LETTRE LXXIX
A LA MÈKE DE SOUDE1LLES, A MOULINS L'autographe est au monastère de Ne vers.
Vive y Jésus !
Vers la lin de 1687.
Il est vrai, ma très honorée Mère, que vous renouvelez et augmentez ma joie autant de fois que vous m'apprenez de nouveaux progrès de la dévotion du sacré Cœur de notre bon Maître, lequel, comme j'espère, ne laissera pas votre zèle à le faire connaître, aimer et honorer, sans récompense; et puis j'estime que l'on l'est toujours assez lorsqu'il nous juge digne de lui rendre quelques services puisque c'est la source inépuisable de tout bien et dans laquelle l'amour nous fait trouver tout ce dont nous avons besoin. Je crois, ma très aimée Mère, qu'il vous y fait souvent puiser le trésor de la Croix, par les visites douloureuses qu'il vous fait pour vous unir de plus en plus à lui, qui est tout ce que nous devons prétendre dans le temps et l'éternité. Mon Dieu ! ma chère Mère, qu'il y a de bonheur de souffrir icibas avec amour ! Je ne laisse pourtant de lui demander le rétablissement de votre santé, dans l'accomplissement de sa volonté, et de le prier pour votre conservation, puisqu'il
vous a rendue utile à sa gloire. Continuez, ma chère Mère, à étendre son règne, et ne m'oubliez pas en sa présence, puisque c'est la vérité que j'en ai un extrême besoin, parmi lequel je ne laisse de conserver pour Votre Charité tous les sentiments d'estime, de respect et d'affection dont je suis capable dans le sacré Cœur de notre bon Maître, dans l'amour duquel je suis toute à vous.
Sr M.-M. D. L. V. Sle-M. — D. S. B.
La suscription porte : « Pour la très honorée Mère de notre monastère de Moulins. »