On trouve un morceau analogue dans Y Autobiographie,' n
« de douleur sur l'insensibilité de ces cœurs que j'avais « choisis pour les consacrer à mon amour ; ou bien laisse- « les abîmer dans leur perte et viens jouir de mes délices. » Mais quittant toutes les douceurs, je lâchai le cours à mes larmes, me sentant chargé de ces cœurs qui allaient être privés d'amour, et m'étant libre de choisir, entendant continuellement que l'on m'invitait à aller jouirdu saint amour, je me prosternai souvent devant la souveraine Bonté en lui présentant ces cœurs pour les pénétrer de son divin amour; mais il fallut bien souffrir avant que cela fût. Et l'enfer n'est pas plus horrible qu'un cœur privé de l'amour de mon bien-aimé ' de latente- Une f0*s> après avoir longtemps souffert sous le poids de tfce. e JUS la sainteté de Dieu, elle m'ôta la voix et les forces. J'avais tant de confusion de paraître devant les créatures que la mort m'aurait été plus douce. La sainte communion m'était si douloureuse qu'il me serait difficile d'exprimer la peine que je sentais en m'en approchant, bien qu'il ne me fût pas permis de m'en retirer, puisque c'était lui-même qui me faisait souffrir cet état, me défendant même de m'en éloigner. Je pouvais dire avec le prophète que mes larmes me servaient de pain nuit et jour. Le saint Sacrement qui était tout mon refuge me traitait avec tant d'indignation que j'y souffrais une espèce d'agonie ; et je n'y pouvais demeurer qu'en me faisant une extrême violence. Et si, hors les temps d'obligation, je m'en allais me présenter devant lui en disant: « Où voulez-vous que j'aille ô divine Justice, puisque vous m'accompagnez partout? «j'entrais et sortais sans savoir ce que je devais faire et sans trouver de repos que celui de la douleur.
1. Ces dernières lignes se retrouvent à la fin d'une scène analogue, dans les Écrits par ordre de la mère de Saumaise, n° 42.