau. Salut et fraternité.
C.*lMBACÉRKS, c.\rnot, delm.vs, boissv, FOLRCKOV, MERLIN (d. D.), A. DUMONT.
Le général de division Kléber au représentant du peuple Merlin.
Olicritiijollicini, le 10 nivù<o, 3- année (30 dde. 9i).
Je suis bien déterminé, mon ami, à rester ici; mais tu trouveras bon qu'à commencer du 1 2, je prenne des bains et que je donne quelques soins a ma santé. Ton attachement pour moi me consolera toujours des maux et des ennuis que j'aurai à supporter.
Je désirerais bien ([ue tu pusses déterminer le général en chef Michaud à établir son quartier général à Worms ou dans les environs ; c'est là le centre de la totalité de son armée, et son poste plutôt qu'ici. Ma délicatesse souffrirait de le voir plus rapproché de moi; tu dois sentir le reste.
Je viens de parler à Martelière : il t'invite d'appeler Thierry le plus tôt possible et de le retenir près de toi. Dès qu'il sera arrivé, ils s'occuperont ensemble d'un plan d'administration calqué sur de nouvelles vues dans cette partie; ce plan fait et arrêté et Thierry restant près de toi , Martelière remplacerait Laserre, quoiqu'il m'ait observé que si l'infirmité de Thierry lui permettait de se livrer à un service aussi actif, celui-ci mériterait à tous égards la préférence sur lui.
Jefinvile aussi, mon ami, à remettre à demain matin le conseil de guerre; les idées sont plus déliées, plus nettes, le matin qu'après diner.
Envoie un courrier à Thierry et un autre au général en chef de l'armée du Nord pour avoir Vérine, et fais en sorte qu'il reste attaché au général Saint-Hillier, en remplacement de Clémencet qui, par sa faible santé, peut d'un moment à l'autre être hors d'état de continuer son service. Tout ceci entre nous. Salut et fraternité.
KLÉBER
N'oublie pas d'écrire à Mollendorf ainsi que nous en sommes convenus hier. J'irai te voir sitôt après dîner.
Kléber à Merlin.
dO nivûse an 3 (30 déc.}.
Lis cette demande : le général Argoud n'est pas un homme à envoyer en pourparler. 11 me semble qu'il faudrait dire au général prussien de venir ici, alin (juc nous puissions lui causer. Il pourrait effectuer son passage à Weinheim ou ailleurs.
KLliliER.
Copie de la lettre du général de brigade Argoud au général de division Desbureaux, datée de Mornbach, le 10 uivûse an 3.
Je te préviens, mon cher général , que le général prussien Riichel m'a envoyé ce matin à celle rive un officier de son état-majnr pour me demander une conférence, moi troisième, dans une des îles non occupées par eux, àl'effel de nous concerter sur des objets à nous intéressants. Le général ennemi demande (lue je veuille bien lui indiquer le jour et le lieu du rendez-vous. Je sais que la loi me défend des pourparlers avec eux; j'ai fait réponse que je t'en parlerais. Vois actuellement, mon camarade, ce (pie lu as à faire. Salul et fraternité.
Signé : ARGOl'U.
Le Comité de salut public aux représentants, etc.
Paris, le 11 nivôse de l'an 3- (31 eléc. 94).
Votre dernière lettre, chers collègues , nous rassure sur votre position devant Mayence, et le succès important que vous venez d'obtenir au fort de Manlieim est d'un heureux présage pour ce qui reste à faire. Le Comité de salut public approuve donc votre résolution , et il ne doute pas que l'enthousiasme que vous savez entretenir parmi nos braves défenseurs, l'habitude de la victoire et l'étonnementde nos ennemis, ne vous rendent bientôt maîtres de ce dernier point delà rive gauche du Rhin. De notre côté, nous ne négligerons rien pour subvenir aux besoins de l'armée, autant que le permettra l'exiguïté de nos ressources.
Nous vous envoyons les arrêtés par lesquels nous avons nommé chefs de brigade Sorbier et Heudelet dont vous avez distingué le zèle et le mérite.
Salut et fraternité.
DELMAS, CARNOT, BOISSY, DUBOIS-CRANCÉ, MERLIN (d. D.), PELET, FOL'RCROY, PRIEUR.
Le Comité de salut public au représentant du peuple Merlin de Thionville en mission près les armées de la Moselle et du Rhin.
