‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 38 sur 284 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

Vive -j- Jésus!

Le 10e juillet 1678.

Ma très honorée Mère,

Je souhaite que le feu sacré consomme nos cœurs sans obstacle, et en fasse des trônes dignes du saint amour. J'ai trop c d'expérience de vos bontés, pour croire que mon silence vous mette dans le doute de mon affection et respectueuse amitié pour Votre Charité. Vous m'y avez engagée par tant de manières, que je ne puis m'en exprimer davantage ; mon

\a) Mss.8et9:« qu'il attend » — b) Le Ms. 9 ajoute quelques lignes qui manquent au Ms. 6 et à la traduction italienne On verra par la suite que la Servante de Dieu usait assez souvent lu post-scriptum. Nous croyons que les lignes ci-dessous étaient dans ce cas, ce qui explique que plusieurs des copiste les aient négligées. Elles sont d'ailleurs très conformes à la manière de penser et d'écrire de la Bienheureuse. Les voici ■

« Votre séparation, quoiqu'elle ne soit grande que de corps ta a été plus sensible que je ne vous le peux dire ; mais ma consolation ou affliction ne me sont pas considérables. Pourvu que vous soyez, contente, comme je crois que vous Fêtes il me sulht. » - c Mss. 8, 9 et trad. ital. : « d'assurance »,

silence vous en dira plus, ma chère Mère, que mes paroles. Je crois que vous aurez appris l'occupation où l'obéissance nous a mise. Le bon Dieu soit béni de toute chose, puisque rien ne nous peut empêcher d'être tout à lui ! Oui, ma chère Mère, ce Seigneur est bien bon, d'avoir toujours les mêmes bontés et miséricordes pour son indigne esclave, n'ayant nul égard à mes infidélités et misères, qui ne vous sont pas inconnues. Aidez-moi à l'en remercier et de ses autres bienlaits; celui que je chéris le plus, après lui-même, c'est le précieux trésor de sa Croix, qui m'accompagne partout, intérieurement et extérieurement. C'est là l'unique consolation que j'aie dans la longueur de la vie, qui n'est aimable que pour souffrir, surtout les précieuses humiliations qui nous attirent l'oubli et le mépris des créatures. Qu'heureuses sont les âmes ainsi gratifiées en servant le Seigneur, lequel je supplie accomplir" en vous ses desseins. Je ne vous oublie pas devant sa bonté, non plus que la très honorée Mère Boulier, pour laquelle je conserve une estime très particulière1.

Je vous prie de recommandera Notre-Seigneurles b demoiselles Bisfrand, qui sont dans une grande affliction de ne plus apprendre de nouvelles du Révérend Père de La Colombière. Je ne sais si vous vous êtes oubliée de nous marquer dans vos lettres ce que vous nous avez promis, ou si vous n'avez pas jugé à propos de le faire. De quelle manière que vous en usiez avec moi, je serai toujours contente et la même pour votre Charité. Soyez-en persuadée et me croyez toute à vous dans l'amour sacré c, etc.

a) Ms. 8 et 9 et trad. ital. : « nous » — b) Ms. 9 : « les pauvres demoiselles » — c) Id. : « dans l'amour sacré de Jésus ».

1. La Mère Anne-Séraphine Boulier, autrefois consultée par la Mère de Saumaise, l'avait rassurée sur les voies extraordinaires de Sœur Marguerite-Marie.

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