DES.\I
240 CORRESPONDANCE OFEICIELLE.
Merlin au général Liebcrt , chef de Vétat-major général de Varmée du Rhin-
el-Moselle.
SliMslioiirg', 1p 18 fnicliddP, 3* iiiiiit'C', cic. (i se|il.).
Je vois tous les jours des volontaires nian(iuant (riiabils, de bas et de souliers. Ce ne peut être que de la faute des conseils d'acJniinislration. Or, d'après l'urgence certifiée par les généraux de division et sur le visa du commissaire ordonnateur en chef, à la vue des livrets des demi-brigades.- ils peuvent obtenir tous les edéts d'habillement et d'équipement (jui nuin(]uent aux bataillons. Ainsi, rien ne les excuse quand les volontaires manquent des effets les plus nécessaires. Vous voudrez donc bien en prévenir les conseils d'administration et quartiers-maîtres, afin qu'ils n'en ignorent.
MEIlMN (lo Th.
Merlin de ThionviUe au Coniitc de salut puUic.
Sirasboiirj, lo 19 fruclii.Ior ;iii 3' (5 scpl.'i.
Je vous renvoie, citoyens collègues, l'agent général Dumas qui vous dira lui-même quel est l'état dans lequel vous nous lais.-ez : sans fonds. Vous nous en annoncez beaucoup ; mais rien n'arrive, et je crains (pie ces fonds ne viennent trop tard ou qu'eniin l'on ne veuille plc^ d'assignats. Ils sont ici à 40 sols. Hatez-vous, cependant, d'en faire arriver, et au moins 200 millions, si vous voulez que l'armée vive.
Tout à l'heure les représentants du peuple à l'armée vont rentrer: faudra-t-il attendre les décisions de Paris pour faire vivre, habiller, entretenir l'armée et veiller à tous ses besoins ?. . . Je crois que vous devez, dès cet instant, donner grande latitude aux commissaires généraux des armées. les choisir honnêtes, et vous en rapporter beaucou]) a eux pour le matériel.
Le citoyen Dumas, auquel je vous prie de donner un quait d'heure, vous expliquera ce que je ne saurais vous dire que dans un très long mémoire.
Je pense vous envoyer dans deux jours l'acceptation do l'acte constitutionnel par l'armée. Je puis aussi presque vous assurer que les choses iront bien dans les départements du Rhin et de la Moselle.
Mi:r,LI.N itc Th.
Les militaires de la !>' divi^^im aux représentants Merlin de Thiminllc et lUvaud. *
Ail i|ii,irliii- jrc'n. r.il à lioMlnvoot^i, le 19 fiuili.ldr, 1 .in 3" (.'> «•epl.).
Oui, représentants (lu |)fiqtli\ nous racreplons rello constitution, objet do tous nos Vieux et récompense de nus travaux : oui. nous l'avons acce|)tce pour toujours.
COKKKSl'ONUANCli 0 l- F ICI LLLK. 244
tlle sera sacrée pour nous ; nous la respecterons. Pour nous elle est l'œuvre le plus parfait sorli de la main des hommes.
Enfantée par la raison , épurée par l'expérience, consacrée par nos vœux, malheur à celui qui y porterait atteinte; car nous voulons tous qu'elle soit respectée.
Celle volonté, la première et la dernière que nous énonçons, émane de nos cœurs et de nos principes , mais si fortement que rien ne peut l'affaiblir.
Unis, serrés l'un contre l'autre, cramponnés, pour ainsi dire, à cette arche sainte, convaincus qu'en elle seule résident notre bonheur et le salut de notre patrie , tous, oui, tous, nous jurons de la soutenir et de la défendre jusqu'à la dernière goutte de notre sang contre n-^s ennemis, qui seront toujours ceux de la liberté et de la république.
Suivent Us signalufes.
Le gcneral de division commandant la 5" division aux représentants du peuple Merlin de Thionville et Rivaud.
Au quartier général à Rcsflnvoogli, le 20 frucliiior an 3 (C se('t.).
C'est devant le fort Vaui)an. en face de l'ennemi, dans le champ de Mars devenu pour nous une assemblée primaire, que tous mes frères d'armes de cette partie de la o" division ont accepté la constitution et ont arrêté la réponse à votre adresse, qu'ils me chargent de vous transmettre.
