‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 23 sur 284 · AVERTISSEMENT SUR LES FRAGMENTS · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT SUR LES FRAGMENTS

Nous avons réuni, sous ce titre, des morceaux épars dans nos divers mss. Quelques-uns se rapportent à des faits ou à des grâces déjà relatés ailleurs, mais racontés ici avec plus de développement ou avec des détails nouveaux. Ces fragments sont probablement des lambeaux sauvés du feu, des divers écrits que nous savons quelle dut faire par ordre de ses directeurs. Peutêtre quelques morceaux sont-ils des extraits de lettres. On sait .assez que jadis on n'avait aucun scrupule de mettre les unes à côté des autres, sans aucune indication et sans souci de la chronologie, des pièces prises de-ci et de-là. Les trois premiers fragments se trouvaient au travers du Mémoire écrit par ordre de la Mère de Saumaise. Le tableau des références indiquera la provenance des autres. L'édition de Languet que nous citons est celle de 1729.

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« Un jour de saint François de Sales, demandant à . Gri*ce du

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Notre-Seigneur par l'intercession de ce grand saint, les 'François de

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grâces nécessaires pour notre Institut, particulièrement cette sainte charité et union qu'il a désirée pour ses filles, mon Seigneur ayant rejeté plusieurs fois ma demande, je lui dis : « Non, mon Dieu ! je ne vous quitterai point que <( vous ne m'ayez accordé cette grâce ; et tant qu'il me res- « terade voix et de mouvement, je l'emploierai pour vous « le demander. » Et il me dit : « Je te promets d'exaucer ta demande, si l'on fait ce que je te commande. Que chacune fasse une sérieuse recherche dans son intérieur de tout ce qui peut faire obstacle à ma grâce, dont l'un des plus grands est une certaine petite jalousie et envie les unes contre les autres, une secrète froideur qui détruit la charité, et rend mes grâces inutiles; mais quelques-unes en recevront, à ce jour, les derniers elForts. » Et mon saint Fondateur me dit, qu'une véritable fille de la Visitation doit être une hostie vivante, à l'imitation de Jésus-Christ, immolée à tous les desseins de Dieu, sacrifiée par les supérieures ou par les aiïlictions qui arrivent sans avoir de regard sur soi-même que pour détruire et éteindre ces fausses lumières qui ne nous éclairent que pour nous précipiter. Et toutes celles qui ne se tiennent pas dans cette disposition ne sont pas comptées du nombre de mes filles. »

1. B. plaçait ce morceau sous la date de 1687, mais sans aucune preuve, les Mss. 3 et 9 d'où il est tiré ne donnant pas de date.

Vive y Jésus ! '

Faveur du Un jour de la Visitation, étant devant le saint Sacrejour de la .

Visitation, ment, où je demandais à mon Dieu quelque grâce particulière pour notre Institut, et trouvais cette divine Bonté inflexible à ma prière, me disant ces paroles : « Ne m'en VierV^avo- (< Par^e plus, elles font la sourde oreille à ma voix, et Visitation* <( détruisent le fondement de l'édifice. Mais s'ils pensent de tice'dVriieu "' l'élever sur un étranger, je le renverserai. » Mais la très caitî'tdsde Sainte Vierge, prenant nos intérêts proche de son divin Satan. Fils courroucé, elle parut accompagnée d'une multitude

d'esprits bienheureux, qui lui rendaient mille honneurs et louanges. Et se prosternant devant lui, avec ces tendres paroles : « Déchargez sur moi votre juste courroux, c'est « les filles de mon Cœur, je leur serai un manteau de pro- « tection qui recevra les coups que vous leur donnerez. » Alors ce divin Sauveur prenant un visage doux et serein, lui dit : « Ma Mère, vous avez tout pouvoir de leur dépar- « tir mes grâces comme il vous plaira. Je suis prêt, pour « l'amour de vous, de souffrir l'abus qu'elles en font, par « le mépris qu'elles ont de mon esprit d'humilité et de <( simplicité, qui doit tenir les filles de la Visitation cachées « en moi, qui suis leur amour crucifié, qu'elles persécutent « avec cet esprit d'orgueil qui a rompu les liens de charité, « et divisé ce que j'avais uni. Et si leurs intérêts vous sont « plus chers que les miens, vous pouvez arrêter le cours de « ma justice. » Mais cette Reine de bonté, d'un amour plus que maternel, lui dit :

« Je ne vous demande de délai que jusqu'à ma fête de la « Présentation, et dans ce temps, je n'épargnerai ni soins,

1. Ce morceau portait aussi dans B, la date 1687, sans qu'on puisse la justifier.

« ni peines pour rendre vos grâces victorieuses, et ruiner « les prétentions de Satan, en lui ôtant la proie qu'il croit « déjà tenir. » Et m 'adressant à mon saint ange, pour le prier d'aller rendre mes hommages à ma divine Maîtresse, grâce qu'il m'accorda avec tant d'empressement que je l'aperçus aussitôt prosterné à ses pieds, rendant à sa grandeur mille actions de grâces, d'honneurs et de louanges, et cette Mère d'amour étant restée victorieuse en tout ce qu'elle avait demandé pour nous, l'ennemi n'en fut pas content, et enrageant de dépit de se voir frustré de son attente, il s'éleva un tourbillon si grand, qu'il semblait qu'il allait renverser notre église. Mais étant chassé honteusement par celle qui nous défendait, il rompit deux fois les rideaux de notre grille, avec ces paroles qu'il faisait retentir : « C'est « ainsi que je voulais renverser l'ordre de la Visitation, « s'il n'avait été soutenu par cette forte colonne contre « laquelle je n'ai point de pouvoir; mais je lui ferai bien « de la peine, par l'empire absolu que plusieurs m'ont « laissé prendre dans leurs cœurs, et si elles continuent à « tenir mon parti, j'espère la victoire. »

