‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 92 sur 284 · LETTRE L · texte numérisé non relu

LETTRE L

A LA MÈRE GREYFIÉ, A SEMER

Vive -f Jésus !

Fin de juin ou commencement de juillet 1686 '. Ma très honorée et très chère Mère,

Je mourrai maintenant contente, puisque le sacré Cœur de mon Sauveur commence à être connu, car il me semble que, par sa miséricorde, me voilà presque entièrement éteinte et anéantie d'estime et de réputation dans l'esprit des créatures, ce qui me console plus que je ne puis dire. Je vous ressouviens de ce que vous m'avez promis sur ce sujet, qui est d'empêcher autant que vous le pourrez qu'il ne soit fait aucune mention de moi après ma mort, que pour demander des prières pour la plus nécessiteuse et méchante religieuse de l'Institut et qui ait jamais été dans la Communauté où j'ai l'honneur d'être, et où l'on exerce un continuel support et charité à mon égard de toutes les manières. Je n'en perdrai jamais le souvenir devant le sacre Cœur de Jésus, non plus que de ce que je vous dois.

N. . vous salue, et m'a chargée de vous assurer de sa plus sincère amitié. Elle se faisait de la peine de ne pouvoir être utile à rien au sacré Cœur, mais il lui a donné son

1 Ms 6 Si on compare le texte de cette lettre avec celui qui est donné par Languet (édit. de 1729, p. 370) on remarquera de notables différences. Nous croyons que la lettre telle qu'elle est donnée par Laneuet est une compilation de passages pris de divers cotes. Les morceaux qui ne se trouvent pas ici étant dans d'autres lettres, nous ne nous arrêtons pas davantage à ces différences.

2 Date donnée par A et B. Cette lettre est v.see par la Meic Grevfié. Cf. t. I : Écrits de la Mère Greyfié, n" 26.

LETTRES DE LA BrENHEUREUSE 323

office, la faisant sa médiatrice pour demander au Père éter nel de faire connaître ce sacré Cœur, au Saint-Esprit de le faire aimer, et à la Sainte Vierge d'employer son crédit afin qu il fasse sentir les effets de son pouvoir à tous ceux qui s y adresseront. Il désire qu'il y en ait une chez vous qui lui rende le même service ; mais il veut qu'elle soit tirée au sort, disant que bienheureuse sera celle sur qui le sort tombera, car il sera de même son médiateur. Vous pourrez la changer tous les ans.

De plus il demande une réparatrice, c'est-à-dire oui demandera très humblement pardon à Dieu de toutes les injures qui lui sont faites au très saint Sacrement de l'autel Et elle se pourra confier humblement qu'elle obtiendra grâce et pardon pour elle ; et vous la changerez de même que la précédente.

Et pour vous, votre office sera d'offrir à cet aimable Cœur tout ce qui se fera de bien à son honneur et cela selon ses desseins. Il veut que je vous dise encore que votre communauté a tellement gagné son amitié, en lui rendant ses premiers devoirs, qu'elle s'est rendue un objet de ses complaisances ; et ne veut plus que priant pour elle je la nomme autrement que « la communauté bien-aimée de son Cœur » ; lequel prend tant de plaisir à l'honneur qu'il en reçoit, que cela lui fait oublier toutes les amertumes qui lui viennent d ailleurs. *

• Je;e,PUiS m? disPenser de «»» d»'« encore ce mot du jour de la fête de notre saint Fondateur, lequel me fit conna.tre qudny avait point de plus efficace moyen de réparer les dechets de son Institut que d'y introduire la dévotaon du sacré Cœur, et qu'il désirait que ce remède y fût employé. J

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