IU FAUT S'ABANDONNER SAINS CRAINTE A L'ACTION DE DIEU
Que vous êtes obligée, ma chère sœur, au sacré Cœur de Notre-Seigneur du tendre amour qu'il a pour vous,
a) Ms. D 1 : « que celle-là à faire » — b)ld. : « retranchant toute curiosité à votre esprit, surtout en ce qui regarde les actions du prochain ».
qui lui fait user dune si grande miséricorde à votre égard, qu'il ne vous laissera pas perdre, mais vous conduira par le droit chemin pour vous faire arriver à lui bon gré ou mal gré que vous en ayez ! C'est pour cela que ce Maître souverain, voyant que vous le quittez si souvent pour vous donner à un étranger, il vous a attachée comme un petit chien, par les cordes de son amour unies à celles de votre volonté, par lesquelles il vous tire après lui. Et parce qu'il vous mène par un chemin raboteux et un peu rude et épineux, vous tournez souvent la tête en arrière, pour voir si vous pouvez trouver qui vous l'adoucira. Mais c'est en vain, il en faut passer par là, puisque c'est maintenant le temps de combattre et de souffrir avec une humble soumission, pour vous purifier et vous perfectionner à sa mode, afin de vous rendre digne d'accomplir ses desseins en vous. Qu'avez-vous à craindre, puisqu'il vous environne de toutes parts de sa puissance comme d'un mur imprenable aux attaques de vos ennemis? Souvenez-vous seulement que nul ne peut consoler ni soulager celui que Dieu veut faire souffrir. Mais abandonnez-vous à sa conduite, puisque vous êtes en l'état où il vous veut, qui est de vivre sans appui ni désir et sans autres amis que ceux qu'il vous donnera lui-même. Faites cela et vous vivrez comme il le veut. Point de consentement volontaire, mais un simple désaveu en tout ce que vous connaîtrez déplaire au sacré Cœur de Notre-Seigneur, qui vous demande pour pratique la douceur et l'humilité. Agir, souffrir et humblement se taire. Ne pensez qu'à bien employer le moment présent.
XXXV i
l'abandon a la volonté de dieu
(L'autographe est à Rome, chez les Dames du Sacré-Cœur.)
Ne croyez pas, ma très aimée sœur, que le sacré Cœur de [Notre]-Seigneur Jésus-Christ, qui ne nous permet pas de nous parler, veuille pour cela que nous nous oubliions l'une de l'autre en sa présence. Non ! Mais il veut que nous vivions d'amour et de privation d'appui, d'ami et de plaisir, sacrifiées à toutes ses adorables volontés, dans toutes les dispositions qu elle fera de nous, sans retour ni réflexion autre que de l'aimer et de lui plaire, dans le parfait oubli de nous-même, pensant souvent à ce que nous voudrions avoir fait à l'heure de la mort et le faire à présent que nous avons le temps, afin que nous ne soyons surprises. Ne vous troublez jamais. Tenez votre âme en paix, toute abandonnée] à l'amoureuse providence du sacré Cœur.
Vive y Jésus !