‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 52 sur 56 · CORRESPONDANCE AVEC THIONVILLE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE AVEC THIONVILLE

sonnicre à Mayence ail souffert la faim el mangé des chiens el des rais, tandis que tu reviens avec des voitures remplies de jambons de Mayence el des malles pleines d'effets précieux.

Il est temps que je finisse; mais avant, je ne puis me dispenser de te dire que nous sommes bien malheureux ici depuis le maximum. Les volontaires el les jeunes gens de la masse qui ont vingt-huit onces de pain el une demi-livre de viande par jour et des légumes, font boucan chez nos boulangers, et enlèvent souvent de force le pain destiné aux plus malheureux qui n'ont pas moyen de rassembler pour un bichet de grain, el nos commandants ne disent mol. Un certain Privai, qu'on a donné pour adjoint au commandant temporaire Collas, est un charabia qui sort des gardes-françaises commeCollas. Ce Privât, qui est le bon ami et le compatriote de tous nos ennemis, puisque la commission révolutionnaire lui a donné une commission ici à résidence, est un des braillards à la société, mais un despote qui, pour dominer le militaire, entend c(u'ils peuvent tous vider les boutiques des boulangers. Son encouragement a fait que tous nos petits charabias de volontaires ne connaissent ni régies ni police ; ils sont à l'affût tous les matins sur le marché et tombent à vingt et trente à la fois sur tout ce qui arrive. Les gens des campagnes sont tellement dégoûtés qu'ils n'apportent plus rien. Il faut se battre pour avoir une friture de six petits barbillons pour trente sols. Tout est taxé, mais rien n'arri\e, sinon des malheureux campagnards qui viennent de toutes parts pour recevoir des bons des comités de sections pour un bichet de blé. La société populaire est assez nombreuse en citoyens : mais lor.squ'i! s'agit d'épurer ou déparier des ennemis du bien, des faux patriotes aboyeurs. croirais-tu que ce Privai nous impose le silence et qu'il consulte la tribune qui n'est composée que de gendarmes qui crient pour Dinol, Yatry. etc.?

Lafond, lieutenant-colonel , aristocrate caché sous le voile du patriotisme, est lié à ce Privai el à une clique d'une douzaine de méchants, el ils dominent deux cents bons citoyens sociétaires par l'aflluence des gendarmes qui se trouvent aux tribunes pour les soutenir. Actuellement, c'est à notre culte qu'ils en veulent. Ils sont trois ou quatre camisards (]ui avaient fuit fermer la paroisse, ce (pii a failli faire un massacre. Il était temps qu'elle fût rouverte. Elle a été fermée six jours, et le curé a été invité à remettre ses lettres de prêtrise : il a obéi, mais non sincèrement; on les lui a renvoyées le lendemain. Cela s'est fait durant le séjour de la conuiiission révolutionnaire. Mais les canonniers de ligne el ceux de la cité, ainsi que toute la masse, étaient prêts à faire le diable. Tous les habitants des campagnes voisines menaçaient déjà. Enlin la veille de la fètc des canonniers, ils annoncèrent par une dé|)utatinn de trois ou quatre cents qu'ils prétendaient faire leur fête, et deinandèrent pouniuoi on prétentlait déroger à la constitution. On leur a accurJc ce qu'ils (lemamiaient. et depuis on continue la liberté du cidte.

CORRESPONDANT.!-: AVKC T H ION VI I. LE. .Tl?.

Je dois tout le dire, et c'est pourquoi je te fais ce dernier récit. Tu vois par là que quoique nous soyons tous patriotes, tous ne sont pas encore philosophes. Notre pays tient de trop près à un pays de fanatiques; quoique nos citoyens et pas même nos campairnards ne soient tout à fait des f. b. comme ceux du pays de la Vierge, il n'y a que le temps qui puisse amener tout ii lumière. Tu sais bien qu'à Thionville il n'y avait guère que les femmes qui allaient à confesse, et encore pas toutes. Les prêtres finiront, les séminaires ne seront plus courus et. tout doucement, nous nous confesserons nous-mêmes. Les institutions nouvelles pour l'instruction des jeunes républicains et le temps feront le reste. Mais ce n'est pas en forçant et brusquant qu'on fera rien qui vaille. Déjà le bruit se répandait que les camisards voulaient prendre leur revanche de la Saint-Barlhélemv, et certes les visites domiciliaires nocturnes avaient déjà alarmé bien des imbéciles.

Si tu vois ma sœur, dis-lui (juelque chose de ma part, ainsi qu'à Louison. Embrasse pour moi ta femme et ton petit sans-culotte, et crois-moi pour la vie, avec fraternité, ton ami.

KI.EFFF.P.T.

