‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 10 sur 284 · Nou- 0 mon Seigneur et mon Dieu, qui seul connaissez la · texte numérisé non relu

Nou- 0 mon Seigneur et mon Dieu, qui seul connaissez la

vclle ex- . ■* .

pression de peine que je soutire en accomplissant cette obéissance, et j

sa repu- . . - . *

gnance à é- la violence qu il me laut taire pour surmonter la répugnance I et confusion que je sens en écrivant tout ceci, accordez-moi i la grâce de mourir plutôt que d'y mettre aucune chose que i ce qui vient de la vérité de votre Esprit, et qui vous donnera i de la gloire, et à moi de la confusion. Et par miséricorde, ô mon souverain Bien! qu'il ne soit jamais vu de personne ; que de celui que vous voulez qui l'examine, afin que cet I écrit ne m'empêche pas de demeurer ensevelie dans un éternel mépris et oubli des créatures. O mon [Dieu] ! donnez cette consolation à votre pauvre chétive esclave. En même temps, ma demande a reçu cette réponse: « Aban- « donne tout à mon bon plaisir, et me laisse accomplir « mes desseins sans te mêler de rien, car j'aurais soin de « tout. »

crire sa vie.

Je vais donc poursuivre par obéissance, ô mon Dieu ! sans utre prétention que de vous contenter par cette espèce de îartyre que je souffre en faisant cet écrit, dont chaque mot îe semble un sacrifice ; mais en puissiez-vous être glorifié ternellement ! Mais [voici] comme il m'a manifesté sa olonté en cet écrit : c'est que comme je me suis toujours entie portée à aimer mon souverain Seigneur pour l'amour e lui-même, ne voulant ni désirant que lui seul, je ne me suis amais attachée à ses dons, pour grands qu'ils fussent à mon gard ; et ne les prisais que parce qu'ils venaient de lui ; et e n'y faisais que le moins de réflexion que je pouvais, àchant de tout oublier pour ne me souvenir que de lui, lors duquel tout le reste ne m'est rien. Et quand donc il a iallu accomplir cette obéissance, je croyais m'être J imposable de pouvoir parler de ces choses passées depuis tant le temps ; mais il m'a bien fait voir le contraire. Car, pour ne donner facilité, il me fait ressentir sur chaque article la nême disposition dont je parle. C'est ce qui me convainc ra'il le veut.

Parmi les peines et craintes que je souffrais, je sentais - so. x.-s.

i i , , i i i i » lui envoie le

toujours mon cœur dans une paix inaltérable ; et 1 on me v. p. de La

I, , j i , • i n i • Colombière.

ît parler a quelques personnes de doctrine, lesquelles, bien

!.oin de me rassurer dans ma voie, augmentèrent encore jplus mes peines, jusqu'à tant que Notre-Seigneur renvoyât jci le Père La Colombière, auquel j'avais déjà parlé en mon pommeneement, que mon souverain Maître me promit .quelque temps après m'être consacrée à lui, qu'il m'enverrait un sien serviteur, auquel il voulait que je manifestasse, selon l'intelligence qu'il m'en donnerait, tous les trésors et secrets de son sacré Cœur qu'il m'avait confiés, parce qu'il me l'envoyait pour me rassurer dans sa voie, et pour jlui départir de grandes grâces de son sacré Cœur, qui les ,répandrait abondamment dans nos entretiens.

i 1. Un mot déchiré.

Et lorsque ce saint homme vint ici, comme il parlait à la Communauté, j'entendis intérieurement ces paroles « Voilà celui que je t'envoie. » Ce que je reconnus bientôt dans la première confession des quatre-temps ; car sans que nous nous fussions jamais vus ni parlé, il me retint fort long-temps, et me parlait comme s'il eût compris ce qui se passait en moi. Mais je ne lui voulus faire aucune ouverture de cœur pour cette fois ; et comme il vit que je me voulais retirer crainte [d'incommoder]1 la Communauté, ili me dit si j'agréerais qu'il me vînt [voirj une autre fois], pour me parler dans ce même lieu. Mais mon naturel timide, qui craignait toutes ces communications, fit que je lui répondis, que n'étant pas à moi, je ferais tout ce que 1 obéissance m'ordonnerait. Je me retirai après y avoir demeuré environ une heure et demie. Et peu de temps après il revint, et encore que je connaissais être la volonté de Dieu que je lui parlasse, je ne laissai pas d'y sentir des répugnances effroyables lorsqu'il fallut y aller : ce que je lui dis d'abord. Mais il me répondit qu'il était bien aise de m'avoir donné occasion de faire un sacrifice à Dieu. Et1 alors, sans peine ni façon, je lui ouvris mon cœur et lui 8i. Le r. découvris le fond de mon âme, tant le mal que le bien. Sur

P. la rassure . ,

et lui ap- quoi il me donna de très grandes consolations, en m assu-

prend à es- 1 .... .

timer les rant qu'il n'v avait rien à craindre en la conduite de cet

dons de • -n ,., . . .,

Dieu. Esprit, d'autant qu il ne me retirait point de 1 obéissance ;

que je devais suivre ses mouvements en lui abandonnant tout mon être, pour me sacrifier et immoler selon son bon plaisir. Admirant la grande bonté de notre Dieu, de ne s'être point rebuté parmi tant de résistance, il m'apprit à estimer les dons de Dieu, et à recevoir avec respect et humilité les fréquentes communications et familiers entretiens dont il me gratifiait, dont je devrais être dans de continuelles actions de grâces envers une si grande bonté. Et comme je lui eus

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