‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 40 sur 56 · GILLET · texte numérisé non relu

GILLET

Je trouve dans les papiers de Merlin une copie certifiée de la pièce dont il est question dans la lettre précédente ; la voici :

Le 18 messidor an 3 (0 juillet).

Le Comité de salut public, général, est très impatient de voir réaliser le grand projet du passage du Rhin, discuté et arrêté depuis plus de trois mois. La saison qui s'avance et tant d'autres motifs d'une importance décisive nous prescrivent le devoir d'activer votre zèle, pour hâter l'instant qui doit donner aux armes de la république un nouvel éclat, et forcer le plus opiniâtre de nos ennemis à écouter le cri de l'Europe qui lui demande la paix, et qui lui reproche son injustice et son orgueil. C'est à votre courage, à vos talents militaires et à vos lumières qu'est confiée cette belle et importante exécution ; c'est à notre vigilance et à notre sollicitude qu'il appartient de vous fournir tous les moyens secondaires, sans lesquels tous les vôtres seraient impuissants. C'est donc par ce concours nécessaire et indispensable que nous pouvons décider la campagne, qui a pris jusqu'à ce jour un caractère d'inactivité qui ne convient ni à notre position ni à notre impatience naturelle. Il faut enfin nous montrer ce que nous sommes ; il faut effrayer de nouveau nos ennemis, et obtenir par la crainte ce que nous ne pouvons espérer par la confiance.

C'est pour parvenir à ce but si désiré que le Comité vous charge de répondre eu marge, dans le plus court délai, aux questions ci-jointes. Vous en sentirez sûrement la nécessité, et vous y trouverez la preuve constante de la sollicitude du gouvernement à vous procurer tous les moyens de développer avec un nouveau succès votre zèle et vos talents.

Vous voudrez bien nous renvoyer par le courrier vos réponses aux différentes questions que nous vous proposons.— Signé Cambacércs,\)r.\ Aubry.Jean Debry, Louvet, Doissy, Gamon.

Questions à proposer :

1" Quel est l'effectif de vos forces actuelles en infanterie, cavalerie et artillerie ?

2" Quels sont vos moyens de subsistance en tous genres et pour combien de jours peuvent-ils alimenter l'armée?

3" Quels doivent être vos moyens de transport et quels sont-ils pour chaque service de l'armée ?

4» Le pays au delà du Rhin peut-il vous présenter des ressources en ce genre? Quelle en est l'étendue ?

5° Quels sont vos moyens de passage ? Vous étes-vous assuré de bateaux et pontons pour l'effectuer à la fois sur plusieurs points ?

6" Avez-vous en artillerie les moyens nécessaires pour protéger le passage et assurer la retraite, si les circonstances l'exigeaient ?

Vous ne devez apercevoir dans ces questions que le désir du Ciunité de satisfaire promptemcnl aux demandes que vous lui forez en conséquence. >'ous vous engageons à y répondre promptcment.

Merlin de Thionville, elc. Ordre à l'adjudanl général Decaen.

lliiniiigiic, le 22 nics>irlor an 3 (10 jnillcl).

Aller il Arishcim; s'y costumer comme Gobert l'enlondra; partir pour Rheinfelden par le chemin convenable à la cavalerie; reconnaître la position devant cette ville où l'on pourra couvrir quatre escadrons et deux pièces d'artillerie légère ; reconnaître la porte par laquelle on fondra dans la ville le sabre à la main ; ni'cnvoyer à Strasbourg cette reconnaissance par un courrier extraordinaire.

Commencer une autre reconnaissance par les gorges du Mont-Terrible; y trouver un chemin par lequel vingt mille hommes pourraient défiler avec le canon de campagne.

Il faut observer que s'il y avait çà et là des difficultés, on pourrait jeter des sapeurs en arant de la colonne ; mais il ne faut pas que ces difficultés puissent l'arrêter plus d'une heure.

Mettre dans ces opérations toute la promptitude possible et m'envoyer aussi au plus tôt la seconde reconnaissance.

MEHLIN, de Tliiniiville.