M. Kleffert, membre du conseil de la commune de Thionville, était cousin de Merlin de Thionville. Sa lettre, qui nous montre Thionville dans le moment le plus critique de la crise, m'a paru digne d'être conservée, aussi bien que les détails donnés ci-dessus sur le régime révolutionnaire de !a petite ville ; son caractère tout local fait son intérêt. On y remarquera les traces de la vieille inimitié entre Metz et Thionville, la place forte de France et la place forte d'Empire, et en même temps une certaine vivacité toujours subsistante des anciennes mœurs municipales. Cette pièce, dont la première partie fait malheureusement défaut, se date par la mention qui s'y trouve du décret provoqué par Merlin sur les commissions révolutionnaires, dans la séance du i janvier, et qui vint si à propos pacifier la petite cité. Il est assez étonnant qu'à ce moment on n'eût pas encore, à ce qu'il semble, connaissance à Thionville des plaintes adressées par Merlin à la Convention, au sujet de la commission révolutionnaire du département de la Moselle, plus de vingt jours auparavant :

« .4 l'égard des vexations commises par les agents du pouvoir exécutif, avait-il dit courageusement, dans la séance du 26 décembre 93, il est impossible de fermer plus longtemps les yeux sur cet objet. Thionville est sous l'oppression de ses agents ; c'est là qu'ils exercent les vexations les plus tyranniques. Ils ont décerné contre un des meilleurs patriotes de cette ville un mandat, pour le forcer à payer dans trois heures une somme de 1000 livres. Je demande que le Comité de salut public dénonce ces manœuvres abominables. »

Cambon avait appuyé sa proposition, et la Convention avait chargé les Comités de salut public et de sûreté générale de lui faire un rapport. Comment, après une telle décision de la Convention, la commission révolutionnaire de la Moselle osaitelle continuer à se charger des abus dont il est question dans cette lettre ?

314 CORRESPONDANCF. AVF.r. TIIIONVILLK.

Mcriiii de Thiunville au Comité de, si'iretc çicncrule.

l.c 9 hnmwiire d.; l'an 3' de la ]U'\i. iino cl iml. (30 orl. Di).

Je suis à Melz depuis deux heures, cliers coliè^rues, el j'oi déjà recueilli des observalionsque je dois vous communiquer, .le ^ous prie défaire passer celles qui ne vous concerneront pas aux comités (jui i)euv('nt porter remède aux inconvénients dont on se plaint ici.

1" On a mal à propos fait sortir du Luxembourg;, Trotehas. dénoncé dans le temps, après le 1 0 thermidor, par toute la députation de la Moselle et par des envoyés de Metz pour avoir « robespierrisé » la ville. Cet intrigant est rentré dans le district, et il est plus fou ou plus fourbe que jamais.

Il existe dans les administrations d'autres liommes du même genre; il faut écrire à Loysel de remédier à ce désordre.

2° Le pain manque ici absolument; on en a distribué aux citoyens que les soldats avaient refusé, tant il était mauvais. Je pense que ce malheur provient d'un vice d'administration. On a nonunc des employés dont on me dit du mal. Il faudrait vérifier.

3° Le peuple est encore ici dans la crainte du retour du régime tyrannique. La guillotine, en permanence sur la place de la comédie, semble toujours le menacer de Robespierre et de ses agents. Vous prendrez vousmêmes des mesures pour rassurer les citoyens et faire disparaître l'instrument de supplice, lequel ne doit menacer et punir que les coupables.

i" On se plaint beaucoup des propos et des menaces à la Robespierre du citoyen Lafontaine , beau-frère de Bar, notre collègue, qui doit être en ce moment ii Paris. Il .s'est dit partout, dans le département, chargé de mission de vous et du Comité de salut public. Ce dont je puis vous assurer, c'est qu'il toutes les postes, il s'est fait passer pour représentant du peuple, et ceci doit vous mettre en garde contre les propositions qu'il j)Ourrait faire aux deux Comités.

Je vous rendrai compte successivement de ce (jue j'apprendrai : ce sera à vous à apporter le remède. Du pain et de la confiance, et le déparlement sera toujours le même, c'est-à-dire bon.

Adieu, chers collègues : courage et fermeté, et la république triouqihera au dedans et au dehors.

MEIil.IN il(> Tliioiivilio.

