‹ Vie et œuvres de J.-J. RousseauChapitre 53 sur 68 · VII NT · texte numérisé non relu

VII NT

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comment s'attendrira i il mu la beauté du le de la

nature, - 'il ignore quelle main prit iota de l'ora \c tenez point à l'enfant des discours qu'il i 5 du-. Point de descriptions, point d'élo e, point <\-

gures, point de poésie. Il d is maintenant question de

sentiment ni de goût Continu- re clair,

le temps ne viendra que trop tût de prendre un autre langage.

10 Élevé dans L'esprit de DOS maximes, accoutumé à tirer tOUfl

ses instruments de lui-même, et à ne recourir jamais à autrui qu'après avoir reconnu son tasuffisance, à chaque DOUvd

objet qu'il voit il l'examine Longtemps sans rien dire. Il est pensif et non questionneur. Contente/- vou- donc de

15 lui présenter à propos les objets; puis, quand vous verrez sa curiosité suffisamment occupée, faites-lui quelque question laconique qui le mette sur la voie de la résoudre.

Dans cette occasion, après avoir bien contemplé avec lui le soleil levant, après lui avoir fait remarquer du même côté

20 les montagnes et les autres objets voisins, après l'avoir la causer là-dessus tout à son aise, gardez quelques moments le silence comme un homme qui rêve, et puis vous lui direz: Je songe que hier au soir le soleil s'est couché là, et qu'il s'est levé là ce matin. Comment cela peut-il se faire?

25 N'ajoutez rien de plus: s'il vous fait des questions, n'y répondez point; parlez d'autre chose. Laissez-le à lui-même, et soyez sûr qu'il y pensera.

Pour qu'un enfant s'accoutume à être attentif, et qu'il soit bien frappé de quelque vérité sensible, il faut qu'elle lui

30 donne quelques jours d'inquiétude avant de la découvrir. S'il ne conçoit pas assez celle-ci de cette manière, il y a moyen de la lui rendre plus sensible encore, et ce moyen c'est de retourner la question. S'il ne sait comment le soleil parvient de son coucher à son lever, il sait au moins comment il parvient

35 de son lever à son coucher, ses yeux seuls le lui apprennent.

Éclaircissez donc la première question par l'autre: ou votre élève est absolument stupide, ou l'analogie est trop claire pour lui pouvoir échapper. Voilà sa première leçon de cosmographie.

Comme nous procédons toujours lentement d'idée sensible 5 en idée sensible, que nous nous familiarisons longtemps avec la même avant de passer à une autre, et qu'enfin nous ne forçons jamais notre élève d'être attentif, il y a loin de cette première leçon à la connaissance du cours du soleil et de la figure de la terre: mais, comme tous les mouvements ap- 10 parents des corps célestes tiennent au même principe, et que la première observation mène à toutes les autres, il faut moins d'effort, quoiqu'il faille plus de temps, pour arriver d'une révolution diurne au calcul des éclipses, que pour bien comprendre le jour et la nuit 15

Nous avons vu lever le soleil à la Saint- Jean; nous Talions voir aussi lever à Noël ou quelque autre beau jour d'hiver; car on sait que nous ne sommes pas paresseux, et que nous nous faisons un jeu de braver le froid. J'ai soin de faire cette seconde observation dans le même lieu où nous avons 20 fait la première; et, moyennant quelque adresse pour préparer la remarque, l'un ou l'autre ne manquera pas de s'écrier: « Oh ! oh ! voilà qui est plaisant I le soleil ne se lève plus à la même place ! Ici sont nos anciens renseignements, et à présent il s'est levé là, etc. ... I) y a donc un orient d'été et un 25 orient d'hiver, etc. ...» Jeune maître, vous voilà sur la voie. Ces exemples vous doivent suffire pour enseigner très clairement la sphère, en prenant le monde pour le monde, et le soleil pour le soleil.

En général, ne substituez jamais le signe à la chose que ?a quand il vous est impossible de la montrer; car le signe absorbe l'attention de l'enfant, et lui fait oublier la chose représentée.

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