Le carême de 168". avait commencé le 7 mars
« voit souffrir sans compassion, parce que je n'en avais « point de ceux que je voyais souffrir. »
Effe me dit de m" adresser à vous, pour vous prier de lui procurer trois messes, votre chapelet pendant neuf jours et toutes les pratiques d'observances et une communion, disant que cela adoucirait beaucoup ses peines, et qu'elle n'en serait pas ingrate. Voilà, ma chère Mère, tout ce que je peux vous en dire.
Pour notre pauvre sœur M.-F., je crois qu'elle n'a plus que six mois a de purgatoire, et puis elle jouira de son souverain Bien.
Au sujet de ce que Votre Charité nous demande au sujet •de feu la bonne Mère Boulier1, elle n'est plus, si me semble, dans la nécessité et je la crois bien haute dans la gloire et dans le rang de ces Séraphins destinés à rendre un perpétuel hommage au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour réparer les amères amertumes qu'il a souffertes et souffre encore au très saint Sacrement, par l'ingratitude et les froideurs des nôtres. Elle a bien du pouvoir pour vous aider, voilà tout ce que je vous en puis dire. Ah ! ma bonne Mère que je vous serais obligée si vous m'aidiez à soulager mes bonnes amies souffrantes en purgatoire ; c'est ainsi quej 'appelle ces pauvres âmes, pour lesquelles il n'y ^ rien que je ne voulusse faire et souffrir pour les soulager. Je vous assure qu'elles n'en sont pas ingrates. Pour vous dire un mot de moi-même, le Seigneur me fait toujours bien des grâces, tout indigne que j'en suis ; dont celle que je prise le plus, c'est la conformité à sa vie souffrante et humiliée.
a) Ms. 8 : « six semaines ».
1 Ce qui est dit ici de la Mère Boulier peut, dans un sens, être une preuve de plus que la lettre fut adressée à la Mère Greyfié et non à la Mère de Saumaise, car il y avait 18 mois que la Servante de Dieu avait dit sa pensée à cette dernière sur la Mère Boulier. (V. lettre XXIV.) D'autre part, rien ne nous prouve que la Mère Greytie -ait particulièrement connu la Mère Boulier.
Il me tient dans un état d'indifférence si grande à son bon plaisir, que je ne me soucie plus en quel état qu'il me mette Pourvu qu'il se contente et que je l'aime, cela me suffit. Et voici ce qu il a mis dans mon esprit pour occupaion : « La Croix est ma gloire, l'amour m'y conduit 1 amour me possède, l'amour me suffit « »
Je yous prie de brûler cette lettre quand vous l'aurez lue et qu elle ne soit vue que de vous.
Je ne sais si je me trompe en tout ce que je vous dis ici ■ je prie le Seigneur de vous le faire connaître. Je sais bien que ce ne peut être des songes, car je ne dormais pas ni n étais au lit; mais je me défie de moi-même.