CORRESPONDANCE AVEC THIONVILLE
pourquoi tous ces braves gens se Irouvaionl écrasés do contributions, tandis que les j. f... qui leur avaient donné des renseignements n'étaient pour rien dans leurs listes infâmes. Je fus applaudi, et le commissaire fut contraint de lever la séance.
Il avait été arrêté ([u'on vérifierait ceux qui auraient été déclarés suspects ou qui n'auraient pas donné des preuves de leur civisme ou de leur attachement à la chose publique, et c'est ce qui devait se faire le lendemain. Mais le lendemain, à peine la séance du comité futelle commencée, que, me trouvant i» la commune, après avoir refusé d'ass'ster à cette infâme répartition, puisqu'on devait faire contribuer les bons citoyens dans un rôle séparé des suspects: et m'amusanl à lire les feuilles du piéton qui arrive le vendredi , tout à coup je remarque un décret rendu sur l'un de tes rapports, qui défend aux commissaires révolutionnaires et aux commissaires près les armées de lever aucune contribution arbitraire sur les citoyens. Je ne fais qu'un saut et fais présenter les feuilles à la séance des inquisiteurs. Les bras leur tombent tout à coup ; ils ont encore l'impudence de demander à continuer la séance à l'etret de recevoir des contributions volontaires sur une invitation qu'ils se proposent de faire à tous les citoyens; tous refusent, et les \o\\a dans le plus cruel embarras de retrouver les 10.0 00 livres déjà délivrées à la société pour la caisse de secours. Enfin la rumeur de toute la ville donne la terreur aux six j. f. .. qui ont vendu et livré leurs frères, et ils demandent une proclamation pour les mettre sous la protection des lois et de l'autorité des magistrats. Toute la comnume s'est refusée à cette demande, et tous dirent que puisqu'ils avaient méprisé leurs magistats au point de sacrifier leurs frères sans prévenir la municipalité . ils s'étaient rendus indignes de leur protection; et (pioi qu'on ait pu dire et faire pour les rassurer, il a fallu passer à l'ordre du jour par les cris tumultueux de tous les citoyens que nous eûmes bien de la peine à contenir; il a même fallu en menacer quelques-uns de la sévérité des lois qui mettent tous les citoyens sous leur protection. Enfin, nos intrépides Messins, après avoir recommandé à notre surveillance la sécurité des personnes qui leur avaient servi d'adjoints, prirent le parti de remettre leurs fonds montant déj i a l)lus de l.'iO.OOO livres, tant en espèces qu'en assignats, au ciliuen Dondaine l'aîné, qui a bien voulu s'en charger à notre sollicitation, et pouiéviter le trouble et le (lé.sordre; car j'ai vu un instant où je n'aurais pas voulu me trouver dans leur peau. Ils ont donné par écrit que s'il manquait ([uelque chose, ils en feraient compte et enverraient le déficit. On eut bien tic la peine à y consentir, par la raison que, huit ou dix jours avant, le même lîemoisenet, counnissaire, avait fait enlever onze chevaux de réciuisition, a l'estimation desquels je fus nommé, et jusqu'ici ils ne sont pas payés, et les malheureux auxquels on lésa enlevés viennent tous les jours nous demander (iii:iiiil ils seront pa\és et par qui II en est ipii n'avaient
CORRRSPOXDANCIÎ WEC. THIONVILI.E. :ni
que leurs chevaux pour gasno-pain, tels que nos pauvres charroliers ot voituriers; aussi sommes-nous dans l'ordure jusqu'au-dessus des souliers: nos malheureux meneurs de boues sont sans chevaux . et tous les laboureurs nos voisins, ainsi que ceux du district, sont en réquisition en chevaux et voitures, pour, disait-on, aller enlever les bagages que nous avions faits sur les ennemis du côté de Deux-Ponts et de Kaisershnitern. Ce bruit s'est répandu pendant plusieurs jours : mais nos voituriers étant revenus à vide, il y en a qui ont eu l'imprudence de répandre que toutes celles du district deSarrelouis, également en réquisition, avaient été enlevées par les ennemis qui nous avaient trompés par leur fuite. Il est inutile de t'amuser là-dessus : tu en sauras sans doute plus que nous, car je puis t'assurer que depuis trois mois on nous fait des contes et des mensonges, et rarement nous savons la vérité, à moins qu'elle ne nous arrive directement de la Convention sur le compte qui vous en est rendu par les généraux et les ministres. Enfin les Messins vont être plus enragés que jamais contre les Thionvillois. et l'on peut bien dire les Messins, puisque la commission révolutionnaire en était entièrement composée; notre district n'y avait personne, sinon les correspondants dune dizaine de j. f. ... les amis de mes deux apôtres.
Je tannonçais hier (car voilà deux jours et demi que je t'écris) que h justice éclaterait et découvTirait les fripons et les voleurs... .l'apprends à l'instant que L. et L. sont dedans avec Lafontaine; Simmer, en arrestation chez lui. gardé par des gendarmes, à cause de la goutte. Voilà les hommes qui avaient deux prôle-noms, les bons amis, les protégés de Paris! Croirais-tu que Lafontaine fit aux corps réunis la demande d'une indemnité pour 70 000 fagots, soi-disant pillés et brûlés par les troupes en cantonnement dans le bois de la Grange, adjugé aux malheureux Pillois et Holfmann de Yutz, tandis qu'il n'v avait pas 7 000 fagots dans tout le bois, et il est prouvé que c'est eux qui en étaient les adjudicataires .. Quand je te criais au voleur pour les bœufs et le bois fournis pour le service de la place, la complaisance de Paris de passer un traité dont les conditions sont : « de telle taille, etc., si cela se peut! » Les cuirs de la distribution, que la nation a payés I 2 sols la livre, vendus à 8 sols à V., le parent de Gobert , directeur général des approvisionnements de viande, etc. Nous sommes cependant sons la dépendance de tous ces braves fonctionnaires publics plus despotes que le diable, et qui ne respirent que le plus vif égoïsme. Voilà de bons patriotes I Un Hemoisenet qui voulut me remettre mes trois cents livres, en me disant qu'il avait appris que je me proposais de l'écrire ; mais qu'il me les rendait parce que j'étais zélé républicain et homme de probité, et non pas qu'il craignît; qu'il connaissait Merlin et .sef. .. de lui; des Lafontaine, des Simonot, des Vatry et bien d'autres j... f. ..; comme ceux qui vont dire à qui veut l'onleudre qu'il n'est pas possible qu'une balle armée telle que celle faite pri-