Quelque temps après, la Sainte Vierge se présentant à mon esprit comme toute lassée, fatiguée, tenant en ses divines mains des cœurs remplis de plaies et d'ordures, disant : « Voilà que je viens d'arracher des mains de l'en- « nemi qui s'en jouait avec plaisir; mais ce qui afflige mon « cœur maternel, c'est que quelques-unes prennent son « parti, se mettant contre moi en méprisant le secours que " je leur présente. »

Une autre fois, comme l'on récitait le Salve à sa chapelle, à ces paroles : Advocata nostra, elle répondit : « Oui, mes « filles, je la suis en effet, mais ce serait avec bien plus de « plaisir si vous vouliez être fidèles à mon Fils. » Et depuis ce temps, je me trouvai quitte d'un désir qui me pressait et tourmentait presque continuellement, pour demander à Dieu les grâces dont j'ai parlé, spécialement cet

esprit de charité pour lequel j'aurai voulu sacrifier mille vies, si je les avais eues, pour le voir régner dans les communautés. Et le tout étant passé, je demeurai jusqu'aux retraites sans en avoir de vue.

Mais dans le second jour de ma retraite, étant devant le saint Sacrement, où je me préparais pour me confesser, et la vue de mes j^échés par lesquels j'ai tant déshonoré mon Dieu, m'ayant jeté d'abord dans une si grande douleur et confusion, que je ne cessai de pleurer pendant l'espace d'environ cinq ou six heures que j'eus le bonheur d'y demeurer. Et après cela, mon pur amour venant à se présenter devant moi, me dit : « Ma fille, veux-tu bien me sacrifier « les larmes que tu as versées pour laver les pieds de ma « bien-aimée, qui s'est souillée en poursuivant un étranger. « — Eh ! mon Seigneur, je vous ai tout sacrifié, ne m'étant <( réservé ni intérêts, ni prétentions en tout ce que je ferai, « que ceux du bon plaisir de votre Cœur sacré. »

Et m'étant venu trouver une seconde fois, réduite dans le même état, il me fît la même demande, me disant que c'était pour l'âme de sa bien-aimée qui était tombée dans le péché, et qui avait désir d'en sortir. Et pour la troisième fois, il me fit la même demande, me disant que sa bienaimée était entrée dans un purgatoire pour se purifier et qu'il lui fallait donner secours, car elle avait désir de s'unir à lui. Et quelque temps après, il me demanda si je savais bien qui elle était? Que c'était la Visitation, qui ne devait avoir qu'un cœur et une âme ; que ce purgatoire était la solitude, ajoutant : « Ma fille, donne-leur ce dernier averse tissement de ma part : que chacune pense à part soi à « faire profit de la grâce que je lui présente par l'entre- « mise de ma sainte Mère ; car celles qui n'en profiteront « pas, demeureront comme des arbres secs qui ne rap- « portent plus de fruits. Elles pourront encore recevoir « quelque lumière de ma sainteté de justice, qui en éclai- << rant le pécheur l'endurcit, lui fait voir le mauvais état où

FRAGMENTS *nn

■ il est, sans lui donner espérance d'aucnne grâce viclo « nense pour l'en retirer, ce uni le jette dans le dese )0ir « ou le rend ,„se„sible à sou propre malhenr VoUàTw des plus ngoureux châtiments de ma sainteté de ns icë « dont elle pumt le pécheur impénitent. „ J

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« et depuis que ma sainteté environné il l!,:

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« chés à la terre, qui me méprisent et n'affectionnent que ce « qui m'est contraire, me quittant pour les créatures, « fuyant l'humilité pour ne chercher que l'estime d'eux- (( mêmes, et leur cœur restant vide de charité, il ne leur « reste plus que le nom de religieux. » Et pendant ce temps je ne cessais de demander à mon Dieu une véritable conversion pour toutes ces âmes contre lesquelles sa justice était irritée, lui offrant les mérites de la vie, mort et passion de son Fils, mon Sauveur Jésus-Christ, pour satisfaction des injures qu'il avait reçues de nous, m'offrant à sa divine bonté pour souffrir toutes les peines qu'il lui plairait m'envoyer et même d'être anéantie et abîmée plutôt que de voir périr ces âmes qui lui ont coûté si cher.

i. Faveur Un vendredi, ayant reçu mon Sauveur, il mit ma bouche

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naire. sur la plaie de son sacré Côté, m'y tenant serrée fortement

l'espace de trois ou quatre heures avec des délices que je ne puis exprimer, entendant continuellement ces paroles : « Tu « vois maintenant que rien ne se perd dans la puissance et « que tout se trouve en ma jouissance. » Et je lui disais : « 0 mon amour ! je quitte de bon cœur tous ces plaisirs « extrêmes pour vous aimer pour l'amour de vous-même, « ô mon Dieu ! » les lui répétant autant de fois qu'il renouvelait ces divines caresses.

2. L'iieu- H me dit en ce temps que toutes les nuits du jeudi au

re sainte. t ,x 1 °

vendredi je me lèverais à l'heure qu il me dirait pour dire cinq Pater et cinq Ave Maria prosternée contre terre avee] cinq actes d'adoration qu'il m'avait appris, pour lui rendre! hommage dans l'extrême angoisse qu'il souffrit la nuit de! sa Passion. Je lui répondis : « Mon Seigneur, vous save?! « que je ne suis point à moi et crue je ne ferai que ce qu(!

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