‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 22 sur 284 · C'est sainte Chantai qui parle · texte numérisé non relu

C'est sainte Chantai qui parle

te

« liations, puisqu'elles ne doivent triompher que par « la Croix. Que l'on retranche toute prétention de faire « plus ou moins a. C'est le plus efficace moyen que « nous avons de nous relever de nos chutes que le « sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et notre saint Fondateur l'a obtenu à notre Institut pour l'em- « pêcher de succomber sous les artifices d'un esprit

< étranger, plein d'orgueil et d'ambition, qui ne cherche

< qu'à renier l'esprit d'humilité et de simplicité qui est le

< fondement de l'édifice que Satan ne cherche qu'à renver- « ser, ce qu'il ne pourra faire, ayant ce sacré Cœur pour « défenseur et pour soutien. »

Une fois, m'ayant été commandé de prier pour quelque 48. Repon-

, . se pour une

sujet que 1 on ne me dit pas, étant à 1 oraison sans penser personne

i , , . . . J . . qui avait re-

à ce que 1 on m avait dit, mon Dieu me tenant très étroite- commandé

... . . une affaire

ment unie à lui, mit tout mon intérieur en silence pour me aux prières

,. . . de la Ser-

faire entendre sa divine voix et commencer à exécuter lavante de

,., .„.., . . ., Dieu.

promesse qu il ma fait d avoir soin de ce que 1 on recommanderait à mes indignes prières. Après m'avoir donc fait connaître sa volonté sur quelqu'autre sujet, il me dit ensuite que je devais dire à celle qui m'avait recommandé cette affaire qu'elle ne s'en devait pas mettre en peine, parce que c'était sa main très libérale qui récompenserait tout le zèle qu'il avait de la gloire de son très saint nom, auquel il devait augmenter et persévérer, vu que sa grâce ne lui serait pas refusée et qu'il les fallait recevoir comme ivenant de la main de Notre-Seigneur et non de celle des (Créatures, lesquelles, s'il regardait et laisser couler l'esprit humain, l'ambition s'y joindrait bientôt, et, Dieu retirant sa grâce et son secours, il se verrait bientôt en danger de se perdre.

Avant été quel temps dans de grandes souffrances, Notre- 49. n s.

. l . . ° . lui donne

Seigneur me vint consoler, me disant : « Ma fille, ne pour « <".ai-

° ' ' dien fidèle »

u) Ms. 3 : « que ce que les observances marquent. »

unespiitcé- « t'afflige pas, car je te veux donner un gardien fidèle qui

leste qui , , . , *

l'assiste en « t accompagnera partout et t assistera dans toutes tes

tout et par- .•.,•,• . A

tout. « nécessites" intérieures et qui empêchera que ton ennemi

<( ne se prévaudra point * de toutes les fautes où il croira « de te faire tomber par ses suggestions qui retourneront à « sa confusion » : grâce qui me donne une telle force qu'il me semble n'avoir plus rien à craindre, car ce fidèle gardien de mon âme m'assiste avec tant d'amour, qu'il m'affranchit de toutes ces peines. Mais je ne le voyais que lorsque mon Seigneur me cachait sa présence sensible pour me plonger dans les douleurs très rigoureuses de sa sainteté de justice. C'était alors qu'il me consolait par ses familiers entretiens, me disant une fois: « Je vous veux dire qui je « suis, ma chère Sœur, afin que vous connaissiez l'amour « que votre Epoux vous porte. Je suis un des sept Esprits « qui sont les plus proches du trône de Dieu et qui partice cipent le plus aux ardeurs du sacré Cœur de Jésus-Christ, « et c'est à dessein de vous les communiquer autant que « vous en serez capable de les recevoir. » Une autre fois, il me dit qu'il n'y avait rien de plus sujet à l'illusion et à la tromperie que les visions et que c'était par là que le démon en avait séduit plusieurs, se déguisant en ange de lumière pour leur donner mille fausses douceurs, et que, souvent, il tâcherait de prendre sa place pour me surprendre ; mais qu'il serait chassé par ces paroles : « Per\ signum crucis » et le reste du verset que je devais dire, afin de n'être pas trompée.

