‹ Vie et mort du génie grec: inéditChapitre 10 sur 26 · DES ORACLES · texte numérisé non relu

DES ORACLES

On ne peut pas môme dire que la religion officielle ait soutenu la Grèoe.

Les dieux, au moins, ont-ils ouvertement oombattu pour les Greos? Dans l'imagination populaire, ils ont soutenu l'Hellade. Mais , dans la religion officielle, dans les oracles , ils sont restés neutres et équivoques.

Il a fallu toute la subtilité de Thémistoole pour interpréter dans le sens héroïque une réponse ambiguë de la Pythie.

Ceux qui l'ont prise à la lettre sont restés dans l'Acropole, à la merci des Perses.

Jamais un mot d'ordre intrépide, éclatant, une parole de salut, ne sont sortis de Delphes. Évidemment l'oracle se ménageait pour le dénouement quel qu'il fût. C'est l'imagination populaire qui a forcé le dieu de parler dans le sens national.

Xerxès sacrifiait, au besoin, selon le rite grec. Le dieu, par l'oracle, avait un pied dans chaque camp. Ce sont les héros, en Grèce, qui sont sortis de l'équivoque. Le dieu de Delphes et sa prêtresse y sont restés jusqu'au bout.

Jamais l'appel pressant de la nationalité n'a arraché à la Pythie un mot décisif.

Ne pas se compromettre avec le vainqueur, tel

est le dernier mot de la sagesse sacerdotale.

La terre a beau trembler autour d'elle, sous les pas des Mèdes et des Perses , elle ne sortira pas du langage rusé de l'énigme.

A ce point de vue, c'est l'homme seul qui s'est affranchi en Grèce , par sa main. Le dieu rituel du prêtre n'y a été pour rien. Voilà, en un mot, tout l'héroïsme.

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