Sœur Françoise-Rosalie Verchère
2. Les sœurs anciennes avaient désapprouvé la nouvelle dévotion. La Mère Melin, pour calmer les esprits, en interdit toutes les pratiques extérieures, et retrancha à la Bienheureuse la communion des premiers vendredis.
der le secret et brûler cet écrit ; car si vous me connaissiez aussi méchante que je la suis, vous n'auriez pas peine à me répondre quand cela ne vient pas de Dieu. Ma pensée est telle. Mais il faut vous aimer autant que je fais pour vous la pouvoir communiquer ; mais dans le secret du sacré Cœur, qui vous rendra, comme je l'espère, la charité que vous me ferez ; parce que je n'ai pas assez de jugement ni discernement pour moi-même. En ce qui me regarde j'aimerais mieux suivre la volonté d'un [autre] avant la mienne, n'ayant nulle peine à croire ce que l'on dit de moi, hors le bien, parce que je suis très méchante et remplie de défauts *.
LETTRE XXXV a
A LA MERE DE SA l" M AISE, A DIJON
L'état de souffrance où je me vois comme accablée et anéantie me rend méconnaissable à moi-même et impuis-
1. Sœur Marie-Madeleine des Escures était une des plus opposées à l'introduction de pratiques nouvelles qui lui semblaient contraires à la règle. Mais sa vertu inspirait une telle confiance à Sœur Marguerite-Marie qu'elle lui voua la plus sincère estime ; la divergence de vues semblait l'engager même à la consulter. Sa réponse fut bien simple; elle l'encouragea à tout exposer à la supérieure. On connaît assez le résultat de ce conseil : les communions rendues, selon l'ordre de Notre-Seigneur, conservèrent à sœur Françoise-Rosalie Verchère une vie destinée à faire connaître un jour les vertus et les écrits de Marguerite-Marie. On a déjà lu le détail de ces faits au 1er volume.
2. Dans les éditions précédentes, on ne trouvait que les premières lignes de cette lettre, sous le titre XXXIII. Le reste avait été intercalé dans d'autres lettres. Nous avons rétabli le texte d'après les Mss. 6, 8, 9, 3, et la traduction italienne (12e série de la lre série) qui
santé à tout bien. Toute la liberté qui me reste, ma chère Mère, est de parler du sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus- Christ.
Lorsque je sens augmenter mes souffrances, je sens la même joie que les plus avares et ambitieux en ont, en voyant croître leurs trésors. Il me semble que ces souffrances sont quelquefois pour ces pauvres âmes du purgatoire. Ah! ma bonne Mère, que je vous serai obligée si vous m'aidez par vos prières à soulager mes bonnes amies souffrantes en purgatoire ; — c'est ainsi que je les nomme. 11 n'y a rien que je ne voulusse faire et souffrir pour les soulager. Je vous assure qu'elles n'en sont pas ingrates.
Je ne sais, si je me trompe en cela, mais je n'ai plus de plaisir en cette misérable vie qu'en ce qui regarde les intérêts du sacré Cœur de Jésus qui m'attache souvent à la croix dénuée de tout.
Voici ce qui m'est venu en pensée au sujet de notre Institut: Que notre Père saint François de Sales craignant que les fondements de son édifice vinssent à se démolir, avait demandé un soutien capable de le défendre. Le sacré Cœur de Jésus lui a été accordé, pour le relever de ses chutes et lui servir d'asile contre les attaques de ses ennemis, et lui servir de soutien pour qu'il ne succombe à l'avenir. C'est par l'entremise de la Sainte Vierge qu'il a obtenu ce puissant protecteur. Pour celles qui en auront connaissance et qui se mettront sous sa protection, il leur répandra abondamment les trésors de ses grâces sanctifiantes par l'onction de sa charité et la suavité de son divin amour.
concorde exactement avec le Ms. 6, copié sur les originaux. — 11 est probable que cette lettre est une compilation de divers passages. On n'y trouve pas de suite. En tout cas, chacun des morceaux qui la composent est très authentiquement de la Bienheureuse et se retrouve dans tous les manuscrits.