‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 284 · LETTRE XLI · texte numérisé non relu

LETTRE XLI

A LA MÈRE GREYFIÉ, A SEMUR

Vive -J- Jésus !

[Environ février 1686 1J.

Je ne puis vous exprimer ma joie de l'accroissement de la dévotion au sacré Cœur de mon Sauveur. Il me semble ne respirer que pour cela. Il s'allume quelquefois un désir si ardent dans mon cœur de le faire régner dans tous les cœurs, qu'il n'y a rien que je ne voulusse faire et souffrir pour cela ; même les peines de l'enfer, sans le péché, me seraient douces.

Une fois, pressée de cette ardeur en présence du saint Sacrement, il me fut montré, si je ne me trompe, l'ardeur dont les Séraphins brûlent avec tant de plaisir, et j'ouïs ces paroles : « N'aimerais-tu pas bien mieux jouir avec eux « que de souffrir et être humiliée et méprisée, pour contrite buer à l'établissement de mon règne dans les cœurs des « hommes? » — A cela, sans hésiter, j'embrassai la croix toute hérissée d'épines et de clous qui m'était présentée, et je disais sans cesse : « Ah ! mon unique Amour, oh ! qu'il a m'est bien plus doux selon mon désir, et que j'aime bien « mieux souffrir pour vous faire connaître et aimer, si vous c m'honorez de cette grâce, que d'en être privée pour être « un de ces ardents Séraphins ! » Cette disposition m'a toujours continué depuis, avec des agréments de tendresses

au sacré Cœur par sa communauté de Semur. Elle y faisait allusion, dans une lettre à Marguerite-Marie, en date du 11 janvier 1686 (v. au 1er volume), en lui annonçant l'envoi de la reproduction en miniature du tableau du sacré Cœur qu'on vénérait à la Visitation de Semur.

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