‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 171 sur 284 · Madame de Montrouan, supérieure des Ursulines de Paray · texte numérisé non relu

Madame de Montrouan, supérieure des Ursulines de Paray

A côté de la Visitation s'élevait, depuis 1644, un monastère

l'ordre de Sainte-Ursule. Marguerite-Marie n'y était pas inconnue

que vous venez de faire, que j'ai ressentie vivement, par rapport à l'estime et considération que j'ai pour vous, que je chéris très sincèrement dans le Cœur de notre adorable Sauveur. Votre lettre m'a donné lieu de bénir et remercier Notre-Seigneur de vous voir si soumise à sa sainte volonté, dans une occasion aussi sensible que celle-ci, qu'il n'y a que lui-même qui peut vous adoucir cette affliction. Vous ne sauriez croire combien j'ai admiré la miséricorde de Dieu à l'égard de cette chère défunte, de lui avoir donné de si bons sentiments pour se préparer à la mort. La dernière fois que j'eus l'honneur de la voir, elle me dit qu'elle ne voulait plus s'appliquer qu'à la grande affaire de son salut, et qu'elle ne se souciait plus des choses de la terre. C'est ce qui vous doit bien consoler, et modérer votre juste douleur que je ressens vivement, par la part que je prends à tout ce qui vous touche, et par la tendre et sincère amitié que j'avais pour cette chère défunte. Vous ne sauriez croire

, combien le Seigneur l'avait mise avant dans mon cœur.

i Consolons-nous, ma chère Mère ; j'espère qu'elle sera notre avocate dans le ciel. Hélas ! qu'elle est heureuse d'être dehors de cette misérable vie, où il n'y a que peine et affliction d'esprit de se voir toujours dans le péril de son salut par le péché, qui est le plus grand mal de l'âme.

Vous avez bien raison, ma chère Mère, de ressentir la pesanteur de votre charge. A la vérité, si celui qui l'impose n'aidait à la porter, il serait difficile de s'y pouvoir sauver ;

plusieurs des religieuses qui le composaient ou qui y entrèrent plus tard, avaient été ses élèves, et toujours sa correspondance y était accueillie avec vénération.

La tradition de la Visitation de Paray a conservé le fidèle souvenir de cet agréable voisinage. Jusqu'au jour où l'orage révolutionnaire (dispersa les humbles servantes de Jésus-Christ, les meilleures relations cimentèrent de part et d'autre la douce union des deux communautés. Mais les filles de Sainte-Ursule ne revinrent pas dans leur premier asile; elles sont remplacées par les sœurs du Saint-Sacrement, de la congrégation d'Autun.

mais j'espère que le sacré Cœur de Jésus-Christ sera la force du vôtre, et que Dieu sera glorifié dans la peine que vous v prendrez. Travaillez donc courageusement dans la vigne du Seigneur, sans vous lasser, car c'est en cela qu'il a attaché le prix de votre couronne, et à vous oublier vousmême et tous vos intérêts, pour ne plus penser qu'à l'augmentation de sa gloire dans l'emploi qu'il vous a confié. Ne craignez pas pour cela qu'il vous oublie, non; parce qu'il prend un soin particulier des âmes qui s'abandonnent à lui avec confiance, comme vous le savez mieux que moi. C'est dans le sacré Cœur de Notre-Seigneur où je vous vois souvent, votre àme étant très chère à la mienne, qui vous demande un peu de part dans vos saintes prières, et de lui recommander quelquefois mes misères intérieures, qui, à la vérité, sont plus grandes que je ne puis vous les exprimer. Je suis assurée que si elles vous étaient connues, la compassion que vous en auriez vous exciterait à demander miséricorde pour moi, et la grâce d'une parfaite conversion à Dieu, en la présence duquel je ne vous oublie pas, puisque je suis toute à vous en son saint amour. — Votre, etc.

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