‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 7 sur 56 · VI H DK MEULIX D !• TU ION VIL LE · texte numérisé non relu

VI H DK MEULIX D !• TU ION VIL LE

caves; les hatlerif^s des remparts ((nivertes du sang et de la chair de leurs servants, et continuellement démontées : « Si l'on me prouve, disait Merlin à la Convention, (pfil y avait dans Mayence unt; place large comme mon chapeau où un homme ait pu être en sûreté pendant une heure, je porterai volontiers ma tête sur l'échafaud. » — « Pendant six semaines, écrivait de son côté le général Ivléher, nous avons vécu sous une voùle de l'eu. »

Dès la fin de juin, les conditions d'existence étaient devenues si intolérahles, (ju'une multitude d'hahitanls sollicita du conseil de guerre la permission de quitter la ville. Cette colonnr d'environ trois mille personnes , composr'o principalement de fepimes et d'entants, traversa le Hhin et sortit de l'enceinte par Cassel; mais arrivée aux avant-postes de l'ennemi, elle trouva le passage terme. On lui intimait l'ordre de reidicr, et les portes ne se rouvrant jias, le général Schœnfeld, sur le commandemciil ihi roi de Prusse, eut la dui'et»' d'appuyer l'ordre par une démonstration à couiiS de canon. Les lois militaires, dans leur rigueur, autorisent elléctivement l'assiégeani à empêcher l'assiégé de s'alléger par l'élimination de la popul.ilioii civile; mais c'i'tait les outrer (rniie in;iiiiére harhaiv (pn' de les applicjuei' à des comijalriotes, ces mêmes lois n'interdisant pas moins strictement à Tassii-gi' de repi'endre ([uiconque a mis une l'ois le pied liitis i\('<. nnu's. d'>^ malheureux, conlondus, j)auvies et liches, dans ime même misère, sans pain, >ansahri, l'ouett(''s de|)uis le malin |iar la pluie, l'Ilai'és par le camm, prosternés, agités j)ar le d(''sesp((ir et l;i terreur, oUriiient le plus douloureux tahleaii ipiail peul-i'ire iaiii;ii> proiliiil Ti'lat lie guerre. Ht cependant comment ri'siuidii' le cunllit'.' he part et d'autre, les généraux se disaient liés, llidiayet, indigne, avait envoyf' au général ennemi uncaitel pour lui proposer de vider par un coudtat singulier celle (|ucstion d'hiunanilf' ; mais sou cartel avait ('tt'' retusi'. .\u\ .ipitruclies de h nuit, l'horreur île la situation aujimenlant , li's cris des nu'res et des entants s'élevanl de plus en plus, Merlin, n'y pouvant lenir, lit monter

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à clieval les fhasseiirs de Cassfl coiiiiik' poiir une do leurs sorties ordinaires, et. quand ils levinrenl, qui eût sondé les ténèbres se serait aperçu ([uc chacun portail en croupe sous son manteau une femme ou un enfant. L'infraction était caiiitale ; mais en entendant de tels gémissements, uotre conventionnel n'avail-il pas dû songer à sa femme et à ses enfants? Le h^ndemain, le conseil de guerre couvrit de sa propre responsabilité cette noble faute, et donnant en même teuqjs au roi de Prusse une leçon méritée, il autorisa sans conditions la rentrée générale.

C'était accroître la gravité du problème des subsistances. Le peu de viande salée que l'on avait eu en magasin s'était consommé durant le blocus. Les baliitanls, comme la garnison, n'avaient depuis le commencement du siège que du pain, ;i quoi on ajoutait les cadavres des chevaux, devenus, par suite d'une si iongu(; abstinence, objet de convoitise. Le soldat, (juoique soumis à d'excessives fatigues, se résignait sans murmure à ce sévère régime ; mais du moins eùt-il fallu être en mesure de le lui continuer. L'ennemi ayant réussi à désemparer par son feu une partie des moulins du Uhin, on avait essayé de suppléer à leur service par celui des ujoulins à bras ; mais bien qu'abrités le mieux possible, les ouvriers y étaienl continuellement distraits par les boulets, et l'on ne pouvait les maintenir au travail (jue sous la menace du sabre. Bref, le chiffre de la production quotidienne avait fini par tomber audessous de celui de la consommation. Le chapitre des fourrages était encore moins satisfaisant ; l'incendie de l'un des magasins ayant accru le déficit, on ne possédait plus que le nécessah^e pour aller à grand'peine à la fin de juillet, et cependant on avait tué et distribué tous les chevaux qui n'étaient pas strictement indispensables au service de la place. A l'hôpital même, il n'y avait jilus moyen de donner aux malades, dont le nombre s'élevait à plus de deux mille, d'autre bouillon que des décoctions; et chose plus grave, bien que la prolongation de la défense dût évidemment augmenter leur nombre, les

médieamenis n'étaient plus calculés que pour cinq jours.

En même temps, par le pro'grès des travaux d'attaque, la place arrivait à cette extrémité où l'assaut est inévitable et où toute forteresse succombe. La redoute Merlin, tpii l'orniait (m quelque sorte la clef du siège, avait été disputée avec acharnement. Dés la fin de juin, il était devenu presque impossible à la troupe de s'y maintenir, à cause de la concentration du tir des assiégeants sur ce point décisif, et l'on eùi été forcé de l'abandonner, si Merlin, stimulant les patriotes mayençais et se mettant à leur tète la pioche à la main, n'avait pris le parti d'y faire exécuter devant lui, sous le feu de l'ennemi, les travaux défensifs nécessaires. Néanmoins, de plus en plus incommodée par l'ennemi dont elle battait le flanc, la redoute n'avait pu éviter l'assaut et avait été finalement enlevée. Occupée par les assaillants et protégée par leurs batteries, elle semblait délinilivement perdue. Merlin était exaspéré ; l'honneur de son nom s'y mêlait. Il se présente à cette légion de Francs dans les rangs de laquelle il avait si souvent combattu : « Trente hommes de bonufj volonté! » demande-t-il. Acconqjagné de Marigny, il s'élance, surprend l'ennemi par son impétuosité, et la position est enlevée. « Dans l'après-midi, écrit à cette occasion dans son journal le comniandanl de place, Merlin et Marigny, ayant assemblé vingt-cinij à trente honunes de bonne volonté, se portèrent vivement sur la flèche dont ils chassèrent de nouveau l'ennemi. Cette attaque audacieuse leur fait l)eaucoup d'honneur. » Efl'orts désespérés : trois fois celle fameuse redouh' fut |»ris(; et reprise, et elle resta enlin aux mains de l'enneiiii. Di's Jors les opérations du siège jtnii'ul coiitiiiuei- Icui' cdurs sans contrariété, l ne (Imijére reddiilr enlevi'e, le cdips de l)lace allait èlre direclenienl allaipK', el même sans néccssilé d'ouvrii' la brèche, cardans cette partie le reiiiparl ne consistai! (pi'cn un lalus posé sur un souhassemeni de dnix mètres.

Telle ('lail la siliialioii, lors(pie le (-(Hiscil de gueri-c, sur la ])i'()p(>silion (lu gt'iK'ial l'U chef, (b'citla que le momeiil (''lait venu d'iMitamer des négociations avec l'ennemi. La quesli(»n qui

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