‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 14 sur 284 · Le signe de la parenthèse indiquera les passages inédits · texte numérisé non relu

Le signe de la parenthèse indiquera les passages inédits

n'aurais plus de peine à me surmonter. Je lui dis : « 0 mon « divin Sauveur, mettez-l'y si avant et l'y ferme/ si bien « que jamais elle n'en sorte ! » Depuis, je me sentis plus de force pour me vaincre et que rien, à l'avenir, ne me semblerait difficile.

3. n.-s. Tjn jour> après la sainte communion, en faisant mon Marguerite* action de grâces avec un ardent désir de faire quelque

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munauté. afm qu'Q fût glorifié de toutes ces âmes .' un même

temps, je lui offris mon âme et tout mon être pour en faire selon sa volonté; quand mes peines devraient durer jusqu'au jour du Jugement, pourvu qu'il fût glorifié, j'en serais contente. A l'oraison, je le priai de me faire connaître le moyen de contenter le désir que j'avais de l'aimer. Il me fit voir que l'on ne lui peut mieux faire voir son amour qu'en aimant le prochain pour l'amour de lui et que je devais réemployer à en procurer le salut et qu'il fallait oublier mes intérêts pour épouser ceux du prochain dans mes prières et dans tout ce que je pourrais faire de bien, par la miséricorde de Dieu. Et, ne sachant ce que cela voulait dire, il me fit connaître que c'était le rétablissement de la charité qu'il demandait, puisque, par les manquements que l'on y avait faits, l'on s'était séparé de lui, qui est la charité même, et que ces membres à demi pourris et prêts à être coupés lui faisaient de grandes douleurs et que, si ils n'avaient pas reçu leur châtiment, que ce n'était que par l'intercession de sa sainte Mère, à qui je devais avoir une grande dévotion. Je remerciai sa bonté de la grâce qu'il nous avait faite par l'intercession de cette sainte Mère et fus si vivement touchée de cela que j'aurais bien accepté toutes sortes de peines, même celle du purgatoire, pour jusqu'au jour du Jugement, pour satisfaire à sa bonté et accomplir ce qu'il désirait de moi.

Comme il me semblait de perdre le temps à l'oraison, 4. Quei-

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parce que je demeurais souvent sans me pouvoir appliquer de ses oraià mon point d'oraison et dans une impuissance si grande que je sentais mon cœur comme saisi de la présence de Dieu, sans autres mouvements ni affections que d'aimer mon Dieu et un désir bien grand de souffrir pour ce même amour, j'ai fait mon oraison (de deux ou trois paroles comme celle-ci : « Non, mon Dieu, jamais je ne vous résis- « terai ! ») Et, d'autres fois, je l'ai faite en répétant ces paroles : « lime suffit queje sois comme vous le voulez, ô « mon Bien-Aimé (en votre présence). » Et, une fois, je disais : « Oh ! qu'il est beau le Bien-Aimé de mon âme ! « pourquoi ne le peux-je pas aimer (parfaitement)? »

Une fois, me plaignant à Notre-Seigneur de ce que je 5. « sourdemeurais sans rien faire à sa sainte présence, j'entendis et aveugle! ce reproche intérieur : « Si je te veux en ma présence sourde, sen^e Pde ! « muette et aveugle; n'en dois-tu pas être contente? » (Je demeurai satisfaite pour cette fois.)

a Pendant ma solitude l, ce divin Jésus me fit bien con- 6.n.s. ne naître (que toutes ces inquiétudes ne provenaient que de la cunerecheJ- ! recherche de moi-même, qui me mettait en danger de le nefiePeri [perdre en me perdant par ma trop grande curiosité), me I disant que : lorsqu'il fait sa demeure dans une âme, il vouf lait un entendement sans curiosité, un esprit sans jugejment et un jugement sans volonté et un cœur sans mouvetments autres que ceux de son amour. En même temps, je

a) Ms. 3 : « Mais comme il me venait souvent des inquiétudes flque je perdais mon temps, et je m'en plaignais souvent aux • personnes qui me conduisaient, il me disait qu'il fallait demeurer ainsi puisque Dieu le voulait, et une fois pendant ma soli- Itude... »

i. La Bienheureuse parle sans doute, ici, de sa retraite de profes- Ision. On se souvient qu'elle prononça ses vœux le 6 novembre 1672. |A la Visitation, l'usage est de faire précéder la profession d'une [[retraite ou solitude de dix jours.

m'offris à sa bonté, me mettant dans une entière dépendance et soumission (à sa volonté, proposant de ne lui point faire de résistance).

mi7téà°iésus ^e Jour des Trépassés *, m'étant mise devant le saint cruciflé. Sacrement pour lui faire amende honorable de l'abus que j'ai fait de ses grâces, tant [dans] l'usage des sacrements que dans l'oraison, m'immolant à sa volonté, lui demandant de recevoir le sacrifice d'holocauste que je désirais lui faire, le suppliant de l'unir au sien, il me dit: « Sou- « viens-toi que c'est un Dieu crucifié que tu veux épouser ; « c'est pourquoi il te faut rendre conforme à lui, disant « adieu à tous les plaisirs de la vie, puisqu'il n'y en aura « plus pour toi qu'il ne soit traversé de la croix. » a'ùnevicti- M'étant mise à considérer ce divin Sauveur sur la Croix ™^,^o^if où il est mort pour tous, il me dit qu'il fallait m'attacher à

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DieuStlCede ceUe qu'il me donnerait, qui serait si rude que, si je n'étais soutenue de son bras, qu'il me serait impossible d'y rester (et qu'il m'avait amenée dans cette maison pour satisfaire) à sa justice qui était irritée et qu'il ne pouvait être apaisé que par le sacrifice d'une victime. (Cela me jeta dans une grande crainte, ne sachant ce que cela voulait dire. Je lui dis avec confiance) : « Mon Dieu, faites-moi connaître ce qui irrite votre justice. » Il me semble qu'il me disait que c'étaient des péchés cachés aux yeux des créatures et qui ne le pouvaient être aux siens ". (Et, ne connaissant pas si toutes ces choses étaient des productions de la nature ou,

peut-être, du démon qui voulait m'épouvanter Mais, je

demeurai soumise à Dieu et à mes supérieures, étant résolue de mourir plutôt que de manquer à faire ce qu'elles m'ordonneraient.)

a) Ms. 3 : « Notre saint Fondateur disait à cette divine bonté qu'il voudrait pouvoir faire pénitence jusqu'au jour du Jugement pour satisfaire aux péchés de toutes ses filles. »

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