Il paraît que .Merlin, encourage sans doute par rallilude de la population, ne tarda pas à prendre sur lui do faire disparaître de la plare [lul.liijue l'allVoux instrument dont il parle ici. Voici une note intéressante de sa main qui se rapporle à cette arrivée à Met/ :

« Uenvoyé à l'armée du lîliin après la prise de ("nndé el l'év.ieualion îles .\utricliieii-*, j'arrivai à Melz el desrendis à l'Iiôltd de i'cnt-à-Monsson, rhez neniï:uet,

CORRESPOXn.WCR AVEC THIOXVII.KE. 3 I r,

011 je fus log(! avec la vue sur la place do la Comédie. I-a guillotine y était en pr-rnianence depuis longtemps. J'envoyai un oflicier d'ordonnance à la municipalité avec l'ordre de la faire disparaître à l'instant, ce qui fut exécuté au milieu des applaudissements des citoyens. Le lendemain, arrivé à lu nuit à Strasbourg, Klélier et Aubert-Dubayot vinrent mç prendre pour me conduire au spectacle. J'avais déjà, de Paris mènie, envoyé l'ordre de relùclier plusieurs familles détenues au Pont-Couvert. A mon entrée dans la loge de l'état-major, la salle relenlit d'mic triple salve d'applaudissemenls, et presque toutes les loges se vidèrent ; les dames accouraient à la mienne pour me remercier ou me demander de nouvelles mises en liberté. Ayant rendu compte de ces faits au Comité de salut public, ce C.omilé délégua deux députés civils, pour faire participer l'Alsace entière au succès du y lliermiliM'. »

A MsrVn de Thionrillc.

Tliionville, lo -2 hniniairo .in 4' 'le la Rép. fr. l2i cet. 95).

Je VOUS ai annoncé, mon cher cousin, par ma dernière, iiue je vous adresserais lo détail do ce qui s'est passé aux élections faites par notre colléfjc électoral. .le m'acquitte de mon devoir. Invité par mon neveu Lambert, secrétaire du département, d'établir mon séjour chez lui, je m'y suis rendu, autant pour l'intérêt do conserver la paix, en famille que pour celui de connaître à l'avance le vent et l'esprit public de cette ville. Aussi m'a-t-on fourni les occasions de sonder les esprits. Le premier jour tous les fonctionnaires publics et tous ceux à prétentions se sont déboutonnés en ma présence. 11 était arrêté qu'aucun des six anciens députés ne serait réélu. On rendait à Merlin doThionville seul justice pour ses grandes actions, mais on attaquait son luxe, on l'accusait d'intempérance en tout genre, et on lui imputait plusieurs inconséquences occasionnées par sa témérité et par son despotisme; et pour jeter plus de défaveur sur son compte, tantôt il s'était brûlé la cervelle d'un coup de pistolet, une autre fois il avait été arrêté et conduit escorté à la Convention, ou bien il avait déserté l'armée et était passé du côté des ennemis, après avoir livré l'armée contre le gré des généraux ; le lendemain, enfin, il était encore à son poste, mais Ion n'en voulait plus, non plus que des cinq autres.

Je ne pus tenir à toutes ces critiques et calomnies atroces ; je m'expliquai très vertement, et je finis en pleine table à dire que je ne prévoyais que trop que notre département ne manquerait pas d'être victime de la méchanceté de ceux qui briguaient de faire ôter la confiance à nos ancien ; députés; et je voulus faire le pari que Merlin et peut-être bien ses cini[ collègues seraient infailliblement réélus dans d'autres départements, ou

316 CORIIESPONDANCE AVI'C TMIDXVILIJ'.

tout nu moins dans les listes supplénienlnires; qu'ils devaienl bien se rappeler que déjà, lors des dernières élections, Merlin avait été réélu dans deux déparlements : qu'au surplus, comme il pourrait se faire que les six premiers élus et d'autres des listes supplémentaires sortiraient tout à la fois dans quarante ou cinquante départements, et qu'alors le nombre i\c 500 n"étant pas complet, les élus qui se compléteraient dans l'excédant des membres de la Convention nationale ne manqueraient pas de nommer Merlin de Thionville ijui avait sauvé la représentation nationale le 9 thermidor, avait fait fermer les jacobins, écrasé les terroristes en faisant supprimer les armées et commissions révolutionnaires composées de fripons et de voleurs ; qu'alors réélu, et peut-être bien encore ses collègues, ceux qui lui auraient fait ôter la confiance du déparlement, auraient sujet t(M ou tard de s'en repentir ; que les électeurs du district de Thionville qui savaient leur rendre justice, et n'avaient pu empêcher la cabale et la calomnie, ne manqueraient pas de leur écrire ce qui se serait passé ; que malgré que j'étais persuadé du mérite et des talents de ceux qu'ils se proposaient de députer à l'Assemblée, et malgré que je fusse bien assuré des sentiments patriotiques des six anciens députés qui ne sacrifieraient pas le bien public pour se livrer à des sentiments de vengeance quoique justement mérités, cependant il pourrait bien se faire qu'il s'ensuivît une sorte de refroidissement entre les nouveaux députés et les anciens, réélus par d'autres départements ; ce qui serait d'autant plus indubitable que vous ne manqueriez pas de vous persuader que ceux qui sont parvenus à obtenir la confiance de ceux qui les ont envoyés à la Convention, avaient coopéré avec eux et partagé leurs sentiments pour vous dénigrer et vous faire retirer la confiance.