Le passage suivant du Mûniorial du gênerai Decaen fera comprendre la sigiiilication de cet ordre et des deux lettres à la suite :

« Quelques jours après, Merlin de Thionville me dit de partir pour Huniiigue où je devais l'atlcndre. Lorsqu'il y fut arrivé, il me lit part que l'armée entreprendrait sans doute un passage du lUiin dans la haute Alsace ; qu'il importerait, pour contribuer au succès, de se rendre maîtres de Rheinfelden par un coup de mai» et de s'emparer du pont sur le ileuve ; que je serais chargé de conduire cette opération, si je reconnaissais la possibilité qu'elle pût être entreprise. En conséquence, il me donna, le 22 messidor, l'ordre suivant (voy. ci-dessus).

>• Lorsque je fus arrivé à Arlsheini, le citoyen Gobert (fournisseur des bœufs pour l'armée du Utiin) me procura un habillement bourgeois. Il fut convenu entre nous que je passerais pour un employé à rextractioii des bœuTs. Je commençai mes reconnaissances dès le lendemain, et il vint avec moi. J'écrivis le :26 à Merlin de Thionville

» Merlin m'ayant fait dire que je le rejoindrais à Huninguc où il devait venir incessamment, lorsque je fus informé de son arrivée dans cette ville, j'y retournai avec Gobert et je lui remis la note précitée. Il me témoigna sa satisfaction de la manière dont j'avais rempli ma mission. »

L'adjudant gênerai Decaen à Merlin de Thionville.

. .\rlsliciiii, 2i> messidor (Il juillol).

Depuis mon arrivée, citoyen représentant, je n'ai pas cessé de parcourir le pa\s. .le joins à la présente le résultat. Il ne satisfera pas complètement

CORREbP. 15

vos intentions. Les difficultés sans nombre qui se présentent, la délicatesse de l'opération, tout enfin oblige à faire les plus scrupuleuses recherches. Cependant, d'après une découverte faite aujourd'hui et qui nous a procuré des renseignements , j'ose garantir que nous pourrons parvenir au but. Je crois que dans deux jours il me sera possible de nie rendre au principal endroit, ce ([ui jusqu'il ce moment n'a pu se faire; autrement on aurait tout compromis.

Le même au même.

ll)iJ., 5 tlicrmidur.

ie vous adresse, représentant, le rapport de la reconnaissance que j'ai faite avec le citoyen Gobert ; il n'a pas été possible défaire mieux. Enfin, tout considéré, je pourrais garantir la réussite de l'expédition, après toutefois que des personnes cpie vous désigneriez en auraient vérifié la possibilité.

Il m'aurait été possible d'aller a Rheinfelden; mais le retour était inquiétant, .le n'aurais pu le faire (ju'en courant les plus grands dangers qui n'auraient été d'aucun avantage pour la patrie.

Rheinfelden est extrêmement surveillé . tant les Autrichiens craignent le passage des espions. Mais les renseignements (pie j'ai eus sur ce poste et ceux que je suis à même de me procurer par une personne intelligente dont le citoyen Gobert m'a fait faire la connaissance, suffisent, pour ainsi dire, autant que si moi-même j'eusse visité le lieu.

.l'ai aussi fait la reconnaissance pour l'infanlcrie : je la joins k la présente.

Si vous jugeii que je ne suis plus utile ici, je vous prie de me taire écrire un mot afin que je me rende a Strasbourg. Croyez que mon zèle et mon dévouement pour la choae publique ne s'altéreront jamais.

L'adj. gén. DECAEN.

L'ambasiadcur de la rcpubtique françniae en Suisse au cit. Merlin de Thiuniitle, rei)rfseuta)it , etc.

Bille, le 2V iilessidiir ilc l'an 3" ilc la lU'p. fr. une et iiid. (12 jiiillcl). CiTOVr.N UKPllKâKNrANT,

Je vous rends grâces infinies d'avoir bien \nulu iiernicllre qu'on pêche pour moi sur la rive gauche du lUiiii ju.-^iiua liuiiinguc Je ne profilorai de cette faveur (iiraiitant (|u'iillc n'aura aucune espèce d'inconNénient.

