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miu mission « nia supérieure m ordonnera. — Je ne I entends pafjS rieurs. (< autrement, me dit mon Seigneur, car tout puissant qui5
FRAGMENTS 17o
«je suis, je ne veux rien de toi qu'avec la dépendance de « ta supérieure. Écoute bien ces paroles de la bouche de la « vérité : tous religieux séparés et désunis de leurs supé- « rieurs se doivent regarder comme des vases de réproba- « tion, dans lesquels toutes les bonnes liqueurs sont chan- « gées en corruption sur lesquelles le divin soleil de justice « venant à darder, opère le même effet que le soleil luisant « sur la boue. Ces âmes sont tellement rejetées de mon « Cœur que plus elles tâchent d'en approcher par le moyen « des sacrements, oraison et autres exercices, plus je « m'éloigne d'elles pour l'horreur que j'en ai. Elles iront « d'un enfer à l'autre, car c'est cette désunion qui en a tant « perdu et qui en perdra toujours davantage, puisque tout « supérieur tient ma place, soit qu'il soit bon ou mauvais. « C'est pourquoi l'inférieur pensant le heurter se fait autant « de blessures mortelles en l'âme ; et après tout c'est en « vain qu'il gémira à la porte de la miséricorde, il ne sera « point écouté si je n'entends la voix du supérieur. »
(Il me fut montré quantité d'âmes religieuses qui pour avoir eu quelque désunion avec leurs supérieurs avaient été privées du secours de la Sainte Vierge et des saints et de la visite de leurs bons anges, dans les horribles flammes du purgatoire où quelques-unes étaient pour jusqu'au jour du jugement, n'ayant point d'autre marque de leur prédestination que de ne point haïr Dieu. Il y en avait d'autres qui savaient été séparées d'union et de charité d'avec leurs frères, privées de leurs suffrages, n'en recevant aucun secours.
t Une autre fois, je me sentis si fort imprimée de la sain- 4 Les pi li]rtetéde mon Dieu qui s'était appesantie sur moi qu'il mej^J^g ,j semblait n'avoir plus de force pour y résister, disant seu- "'' (Ve iement ces paroles : « Sainteté de Dieu que vous êtes p < redoutable pour les âmes criminelles! » et d'autres fois : p, < 0 mon Seigneur et mon Dieu ! soutenez ma faiblesse , • afin que je ne succombe sous ce pesant fardeau, à cause
(( de l'énormité de mes crimes pour lesquels j'ai mérité « toute la rigueur de votre justice. » Il me fit entendre seulement ces mots : « Je ne t'en fais sentir qu'un petit » échantillon, car les âmes justes la soutiennent crainte « qu'elle ne tombe sur les pécheurs. » 5. Larobe Le \oxlr de ma confession annuelle, après la sainte com-
(Vinnocencc. J , .
munion, ce Bien-Aimé de mon âme s étant empare de mon cœur et de toutes mes puissances me dit amoureusement : <( Moi, ton Époux, ton Dieu et ton amour, ma bien-aimée, « je suis venu pour revêtir ton àme de la robe d'innocence *, « afin que tu ne vives que de la vie d'un Homme-Dieu, et « pour cela je simplifierai et purifierai toutes tes puissances « afin qu'elles ne reçoivent plus aucune impression étran- « gère. Et, c'est en présence de la sainte Trinité et de ma « sainte Mère que je te fais cette grâce, laquelle si tu viens « une fois à perdre, tu ne la recouvreras jamais et tu te préce cipiteras dans un abîme si profond à cause de la hauteur <- du lieu où je t'ai logée, qui est la plaie de mon Cœur, « que tune pourras jamais te relever de cette chute. »
6. La hai- Mon Bien- Aimé a consommé en lui tous mes désirs, ne n. du péché. ^^^ ^^ ^^^ ^e celu. de me rendre une pure capa
cité de son divin amour ; et il ne m'a laissé aucune crainte que celle du péché ; mais à la vérité il donne une si grande frayeur à mon âme que j'aimerais mieux me voir livrée à la fureur de tous les démons que de la voir tachée du péché pour petit qu'il fût. Et le regret que j'ai de tant d'horribles, crimes que j'ai commis contre Dieu me fait offrir sans cesse à sa divine bonté pour souffrir toutes les peines que j'ai méritées. J'accepte encore les peines dues aux péchés dans lesquels je serais tombée sans le secours de sa grâce, m'abandonnant à tous les châtiments qu'il plaira à mon Dieu exercer sur moi, sinon à la rechute dans le péché.
1 Dans sa Vie par elle-même, n° 65, la Servante de Dieu rapporte une grâce à peu près semblable, et [aussi dans les Sentiments de sf Retraites, I.
A la vérité j'aimerais mieux me précipiter dans tous les abîmes les plus épouvantables que d'accepter celui-là. Mais aussi, la demande que je fais à mon Dieu, c'est qu'il m'efface de la mémoire de toutes les créatures, afin qu'elles ne se souviennent de ce chétii néant que poui se vengei des outrages que j'ai faits à mon Dieu par tant de péchés que j'ai commis. Ne m'en pouvant venger moi-même à cause que je me suis sacrifiée à l'obéissance, je voudrais que toutes les créatures fussent animées d'un saint zèle de me traiter comme une criminelle de lèse-majesté divine. Mais c'est enfin à mon Dieu que je m'abandonne ; puisque lui seul connaît la douleur de mon cœur dans mes ingratitudes, lui seul est le souverain remède à tous mes maux qui ne peuvent être connus que par celui qui les a imprimés en mon âme qui lui est toute sacrifiée. Et, comme toute chose n'a de repos que dans son centre et que chacun cherche ce qui lui est propre, mon cœur tout abîmé dans son centre, qui est le Cœur humble de mon Jésus, a une soif inaltérable des humiliations et mépris et d'être oublié de toutes les créatures, ne me trouvant jamais plus satisfaite que lorsque je suis conforme à mon Époux crucifié. C'est ce qui me fait aimer mon abjection plus que ma vie, tenant serré sur ma poitrine ce trésor précieux comme un gage de l'amour de mon Bien-Aimé qui ne me doit jamais quitter un seul moment.