Une autre fois, il me dit : « Prenez bien garde qu'au- « cune grâce et caresse familière que vous recevez de notre « Dieu ne vous fasse oublier de ce qu'il est et de ce que <t vous êtes ; car, autrement, je tâcherais moi-même de vous « anéantir. » Une autre fois que l'on me voulait faire prendre quelqu'intrigue pour un mariage, je le vis aussi-

a Ms. 3 : « extérieures » — b) Id. : « à l'encontre de toi. »

ÉCRITS PAR ORDRE DE LA MÈRE DE SAUMAISE lo9

tôt prosterné sur sa face, ce qui fut cause que je ne pouvais répondre à ce que l'on m'en disait, et, lui en ayant demandé le sujet, il médit que: cela était si odieux dans le cœur d'une épouse de Jésus-Christ et qu'il en avait tant d'horreur, qu'il s'était prosterné devant lui pour lui en demander pardon. Et lorsque mon Seigneur m'honorait de sa divine présence, je n'apercevais plus celle de mon saint ange. Lui en ayant demandé la raison, il me dit que, pendant ce temps-là, il était prosterné dans un profond respect par hommage à cette grandeur infinie, abaissée à ma petitesse; et, en effet, je le voyais ainsi, lorsque jetais favorisée des caresses amoureuses de mon céleste Époux. Je le trouve toujours prêt à m'assister en mes nécessités, ne n'ayant jamais rien refusé de ce que je lui ai demandé. !Une fois que mon saint ange s'était retiré de moi, je commis une faute de fragilité et ces paroles me furent dites intérieurement: « C'est moi qui l'ai voulu ainsi, afin qu'en faite sant pénitence tu me représentes Celui auquel je prends l« mon bon plaisir plongé dans la douleur mortelle de son « agonie au jardin des Olives, et que, continuellement, tu [« me l'offres, t'unissant à lui pour satisfaire à mon juste |« désir. »

Une fois, ayant vu en songe une religieuse décédée depuis 50. Elle longtemps, qui me dit qu'elle souffrait beaucoup en pur- me dune regatoire, mais que Dieu lui venait de faire «souffrir une peine purgatoire" ^incomparable, qui était la vue d'une de ses parentes, précipitée dans l'enfer. Et, m'éveillant sur ces paroles, avec de si grandes peines qu'il me semblait qu'elle m'avait imprimé les siennes, sentant mon corps si brisé que je ne me [remuais qu'avec peine b. Mais, comme l'on ne doit pas proire aux songes, je n'y faisais pas grande réflexion, mais

a Mss. 3 et 9 : « Sentir une douleur qui surpassait toutes es autres, qui était la vue d'une de ses (proches) parentes. » |j— b) Id. : « la sentant sur mes épaules comme un fardeau inupportable. »

elle me pressait si fort quelle ne me donnait point de repos, me disant incessamment : « Priez Dieu pour moi. Offrez-lui <( vos souffrances unies à celles de Jésus-Christ, pour sou* « lagerles miennes. Donnez-moi tout ce que vous ferez jus- « qu'au premier vendredi de mai, que vous communierez « pour moi, » ce que je fis avec le congé de ma supérieure. Mais, ma peine s'augmenta si fort qu'elle m'accablait, sans pouvoir trouver de soulagement ni de repos, car, l'obéissance m' ayant fait retirer pour en prendre, je ne fus pas si tôt au lit, qu'il me semblait l'avoir proche de moi, qui me disait ces paroles : « Te voilà dans ton lit, bien à ton aise, « regarde-moi, couchée dans un lit de flammes, où je souffre « des maux intolérables. » Et, me faisant voir cet horrible lit qui me fait frémir toutes les fois que j'y pense, car le dessous était de pointes aiguës qui étaient tout en feu et lui entraient dans la chair, me disant que c'était à cause de sa paresse et négligence à l'observance de ses Règles et infidélité à Dieu : « On me déchire le cœur avec des peignes « de fer tout ardents — qui est ma plus cruelle douleur — « pour les pensées de murmure et de désapprouvement « dans lesquelles je me suis entretenue contre mes supé- « rieures, et ma langue, mangée de vermine0, est pour « punir mes paroles contre la charité que j'ai dites. Et, « pour mon peu de silence, voilà ma bouche * toute ulcé- « rée. Ah ! que je voudrais bien que toutes les âmes con- « sacrées à Dieu me pussent voir dans cet horrible tomv « ment ! Si je leur pouvais faire sentir la grandeur de mes « peines et de celles qui sont préparées à celles qui vivent « négligemment dans leur vocation, sans doute qu'elles « y marcheraient bien avec une autre ardeur dans l'exacte « observance et se garderaient bien de tomber dans les « défauts qui me font tant souffrir ! » Tout cela me faisait

a) Ms 3 et 9 : (« et que l'on m'arrache continuellement ») b) là. : « et mes lèvres tout enflées et rongées d'ulcères). »

fondre en larmes. On me voulait donner quelques remèdes. Elle me dit : « L'on pense bien à te soulager dans tes