La Convention ne s'est point trompée, représentants du peuple; c'est bien dans les camps, c'est dans nos cœurs, je dois le dire, c'est là, dans toute sa pureté, qu'est le foyer du feu sacré de la Hberté, Ce même feu qui, en 89. renversa la Bastille, n'a cessé dy brûler et de s'y confondre avec l'amour pour la patrie et le respect pour ses décrets.
Non, citoyens représentants, non, jamais vote n'aura été émis avec plus de recueillement, de liberté et de franchise. J'en appelle à deux mille témoins. C'est autour d'un feu de joie, sur deux tambours, devenus pour nous l'autel le plus sacré, le plus inviolable, que nous venons de contracter cet engagement, et ce ne sera pas en vain ; nous sonnnes gens de parole.
BE.\UPUIS, général de division.
Merlin de Thionville au Comité de salut public.
Strasbourg, le 21 fructidor an 3* (7 sept.).
Je reçois aujourd'hui , 21 fructidor, votre lettre du 13. Elle a d'autant plus lieu de me surprendre que les caisses sont à sec, que l'on doit
CORRESf. ib
300 millions cl qu'il n'arrive rien. Vous pouvez bien avoir envové ii la date (lu 29 messidor 100,000 livres en numéraire, le 7 fructidor 100 autres mille livres, et le 30 thermidor 99.!).'i0,000 livres en assignats. Mais il est un fait aussi constant, c'est qu'il n'est arrivé depuis le premier de ce mois (juc ce ([ue vous verrez porté au recto de l'état du payeur, et qu'il nous faut dans le plus court délai la somme portée au verso dudit état, le tout, sans compter le numéraire nécessaire pour la solde des troupes.
Nos embarras, vous le voyez, ne sont pas de peu de conséquence : de combien ne se sont-ils pas augmentés depuis une belle lettre delà trésorerie f|ui défend de payer les fournisseurs et aux agents de tirer sur les payeurs?
.le reçois aujourd'hui à sept heures du soir, par le courrier que vous nous avez dépêché, votre arrêté relatif à la suppression de la commission de commerce. Dieu merci ! elle ne fera plus sottises sur sottises, sans consulter personne, sans prendre des renseignements près de ceux qui sont sur les lieux, et en passant à Paris des marches à des prix au-dessus de ceux que l'on pouvait avoir dans les départements. Cependant il faut tenir à quelque chose. Pour nourrir l'armée, il faut payer ce que l'on doit et avoir de quoi payer ce qui sera livré. Faites donc dépêcher par la trésorerie les 99.2.'30,000 livres assignats annoncées dès le 29 thermidor pour la partie des fourrages. Si nous avions eu seulement 30 millions, nous aurions des avoines en quantité et nos chevaux ne seraient pas réduits au quart d'avoine, ce qui les fait dépérir à vue d'œil. J'ai chargé l'agent Dumas de vous faire ces observations : j'espère qu'il s'en acquittera.
Je joins à ma lettre l'état des besoins de l'agent général des fourrages à Strasbourg, pour aller jusqu'au 1 5 vendémiaire. Je vous joins de même l'état de ce qui est dû dans celte partie; vous trouverez aussi l'état de ce qui est dû pour les grains et de ce qu'il faut jusqu'au 15 vendémiaire. Je vous enverrai par le plus prochain courrier les étals des besoins des autres sections.
Nous nous conformerons à votre arrêté du ! 6 de ce mois, art. 5 ; nous ne changerons rien à ce qui existe, et nous attendrons à cet égard votre décision. Mais il est impossible que nous permettions (jue la trésorerie de l'armée se conforme à la lettre qu'elle a reçue des commissaires de la trésorerie nationale qui lui défend de payer aucun service. La chose essentielle est de faire vivre l'armée, et nous ne le pourrions pendant quatre jours, si la trésorerie cessait ses paiements. Ainsi, nous nous voyons forcés d'ordonner au payeur de l'armée de les continuer. Mais, au lieu do remettre les fonds à la disposition des agents en chef, nous chargerons la trésorerie de solder elle-même les fournisseurs et de recevoir directement leurs quittances.