J'ai instruit lo Comité de salut public do ce (|ui se passe ii Râle au sujet

CORKESPONDANCIi OFFICIELLE. 227

des émigrés officiers de larmée de Condé qui viennent ici. Comme ils s v lirésentcnl en uniforme et portant au bras un ruban sur lequel se trouve l'empreinte de trois fleurs de lys, j'avais obtenu de l'État qu'il proscrirait celte déroralion. il y mit de la bonne grâce pour nous et de la force contre les émigrés. On leur fixa un terme de dix jours au delà desquels on prononça que ceux qui se présenteraient avec ce ruban ne seraient pas admis dans la ville. 11 en fut donné communication au général autrichien Mêlas qui promit d'en faire part à Condé. en ajoutant qu'il ne doutait pas qu'il eût égard au vœu de MM. de Bàle.

Quinze jours après, une lettre assez sévère de ce même général Mêlas annon(;a à l'État de Bàle que l'armée de Condé étant à la solde de l'empereur, tout militaire au service de Sa Majesté impériale, quel que fût son uniforme, avait le droit d'être reçu dans la ville de Bàle ; qu'il espérait ([ue la détermination qui avait été jirise par le canton n'aurait aucun effet et que les magistrats se borneraient à faire observer aux militaires autrichiens les lois et la police du canton, s'ils s'en écartaient, en même temps que lui, général Mêlas, leur en imposerait le devoir de la manière la plus formelle.

Hue peut l'État de Bàle contre une semblable détermination , lorsque surtout les subsistances, qu'il tire uniquement de la Souabe. ne lui arrivent qu'à travers l'armée autrichienne?

Nous a\ons réformé nos lois contre les juifs : ils sont devenus citoyens français ; mais celles qui ont été décernées contre eux en Suisse depuis des temps très reculés y subsistent dans toute leur force, tant de la part du peuple que de la part des gouvernements. Les juifs le savent bien ; et au lieu de nous demander de chercher querelle à une nation voisine et amie pour la forcer de renoncer à des préventions invétérées et de révoquer des institutions injustes, mais légitimées, pour ainsi dire, par le temps, ils feraient beaucoup mieux de se présenter à la frontière avec le costume de citoyens français et de renoncer à celui qui rappelle toujours contre eux les anciens usages. Qu'ils se rasent et qu'ils se détachent des préjugés religieux qui les séparent du reste de la société, et ils seront assurés de ne plus éprouver en Suisse les humiliations auxquelles d'ailleurs leur morale contribue aussi a les exposer.

B.\RTHÉLEMY.

î'ichegru au Comik- de salul public.

Strasbuui'j, le iô messidor an 3* ^I3 juillcl).

Citoyens représentants, votre lettre du I S no m'est par\enue qu'hier avec la série do questions que vous me proposez et queje vous renvoie ci-

228 r.ORRESPOiNDANCli OFFICIELLE.

jointes avec mes réponses données, pour tout ce qui refïiirde le matériel , d'après celles du général d'artillerie el du commissaire ordonnateur en chef. Vous y verrez que, malgré le caractère inactif de la campagne jusqu'à ce moment, nous n'avons pu parvenir encore à rassembler les moyens nécessaires pour l'importante opération du passage du Rhin; ceux de transport surtout sont en retard et l'on ne peut se promettre d'en réunir suffisamment à un terme prochain. Si donc elle ne peut se différer jusqu'à leur complète réunion, on ne pourra la tenter que sur les points où les équipages de pont peuvent arriver sans sortir do l'eau ; les environs de Strasbourg offrent seuls cette facilité, la rivière d'Ill et un canal viennent y prendre les bateaux et agrès.

