LETTRE XVI
Vive f Jésus !
[25 août] 1682 2.
C'est avec un vrai plaisir, ma chère Mère, que je profite de cette occasion pour vous confirmer la véritable et respectueuse affection de mon cœur, qui est plus que jamais à vous dans celui de Jésus-Christ, qui veut bien que votre Chante me continue son affection et ses bontés toutes maternelles. Je puis vous assurer que je ne vous oublie pas en sa sainte présence, où je vous fais mille souhaits , de bénédictions dans le doux repos que je me persuade j que vous possédez à présent, où vous pouvez, tout à loisir jouir des entretiens et des caresses de notre divin Époux' | Ah . qu il fait bon l'aimer seul pour l'amour de lui-même ' Je vous avoue, ma chère Mère, que mon chétif cœur brûle sans cesse de ce désir, sans qu'il en soit encore venu aux ;enets ; c est ce qui me rend la vie si amère : car sans cet amour la vie n'est qu'une dure mort. Jésus-Christ est le vrai ami de nos cœurs, qui ne sont faits que pour lui seul;
mL^r^ZT^" maiS°n ^ PTOfessio»> la vertueuse sœur .Marie Françoise de Saumaise reprit avec bonheur le joug, de l'obéissance Elle retrouva pour supérieure sa vénérable amie, la Mère Inné graphine Boulier. Pour éviter toute équivoque dan l'inti uié des" ettres, nous continuerons à écrire : la Mère de Saumaise et non pas la sœur de Saumaise. p '
I 2. La date du 25 août est donnée par A et B. Elle semble assez ; «.semblable En effet, la lettre précédente du 7 juillet mentionne a présence a Paray de la Mère de Saumaise qui s'y était arrêtée en egagnant son monastère de Dijon. Que la Bienheureuse a t écrit à la Mère de Saumaise six ou sept semaines après sa rentrée à D ion
6 b !ntTneP ^ G' bie'VqUe n°US ne Sad,ions sur ^eUe autS jA et B ont appuyé leur indication précise.
■Marguerite-Marie Alaeoque. — II.
aussi ne peuvent-ils trouver de repos, de joie ni de plénitude qu'en lui. Aimons-le donc de toutes nos forces, en souffrant tout en silence pour son amour, qui adoucit toutes les amertumes de la vie, et qui est toute notre forcé dans les combats qu'il faut continuellement soutenir contre nos ennemis, dont le plus grand est nous-même.
Ah ! qu'heureuses sont les âmes qui se sont si parfaitement oubliées qu'elles n'ont plus d'amour, de regard ni de pensée que pour cet unique Ami de nos cœurs ! Demandez à Jésus-Christ cette grâce pour moi ; j'ai beaucoup de confiance en vos saintes prières, et j'en ai un très grand besoin dans les dispositions de souffrance où sa bonté me tient continuellement. Je n'en souhaite pas la délivrance ; puisque la croix est le trône des vrais amants de Jésus- Christ. Il est vrai que je n'y suis pas de cette façon, puisque ce n'est que pour mes péchés, mais il n'importe ; pourvu que nous souffrions avec Jésus-Christ, pour l'amour de lui et selon ses desseins, cela suffît.
Vous avez tout pouvoir sur ma chétive personne ; c'est pourquoi je vous dirai tout simplement ce que Dieu veut de cette âme dont vous m'avez écrit. Il en veut une perfection plus élevée que le commun et ceux qui la conduisent ne doivent pas craindre de mettre pour cela obstacle aux desseins de Dieu, mais seulement s'adresser à lui pour lui donner conseil. Et puis, tout simplement il faut qu'elle se soumette aux avis de ceux qui la dirigent, se démettant de ses lumières qu'elle mêle souvent parmi celles de la grâce. Mais il faut laisser le discernement à ceux qui la conduisent ; car ces fausses lumières apportent beaucoup de préjudice et de retardement à la perfection, et font obstacle aux desseins de Dieu qui demande une entière démission et soumission de cette âme. C'est de toute la mienne que je suis votre ' ...
1. A la place de ce dernier alinéa qui est donné par les Mss. 0
LETTRES DE La BIENHEUREUSE 259