« maux, mais personne ne pense à alléger les miens

« Hélas ! un jour d'exactitude au silence, de toute la Com- « munauté, guérirait ma bouche ulcérée ! Un autre, passé « dans la pratique de la charité, sans faire aucune faute « contre icelle, guérirait ma langue; et un troisième, passé k sans faire aucun murmure ni désapprouvement contre la I supérieure guérirait mon cœur déchiré. » Après avoir fait la communion qu'elle m'avait demandée, elle me dit que ses horribles tourments étaient bien diminués, car on Un avait dit une messe à l'honneur de la Passion, mais qu'elle était encore pour longtemps en purgatoire, où elle souffrait les peines qui sont dues aux âmes qui sont tièdes au service de Dieu. Je me trouvai affranchie de mes peines, quelle m'avait dit qui ne diminueraient point qu'elle ne [fût soulagée.

Vive Jésus! Un jour de saint Francs, à mon oraison, 5, Saint JNotre-Seigneur me fit voir ce grand saint revêtu d'une Ï'as^s^ lumière et splendeur incompréhensibles et élevé en un très ?™s^ haut et émment degré de gloire, au dessus des autres saints gs eft I cause de la conformité qu'il a eue à la vie souffrante de ™TctX' notre divin Sauveur, la vie de nos âmes et l'amour de nos &n?e II coeurs, et de l'amour qu'il avait porté à sa sainte Passion, Dieu'qui avait attiré ce divin amant crucifié à s'imprimer en lui bar l'impression de ses plaies sacrées, ce qui l'avait rendu ■un des plus aimés favoris de son sacré Cœur, qui lui a donné un grand pouvoir d'obtenir l'application efficace du •mente de son Sang précieux, le rendant, en quelque façon distributeur de ce divin trésor. Il lui donne un grand pouvoir d'apaiser la divine justice, lorsqu'étant irritée contre

1. A et B donnaient à ce morceau la date du 4 octobre 1686 Nous pensons, ainsi qu'on la noté dans la Vie de la Bienheureuse Marque-

K iona™ daC°qUï pubUée Par le mon*stère de Paray-le-Monial,

en 1909, p. 65, qu d se rapporte plutôt au i octobre 1673.

Marguerite-Marie Alacoque. — II. (J

les pécheurs a, il s'expose à cette divine colère d'un Dieu irrité comme un autre lui-même, dedans son Fils crucifié, pour l'amour duquel il fait souvent céder la rigueur de sa justice à la douce clémence de sa miséricorde ; mais, tout particulièrement pour les religieux déchus de leur régularité, pour lesquels il était prosterné et gémissait sans cesse pour les désordres qui étaient arrivés à un ordre, en particulier, lequel aurait reçu de très grands châtiments sans le secours de ce grand favori de Dieu. Après m'avoir fait voir toutes ces choses, ce divin Epoux de mon âme me le donna pour conducteur, comme un gage de son divin amour, pour me conduire dans les peines et souffrances qui m'arriveraient.

52. n.-s. Considérant attentivement^ mon Sauveur au jardin des

lui révèle t °

quelque cho- OHves, dans une de mes oraisons, plongé dans la tristesse

se de la tris- ' ; , > f O

tessedeson e{ agonie d'une douleur rigoureusement amoureuse, et me

agonie au ° ° #

Hl'din . des sentant fort pressée du désir de participer à ses angoisses veut quelle douloureuses, il me dit amoureusement : « C'est ici où i'ai

s ollre en ' °

victime pour <( pius souffert c qu'en tout le reste de ma Passion, me

apaiser la r l

justice di- (< vovant dans un délaissement général du ciel et de la

vme. d °

<( terre, chargé de tous les péchés des hommes. J'ai paru « devant la sainteté de Dieu qui, sans avoir égard à mon <( innocence, m'a froissé en sa .fureur, me faisant boire le « calice qui contenait tout le fiel et l'amertume de sa juste « indignation, et, comme s'il eût oublié le nom de Père, « pour me sacrifier à sa juste colère. Il n'y a point de créa- « ture qui puisse comprendre la grandeur des tourments « que je souffris alors. C'est cette même douleur que l'âme « criminelle ressent, lorsqu'étant présentée devant le tri- « bunal de la sainteté divine qui s'appesantit sur elle, la « froisse et l'opprime et l'abîme en sa juste rigueur. » Me

a) Mss. 3 et 9 : « prête à les châtier » — b) kl. : « dans une de mes oraisons, l'unique objet de mon amour, au jardin des Olives, plongée dans » — c) Id. : « intérieurement > .