Dans votre lettre du 6, citoyens représentants, vous m'avez parlé du point de Rheinfclden et vous m'avez demandé : 1'' Si cette ville peut être enlevée d'un coup de main? 2" S'il est possible de faire approcher de la partie de notre frontière qui en est la plus voisine un corps de vingt à vingt-cinq mille hommes, sans donner trop à deviner nos projets? 11 résulte des renseignements (lue j'ai pris que l'on peut répondre affirmativement sur ces deux questions, et qu'il serait facile de faire prendn' le change à l'ennemi, en accréditant beaucoup le bruit d'un passage à Huningue, par des préparatifs offensifs. Reste à considérer la violation du territoire suisse dont nous aurions à traverser environ trois lieues: je ne pense pas que nous pourrions nous en justifier sur ce que l'évèque de Bàle y prêta passage aux troupes autrichiennes, lorsqu'on 1791 il les appela dans le Porentruy. parce qu'alors elles agissaient pour lui et n'avaient point pour objet d'envahir le territoire d'un tiers, mais seulement de défendre celui des princesévèques ( ce dernier membre de phrase raturé).

C'est à votre sagesse, citoyens représentants, à peser ces considérations ; et dans le cas où vous ne voudriez pas froisser la bonne intelligence avec les cantons, ni fournir prétexte aux ennemis de profiter eux-mêmes de ce territoire, il faut, pour nous mettre en état d'exécuter le passage, augmenter nos moyens de transport ot (■ouq)létcr ceux au moins d'un équipage de pont. (Juelquc parti que vous adoptiez, citoyens représentants, je dois vous assurer (]ue les lroiq)es sont dans do bonnes dispositions el attendent avec inq)atience le signal d'aborder la rive droite du Rhin, nonseulement pour y porter les armes triomphantes de la république, mais aussi dans la vue d'améliorer leur situation (pie le discrédit absolu des assignats dans ces contrées-ci rend fort désagréable.

Le dernier tiail de celle lellrc estasse/. i'ai;i(l(;Ti.-<li(me. (hi voit d'ailleurs assez cluircmciil dans tout son ciiscniblc le parli pris de faire échouer toute oi>énilioii au delà du Hliiii. Il est diflicilc de concevoir que le Couiité de salut |iublic n'ail conçu aucuu souiiçon, cl (ju'il ail iicrsislc à donner laisou à Piclicgru contre

Merlin, ainsi (in'on le voit dans une de se» lettres à celui-ci. Je crois qu'en considérant la situation respective des armées, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'idée de Merlin, développée par les explorations de Decaen, avait beaucoup de fond et offrait une solution inattendue.

L'original de cette curieuse lettre est le brouillon même de l'iclicgru, écril et raturé de sa main. Comment élait-il tombé entre les mains de Merlin? On devine sans peine qu'il forme témoignage de la stricte surveillance que Merlin faisait exercer sur le général jusque dans l'intimité de son cabinet.

Le baron de Ilardenberg, etc., à Merlin de Thionville.

A Manlieiiii, le si de juillet 170.") (f' tliiTniiJnr an 3i. ClTOYEX REPRlisENTAVr DC PEUPLE FRANÇ.XIS .

Vous êtes sans doute informé de la résolution formelle prise par la diète de Ratisbonne de réclamer l'intervention de S. M. le roi de Prusse, à l'effet d'une prompte pacilication entre l'Empire germanique et la France. Le roi s'en charge avec empressement, et je saisis l'occasion que me fournit, à mon passage dans cette ville, la proximité de vos avant-postes, pour vous prévenir que je vais incessamment faire à Bàle des ouvertures en conséquence. Je me flatte que vous verrez avec plaisir la perspective prochaine de voir les bienfaits de la paix reprendre pour les deux nations la place des malheurs de la guerre qui les désolent, et que cette nouvelle contribuera à faire suspendre toute hostilité contre les membres du corps germanique dans un moment où les négociations vont être entamées.

J'ai reçu avec beaucoup de reconnaissance la lettre que vous avez bien voulu m'adresser pour m'annoncer la prise de Luxembourg, et vous prie d'excuser le délai de ma réponse en faveur de mon éloignement et des courses que j'ai été obligé défaire.

Agréez le témoignage de ma considération très distinguée.

HARDENBERG, ministro d'Elat de S. M, le roi de Prusse.

Merlin de Douai à Merlin de Tliionville,

Pari», 8 tliermidor -m 3 do h P.c'p. (2G juillet).