Mes observations, malgré la contenance forcée de mes acteurs, produisirent heureusement l'effet que j'en attendais; et, dès le lendemain, il y eut une assemblée des principaux de Metz, avant l'ouverture de celle du collège électoral, de laquelle nos convives de la veille furent à coup sûr les premiers, et on me rendit bien vite que le plan avait été changé, que mes observations du soir leur avaient fait arrêter que Merlin et Bar seraient seuls réélus, mais que les quatre autres ne signifiaient rien. On m'annonça cela, à l'ouverture du collège, le matin ; mais le courrier du soir changea leur résolution : on annonça à ceux initiés dans le mystère que Bar ne serait absolument plus rien. J'en appris secrètement le motif; c'était qu'une loi provoquée sur le rapport des députés de la Moselle à la Convenli(m. rétablissait Barthélémy, ex-maire de Metz, dans ses fonctions, et Bar était l'un des signataires de rex[)édition. On dit que Barthélémy était le mouvant secret des terroristes, que, par son hypocrisie, il avait abusé de la (•ontiance des citoyens elles avait exposés au carnage et ii la famine; que Barbé-Marbois était un citoyen humain, infiniment zélé et d'un génie sublime, et qu'il avait, depuis ses fonctions de maire, sauvé la ville de Metz,

COKUESl'U.NDANCI-: A\ KC TU lUN \ 1 L LH. 317

el (lu'il avait tellement sa conliance par ses grands talents, surtout |>our la partie des finances, que, malgré l'injustice quil éprouvait, il serait représentant: que, sans doute, un mémoire qu'il a fait lui avait fait du tort, et qu'on avait prévenu le comité de législation contre lui en le dépeignant comme un chouan el un royaliste ; et que Pécheur lui serait adjoint comme second.

Enfin le parti de Barthélémy nétant pas assez dominant, et tous les plus honnêtes gens de Metz les prêchant à tous les électeurs externes. Barbé- Miirbois et Pécheur furent élus : les deux partis divisés se réunirent pour le troisième, et les prétentions séparées des uns et des autres districts servirent parfaitement la réunion de Metz qui leur enleva Thiébaut, ancien greffier du consul, pour le troisième. Vous seriez sorti le quatrième, au premier lour de scrutin: vous aviez cent trente-six voix, il en fallait cent quarante-quatre ; mais cinq à six Iraîneurs de nos gens n'ayant pas voté, et trois ou quatre voix au moins pour Merlin , sans désignation, ayant été nulles, en revanche, au second tour, vous en aviez un cent de plus qu'il n'en fallait pour la majorité absolue.

Lesage d'Eure-et-Loir, Bar et Barthélémy furent en concurrence pour le troisième tour. Par un bonheur inattendu, j'avais dîné la veille avec les élus de Metz et plusieurs de leurs amis au nombre desquels se trouvait un nommé Gaux. receveur des douanes de Forbach: ce dernier vint me trouver au milieu de mes collègues, et leur dit que j'avais son estime et sa confiance, et que comme il paraissait que la récrimination avait fait changer à l'égard de Bar, il me priait de lui dire ce que j'en pensais: qu'enfin les Messins, comme lui et plusieurs districts, désiraient RoUy ; mais que ne voulant point accepter, ils étaient embarrassés du choix (ju'ils devaient faire, etc. Je lui répondis que Bar était brouillé avec Lafontaine plus de six ans avant son départ pour la Convention ; que je le connaissais particulièrement pour un brave homme: que, s'il n'avait pas fait tout le bien qu'il désirait, il ne l'avait pu ou n'en avait pas eu l'occasion, et qu'au surplus il était populaire et humain : que sans doute la jalousie seule de nous voir deux représentants offusquait les ambitieux : sur quoi il partit comme un éclair, et lui fit donner toutes les voix de son district et partie de celui de Sarrelibre et Fau^iuemont, en sorte qu'il sortit au troisième lour. malgré la ligue infernale qu'il y avait contre lui.

Voilà, mon cher ami, dans l'exacte vérité, ce qui s'est passé pour le scrutin des six. A l'égard des dix-huit supplémentaires, je me suis amusé de nos gens de la ligue, assez maladroits pour ne pas avoir réélu les six, d'autant mieux que les quatre autres ne sont pas moins sortis dans la liste supplémentaire. Je ne vous dirai rien de ces autres élections ; je me contenterai de vous joindre copie de la liste générale. Vous y remarquerez, au premier coup d'oeil, que Metz s'est bien partagé; Sarreguemines, Briev et Faulquemont ont secondé. .Vussi ont-ils leur portion: Sarrelibre. seul, n'a

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