‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 31 sur 56 · CAVAIGNAC · texte numérisé non relu

CAVAIGNAC

Mille amitiés à Bréjard et à nos autres camarades. David vous embrasse tous.

Sorbier, chef de brigade du géine, au citoyen Merlin de Thionville, etc.

riL'inicrsliC'im, \oij florùal an 3* (14 mai).

Citoyen repkésentant,

Privé de l'avantage de te voir en passant devant Manheim , je n'ai pu conférer avec toi sur les idées que lu as communiquées à l'un de mes camarades pour la construction d'une batterie à boulels rouges. Je m'empresse, en conséquence, de l'en adresser le projet. Sa divergence lui donne le grand avantage de mettre sous son feu toute la ville de Manheim et de ne présenter à l'arlillerio ennemie qu'une assez petite surface pour être contre-battue.

Je te présente l'historique de l'expédition devant Manheim sur lequel lu as tant de droit par la grande influence que lu as eue sur la reddition. J'y joins mon mémoire sur Germersheim , ce point de frontière si mutilé. Je serais bien dallé qu'un instant de lecture volé à les grandes occupations lui méritât ton assentiment.

Salut et respect fraternel.

sor.DiER.

Le Comité de salut puhlic aux représentants du peuple en mission près l'armée du Rhin-et- Moselle.

Paris, le 25 floréal an 3* (14 mai).

Nous recevons dans ce moment, chers collègues, vos dépêches du 22.

Nous attendions depuis plusieurs jours vos observations et celles de Pichegru sur les nouvelles propositions du gouvernement prussien relatives à la ligne de neutralisation. Le retard qu'elles ont éprouvé nous détermina hier à prendre un parti définitif sur cette affaire. Barthélémy avait déjà envoyé plusieurs courriers pour réclamer notre réponse. La maison d'Autriche profitait de la non-publication de l'article relatif à la neutralisation pour agiter toutes les cours d'Allemagne et les engager à se réunir à elle , leur faisant apercevoir son alliance comme le seul moyen de salut. Plusieurs princes et Cercles qui avaient annoncé des dispositions pacifiques d'abord , paraissaient déjà se détacher de la Prusse. 11 fallait donc prendre un parti et ce parti devait être prompt.

Nous avons accepté ce nouveau traité, qui d'ailleurs contient les mêmes dispositions que le premier, à l'exception de celles relatives au passage sur le pays neutralisé. Nous avons regardé comme très peu important cette faculté de passage, et nous croyons qu'elle est plus à notre avantage qu'à celui de l'ennemi , en ce qu'il nous procure la faculté , après nous être emparés du duché de Berg , de marcher sur Francfort avec l'armée du Nord, et de faire sa jonction derrière Mayence avec l'armée du Rhin-et- Moselle ; ce que nous n'aurions pu faire s'il ne nous restait que le pays non neutralisé, situé sur les bords du Rhin, ce pays étant hérissé de rochers et de montagnes impraticables.

Il en résulte un autre avantage pour le siège même de Mayence , c'est d'être maîtres du cours du Mein et de pouvoir tirer par ce fleuve les subsistances que nous pouvons nous procurer dans le pays.

La difficulté dont vous parlez de vivre dans un pays neutre est encore commune a l'ennemi , et il est à espérer que nous trouverons facilement dos subsistances sur le simple crédit de la républicjue , comme cela se pratiquait dans le même pays pendant la guerre de Sept-Ans. Salut et fraternité.

Les membres du ConiiU' de s.ilut public :

CAMB.Vf.Kr.KS, Cil.LET, IiOlI.f.KT, HF.KERMON, K.\U.\LT, rOLUCnOV, TIIEII-IIAIU».

Le Comité de salut public aux représentants près l'armée du lîhin-et-Moselle.

Paris, 26 floréal (15 mai).

Nous avons reçu, citoyens, votre lettre du 17 de ce mois, ainsi que les deux arrt^tés et le plan d'exécution qui y était joint. Sans doute que si vous avez pris des mesures vigoureuses et extraordinaires pour assurer à nos armées leurs subsistances , c'est que vous y avez été contraints par la force des circonstances , qui, dans ce cas-là, sont toujours impérieuses, puisque c'est d'elles que dépendent non-seulement le sort des armées mais celui de la république. Dans cet état, vous pouvez penser que le Comité n'a pas délibéré un moment pour approuver les arrêtés que vous avez cru devoir prendre à cet égard ; et avec une exacte exécution , il est bien convaincu que l'approvisionnement des armées auprès desquelles vous êtes délégués sera assuré.

Quant à la demande que vous nous faites de vous faire passer de Paris deux des grandes voitures qui ont été construites pour le transport des malades et des blessés et que vous destinez au service des hôpitaux de Metz, le Comité a donné des ordres à la septième commission executive pour vous les expédier, et sans doute elles sont en route dans ce moment, si elles ne sont déjà arrivées.

Continuez, citoyens collègues , tous vos efforts; continuez de remplir tous les devoirs sacrés que votre caractère et votre constant amour pour la patrie vous imposent; que nos braves frères d'armes soient toujours l'objet de votre sollicitude, car en les servant, on sert son pays, puisqu'ils en sont les défenseurs et les soutiens. Salut et fraternité.

Les membres du Comité :

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