disant ces paroles ensuite : « Ma justice est irritée et prête « de punir, par des châtiments manifestes, des pécheurs « cachés, s'ils ne font pénitence ; et je te veux faire con- « naître lorsque ma justice sera prête à lancer ses coups « sur ces têtes criminelles. Ce sera lorsque tu sentiras « appesantir ma sainteté sur toi qui dois élever ton cœur et « tes mains au ciel, par prières et bonnes œuvres, me pré- « sentant continuellement à mon Père, comme une vic- « time d'amour, immolée et offerte pour les péchés de tout « le monde ; me mettant comme un rempart et un fort « assuré entre sa justice et les pécheurs, afin d'obtenir « miséricorde, de laquelle tu te sentiras environnée lorsque « je voudrai faire grâce à quel[ques]-uns. Ce sera pour « lors que tu me dois offrir à mon Père éternel comme « l'unique objet de ses complaisances amoureuses, en « action de grâces de la miséricorde qu'il exerce envers « les pécheurs. Tu connaîtras encore lorsque cette âme I persévérera pour le ciel, car je te ferai part de" la joie « que les bienheureux en reçoivent ; et le tout, par la com- « munication de mon pur amour1. »

a) Mss. 3 et 9 : « quelque petit échantillon de la joie que les bienheureux en reçoivent dans le ciel. »

1. Les Mss. 3 et 9 contiennent également le récit de ce qui précède ; après quoi, ils donnent le morceau suivant qui vaut la peine d'être conservé, d'autant qu'il nous permet de donner sûrement la date de 1673 aux communications célestes que la Bienheureuse rapporte lui avoir été faites au sujet du mystère de l'agonie du Sauveur. Elle dit donc : « Bien peu de temps après, dans la première solitude « d'après ma profession [par conséquent dans l'automne de 1073 i, « les deux ou trois premiers jours, cette sainteté divine s'appesantit « et s'imprima si fort en moi qu'elle me rendait incapable de faire « l'oraison et de supporter la douleur intérieure que je sentais, si la - même puissance qui me faisait souffrir ne m'avait soutenue, car je •■ sentais un désespoir et douleur si grande de paraître devant mon I Dieu cpie j'aurais voulu mille fois m'abîmer, me détruire et « m'anéantir, s'il avait été à mon pouvoir, tant je me sentais indigne « de paraître devant cette divine présence, dont je ne me pouvais

52 bis

53. La Dans une retraite, ma sainte libératrice m'honora de sa Smlue visite, tenant son divin Fils, entre ses bras, quelle mit divmEnfent ^^ ^ m[en&^ mQ disant . (< Voilà Celui qui vient t'ap-

« prendre ce qu'il faut que tu fasses. » Je me sentis péné- • trée d'une si grande joie et d'un désir ardent de le bien caresser, ce qu'il me laissa faire tant que je voulus. Et, m'étant lassé à n'en pouvoir plus, il me dit : « Es-tu eon- « tente maintenant? Que ceci te serve pour toujours : car « je veux que tu sois abandonnée à ma puissance comme « tu as vu que j'ai fait. Soit que je te caresse ou que je te ,< tourmente, tu ne dois avoir de mouvements que ceux que « je te donnerai. » Depuis, je me trouvais dans une heureuse impuissance de lui résister.

54. son Un jour de la fête du Cœur de la Sainte Vierge, après la nioni.éUen- sainte communion, Notre-Seigneur me fit voir trois cœurs, cœurs l dl dont celui qui était au milieu était très petit et quasi imper- MaSriSe.et '''' ceptible. Les deux autres étaient tout lumineux et écla- :

tants, dont l'un surpassait l'autre incomparablement et j'entendis ces paroles : « C'est ainsi que mon pur amour « unit ces trois cœurs pour toujours. » Les trois n'en firent qu'un. Cette vue me dura assez longtemps, qui m'imprima des sentiments d'amour et de reconnaissance qu'il me serait difficile d'exprimer.