Paris, le 14 nivôse an III de la Rép. (3 janv. 9^>).
Nous t'adressons, cher collègue, un rapport de la commission des relations extérieures, relatif aux otages de Pirmasens, détenus à Metz.
Tu verras par la copie qui y est jointe d'une lettre du major Meyenrinck
au secrétaire interprète Bâcher, (|iie le roi de Prusse prend un intérêt particulier au sort de ces otages.
Cette circonstance, rapprochée de la position actuelle où nous sommes vis-à-vis le cabinet de Berlin, peut déterminer ta décision en leur faveur. Mais il est important que tu t'assures, avant de les mettre en liberté, si les Prussiens no retiennent pas en otages des citoyens français. Dans ce cas, la mise en liberté de ceux-ci devrait être la condition préliminaire de la demande sur laquelle tu as à prononcer.
Tu voudras bien correspondre là-dessus avec Bâcher. Salut et fraternité.
CAMBACÉHÈS, MERLIN (il. D.), nL"BOIS-CR.\NCK, DELM.\S, GUVTON.
Merlin de Douai à Merlin de Thionville.
Paris, l.'i nivôse an 3 (4 janv.).
Bonjour, mon brave ami ; il y a longtemps que tu ne m'as rien dit. Comment te portes-tu donc? et comment va ton siège? Tu ferais un bien grand coup si tu pouvais le terminer sous peu de jours ; car je crains que Mayence n'entrave ou du moins ne fasse traîner nos négociations avec la Prusse. Si nous en étions maîtres, je parie que le traité serait signé dans dix jours. Tout, au surplus, va bien à cet égard. Le ministre plénipotentiaire de Berlin (Goltz) est arrive à Bàlo et nous y avons envoyé Barthélémy. Le secrétaire de légation Hasnier doit arriver ici au premier jour, en vertu d'une conmiission expresse de Frédéric qui le nomme? pour conlérer avec le Comitéde salut public, qui avait témoigné à Bâcher qu'il désirait cette conférence. Si tu as quelques bonnes idées sur ce projet de paix, communiqueles-moi. Le plus difficile, je crois, sera de trouver une forme qu\ puisse ne pas être désapprouvée j)ar nos virtuoses ; car, au fond., nous pouvons, par un partage bien concerté de l'Allemagne, faire une opération superbe et durable. Mais il faut, pour cela, mettre un peu la philosophie de côté; et j'ap[)rélien(le toujours qu'il n'y ait enrore parmi nous dos gens plus attachés au (jeiirc Immiiin qu'à leur patrie.
Adieu, mon brave ami, je t'embrasse de tout mon cœur. Je sors aujourd'hui du Comité de salut public.
il paraît que Féraud en veut à Bâcher. Je crois que c'est mal à propos. Bâcher a h; défaut d'être un peu commère. Il désire vivement la conclusion de la paix avec la Prusse, parce que c'est lui qui en a été, en quelque sorte, l'entremetteur. C'est alVain; de vanité. A cela près il va bien.
MKIILI.N (d. 1).).
CORRESPONDANCli: OFFICIELLE. 157
Michaud, gênerai en chef de l'artm'e du lihin, à Merlin, etc.
Au quartier général a Guiideisblum, le 1 4 nivùsc an 3 (3 janv'.er 95).
Je pars . citoyen représentant, pour aller parcourir la fronlière jusqu'au fort Vauban. Je verrai à Worms, en passant, la fêle qu'y donne ton collègue et à laquelle il m'a invité. Je pense que tu t'y seras rendu en droiture; mais comme mon inleni.ion n'est pas d'y figurer longtemps, je crois que nous ne nous y rencontrerons pas. J'ai reçu ta lettre ce matin ; je vais donner l'ordre à Vachot de se tenir prêt pour faire le 1 7 de ce' mois (ou le 6, vieux style) les mouvements que tu désires. Je pense que nous pourrions nous dispenser de tirer du canon à moins de nécessité, parce que lennemi ayant promis de ne pas tirer de ses batteries entre Worms et Rhinturckheim, ce serait le provoquer k ne plus tenir sa promesse.
Dis-moi si la réponse que j'ai faite au général Kléber est de ton goût. Je suis d'avis qu'il faut être battu ou obligé de courir au secours de quelque partie importante, pour faire des mouvements rétrogrades. Salut fraternel.