Darwin, La descendance de lliomme, c
'MS ÉTUDES PHILOSOrniOUES
Dans celte voie sans limite des hypothèses fantaisistes, M. de Mortillet est encore allé plus loin que ses devanciers . Par la « force du seul raisonnement », suivant son propre aveu, — non seulement il nous a donné la description photographique de cet animal fabuleux, Tanthropopithèque, mais encore il nous en a décrit — tant son imagination est féconde — plusieurs espèces, datant d'époques différentes. Inutile de discuter ici, pied à pied, chacune de ces inventions généalogiques, et d'en mettre en évidence les nombreuses impossibilités. Ce travail a déjà été fait par des maîtres, et même par des savants matérialistes ^.
Non moins inutile de nous indigner, avec d'autres savants, tels que M. Blanchard, contre ces hautes fantaisies mythologiques, que l'on ose donner comme le dernier mot de la science moderne, alors qu'elles n'en sont qu'une audacieuse contrefaçon ^
Contentons-nous d'indiquer un fait ou deux, parfaitement certains, qui en sont le démenti le plus complet.
1° Si l'homme et le singe étaient sortis d'un tronc commun, d'un ancêtre en voie de devenir homme, et se caractérisant peu k peu, par une multitude innombrable de types intermédiaires, comment se fait-il qu'aucun de ces types n'ait survécu, qu'aucune branche vivante ne représente plus le vieux tronc qui a porté l'espèce humaine ? Les ancêtres des singes les plus parfaits n'ont pas disparu et nous les retrouvons encore. Pourquoi les ancêtres de l'homme auraient-ils eu moins de chance de survivre que les ancêtres des singes? Or, de fait, de l'aveu même de nos adversaires, il n'en existe plus aujourd'hui.
2° Que s'ils n'existent plus, du moins la géologie devraitelle nous en révéler des traces et des traces innombrables, puisque ces intermédiaires, lentement élaborés à travers des milherset des milliers de siècles, devraient être innombrables.
Telles étaient bien les espérances des Darwinistes. On