Vous verrez par la copie de l'arrêté que j'ai pris pour faire approvisionner les places du Haut-Rhin que j'avais présumé vos intentions, en ordonnant aux départements du Haut cl du Bas-Rhin de faire approvi-
sionner ces places p;ir la rentrée de la contribulion en nature. Envoyezmoi votre arrêté et comptez qu'il sera exécuté.
Répondez-moi de suite si vous approuvez la conduite que je tiens à l'égard du payeur; et, je vous le répète, que l'on ne mette aucune négligence dans l'envoi des fonds.
MERLIN de Thionville.
lieubell à Merlin de Thionville.
22 fiuclidoi- an 3 de la Rôp. fr. (8 sept.).
J'ai reçu ce malin, mon cher camarade, ta lettre du 20, et je te réponds d'abord que ton paquet renfermant des exemplaires de la constitution, que tu dois m'avoir expédié le 17, ne m'est pas encore parvenu. Il aura été adressé à Huningue, comme un autre paquet ne contenant que des copies de votre lettre à Pichegru l'avait été.
Je ne sais pas encore si la constitution a été acceptée par la partie de l'armée commandée par le général Desaix. Je n'ai pas eu une syllabe de lui depuis la première lettre dont je t'ai envoyé copie.
Les royalistes s'entendent d'un bout de la république à l'autre. A Strasbourg, ils réclament contre le décret des Cinq-Cents, et dans quelques communes de campagne de nos environs, ils demandent tout uniment le rétablissement du culte dominant et leurs prêtres.
J'ai reçu ce soir ton courrier ou plutôt celui du Comité de salut public. Je t'envoie copie de la lettre que m'a écrite ce comité. Fais-en pari, je t'en prie, au général Pichegru. J'attends les nouvelles de ce dernier et un peu le rétablissement de ma santé pour me déplacer. Ma femme et mon fils sont bien sensibles à ton souvenir. Tu sais quels sentiments je t'ai voués.
REUBELL
Tu peux répondre à Merlin de Douai, à l'égard de Beuret, que le sujet pouvant être de la plus grande utilité pour le service des transports et réquisitions, on peut d'autant plus laisser subsister l'arrêté que les incorporations comme soldats de citoyens qui ont joui de grades d'officiers font en général un très mauvais effet. D'ailleurs Beuret est demandé pour capitaine par un bataillon de la Côte-d'Or. Ses pièces et la pétition sont au Comité de salut public, qui n'a qu'à le nommer, et cela terminera toutes difticultés.
lieubell à Merlin.
22 fnicliiliji' an 3, H liciiros du soir (8 scia.).
Comme je n'ai encore aucune nouvelle de Desaix, il faudra bien que je retarde mon déplacement jusqu'à ce que je sache où l'on en e.st ]«jur l'acceptation de la constitution de la partie de l'armée du Haut-Rhin qui est sous le commandement de ce général.
La loi du 15 fructidor mérite d'être méditée. Tu m'as toi-même envoyé par le courrier du Comité de salut public copie de l'arrêté de ce comité on date du 16, qui renferme des mesures d'exécution relatives à celte loi et qui pourra te guider.
J'ai envoyé ton courrier à Blotzheim au général Desaix; j'attends son retour. Je lui remettrai cette lettre dont je t'enverrai le double par le courrier ordinaire de demain.
J'attends une lettre de Pichegru pour me mettre en marche. Je t'embrasse.
RECBELL.
Merlin au citoyen Pacot, directeur de l'agence de.s- hubillements militaires
Strasbourg, le 23 fruclidor, 3' année (0 sept.).
Je ne sais s'il me faudra toujours batailler avec vous. Votre agence n'a qu'à venir faire l'inspection des charretiers, et l'on verra (pie tandis (lu'elle se promène, ceux-ci n'ont pas de souliers et marchent sur la chair. Je vous conseille d'exécuter dans ce jour l'arrêté du Comité et le mien. Je rends compte de toutes ces tracasseries au Comité de salut public.
Vous voulez donc voir tous ces gens déserter. Déjà quarante d'entre eux ont refusé la constitution parce qu'ils n'avaient pas de souliers; et s'il faut marcher demain, comment voulez-vous (pion les y contraigne? J'ai autant besoin de charretiers que de soldais; ils sont tous utiles et leurs services sont essentiels.
