‹ Vie et œuvres de J.-J. RousseauChapitre 63 sur 68 · VII. MO · texte numérisé non relu

VII. MO

(lu coul rat 104 ial et <!• , voilà 1« itifs.

Quant aux dogm< itifs, je 1<

l'intolérance; elle rentre dan i lus.

Ceux qui distinguent l'intolérance civile et L'intolérai 5 théologique se trompent, à mon avis. ( ix intolé

sont inséparables. Il est impossible de vivre en pe des gens qu'on croit damnés; les aimer, serait haïr Dieu, qui les punit; il faut absolument qu'on les ramène ou qu'on les tourmente. Partout où L'intolérance théologiqw

io admise, il est impossible qu'elle n'ait pas quelque effet civil; ' et sitôt qu'elle en a, le souverain n'est plus souverain, même au temporel: dès lors les prêtres sont les vrais maître-; les rois ne sont que leurs officiers.

Maintenant qu'il n'y a plus et qu'A ne peut plus y avoir

15 de religion nationale exclusive, on doit tolérer toutes celles qui tolèrent les autres, autant que leurs dogmes n'ont rien de contraire aux devoirs du citoyen. Mais quiconque ose ri ire hors de VÊglise point de salut doit être chassé de l'État, à moins que l'État ne soit l'Église, et que le prince ne soit le

1 Le mariage, par exemple, étant un contrat civil, a des effets civils sans lesquels il est même impossible que la société subsiste. Supposant donc qu'un clergé vienne à bout de s'attribuer à lui seul le droit de passer cet acte, droit qu'il doit nécessairement usurper dans toute religion intolérante: alors, n'est-il pas clair qu'en faisant valoir à propos l'autorité de l'Église, il rendra vaine celle du prince, qui n'aura plus de sujets que ceux que le clergé voudra bien lui donner ? Maître de marier ou de ne pas marier les gens, selon qu'ils auront ou n'auront pas telle ou telle doctrine, selon qu'ils admettront ou rejetteront tel ou tel formulaire, selon qu'ils lui seront plus ou moins dévoués, en se conduisant prudemment et tenant ferme, n'est-il pas clair qu'il disposera seul des héritages, des charges, des citoyens de l'état même, qui ne saurait subsister, n'étant plus composé que de bâtards ? Mais, dira-t-on, l'on appellera comme d'abus, on ajournera, décrétera, saisira le temporel. Quelle pitié! Le clergé pour peu qu'il ait, non pas de courage, mais de bon sens, laissera tranquillement appeler, ajourner, décréter, saisir, et finira par être le maître. Ce n'est pas, ce me semble, un grand sacrifice d'abandonner une partie quand on est sur de s'emparer du tout. {Note de Rousseau.)

pontife. Un tel dogme n'est bon que dans un gouvernement théocratique ; dans tout autre il est pernicieux. La raison sur laquelle on dit que Henri IV embrassa la religion romaine 1 la devait faire quitter à tout honnête homme, et surtout à tout prince qui saurait raisonner.

1 « Péréfixe rapporte (Histoire de Henry IV) que des ministres protestants ayant déclaré, dans une controverse, qu'ils croyaient possible le salut d'un catholique honnête homme, tandis que les théologiens catholiques vouaient tout protestant à la damnation, Henry IV dit alors aux protestants: « La prudence veut donc que je sois de leur religion et non pas de la vôtre, parce qu'étant de la leur, je me sauve selon eux et selon vous, et, étant de la vôtre, je me sauve bien selon vous, mais non selon eux ...» {Note de Beaulavon.)

Page 1