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s &un< républiques m disputèrent l'empire du monde:
L'une était très rii h*-, l'autre n'avait ;](- ., \
qui détruisit l'autre. L'empire romain, , tour, après
avoir englouti toutes les richesses de l'univers, fut la proie des gens qui ne Bavaient p ce que c'était que la
10 richesse. Les Francs conquirent les Gaules, la
l'Angleterre, sans autre trésor que leur bravoure et leur pauvreté. Une troupe de pauvres montagnan rat toute l'avidité se bornait à quelques peaux de m< uteras, après avoir dompté la fierté autrichienne, écrasa cette opulente
15 et redoutable maison de Bourgogne qui faisait trembler les potentats de l'Europe. Enfin toute la puissance et toute la sagesse de l'héritier de Charles-Quint, soutenue de tous les trésors des Indes, vinrent se briser contre une poignée de pêcheurs de harengs.4 Que nos politiques daignent sus-
20 pendre leurs calculs pour réfléchir à ces exemples, et qu'ils apprennent une fois pour toutes, qu'on a de tout avec de l'argent, hormis des mœurs et des citoyens.
De quoi s'agit-il donc précisément dans cette question du luxe? De savoir lequel importe le plus aux empires,
25 d'être brillants et momentanés, ou vertueux et durables? Je dis brillants, mais de quel éclat? Le goût du faste ne s'associe guère dans les mêmes âmes avec celui de l'honnête. Non, il n'est pas possible que des esprits dégradés par une multitude de soins futiles s'élèvent jamais à rien de grand;
30 et, quand ils en auraient la force, le courage leur manquerait.
1 La puissance Perse, établie par Cyrus au YIme siècle avant J.-C. ne put venir à bout de la résistance des Grecs dans les guerres Médiques (Vme siècle), et fut vaincue par Alexandre le Grand, au IVme siècle.
2 Peuples nomades et barbares des régions du Pont-Euxin. 8 Les Suisses. 4 Les Hollandais.
A la fin de son Discours, Rousseau met en garde contre de fausses interprétations: « Ce n'est point la science que je maltraite; c'est la vertu que je défends ». 1
Note sur la Question du Luxe au XVIIIme siècle
On a dit faussement que Rousseau avait lancé un « paradoxe » chez ses contemporains; c'était au contraire lui qui représentait la tradition de l'immoralité du luxe, contre la valeur sociale et même morale de la richesse, la nouveauté d'alors. Rousseau lui-même dit bien qu'il attaque « ce paradoxe, si digne d'être né de nos jours ».
Une science nouvelle se formait, l'économie politique, et elle énonçait cette théorie si choquante pour la morale chrétienne traditionnelle: le luxe est utile, car il suppose la richesse qui apporte du confort pour l'ouvrier, et qui est une source de prestige politique vis à vis de l'étranger. Les plus célèbres écrits exposant cette nouveauté sont: Saint-Évremont, Sur les Plaisirs (1705) — cet auteur déjà prétend que « l'abstention des plaisirs est un grand péché»; Mandeville, Fable des Abeilles, — qui parut pour la première fois en anglais, en 1706, et en traduction française en 1740; Melon, Essai politique sur le Commerce (1734); Voltaire, Le Mondain (1735) mettant en vers les théories de Melon. Ce spirituel poème fit tellement scandale que l'auteur dut momentanément fuir de Cirey où il séjournait alors. Il écrivit encore une Défense du Mondain. Il s'y moque du Paradis Terrestre, le
. . . jardin de ce premier bonhomme, Jardin fameux par le Diable et sa pomme.
Et il loue hautement le luxe:
Le superflu, chose si nécessaire. Voici quelques-uns de ces vers célèbres:
1 Le mot « vertu » est pris dans différents sens dans l'œuvre de Rousseau; et il n'est pas superflu de le constater. Dans ce premier Discours, on parle surtout de vertu romaine, ou stoïque, ou calviniste de renoncement; dans le second Discours, on parlera plutôt de vertu d'innocence ou d'ignorance, propre à l'homme simple de la nature; et dans les grands ouvrages, on parlera surtout de la vertu de modération (du philosophe, comme Socrate ou Aristote). Voir dans le Mercure de France, ier juin 191 2, l'article « La Notion de Vertu dans le Premier Discours de J.-J. Rousseau », par Albert Schinz.