Je ne m'inquiète pas de savoir si c'est Lauchère (\u\ doit Wuv fournir; Lauchère n'a pas de soulier.-^. Vous en avez ; c'est à vous à en donnei', sauf au gouvernement à en retenir le prix à l'entreprise, d'après l'estiniation préalable qui en sera faite.
MDlilJN.
lleubcll à Merlin.
Sigolshcim près Colmar, 24 fructiJor an 3, entre 5 elC lieuros du matin (10 sept.).
Je te fais passer, mon cher camarade, copie d'une lettre de Desaix, datée de Landser, 23 fructidor, qui vient de m'être remise par Boutray. Elle m'a paru un peu obscure; mais j'ai lieu de croire que les procès-verbaux qui y étaient joints sont les mêmes qu'il dit, dans sa lettre, m'avoir adressés le matin . puisque parmi ces procès-verbaux est celui qui renferme les protestations de quelques individus de la \" compagnie du 3'' bataillon de la 7* demi-brigade contre les articles 2 et 3 de la loi du o fructidor dont il parle. Comme il y a un Lanot parmi les protestants et que cet individu est peut-être purent do noire collègue mis en état d'arrestation, j'ai d'abord pensé que ce Lanot avait porté ses consorts à protester contre l'article 2 à cause de l'arlicle 3 ; mais quand j'ai vu des signatures de commis aux entrées, etc., je n'ai pu méconnaître qu'il s'agissait ici de coalition de cravates vertes. Au reste, il peut y avoir des deux partis parmi les protestants.
Les procès-verbaux d'acceptation, joints à la lettre de Desaix que je t'envoie avec ma lettre, et qui sont les seuls que j'aie vus jusqu'à présent, sont les suivants : 1° celui de la garnison de Neuf-Brisach, 21 fructidor : en marge, o"" division du Haut-Khin, etc.
La lettre de Desaix, que je viens de relire, paraît supposer que je dois déjà en avoir reçu de la l""*" division, et qu'à sa lettre étaient joints des procès-verbaux de la 2* division. Je n'ai pas reçu les premiers et les autres n'étaient pas dans le paquet. Il parait que le bureau de Desaix n'est pas tout à fait en règle. Je t'embrasse.
P.EUIiEI,L.
Reubell à Merlin de ThionviUe.
Sigolslieim près Colmar, le 24 fructidor de l'an 3* (10 sept.).
Ton courrier d'hier, mon cher camarade, vient de me remettre le restant des procès-verbaux d'acceptation de la constitution de l'aile droite de l'armée du Haut-IUiin; je te les fais passer avec l'état que j'en ai dressé et la copie de la lettre que m'a adressée le général Desaix.
Tu verras avec plaisir que quelques signants ont nettement déclaré qu'ils ne voulaient de la rentrée d'aucune espèce d'émigrés, pas plus de ceux qu'on veut appeler fugitifs que des autres. Ce n'est pas le langage des cravates vertes. Fais part de ces déclarations au Comité de salut public, ou à la Convention même, si tu le juges à propos.
246 CORRESPONDANCE OFl ICIIÏLLE.
Il est inconcevable que je n'aie pas reçu Ion paquet du 17, tandis (pie je reçois exactement tout ce qui m'est adressé. Au reste, tout est fini à présent. Eh bien! il y a au moins du patriotisme dans les armées!
Quoiciue je sois encore faible et que je prenne des eaux pour achever le rétablissement de ma santé, cependant, dès que Pichegru m'aura écrit, je me mettrai en route pour te rejoindre. Je t'embrasse.
REUBELL
Merlin de Douai à Merlin de Thionville.
Paris, 2i fnictiJur an 3 ilu la Hép. franc. (10 sept.).
J'ai reçu hier, mon cher ami , ta lettre du 18 apportée par l'agent des vivres Dumas, qui a été entendu au Comité, section des dépenses publiques, et le sera encore aujourd'hui. Je n'ai pas été, non plus que mes collègues, très satisfait de sa manière de s'expliquer sur les moyens de pourvoir en nature aux besoins de l'armée du Rhin. Je crains qu'il ne prenne un intérêt personnel à d'autres moyens qu'il est impossible d'employer, vu l'état de nos linances.
