‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 39 sur 284 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

Vive -f Jésus!

Mai 1679.

Je vous avoue, ma chère Mère, que j1ai reçu une extrême consolation du plaisir que vous avez donné au Seigneur, embrassant sa Croix avec joie et soumission *. 11 est vrai qu'il l'a toute couverte de roses, crainte qu'elle ne vous fît peur ; mais ce n'est pas cela qui vous doit le plus réjouir, mais bien quand vous sentirez les piqûres des épines qui sont cachées dessous, car alors le Seigneur se complaira à vous rendre conforme à lui, et vous fera voir qu'il n'est pas moins aimable dans les amertumes du Calvaire que dans les douceurs du Thabor2.

1. Cette croix est celle de la supériorité de Moulins, où la Mère de Saumaise fut appelée au mois de mai de 1679. Les j-oses pour elle étaient la consolation d'aller habiter ce monastère, témoin de l'heureux trépas de sainte Chantai et qui, après celui d'Annecy, gardait les traditions les plus chères à une fille de la Visitation. Les épines inséparables de la charge devaient en outre faire sentir leurs piqûres par les longues et dangereuses infirmités qui attendaient la nouvelle supérieure, et qui l'accompagnèrent pendant les trois années de son gouvernement. La Mère de Saumaise étant destinée à porter au monastère de Moulins les premières notions du culte du sacré Cœur, il fallait que son œuvre fût fécondée par la vertu de la Croix.

2. Le Ms. 8, Languet et d'autres joignent à cette lettre un fragment que le Ms. 6 et la trad. ilal. placent à la fin de la CXL. Nous le laisserons à la lettre CXIC.

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