LETTRE LXIX
A LA MÈRE LOUISE-HENRIETTE DE SOUDE1LLES, A MOULINS ' (L'autographe est au monastère de Nevers.)
De notre monastère de Para}-, ce 8 avril 1687.
Ma très honorée Mère,
Si je me fais bien du plaisir de vous envoyer les livres que vous souhaitez, je n'en ai pas moins de voir l'estime que vous en faites. Je crois que quand Votre Charité les aura vus, ces bons sentiments ne diminueront pas. Mais j'espère que vous en saurez mieux profiter que moi, qui suis si infidèle à la grâce que je ne sais comme la bonté du sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne se lasse de mes ingratitudes. Je vous avoue, ma chère Mère, que je me sens pourtant une sensible joie de savoir que ce divin Cœur est aimé et honoré dans votre communauté, pour laquelle j'ai une estime et affection toutes particulières; et je m'estimerais heureuse d'avoir quelque part en leur souvenir devant ce sacré Cœur ; et je vous suis bien obligée de l'assurance que Votre Charité me [donne] de ne m'y pas oublier, et de vouloir bien continuer l'union qu'il a faite de nos cœurs. C'est de tout le mien que je suis toute à vous dans son saint amour.
S1' M.-M. d. 1. V. Ste-M. — D. S. B.
1. La dévotion au sacré Cœur se développe de jour en jour dans le monastère de Moulins. La Bienheureuse en favorise de tout son pouvoir les consolants progrès, surtout au moyen des livres du Père de La Colombière, auxquels son humilité eût voulu attribuer tout le succès d'une si glorieuse mission. Cinq lettres paraissant toutes écrites dans le courant de cette même année 1687 n'ont pas d'autre motif que les envois de ces ouvrages, ou les félicitations adressées à la Mère de Soudeilles par l'humble apôtre du Cœur de Jésus.
Vous aurez la bonté de nous marquer combien vous voulez de livres de la Retraite du R. P. La Golombière ; car de ce que vous nous marquez d'argent, je crois que peu s'en manquera qu'il n'y en ait pour en avoir trois.
Si je ne me donne l'honneur de répondre à la chère sœur de La B., ce sera à la première occasion ' .
La suscription porte : « Pour la très honorée Mère de Moulins. »