55. Écou- (Un vendredi, après la sainte communion, Notre-Seigneur l'œuf de Je- me dit : « Je t'ai fait, ma fille, une si grande grâce aujour-

nSd" « d'hui, que tu n'en connaîtras l'étendue qu'à l'heure de la

*' « mort. » Quelque temps après, il m'en fit voir un petit

échantillon, pendant une de mes oraisons. Une lumière

sortait de la plaie de son adorable Côté et s'élançait dans

« retirer, d'autant qu'elle me poursuivait partout, comme une cnmi- « nelle qui était prête à recevoir sa condamnation; mais avec une « soumission si grande au divin vouloir de mon Dieu que je sui<= „ toujours disposée à recevoir toutes les peines, douleurs qu il lu « plaira m'envoyer, et avec même amour et contentement que je ,< ferais la suavité de son amour. -

cœur Marquer

ÉCRITS PAR ORDRE DE LA MÈRE DE SAUMAISE l ©S

mon cœur, ce qui me faisait ressentir une très grande ardeur, avec ces paroles : « C'est ainsi que mon amour fait « un continuel écoulement dans le cœur que je t'ai donné « qui, par un autre écoulement, renvoie les biens dans « leur source; grâce qui te sera continuelle. » Mais je n'exprime point ici les effets que j'en ai ressentis, ne le pouvant faire.)

Une fois que Ton travaillait à un ouvrage commun 4, je 56. asso-

. A ■ • i j dation avec

me retirai en un petit coin pour être plus proche du saint les Séra-

. a phins.

Sacrement. Mon Dieu me faisait là de très grandes grâces. Et, comme on me faisait la guerre de ce que j'allais en ce lieu, je répondis avec une grande imprudence que je n'irais jlus. Mais, je fus si fort pressée d'y retourner que je ne jus résister. Ce qui, m'ayant fait peine, je le fus dire à ma supérieure qui me dit que je ne devais pas laisser d'y aller. Y étant donc retournée, j'aperçus une multitude d'esprits bienheureux qui me dirent être destinés à honorer Jésushrist au très saint Sacrement ; et si je voulais entrer dans eur association, ils m'y recevraient, mais qu'il fallait comnencer à vivre de leur vie, à quoi ils m'aideraient de tout eur pouvoir et suppléeraient à mon impuissance à lui * 'endre les hommages d'amour qu'il désirait de moi ; et qu'il allait, en échange, que je suppléasse à l'impuissance qu ils ivaient de souffrir; et qu'ainsi, nous unirions l'amour soufrant à l'amour jouissant. Ils me firent voir notre associaion écrite dans le sacré Cœur de Jésus-Christ. Un jour que le désir de recevoir Xotre-Seigneur me 57. « Mon

, ...... . . Dieu, mon

ourmentait, je lui dis : « Apprenez-moi ce que vous vou- unique et lez que je vous dise. » — « Rien, sinon ces paroles : Mon Dieu, mon Unique et mon Tout, vous êtes tout pour moi et je suis toute pour vous ! Elles te garderont de toutes sortes de tentations et suppléeront à tous les actes que tu voudrais faire et te serviront de préparation en tes actions. »

mon tout.

58. Grâce Comme, un jour de l'Ascension, on allait au Chœur pour

du jour de , . , __ 0 . .

l'Ascension, honorer le moment ou Notre-Seigneur monta au ciel, étant repos sur la devant le saint Sacrement, ie me trouvai dans une grande

terre. * » . ... .

quiétude qui produisit aussitôt une ardente lumière qui renfermait en soi mon aimable Jésus qui, s'approchant de moi, me dit ces paroles : « Ma fille, j'ai choisi ton âme (( pour m'être un ciel de repos sur la terre et ton cœur « me sera un trône de délices à mon amour. » Depuis ce temps, tout était calme en mon intérieur et j'avais crainte de troubler le repos de mon Sauveur.

59. il faut (Voici, ô mon âme, en quoi tu peux honorer ton Dieu :

tout quitter , . A , .

pour trou- c est en te renonçant toi-même, en t anéantissant avec

ver Dieu.

Jésus-Christ et pour l'amour de Jésus-Christ. Tu trouveras la vie dedans la mort ; la douceur dans l'amertume, et Dieu dans le néant ; car il faut quitter tout pour le trouver. Notre cœur est fait pour Dieu : malheur donc à lui s'il se contente de moins que de Dieu ou s'il se laisse brûler d'autre feu que de celui de son pur amour.)

1. Celte faveur du jour de l'Ascension avait été mise dans la Vie parles Contemporaines : A, t. I, p. 145 ; B, p. 174 ; on l'avait aussi mise, un peu plus abrégée, à la suite de la Lettre VI à la Mère de! Saumaise, datée de 1680 : A, t. II, p. 10; B, p. 44. Mais les Mss. 3,j 8 et 9, qui donnent ce morceau, ne le rattachent pas à cette lettre, d'où il suit que la date de 1680 est arbitraire.

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