UNITÉ DE LA RAGE
Il sera toujours extraordinaire que tant de peuples différents, sous des gouvernements étrangers les uns aux autres, sans autre lien que la' langue, la parenté d'origine et à peine les dieux, se soient trouvés à point nommé en ligne, à leur rang de bataille, pour couvrir non un État, non un prince, mais la race , l'Hellade. Car il n'y avait pas de confédération établie, pas de traité. Rien qui pût ressembler à un gouvernement central.
Au contraire , des villes divisées, rivales ; des dialectes séparés, et au moment du danger, à
l'appel du héraut, toute désunion cesse, on se concentre.
De ces peuples se forme une seule armée, de plus de cent mille hommes effectifs, qui n'a qu'un esprit. Jamais la puissance de la race ne s'est montrée à ce degré dans l'espèce humaine.
Malgré cela, il restait plus de cinquante mille Grecs dans l'armée de Xsrxès.
Beaucoup l'avaient suivi par force, tels que les habitants des îles, les Thessaliens.
Mais les Béotiens, ceux de Thèbes, ceux d'Argos, qui les a poussés à déserter si vite la cause de leur race ?
La plupart se crurent habiles ; ils se rangèrent d'avance du côté du plus fort, des plus gros ba<* taillons. '
D'autres furent poussés par l'envie contre* Athènes ; tous furent punis de leur fausse sagesse par la décadence précoce. Branches mortes tombées de l'arbre avant le temps.
Peut-être la sottise des Béotiens nVt-elle été que le nom de cette fausse sagesse.
vu