LETTRE LXIV
Vive y Jésus !
Il semblait, ma toute chère Mère, qu'il manquait quelque chose à ce que notre souverain Maître exige de son indigne
1. Cette lettre manque à nos vieux manuscrits. Nous la donnons,
esclave, s'il n'y avait encore ajouté le sacrifice du silence auprès de Votre Charité, n'osant plus vous écrire à cause de la grande confusion que je ressens du retardement de la planche des images de son adorable Cœur. Vous ne sauriez croire combien cela m'a fait et me fait encore souffrir. Je n'en attribue la cause qu'à mes péchés, qui me rendent indigne de rendre aucun service à ce divin Creur, auteur de toute sainteté. Je ne sais donc plus que vous en dire, sinon peut-être que non-seulement il veut que vous les payiez, mais que vous les fassiez faire vous-même, selon qu'il vous l'inspirera. Et j'ai pris cette pensée dans la peine que je souffre de n'en pouvoir apprendre aucune nouvelle, ce Père qui m'avait promis d'y faire travailler étant fort éloigné. Mandez-moi, s il vous plaît, votre pensée, et si vous la pouvez faire faire: nous vous renverrions l'argent. Que j'aurais de joie si cela se pouvait! Et je vous avoue qu'il n'y a point de peines ni de tourments qui ne me semblent doux pour le faire régner, selon son désir, dans tous les cœurs de ses créatures; et pour cela j'embrasserais de tout mon cœur les supplices de l'enfer, ôté la privation de l'aimer. Ce m'est une douce consolation de parler à un cœur qui l'aime, et qui en est aimé si tendrement que je ne puis m'empêcher de le regarder comme celui d'une de ses plus fidèles amies, à laquelle nous présentons ce petit livret1 que la mère de Soudeilles a fait imprimer, après que quelques personnes de considération, et que je ne connais pas, lui eurent fait présent des litanies de ce sacré Cœur, de l'amende honorable
conformément aux éditions précédentes, en retranchant toutefois la dernière partie qui appartient à la lettre 65e et que nous lui avons . restituée. Il y est question de la confusion de la Bienheureuse en se voyant clairement désignée dans le « court exposé » du livret de la Mère de Soudeilles.