Sr Antoinette-Rosalie de Senecé
meil léthargique, ne pouvant recevoir les derniers sacrements, ce qui affligeait beaucoup notre chère Mère, laquelle me fît communier pour cet effet. Et comme je demandais instamment cette grâce, il me sembla que l'on me dit distinctement ces paroles : « Elle aura la consolation de recevoir tous les sacrements requis à cette dernière heure, si tu te veux sacrifier à ne plus témoigner de répugnances aux emplois, à écrire pour répondre à ceux que je t'adresserai, et de même pour le parloir. » — Et d'abord je me sacrifiai à tout cela, dans le désir que j'avais que ce que nous demandions nous fût accordé; et en même temps j'en fis une promesse à mon Souverain de ne pas même témoigner la répugnance que j'y sentirais. Mais elle est devenue si violente depuis cette promesse, que j'y fais des fautes a toutes les occasions, et avec ce reproche intérieur qu'ayant reçu ce que je demandais, je ne m'acquittais pas de ma promesse. Jugez, ma chère Mère, si cela ne doit pas me faire bien de la peine.
Ah ! que je m'estimerais heureuse si j'étais inconnue à toutes les créatures et ensevelie dans un éternel oubli, sans pourtant vous oublier jamais devant Notre-Seigneur, pour l'amour duquel je vous prie de me dire votre pensée sur ce que je vous marque, avec quelques mots d'encouragements dans un chemin où il n'y a ni appui ni consolation. Ce n'est pas que je n'aie une bonne Mère, autant bonne et charitable qu'on la peut désirer. Mais Dieu le veut, son saint Nom soit béni éternellement !