Tu es parti comme un éclair, mon ami. et je n'ai pas eu le plaisir de causer avec toi . Si c'est pour frapper plus vite quelque grand coup au delà du Rhin, je n'ai pas à me plaindre, car je désire bien que tu ailles en avant. Si le

Rhin eût élé passé plus loi, nous aurions occupé la très grande partie des forces autrichiennes, et probablement, par là, nous aurions prévenu nos malheureux échecs en Italie. En vérité, je suis quelquefois tenté de croire que le Comité de salut public a dans son sein un homme qui a médité, préparé et juré la contre-révolution (je ne suis cependant pas soupçonneux par caractère). Heureusement, cet homme ne sera plus rien dans sept jours. Dieu veuille qu'il .soit remplacé par un plus capable ou mieux disposé que lui !

Je te prie de gronder mon fils de ce qu'il no m'écrit pas. Je t'embrasse de tout mon cœur.

MERLIN (.1. ]).)

« Dans la séance du 15 thermidor, la Convention a procédé au renouvellement par quart du Comité de saUit public. Les membres sortants sont Tallien, Aubry, Trcilliard et Cambacérès. )) [Monileur du 16 thermidor.)

Je ne doute pas que les soupçons de Merlin de Douai ne fussent relatifs à .Auln y, et il est à croire qu'ils n'étaient pas mal fondés. Aubry était un officier d'artillerie qui, ainsi qu'on le voit dans une autre lettre de Merlin de Douai, n'avait pas, à l'exemple de Carnot, oublié dans ses hautes fonctions le soin de son avanconii'nt. S'étant lié ouvertement au\ intrigues royalistes sous le Directoire, il fut déporlé à Cayenne après le 18 fructidor, s'échappa, et mourut misérablement à Demerary, âgé d'environ cinquante ans.

Merlin de Douai à Merlin de Thionrille.

Paris, 17 llKM'midor .in 3 do la Rép. (4 aoùl).

Je t'envoie, mon bon ami, une lettre d'un jeune homme très méritant, écrite à notre collègue Becker. Vois si tu peux faire quelque cliose pour lui.

Je suis rentré au Comité de salut public , et, pour mes vieux péchés, on m'en a fait président. Je ne suis cependant pas attaché aux relations extérieures. On m'a chargé delà guerre de Vendée et dos chouans.

Sans doute que tu le disposes à passer le Rhin sous peu de jours. Il est temps de frapper un grand coup afin d'amener promptemenl une paix générale , chose si nécessaire au salut de la république.

Je l'embrasse, mon cher ami, de tout mon cœur.

Merlin de Thiouvillc nu fic'nc'ral LielicrI, chef de l'étal-major de l'armée.

Slraslioiirjî, le 17 IlitTiniilrtr an 3* (V aoùi).

Je vous prie de ne jamais suspendre l'elfel des arrcMés (jue je prends. sous prétexte qu'ils no sont pas ratifiés par le Comité de salut public.

attendu que les pouvoirs qui me sont attribués près l'année ne peuvent être restreints par le gouvernement qu'autant qu'il le jugerait convenable; et alors ce serait directement à moi ([u'il s'adresserait pour me faire ses observations.

La dissémination des dépôls de cavalerie, les déprédations qui en résultent , l'impossibilité de réformer les hommes peu propres au service do cette arme, toutes ces considérations m'ont engagé à prendre les mesures dont il s'aiiit. Vous voudrez donc, au reçu de cette lettre, seconder le citoyen Testu dans l'exécution de mon arrêté.

MERLIN (le Tli.

Le général en chef aux ciloyens Merlin de Tliionville et Hivaiul, elc.

Au (iiiaiiier j;('niVnl îi IllKirili, lo 10 llieniiidor .in ,1' (Ti aoùl).

Lo général Porsner vient de m'envoyer, citoyens représentanls, copie de l'arrêté que vous lui avez donné pour le désarmement de la place et citadelle de Strasbourg. Étant personnellement chargé de la défense et de la sûreté des places comprises dans l'arrondissement delarmée, le désarmement total de celle de Strasbourg pouvant la compromettre dans les circonstances présentes , je ne puis me dispenser de vous faire des observations à cet égard et de vous demander une pièce propre à garantir ma responsabilité. Salut fraternel.

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