Mon Seigneur me fit voir un jour, après la sainte corn- i.Unecouniunion, une rude couronne composée de dix-neuf épines dix-neuf épitrès piquantes qui perçaient son sacré Chef, ce qui me causa pie si vive douleur que je ne pouvais lui parler que par mes larmes. Il me dit qu'il m'était venu trouver pour lui arracher ces rigoureuses épines qui lui avaient été ainsi enfoncées par une épouse infidèle « qui me perce le cerveau d'au- Margueriie-Mnrie Alacoque. — II. |j
« tant d'épines autant de fois que par orgueil elle se préfère « a moi ». Et ne sachant comme faire pour les tirer, car j'avais cet objet continuellement devant mes yeux, ce qui me faisait beaucoup souffrir, ma supérieure m'ayant dit de demander à Notre-Seigneur ce que je devais faire pour les faire sortir, il me dit que ce serait par autant d actes d humilité pour honorer ses humiliations. Mais n'étant qu'une orgueilleuse, je priai la supérieure d'offrir à Notre-Seigneur les pratiques d'humilité de la Communauté, ce qui lui fut fort agréable: car, après cinq jours passés, il m'en fit voir trois de qui il était beaucoup soulagé, et les autres demeurèrent encore fort longtemps.
2 Noue- Une autre fois, me sentant saisie d'une vive apprehen- SafTOS sionde m'approcher delà sainte communion, par la crainte ieo^cP" que j'avais de déshonorer mon Sauveur; mais n en ayant £~: pu obtenir la permission de ma supérieure, je m en approtai,fS chai avec une si extraordinaire douleur que tout mon corps
en frémissait d'appréhension de celle que mon Sauveur allait sentir dans quelques âmes qui le devaient recevoir. Apres la sainte communion il se présenta à moi comme un Ecce Homo tout déchiré et défiguré, disant : « Je n ai trouve « personne qui m'ait voulu donner un lieu de repos en « cet état souffrant et douloureux. » Cette vue m imprima une si vive douleur que la mort m'eût été plus douce mille fois que de voir mon Sauveur en cet état. Et il me dit : „ Si tu savais qui m'a mis en cet état, ta douleur serait bien « plus grande. Cinq âmes consacrées à mon service mont « ainsi traité ; car j'ai été tiré à force de cordes dans des « lieux fort étroits, garnis de tous côtés de pointes de clous c< et d'épines qui m'ont réduit de la sorte. »
Je sentis un grand désir de savoir l'explication de ces paroles, sur lesquelles Notre-Seigneur me fit entendre que la corde était la promesse qu'il nous avait faite de se donner à nous ; la force était son amour ; ces lieux étroits étaient ces cœurs indisposés; ces pointes étaient 1 or.
gueil. Je lui offris le cœur qu'il m'avait donné pour lui servir de repos. Dans ses lassitudes il se présentait à moi dès que j'avais un moment, me disant de baiser ses plaies pour en adoucir la douleur.
Notre-Seigneur me fit connaître qu'il avait bien agréable 3 Le raie som qu'on prenait pour le rétablissement de la charité S&SSSf dans une communauté et que la peine qu'on avait pour cela ne serait pas sans récompense. (Et j'offris souvent ma vie à mon Dieu pour satisfaire à sa bonté pour tous ces manquements; car il me fit voir une fois à mon oraison du soir) que si l'on ne se corrigeait, que sa miséricorde se retirerait pour laisser agir sa justice. (Je lui disais avec confiance que les solitudes répareraient tous ces défauts; mais il me dit qu'il y en avait déjà eu beaucoup sans fruit ; et je lui disais : « Mais, mon Dieu, faites-moi connaître en « quoi l'on pourra réussir au rétablissement de la charité, a Il me dit intérieurement que ce ne serait qu'avec beaucoup de peine, mais qu'il ne s'y fallait pas épargner et que, quand aux moyens, que les personnes d'autorité n'avaient qu'à suivre ceux qu'il leur donnerait, puisqu'il ne leur manquerait jamais dans cette entreprise.)
Je n'ai point encore eu de semblable douleur à celle que 4 u„e je ressentis lorsque mon Dieu, me présentant une âme reli- Sf R gieuse, me dit : « Tiens, voilà cette âme qui va tomber probationdans l'état de réprobation que je t'ai dit ci-devant, si elle abuse de quelques grâces que j'ai encore à lui faire Je l'environnerai de ma sainteté de justice, afin qu'entendant elle n'entende pas, qu'en voyant elle ne voie pas et soit comme insensible à son propre malheur *.
Notre-Seigneur me présenta un jour cinq cœurs qui 5 E1Ie ol. s étaient séparés du sien et qui se privaient volontairement Jfe le f$* de son amour, me disant: « Charge-toi de ce fardeau et 5^°^ « participe aux amertumes de mon Cœur, verse des larmes *