Tu ne reviendras sans doute que lorsque tu seras rappelé formellement, c'est-à-dire lorsque la constitution sera mise en activité. J'aurais bien désiré t' avoir ici, il y a huit jours ; peut-être aurais-tu empêché le versatile et coquin Rœderer de se joindre à nos ennemis, depuis cju'il les voit en force, pour attaquer un décret, celui du 5 fructidor, qu'il a lui-même indiqué à la commission des onze comme le seul moyen d'empêcher une autre révolution. L'état de Paris est bien fait dans ce moment pour afthger tous les amis de la patrie et pour décourager leur zèle. Heureusement les déparlements, au moins ceux dont, jusqu'à présent, on a reçu des nouvelles, vont bien. Mais je prévois que Paris aura une infâme députation, et que si l'on n'y prend garde elle fera, dans un autre sens, autant de mal que celle de 1793. Pour moi, je fais des vœux pour être relégué dans quelque réduit obscur, ou j'ensevelirai la misanthropie qui me prend malgré moi et qui gagne chaipie jour.
Je ne savais pas que tu eusses demandé pour mou iils une sous-lieutenance de cavalerie ; mais, a coup sûr, il ne l'obtiendra pas, par la raison que c'est moi (jui ai mainlenanl l'initiative des nominations. H appartient à Aubry de se nommer lui-même général de division d'artillerie à la face de Pichegru, injustice ([ui, certes, sera réparée; pour moi , je ne ferai jamais rien, même pour mon Iils.
Adieu, mon ami, je t'ombrasse de loul mon cœur.
MIÎIU.IN (J. I).).
CORRESPONDANCE OFl- ICI [• LLE. 247
Merlin de Thionville, etc., au Comité de santé, à Paris.
Slrasbourj,', le 24 fructidor, 3' année ^^Osl■pl.).
J'ai reçu vos deux obligeantes lettres; je vous remercie sincèrement des choses honnêtes que vous voulez bien me dire. Je lâcherai toujours de mériter la confiance et l'estime des hommes qui savent apprécier les hommes.
Votre première lettre semblait (Hre le résultat de quelques plaintes relativement à 1 attribution que j'avais donnée à Thomassin. Cette attribution, je la lui avais donnée pour parer aux inconvénients sans nombre qui résultaient de rijrnorancc (elle est moins commune aujourd hui) et de la facilité avec laquelle on délivrait des cerlilicats d'incapacité de service et de maladie (et cette facilité existe encore). Il est instant que vous ordonniez beaucoup de sévérité, surtout dans les délivrances des certificats de convalescence. Au moyen des difficultés que je faisais naître en obligeant tous les réclamants à sadrcsser a Thomassin, j'en diminuais le nombre et j'augmentais ainsi nos moyens. Je n'avais point en vue de mortifier les autres. D'ailleurs la hiérarchie n'a point été violée, puisque Thomassin était chef dans sa partie comme Pichegru dans la sienne, et qu'il y a des objets que Pichegru signe seul et sans que les généraux de division puissent s'en fâcher.
Je reverrai avec bien du plaisir Gorcy à l'armée, et avec autant de satisfaction j'apprendrai l'arrivée de Thomassin. Je pense comme vous que deux chefs dans chaque partie, alternant à l'armée et dans les divisions territoriales, sont nécessaires pour maintenir l'ordre et veiller ii la sûreté de nos frères d'armes comme ils le méritent.
Recevez, je vous prie, citoyens, l'expression de l'estime distinguée avec laquelle je suis votre concitoyen.
MERLIN de Th.
Le général en chef au représentant du peuple Merlin de Thionville.
Ail quartier générai à Illiiircli, lo 24 fructidor an 3' de la Réimlilique, 1 1 iieurcs du soir (10 sept.).
Je m'empresse de vous annoncer, citoyen représentant, que je reçois un courrier du général Jourdan qui m'annonce que la gauche de l'armée de Sambre-et-Meuse a passé le Rhin aux environs de Dusseldorf. qu'elle y a battu l'ennemi et s'est emparée de cette place où elle a trouvé cent soixante -huit pièces de canon.
Salut fraternel.