A SON FRÈRE, CURÉ DU ROIS-SAINTE-MARIE
Vive -j- Jésus !
[Mars 1687.] Je n'ai pu, mon très cher frère, me mortifier jusqu'à ce point que de laisser passer une occasion si favorable, sans
1. Ces cinq mots arrêtés, clans le Ms. 6, par etc. montrent que la lettre n'a pas été copiée jusqu'au bout, dans le Ms. 6, et que le texte se continuait par tout le morceau ou une partie du morceau ci dessous, pris à A et B : « Je ne vous oublie pas en sa sainte présence, ni toutes les intentions que vous me marquez ; et je ne peux m'empêcher de vous témoigner la joie que mon cœur a du plaisir que Si. votre Confesseur1, votre très honorée Mère2, et votre Charité donnent à mon Seigneur Jésus-Christ, par le zèle que vous avez de le faire connaître et aimer. Continuez, ma chère Mère, car, par ce moven, vous vous rendrez, devant ce sacré Cœur, un parfum de suavité.
« Pour répondre à ce que vous me dites dans votre dernière, — celle-ci étant commencée avant que nous l'ayons reçue, — il me semble que toutes mes prières et tout ce que je peux faire ne tend qu'à ce seul but, d'établir le règne du sacré Cœur; et maintenant d'obtenir l'entérinement de la requête que vous avez à Rome pour ce sujet. Je ne manque pas d'y intéresser la très sacrée Vierge, et notre bienheureux Père La Colombière, lequel, j'espère, nous y sera d'un très grand secours ; car [si vous tenez sa place sur la terre, je crois qu'il tient aussi la vôtre dans le ciel, pour aimer et glorifier ce divin Cœur.]3 J"espère toujours que nous obtiendrons ce que nous souhaitons pour la gloire de cet aimable Cœur, à moins que mes grandes infidélités n'y mettent obstacle. Si la chose ne réussit pas, n'en attribuez la cause qu'à mes péchés, nonobstant lesquels je ne laisse pas de vous offrir souvent au sacré Cœur. Priez-le aussi pour moi, je vous en conjure, ainsi que de me croire toute à vous dans l'amour de ce sacré Cœur. »