‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 74 sur 284 · LETTRE XXXII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXII

A LA MÈRE DE SOUDE1LLES, A MOULINS ' (L'autographe est au monastère de NeversJ

Vive f Jésus !

De notre monastère de Parav, ce 30 juin 1685.

Je croyais, ma très honorée Mère, que Votre Charité m avait entièrement oubliée ; mais votre bonté me fait voir

a) Le Ms. 3 finit cette lettre comme il suU : « Je n'ai pas le

oT: f arTnrePderS°nne' ^ ^ ^ *" ^^ " <* •songes car je ne dormais ni n'éta.s au lit; mais je me délie de

l^uiW Ta G t0Ut " qUG ^ diS' étant 9USsi -échTnte que j la suis, et jamais nen n'a tant fait d'impression en moi Je vous

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i, Elle venait d'être réélue pour un second triennat : 168b à 1688 (-t mtervalle fut pour le monastère de Moulins, comme pour ceux Marguerite-Marie Alacoque. — U.

le contraire, par la lettre a notre chère sœur Marie-Anne Cordier K Et vous devez être persuadée que Notre-Seigneur m'a donné une si forte inclination à vous aimer et estimer dans son sacré Cœur, que je ne vous oublierai jamais en sa divine présence, quand même vous m'auriez tout à fait effacée de votre mémoire, comme indigne d'y tenir aucune place. J'ai appris avec plaisir votre réélection. Je ne vois pas, ma très aimée Mère, qu'il y ait de quoi vous tant affliger, puisque c'est la volonté de Dieu, duquel le bras n'est pas raccourci, ni la puissance diminuée pour vous soutenir à l'avenir comme il a fait le passé. Et, qu'avez-vous donc à craindre, puisqu'il ne demande que votre confiance en sa bonté, pour vous faire éprouver la douceur et la force de son secours dans vos besoins, mais toujours k la mesure de votre confiance. La mienne est que Votre Charité m'obtiendra par vos saintes prières le pardon du mauvais usage que j'ai fait jusqu'à présent de ma sainte vocation, et la grâce de m'y rendre fidèle, et à tout ce qu'elle demande de moi, qui vous peux assurer que si je n'étais aussi méchante

de Dijon, de Semur et de Paray, l'ère du triomphe du Cœur de Jésus. Depuis sept ans la correspondance de la Bienheureuse préparait insensiblement les voies à ce divin règne par tous les moyens et en toute rencontre. La confiance, qui n'a été jusqu'ici qu'un sentiment caché dans les âmes, se dilate et devient la dévotion proprement dite; le moment est venu où ce culte béni achève de se développer dans une succession d'épreuves qui nous sont révélées par les lettres suivantes. 1 S 11

1. Sœur Marie-Anne Cordier était professe de Paray depuis 1 année 1667. Née à Moulins, d'une honorable famille, elle se trouvait tout naturellement en relation avec la Mère de Soudeilles et avec plusieurs de ses filles. C'était une fervente religieuse qui, après quelques hésitations, s'était consacrée tout entière au Seigneur. La direction du Père de La Colombière avait porté en elle des fruits abondants ; et il est probable qu'elle avait une union d'âme assez étroite avec la Bienheureuse directrice du noviciat. La correspondance qui 'est sous nos yeux prouve qu'une cordiale liberté existait entre elles, puisqu'il leur arrive parfois d'écrire sur la même feuille, ainsi qu'on le verra plus loin. Sœur Marie- Anne Cordier mourut le o juillet 1711, à l'âge de 63 ans..

que je la suis, vous sentiriez l'effet de mes prières. Mais, hélas ! elles sont trop froides pour parvenir jusqu'à la source d'amour, où je vous souhaite tout abîmée et consommée, pour ne jamais cesser de l'aimer dé toute la capacité de nos cœurs. C'est de tout le mien que je [suis], d'un respect sincère, toute à vous.

S'M.-Marie, d. 1. V. S.-M.

La suscription porte : « Pour la très honorée Mère de notre monastère de Moulins. »

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