A UNE AUTRE VIOLEMMENT ÉPROUVÉE PAR LES TENTATIONS
Consolez-vous et combattez généreusement, car j'espère [ue le souverain Pasteur ne perdra pas sa chère brebis et ie la laissera pas dévorer parle loup infernal, auquel il ne ermet de nous combattre que pour avoir sujet de nous
f. A et B joignent cet avis an précédent sous le nj XXVI.
récompenser et se rendre lui-même le prix de nos victoires. Nous ne devons jamais nous décourager ni laisser aller à l'inquiétude. Si nous sommes fidèlement humbles, elles nous élèveront autant devant Dieu qu'elles nous humilieront dans nous-mêmes. J'espère cela de la bonté de Notre-Seigneur, qui ne laisse cet ennemi dans nous qu'afin que nous veillions continuellement sur nous en nous tenant toujours sur nos gardes, afin que il ne nous surprenne. Ayons recours à l'adorable Cœur de Jésus. Embrassez votre crucifix si vous êtes seule — sinon, serrez votre croix sur votre poitrine et dites : « 0 mon Sauveur, c'est pour vous protester que « c'est de tout mon cœur que je déteste et désavoue tout « ce qui se passe en moi de contraire à votre saint amour « et que j'accepterais plutôt mille fois la mort que d'y don- (( ner aucun consentement volontaire. Ne le permettez pas, « ô mon Dieu ! anéantissez-moi plutôt. Soyez ma force, « combattez pour moi; je ne refuse pas la bataille, pourvu « que vous soyez ma défense, afin que je ne vous offense « pas, puisque je suis et veux être toute à vous sans « réserve. Et je désire et entends vous faire autant de fois « protestation de ma fidélité pour tout ce que je viens de <( dire que de fois je toucherai notre croix ou que je mettrai « la main sur mon cœur, qui vous dit, par toutes ses res- « pirations, mouvements ou soupirs, qu'il ne veut rien « aimer que vous et qu'il s'abandonne totalement et irré- « vocablement à votre amour. Et toutes les fois que 1 je « baiserai votre Croix, c'est pour vous témoigner, ô mon « souverain Bien, que j'accepte de bon cœur toutes les « dispositions où il vous plaira de me mettre et que je ché- « ris ma croix pour l'amour de celui qui me la donne ne « souhaitant que l'accomplissement de sa sainte volonté. » Mais, au nom de Dieu, ne nous amusons point à tant
1. Les deux ou trois lignes précédentes ne se trouvent que dans le Ms. 7. Il y a sans doute un oubli de copiste dans le Ms. D 1 et dans le Ms. sur lequel a été faite la traduction italienne.
| réfléchir sur nos peines, ni quand nous les sentons, ni | quand elles sont passées. Ne les regardons que le moins que nous pourrons, car elles n'ont jamais moins de pouvoir là nous nuire que par le mépris, en ne faisant pas semblant de les voir ni écouter. Mais, dans le fort de votre sentiment, adressez-vous à Notre-Seigneur par paroles, ou quand ce jne serait qu'en le regardant avec une humble confiance, pour lui témoigner que vous attendez tout de sa bonté.
Ne vous attachez point aux douceurs spirituelles, parce ,que cela ne dure guère ; mais cherchez Dieu par la foi et pensez qu'il ne mérite pas moins notre amour en nous affligeant que en nous consolant. Et s'il vous donne des idouceurs, il faut penser que c'est pour vous disposer à boire quelque goutte de son calice, par la mortification ou 'autrement. Et quand vous aurez fait des fautes, ne vous troublez pas, parce que le trouble et l'inquiétude et le trop d'empressement éloignent notre âme de Dieu et chassent Jésus-Christ de nos cœurs. Mais en lui demandant pardon, orions son sacré Cœur de satisfaire pour nous et nous '•émettre en grâce avec sa divine Majesté.
Faites en sorte de ne point perdre de communion, parce ime nous ne saurions donner une plus grande joie à notre j-nnemi qu'en nous retirant de Celui qui lui ôte tout le pouvoir qu'il a sur nous.
Pour toutes ces pensées de vanité, il n'en faut faire nul itat, mais dire à cet esprit de Satan, lorsque il vous en juggère en quelqu'une de vos actions: « Maudit Satan, je
te renonce, toi et tes mauvaises suggestions ! Je n'ai pas I commencé pour toi ; je ne finirai pas pour toi ! » 1 Mais surtout, soyez attentive à ne vous pas excuser. Et jrsque vous en aurez envie, dites-vous à vous-même : : Mon Jésus, qui était l'innocence même, ne s'est pas , excusé — et moi, qui ne suis qu'une criminelle, aurais-je | bien le courage de le faire ? » Souvenez-vous de ne jamais ésapprouver, ni accuser ou juger que vous-même, afin
que votre langue, qui est destinée à la louange du Seigneur et qui lui sert si souvent de planche pour le conduire à A^otre cœur, ne devienne pas l'instrument de Satan pour empoisonner votre âme.
Retranchez de votre esprit toute prétention de faire plus ou moins que ce qui est compris dans nos saintes Règles et Constitutions. N'en négligez rien, car c'est par là seulement que nous pouvons gagner le Cœur de l'adorable Jésus.
Vive -J- Jésus !