‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 151 sur 284 · A SON FRÈRE, CURÉ DU BOIS-SA1NTE-MARIE · texte numérisé non relu

A SON FRÈRE, CURÉ DU BOIS-SA1NTE-MARIE

Vive y Jésus !

[Mars 1 689

Je profite avec plaisir de cette occasion sûre pour vous assurer de ma parfaite estime et pour vous dire que j'ai reçu la vôtre ; mais vous ne m'y marquez point si vous avez reçu trois petits livres du sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ que je vous envoyais'-'. Je crains qu'ils ne soient perdus. En voilà un de ceux qu'on imprime nouvellement à

1. Cette lettre est sans date dans le Ms. 8. A et B lui assignaient pour date : « vers le mois de mars 1689 ». Nous sommes en mesure de justifier cette indication. Et comme il paraît bien que la précédente lettre à sœur de la Barge est de la même époque, puisqu'il est question dans l'une et dans l'autre des mêmes petits livres de la dévotion au sacré Cœur que la Bienheureuse avait reçus de Moulins et envoyés immédiatement à son frère, il en résulte qu'en prouvant que la lettre à M. le curé Alacoque est de 1689 nous ferons la même preuve pour la lettre à sœur de la Barge.

La Bienheureuse envoie à son frère, avec les livrets de Moulins, un des petits livres « qu'on imprime nouvellement à Dijon ». Or, on a découvert récemment à la Visitation de Nevers ce précieux livret de Dijon si longtemps introuvable. Il porte, comme date de la permission « d'imprimer et de débiter », le 26 février 1689. Il ne comptait que 44 pages : le tirage ne dut pas être long et la Bienheureuse a pu en avoir des exemplaires dans le courant de mars. Ajoutons que si la lettre à M. le curé Alacoque eût été écrite aux environs de Pâques 1690, la Servante de Dieu n'aurait pas manqué de parler à son frère de leur commune belle-sœur, Mme Alacoque, du Bois- Sainte-Marie, alors gravement malade. De plus, elle aurait envoyé de préférence à son frère le petit livre de Lyon, publié par le P. Croiset depuis le mois de juin 1689. Dans tous les cas, elle n'aurait pas qualifié le livret de Dijon : « un des petits livres qu'on imprime nouvellement. »

2. Les petits livres de Moulins, comme on l'a vu dans la lettre précédente.

Dijon que je vous offre. Vous y trouverez la messe du sacré Cœur ; mais il n'y a encore que le diocèse de Langres qui ait la permission du Saint-Siège apostolique d'en dire la sainte messe, le vendredi d'après l'octave du très saint Sacrement. Vous vous plaignez, mon cher frère, de ce que je ne vous marque rien au sujet du bon monsieur Desholmes *. Hélas ! que vous en pourrais-je dire, sinon qu'il faut l'exhorter à la patience dans son mal, puisque ce n'est pas la volonté de Dieu de l'en délivrer pour le présent ; mais il faut qu'il tâche d'en faire un bon usage, puisque je pense que Notre-Seigneur ne le tient en cet état affligeant que pour la sanctification de son âme. Ainsi, il se faut soumettre à la volonté de Dieu et baiser la main qui nous frappe, en

1. Les registres du Bois-Sainte-Marie mentionnent souvent le nom de Desholmes à cette époque. On y trouve, à la date du 18 avril 1662, « Maître Claude Desholmes, fds de feu maître Claude Desholmes, vivant notaire royal et procureur fiscal de la châtellenie du Bois- Sainte-Marie et damselle Étiennette Mazuyer. »

Le 29 septembre 1686, il est parrain et Étiennette Mazuyer, nièce et filleule de la précédente, marraine d'Étiennette de la Métherie, fille de Barthélémy de la Métherie et d'Anne Mazuyer.

Anne et Etiennette Mazuyer étaient les deux sœurs, cousines germaines de Claude Desholmes.

Le 24 novembre 1689, il signe encore au baptême de Jean de la Métherie.

Le 29 mai 1693, c'est-à-dire quatre ans après la date de la lettre ci-dessus, il est encore parrain avec Etiennette Mazuyer, sa cousine, que Chrysostome Alacoque, frère de la Bienheureuse, devait épouser en secondes noces, moins d'un an plus tard, le 31 janvier 1694.

On ne trouve pas l'acte de sa sépulture ; mais, le 21 janvier 1700, Marguerite Bertrand qui est marraine de Marguerite Alacoque, 6e enfant du second mariage de Chrysostome, Barthélémy de la Métherie étant parrain, est qualifiée de « veuve de feu M. Claude Desholmes ».

Nous croyons que c'est de lui que parle ici la Bienheureuse, à cause des relations de ses frères avec lui, relations qui devaient bientôt se resserrer par une alliance. Nous avons tenu aussi à donner ces détails parce que M. Claude Desholmes, comme on l'a vu, était cousin par alliance avec M. Barthélémy de la Métherie, un aïeul de Son Em. le cardinal Perraud par la ligne maternelle.

Marguerite-Marie Alacoque. — II. 28

pensant qu'il vaut beaucoup mieux souffrir en cette vie qu'en l'autre, puisque un moment de souffrance bien prise pour l'amour de Dieu vaut le prix d'une éternité bienheureuse, comme vous le savez. Enfin, mon cher frère, la vie ne nous est donnée que pour souffrir et l'éternité pour jouir, etc.

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