‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 38 sur 56 · SIÉYÈS · texte numérisé non relu

SIÉYÈS

Merlin de Thionvillc à Siéyès.

Sli-asbourg, le 10 messidor (4 juillet 95).

J'ai reçu ta lettre, mon cher camarade, et je pense absolument comme toi, avec tous ceux qui aiment vraiment leur patrie et sa gloire. Nous ne pouvons parler de paix les premiers , et pour en faire parler les autres, il faut encore les battre. C'est à quoi nous nous disposons ici ; et sois sûr que si nous ne réussissons pas, ce ne sera pas faute de bonne volonté et de courage.

Mais est-il bien possible que pendant que nous nous donnons tant de peine pour la patrie, des polissons, sous vos yeux, à votre barbe, corrompent impunément l'esprit public et fassent passer leurs poisons jusqu'au cœur de l'armée? Je t'adresse un Courrier universelq\iQ l'on envoie ici et qui fait un mal incroyable. Outre qu'il publie nos marches et nos mouvements, quoiqu'il ait même raconté comment sont disposées nos batteries sur Manheim, ce n'est pas encore en cela qu'il est le plus coupable: mais dégoûter le soldat, lui dire que nous combattons pour abandonner ensuite

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le terrain, voilà ce que l'on doit réprimer; dire encore que trois soldats s'occupent à Strasbourg de la fille de Capet et vouloir insinuer ses plaintes à l'armée, c'est vraiment d'une hardiesse inconcevable. Si j'étais à Paris, j'aurais déjà assommé le rédacteur.

Il est temps que vous fassiez arrêter ce journal, qui est adressé à Strasbourg et va par centaines à l'armée; il est temps que vous rempêchiez de partir de la grande poste et qu'il ne nous arrive plus. Que le pur patriotisme et la candeur républicaine demeurent parmi nous; sans ces vertus nous ne pouvons rien. Je t'embrasse bien cordialement.

MERLIN de Tliioiiville.

Jouherl à Merlin de TItionvillo, à Strasbourc/.

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